Conservation work performed with funds from the 1993/94 NEW YORK STATE CONSERVATION/PRESERVATION DISCRETIONARY GRANT PROGRAM FLORE MEDICALE DES ANTILLES, TRAIT DES PLANTES USUELLES DES COLONIES FRANAISES , ANGLAISES , ESPAGNOLES ET portugaises; Par m. E. DESGOURTILZ..., Docteur en mdeciue de la Facult de Paris, ancien Mdecin du Gouvernement St.-Domingue , et Fondateur du Lyce colonial, Mdecin de l'Hospice civil de Beaumont et Membre de plusieurs Socits savantes ; ^ettito pair J. C^. UJecouzt'i^xj. Le jus exprim de la canne sucre , celui du citron et l'eau limpide des ruisseaux qui serpentent dans tous le jardins , fournissent l'instant une boisson salutaire, qu'une feuille frache et roule du bananier, ou qu'un ptale dtach de la popotte , peuvent retenir . . . Partout dans ces climats fortuns , le Carabe trouvait sous ses pas les plantes que rclamait la maladie d'un pre, d'un parent ou d'un ami ! . Ces insulaires ayaieut-ils d'autres moyens curatifs ? . . . . (discours prliminaire.) Imperilissimx gentes , herbas in auxilium vulnerum , morbortim que novenint. C. Cels , ad Praes. TOME SECOND. PARIS, PICHARD, quai Voltaire, no 21 ; I CHANSON , Imp.-Libr. , rue des Grands-Augustins, no 10; [GARNOT, Libr. , rue Pave-St-Andr-des-Arcs , no 7 ; Chez { BOSSANGE pre el ls , rue de Richelieu , n" 60 ; I JOHANNEAU, Libr., rue du Coq-St-Honor, no 8 bis. I L'AUTEUR, rue du Faubourg-Saint-Denis, u ug j Les principaux Libraires de Mdeciue, 1822. '^[ ?:. A Al FLORE MDICALE DES ANTILLES, OU TRAIT DES PLANTES USUELLES DES COLONIES FRANAISES, ANGLAISES^ ESPAGNOLES ET PORTUGAISES. CLASSE PREMIRE. DES PLANTES QUI EXCITENT LA TONICIT DU SYSTiM DES VOIES DIGESTIVES. CINQUIME DIVISION. Plantes Stomachiques Astringentes. SOMMAIRE. JL'astriction que les plantes de cette classe exercent partictilirement sur la contractilit inerte des fibres, qui, en se crispant, s'op- posent et suppriment Faffluence des liquides destines les abreuver, augmentent, par leur prsence, la force musculaire. iS* Livraison i (C ) C est cPcapis ce mcanisme que les astrui- gens , administrs avec rserve, conviennent dans les hmorragies passives et autres flux par relchement ou adynamiques , tandis que Ton sent tout le danger qull y aurait les employer dans les hmorragies actives ou dans les dyssenteries , le flux hmorodal , les blnorragies, accompagnes d'irritabilit inflammatoire, puisque la nature semble in- diquer un panchement salutaire. /Y.^ AXACAKBEM AFEI^ILLES .ONGFE8. il) ANACARDIER A FEUILLES LONGUES. ( Stomacliique astringent, ) Synonymie. Vulg. Fve de malac ou noix de marais. Ana- cardier orienlal. Anacardiurn longifolium. Lam. Anacardiura foliis longis , lanceolatis, utrinque acutis ; racemis terminalibus subpaniculatis. Anacardiura alterum, S. mdium et legitiraum officinarura. Camell. Raj. Luz. suppl. , p. 59. Tagao , S. Balober. Luz. Balader. S. Baladur arab. Bilava , maurit. Bibo. ind. Ana- cardiura Bauh. Pin. 5ii. Seraecarpus Anacardiura. Lin. F. suppl. ^ p. 182 (Encycl. mtb.). Calsuvium Anacar- diura officiuarum. Jussieu cl. 14, ord. 12 , trbintaces. En espagnol, Anacardo. En anglais, Anacardiura malacca-Beau-tre. (FI. du dict. de S. M.) Lin. Pentandrie tryginie. C.4RA.CTiiRi-s ci^RiQUES. Un seul ovaire, charg de trois styles courts stigmates obtus, fruit une seule loge monosperme. Caractres particuliers. Calice monophyle cam- panule, divisions ovodes, corolle cinq ptales ovales, stells, rflchis, plus longs que le calice; cinq tamines de la longueur des ptales, pourvues d'anthres sub- cordiformes; fruit noyau cordiforme, celluleux, mo- nosperme , plac en dehors au sommet d'un rceptacle charnu. Histoire naturelle. Le fruit de l'Anacardier oriental ou 5 feuilles longues , qui produit l'Anacarde du com- (8) merco qu'o envoie de Ceylau , ne doit point cire con- fondu avec celui de l'acajou ponjmes , dsign sous le nom d'Anacardier occidenlal , par quelques nalura- lisies ; ces deux espces diTcrent visiblement l'une de l'aulre; caria pomme de l'Anacardier oriental est beau- coup plus petite que sa noix d'ailleurs conique en forme de cur, tandis que celle de l'Anacardier occi- dental, ou acajou h pommes, a le drupe infiniment plus gros que la noix grise et rniforme qui se trouve fixe au milieu de l'ombilic [Voyez Acajou 5 pommes , classe des pispastiques vsicantes , n" 507). Le dessin fait par M.Turpin , dans la Flore du dictionnaire des sciences mdicales, est juste et parfaitement excut; mais le texte appartient plutt l'acajou pommes , puisque l'on n^ remarque que cinq tamines, tandis que le texte en indique dix, que le fruit est dsign rniforme , et qu'il est peint sous la forme d'un cur. Feu Chaumclon en rectifia la description , qui ne laisse plus rien dsirer. Le mot Anacardier drive de ecva,, comme, et de KctpcT/ct, cur, qui est la forme du fruit. L'Anacardier oriiiinaire de l'Inde se rencontre fr- quemment sur le bord des fleuves aux Antilles , o il porte ses fruits en aot et septembre. Le fruit est com- pos de deux parties, dont les px^oprits sont diff- j entes; la base, turbineen forme de cupule pleine, est une espce de placenta charnu , de couleur jaune , dont le sommet ombiliqu supporte une noix bruntre, cordiforme, aplatie et d'un pouce de longueur. Le suc astringent du placenta , susceptible de fermentation , produit une liqueur enivrante , tandis que les jeunes bourgeons tant cuits, fournissent aux naturels du pays un aliment qu'ils joignent leurs calalous. ( 9) Les amandes douces et mulsives que renferment les noix ne doivent tre extraites de leurs enveloppes qu'avec la plus grande prcaution; car le parenchyme, diploque de l'corce igneuse contient, dans les cellules intermdiaires de sa double enveloppe, un sucre acre et caustique, dont une seule goutte sulfirait pour gter l'amande ; aussi , afin d'avoir cette amande dans toute sa puret, on fait rlir le noyau sous la cendre pour le dtruire et en rciirer l'amande inlacte, qui alors flatle agrablement le got. L'huile qu'elles produisent est employe pour la peinture, et, selon Red , h dtruire la vermine. L'Anacardier fournit aussi un vernis de m- diocre qualit. On sert sur les tables le fruit pulpeux vert et conHt dans du sel , ou mr et candi par le sucre. Le suc caustique du noyau ml h la chnux vive imprime sur le lin^re des traits ineffaables. Le fruit entier vert et concass, le jus de citron et le campche procurent une encre indigne de trs-bonne qualit. Il transude de toutes les parties de l'Anacardier un suc rsineux, rousstre et transparent qui entre dans la composition des brais pour le radoubage des vaisseaux. Caractres PiiYsiouiis. L'Anacardier est un arbre qui s'lve 60 et 80 pieds, d'un beau port, dont le tronc est droit, recouvert d'une corce gristre, et soutient une cime ample, bien garnie; son bois est blanc, sa racine fibreuse, rousstre, inodore, mais d'une saveur sale et mucilagineuse :ses jeunes rameaux sont pubesccns. Les feuilles sont grandes , longues de plus d'un pied, lancoles, pointues aux deux bouts, soutenues par des ptioles fort courts, vertes, glabres et lisses en ( 10 ) dessus, gristres etpiiLescenles en dessous : elles sont rapproches les unes des autres, et forment des espces de rosettes vers le sommet des rameaux. Les fleurs sont petites, d'une odeur aj^rable, en toile, d'un Liane jauntre, disposes en panicules lches et terminales. Les fruits ovodes, d*un pouce de longueur, sont nplatis sur les cts, mousss leur sommet , de la forme d'un cur; l'corce est lisse, luisante^ d'abord rouge , ensuite d'un violet noirtre ; ils sont ports sur la base du calice de la ileur, qui s'est paissie, est devenue trs-charnue , et a alors une saveur acerbe , et acquiert par le desschement une forme turbine. L'corce de la noix que soutient le calice est comme double , ceiluleuse, et renferme dans les cavits de sj duplicature un suc visqueux, acre, brlant, caustique noirtre, et trs-inflammable. Sous cette double corce est une amande agrable manger lorsqu'elle est r- cente. (Encycl. mth.) Analyse chimique. La partie charnue du calice laquelle adhre le noyau , donne un suc astringent siyptique , compos de tannin et de glatine ; il donne par la colle un prcipit. L'amande, comme toutes les autres, offre pour principes consiituans une huile douce et un mucilage; le suc caustique de l'enveloppe, i" une Bltire extractive , noire , soluble dans l'eau; 2 une matire jaune miscible l'alcool; 5" un acide sui^ generis; 4 enfin , une substance immscible l'eau et FalcooL Proprits MBiciNAiES.Sans attribuera l'Anacardier le rare privilge de donner de la mmoire et de l'esprit (II) aux sots , comme semblait le promettre la fastueuse confection des sages de la composition de Mesu, m- decin arabe, elle offre nanmoins, dit Chaumeton , un stimulant crbral, qui peut convenir aux individus lymphatiques , en portant une excitation utile sur leurs organes mous et flasques, tandis qu'elle nuirait aux tempramens vifs et nerveux , en les jetant dans une faiblesse indirecte dont pourrait rsulter l'idiotisme : la confection des sages , dit plaisamment Hoffmann , mriterait le titre de confection des sots Les proprits caustiques de l'corce de l'amande sont mieux constates et appropries pour ronger les condylomes et autres excroissances charnues que l'on veut consumer, les crouelles, les verrues, certaines dartres qu'on veut draciner , et mondifier les ulcres de l'homme et des animaux. Ce mme suc caustique ^ mis dans une dent carie , en cautrise le nerf et te la douleur. Le suc du fruit est employ par quelques-uns comme cosmtique astringent, et pour les feux volages qu'on lave ensuite avec de l'eau de rose. Les amandes , qui ont le got de la pistache, sont, comme elle , estimes aphrodisiaques ; on les emploie quelquefois torrfies, pour calmer la violence des m- norrhagies. Le suc astringent de la pulpe entre dans les formules que l'on prescrit dans les diarrhes et le diabtes. Mode d'administration. On ordonnait autrefois l'intrieur comme cphalique et stomachique, la con- fection d'Anacarde depuis un scrupule jusqu' un gros; mais die est bannie de la mdecine philosophique qui ( '^) ne lui recoonat pas les verliis exagres que d'anciens pronateurs lui avaient attribues. La dose du suc de la pulpe est de 4 6 g'os par livre de vhicule. L'usage que l'on fait du suc caustique rend inutile l'indication ds doses. EXPLICATION I3E LA PLANCHE SOXANTE-NEUVliME. JJ Anacardier est reprsent au tiers de sa grandeur naturelle. 1. Fruit entier, 2. La noix coupe transversalement pour faire voir les cellules renfermant Thuile caustique , et qui rem- plissent l'intervalle laiss entre les deux enveloppes. CAM VVWAX IH^m IFO: ',r/>/'/'i-/ Jcfi^ . ( >3) % W* %^% /V% -V^^ W* '%'/ 4 v^\v*vv^ CAIMTIER POMMIFORME, OU A FRUITS SPHRIQUES. ( Stomachique astringent, ) Synonymie. Chrysopliyllum seu caniiio_, folio -SHbts mrus aureo , fructu. maliformi. Poupe-Desportes. Chryso- pliyllum canito. Lin. Pentandrie monogynie. Chiyso- phyllum foliis ovatis subls tomentoso-nitidis fructu sub- rotundo, pommiformi, N. chrysophyllura canito. Jacq. amer. 5i^ tab. 87, f. l. B. Chrysophyllura jamacense. Jacq. amer. 52. Chryso- phyllum fructu globoso majori, foliis subts ferrugeueis, Brown. jam. 171. tom. 14, fig. 2. Anona foliis subts ferrugineis, fructu rotundo , majore, levi, semiiie nigro pariim rugoso, partim glabro. sloan. jam. 206. hist. 2, p. 170, tom. 229. Raj. Dend. 78. Y. Chrysophyllum caeruleum. Jacq. amer> H. Jussieu, famille des sapotiliers. Caractres ciNRiQUES. Corolle double , monop- tale rgulire, cinq tamines , un style , une baie ou un drupe, plusieurs loges , liges ligneuses, fleurs axillaires, fascicules. Caractres particuliers. Corolle en cloche , dix divisions , dont cinq plus paisses, segmens alternes; Laie decasperme , feuilles ovales , stries parallle- ment, velues en dessous , luisantes. Histoire naturelle. Le mot latin ChrysophlUmn 1* ( '4 ) que porte le Camller vienl de xpvjo ,ov, cl de t^vf^hov, feuille, parce que ses feuilles, d'un beau vert luisant en dessus, sont d'un jaune rutilant en dessous. Le Camilier crot sans culture, et se reproduit de bou- tures. C'est Jacquery (le Saint-Domingue), dit Moreau de Saint-Mry, que viennent les meilleures Camites. Ce fruit , mucilage sucr , exhale une odeur de fermentation qui le rend peu agrable aux Europens. La Camite , dans ce climat fertile , y par- vient la grosseur d'une pomme de calville ou d'une grosse orange , et sa peau offre , sur un fond vert , une nuance verte qui la glace. Les fruits de cet arbre sont recherchs par les croles , et son bois fixe l'attention des charpentiers , qui l'emploient avec avantage en le prservant du soleil et de l'humidit. Cabactres physiques. Le Camitier est un arbre fort, branchu, qui s'lve la hauteur de 3o ou 4o pieds; sa cime est trs-touffue, son corce rousslreet crevasse, son bcis tendre et blanc. Les feuilles sont alternes, ptoes , ovales, un peu pointues, trs-entires, glabres, lisses, et d'un vert fonc en dessus, couvertes en dessous d'un duvet trs- lin, soyeux, brillant, et d'une couleur isabelle ou d'or ferrugineuse , qui les rend fort agrables voir. Ces feuilles ont 2 pouces et demi de largeur sur une lon- gueur d'environ 5 pouces , et stries rgulirement par des nervures fines et parallles. Les fleurs sont petites , axillaires , fascicules et so- litaires sur chaque pdoncule , d'une couleur verdtre IrS'ple. Les fruits sont globuleux , de ia grosseur d'une forlo ( i5 ) pomme, charnus, mous, peau lisse, ordinairement de couleur de rose, nuance de jaune, ave d'un peu de vert, quelquefois d'un violet pourpr uniforme, comme la varit y , ou enfin d'un violet bleutre. Ces fruits contiennent une pulpe mollasse, laiteuse, gluante, douce et d'une odeur vireuse particulire , qui en- veloppe cinq dix noyaux bruns en dehors , aplatis , Jisses, ayant un bord rude et comme rouge, de cou- leur jauntre. Analyse chimique. Les fruits contiennent un prin- cipe sucr et un mucilage fort abondant. Proprits rdicinales. Les fruits du Camitersont rafrachissans , et accords aux malades dans la pneu- monie, en raison de leurs principes mucilagneux ; les amandes sont mulsives, mais doues d'une lgre amertume. Les Mdicastres des Antilles regardent les feuilles, appliques sur une plaie du ct vert, comme propres diviser, attnuer les humeurs et procurer une suppuration abondante, tandis qu'elles en mo- drent le flux immodr et crispent les fibres si on les applique du ct soyeux. La thrapeutique chirur- gicale moderne pense tout autrement de l'application des mdicamens pour la gurison des plaies. Mode d'administration. La pulpe bienfaisante de la Camite ne saurait tre dose, puisqu'elle ne contient aucun principe nuisible. On en fait sucer aux malades ( i6 ) tans les alTectons inflammatoires , et dans celles de poitrine, o elle agit comme adoucissante. On emploie les amandes comme celles d'Europe. EXPLICATION DE lA PLANCHE SOIXANTE-DIXIME. 1 . Fleur entire un peu grossie, 2. La mme _, ouverte pour montrer l'attache des cinq ta mines. 3. tamine. 4. Ovaire et style. 5. Noyau. 6. 'ruit de a vafjt pourpre. Oairi^/ t/cw^. ( :) CAMITIER OLIVAIRE. ( Stomaclitqu astringent, ) Synonymie. Vulg, Camitler marron. Clirysophyllum sylvestre follis majis aureis, fructu minimo sub-nigro , Poupe-Desportcs. Chrysophyllum oliviforme. Cbryso- ptyllum foliis ovato oblongls, subts tomentoso nitidis. Fruclu monospermo olivaeformi. N. Canito folio subts aureo, fructu olivformi. Plum. vol. 7, p. c^i , gen. 10. Burman. amer. , tab. 69. Acomas , Nicolson, liist. nat. de Saint-Domingue, 141. Famille des Hiospermes (nonv. dict. d'bist. nat.) Pentandrie monogynie^ Lin. B. Chrysophyllum argenteum Jacq. amer 53, tom. 38, F. t. H. Caractres cNiRiQUEs. Corolle double , monop- talc rgulire, cinq tamines , un style, une baie ou un drupe olivaire; feuilles vertes en dessus , ferrugi- neuses en dessous; noyau aplati, comme roDg d'un ct. CakactIris particuliers. Fleurs petites, axillaires, fasciculcs , solitaires sur chaque pdoncule ; stigmate h cinq divisions, fruit monosperme. Histoire naturelle. Je ne sais pourquoi, dans l'En- cyclopdie mthodique , on a donn au Camiter oli- vaire le nom d'acomas, qui est un arbre bien diffrent, et d'ailleurs indiqu dans le mme ouvrage sous le nom latin homallion , qui comprend un arbre lleurs poly- ptales. Le Camitier olivaire ou marron, dont il est ici question , est un arbre qui crot dans tous les bois sans ( ) culture , et fleurit en octobre et en novembre , mas ses fruits ne sont mrs qu'en mai et juin. Ces arbres se multiplient de boutures ainsi que ceux de l'espce prcdente , qui est bien plus estime. La partis niucoso-sucre des fruits les rendant fermentescibles , les Ngres en obtiendraient une boisson agrable s'il* taient moins insoucians et moins ennemis des inno- vations; mais ils prfrent le tafia toute autre boisson. Caractres physiqui-s. c Cet arbre , dit Plumier , est peine plus grand que les pommiers d'Europe ; son bois est jaune de buis , et recouvert d'une corce rude, ride, rousstre, avec de petites taches blanches; ses branches sont tales , et portent des rameaux un peu flchis en zig-zag, feuilles , et corce d'un jaune rougelre. Les feuilles sont alternes, presque semblables celles du citronnier, glabres, luisantes , d'un vert fonc en dessus, et couvertes en dessous d'un duvet blond, dor. Elles sont traverses par une cte longitudinale d'o partent latralement des nervures fines et parallles un peu courbes. Les fleurs sont petites , d'un blanc verdtre , axif- laires , solitaires sur chaque pdoncule, fascicules; le pdoncule est d'environ 6 lignes , et charg , ainsi que le cahce , d'un duvet dor et ferrugineux ; le pistil est cinq divisions rougcires. Le fruit, ovale, a la forme d'une olive, mais il est une fois plus gros. Ce fruit , d'un violet noirtre dans sa maturit, a une saveur vineuse assez agrable, et contient un noyau d'un brun bleutre, paraijrsant comme rong ( >9) d'un ct, et renfermant une amande tendre, oLIongue et pointue. On ne peut rien ajouter cette exacte description. Analyse chimique. Le fruit du Camilier olivaire 'contient un principe mucoso sucr , plus une sa- veur austre; son corce donne l'analyse une matire extractive d'une saveur fortement acerbe. PROPRiixis MDICINALES. Lcs vcrtus astringcntcs de l'corce en rendent l'emploi utile dans le catharre alonique des intestins , et dans certains flux passifs. L'corce de l'arbre est lgrement fbrifuge. Mode d'administration. La dcoction de l'corce se donne la dose de 2 3 gros pour deux verres de colature. On en prouve des rsultats plus satisfaisans en administrant l'corce en poudre h la dose d'un gros, trois fois le jour, pendant l'intermittence ; on l'incor- pore avec le sirop de fleurs d'oranger. explication de la planche SOIXANTE-ONZiiME. Le rameau est reprsent aux deux tiers de sa graidear oiaturcUe* I. Coupe transversale du fruit* (20) .vvk GOYAVIER PYRIFORME. ( Stomachique aslrlns^ent. ) Synonymie. Psldium pyriferum, Lin.^ ord. class. 12, ico- sandrie monogynie. Psidium foliis linealis obtusius- culis, pedonculis unlfloris, Lin.^ Jacq. obs. a^ p. 6, mill. dict. , n 1. Guajava alba dulcis, Commel. hort. 1, p. 121, lom. 63. Merlan, surin. 19, toni. 19. Giajava Raj. hist. /,55. ournef'ort 660, tab. 443. Guayabo pomifera indica pomis longiuscnlis Bauh. Pin. 4^7. Malo punicae affinis pomifera, flore penta- petalo albo ^ fructu imllis dissepimentis interstincto, ex toto esculento majore albo. Soan. jara. bist. 8, p. i36. Pela, Rhed , malab 3 , p. 3i ^ tom. 34- ' Guajavus domcstica rumph. amb. i, p. i[\0, tab. 47- Guajava trew, ibr. tom. 4^* Guayava Plum. y. 7, p. 108. Juss. famille des mvrtes. Goava clusii. H. Cabactbes ciNBiQUES. Cace monopiylle , sup- rieur , campanule , et partag en cinq dcoupures ovales; cinq plales ovales, obtus, concaves et une fois plus grands que le calice; un grand nombre d'ta- mines dont les fiamens , attachs au calice et un peu moins longs que les ptales , portent de petites an- thres ovales; un ovaire infrieur turbin, charg iV\n\ style simple , tm peu plus long que les lamines , h stigmate obtus. (Encycl. mth.) Cabact^bes pabtictjliebs. Feuilles opposes , mar- ques de lignes un peu obtuses; pdoncules unillores (vivace Jolyclerc). Le fruit est une baie ovode, cou- ronne par le calice , uniloculaire, et conlenant des /V.-::. j/teot/ttfi' *\)''i''Off/*/i7A J^/IaV /rirue/ oVY/^ - GOYAVIER FYRIFOMME . ( 2, ) semences nombreuses , niches dans une pulpe suc- culente. Histoire naturelle. On cultive avec soin aux An- tilles le Goyavier dont on distingue plusieurs varits , savoir : i le Goyavier pyriforme ; 2^ le Goyavier fruit Liane j Psidium seu guajava , dus. fructu rotundo liajori , carne alb. P. D.; 5" le Goyavier gros fruits rouges, Psidium fruclu rotundo majori , carne rubr, Poupe-Desportes ; 4 e Goyavier amazone ou petits fruits verts, framboises, Psidium fruclu minori viridi, caina rubr , idi mori sapore, Poupe-Desportes; le Goyavier btard, Psidium sylvestre. La vgtation du Goyavier est tellement active, que sa semence tant mise en terre, produit des fruits avant quatre ans, et en donne pendant trente. Le Goya- vier fruits jaunes et chair rose est le plus eslim; celui fruits rouges devient le plus gros. Ces fruits en gnral sont sujets cire piqus par les vers 5 ils sont astringens , et ne sont pas trs-sains quand on les mange crus et encore un peu verts , avant qu'ils soient rongs par les insectes , qui laissent sur leur corce des traces de leur passage ou de leur prsence. C'est pour viter cet inconvnient qu'on en fait des compotes et des marmelades savoureuses , et d'un usage moins indi^ geste pour les malades , parce qu'on a extrait de la pulpe les ppins qui ne peuvent se digrer. On vante avec raison les candis et les ptes que l'on envoie de la partie espagnole de Saint-Domingue , o l'on excelle dans ce genre de prparation. Les graines de Goyave sont si dures , qu'elies n'prouvent aucune altration dans les viscres: c'est pourquoi , tant restitues in- ( 20 tactes par l'Iiomme et les animaux qu s'en sont nourris, n'ayant rien perdu de leur facult v^clalive, elles germent et se dveloppent dans les savanes, o les ani- maux vont chercher toute l'anne leur pture , en si grande quantit , qu'il en nat des forts , et qu'on a souvent beaucoup de peine les dtruire. Les feuilles, lgrement aromatiques, servent h enfu- mer la viande , taille en aiguillettes et frotte de jus de citron et de piment vert, dont on fait un grand usage dans le pays. On joint souvent aux feuilles du Goyavier celles du citronnier. L'corce mise en poudre sert a conserver les oiseaux et h tanner les cuirs : le bois fait d'excellent charbon. Les jeunes Ngres , friands de ces fruits , se les dis- putent et les mangent avec gloutonnerie, accroupis au pied de l'arbre suivant leur habitude. C'est trop peu que des fleurs ; je veux t'ofFrir encore Goyave au court duvet que le safran colore. CaractIibes physiques. Le Goyavier pyriforme crot dans toutes les Antilles, et si on le cultive comme arbre fruitier, il vient comme notre amandier d'Europe, dont il a la forme, la hauteur de 12 20 pieds; le tronc rameux et tortueux est revtu d'une corce unie, lisse, verte , rougetre et odorante, fort mince et adhrente au bois tant que l'arbre est sur pied , mais se dtachant facilement ds que la hache l'a renvers : les fibres irr- gulires du cur rendent ce bois difficile mettre en uvre. Les jeunes rameaux sont quadrangulaires et garnis de feuilles opposes, ovales, oblongues, un peu ob- tuses avec une poiate courte, trs-entires, lisses et (23) d'un vert fonc ou brun en dessus, d'une couleur pe , et lgrement veloutes en dessous, avec des nervures latrales, parallles, un peu saillantes. Ces feuilles sont gmines l'extrmit des rameaux, et portes sur des ptioles courts j elles ont 3 4 pouces de longueur sur une largeur d'environ un pouce et demi. Les pdoncules sont axillaires , opposs, solitaires, uniflores, plus courts que les feuilles; les fleurs sont de la grandeur de celles du coignassier d'Europe, blanches, en rose , cinq ptales , les tamines sont trs-nom- breuses et leurs anthres d'un jaune citron : elles r- pandent une odeur agrable. Le fruit est une baie ovode ou en pore , de la gros- seur d'un uf de poule ou d'une poire moyenne , peau mince , jauntre , piquete de noir en dehors dans sa maturit , divise en quatre parties , et contenant un grand nombre de semences dures ou osseuses , niches dans une pulpe blanche ou couleur de chair, succu- lente , aromatique , d'une saveur agrable , douce , et comme musque. Analyse chimique. Le fruit du Goyavier donne l'analyse de l'acide malique; la coction de sa pulpe diminuant sa saveur austre fait prdominer le prin- cipe sucr; les feuilles etl'corce contiennent beaucoup de tannin. Le Goyavier fournit aussi, et en quantit, la meilleure potasse. pROPBiTs MiDiciNALES. Lorsque les Goyaves sont encore vertes , elles sont astringentes ; mais elles sont iaxatives dans leur parfaite maturit ; leur conserve est chaulFante ; le suc clarifi de ce fruit excite la tonicit du canal alimentaire, et est prescrit avec avantage dans (24) les diarrhes chroniques ou aloniques , dans l'iclro et les engorgcmens du msenlre, la fin des gonorrhes et des lienteries. Dans ce dernier cas, Poupe-Desportes recommande l*usage de la dcoction astringente qui suit: R. liuils de Goyavier et de grenadier n" 3, canelle , un gros ; tuiles bouillir en eau et vin deuxlivres, jusqu' diminution d'un tiers; dulcorez la colature. Le suc des bourgeons , selon Minguel , efface les laies de la corne , et entre dans les gargarismes ; les racines sont estimes galement astringentes , et em- ployes dans les dyssenterieset pour fortifier l'estomac. Les feuilles ont les mmes proprits , et sont recher- ches comme vulnraires et rsolutives ,* on les prescrit dans les bains contre les maladies de la peau. JRhed confirme ces proprits. Mode d'administration. On administre par cuilleres le suc dpur des Goyaves , seul ou dans une infusion approprie la nature de la maladie. La dose de l'corce est de 3 4 gro3, celle des racines ds 2 6. EXPLICATIOiN DE LA PLANCHE SOIXANTE-DOUZlIiME. Le rameau est reprsent aux deux tiers de set grandeur naturelle 1. Fleur rduite aux deux tiers de sa grandeur* 2. Fruit de grosseur naturelle, coup verticalement. y-/. -3. '/'Aeot/i>r<- />ed-coii/'/t/\ J^mr . irtr'e/ Ji'u//> "AMPETHE (25) k-VV CAMPGHE EPINEUX. ( Stomachique astringent, ) Synonymie. Vulg. Bois de sang^ bois sanglant, bois de Ni- carague, bois de Campche , bois de la Jamaque. Hmatoxylon carapechianum. Linn. Dcandrie mono- gynie. Pseudo brasilium. Pluin. Hmatoxylon spi- nosum foliis pinnatis, racemis terminalibus. Brwn. Jam.. T. p. 221. Lignura campecliianum, species quaedam. Sioan. Jam. 2i5. Hist. 2, pag. i85, tab. lo^ f. i, 2,3^4* Raj. Dend. 102. Catesb. Carol. 5, p. 66. Seba, mus. 1, tab. 56, f. 8. Pseudo brasilium racemosum gla- brum ad rubram colorera. P. Desp. , p- 255. Jussieu. class. 14. ord. 11. Fam. des lgumineuses. Triam pangam. Malabar. En espagnol , pao de sapan. Ea anglais, campeachy-tree , logvood. Caractres GAtr.iQUES/ Corolle rgulire; gousse bivalve une loge; dix tamnes distinctes. Caractres particuliers. Galice h cinq divisions profondes ; corolle cinq ptales gaux , dix tamines ; un style; un stigma; gousse membraneuse, amincie, aplatie aux deux extrmits (Lamarck); capsule lan- cole uniloculaire , deux valves; valves en nacelle. ( Jolyclerc.) Histoire naturelle. On voit avec plaisir se multi- plier , autour des habitations des Antilles , les haies de clture formes de Campches , dont les grappes de fleurs odorantes ouvrent leur nectaire au larcin des colibris, des oiseaux-mouches et des sucriers, qui ToaE n. 19' Liv7wiso?2s 2 ( 26 ) bourdonnent snns se fixer , comme s'ils craignaienl d'tre surpris dans leur rapine. Telle on voit au printemps la diligente abeille. De Flore avec ardeur butiner la corbeille, Et du miel pur dans sa cellule d'or , Composer, non pour soi, son liquide trsor. ( JM. L. Malvalette. ) Ces haies pineuses sont impnlrabes et Iri'S-louf- fues , si on a soin de les empcher de monter en les t'^ilant cinq h six fois chaque anne ; sans cette pr- caution, elles s'lvent rapidement et cessent d'tre aussi louilYies. Mais les Campches offrent un autre avantage , celui de leur hois , dont le cur sert pour la teinture et se vend dans les colonies au millier tout quarr. ca(j.e(,ro, gnitil'de e.://y.cc sang, el^uKoif , bois, jus- tifie la dnomination de bois de san<;- qu'on lui a donne dans certains pays. Les graines que les tiges produi- sent tablissent autour des ppinires qu'on a souvent peine alors h dtruire. Cet arbre pineux crot Cuba, Portorico , St.-Domingue , la Jamaque et surtout aux environs de Campche , d'o il a t tir pour la pre- mire fois, et introduit ensuite aux Antilles. Il ne faut pas le confondre avec le bresillat de Fernambouc , auquel il ressemble ^ ni avec le bois d'Inde (myrte). Le cur du bois du Campche est dur, pesant, compact , propre faire de beaux meubles ; il teint en rQ.uge ou en violet aprs avoir t spar de l'au- bier, qui n'est bon qu'h brider. Il noircit l'air et pro- cure une encre d'une Irs-bele qualit , si on lui asso- cie des gousses vertes de l'acacie odorante (pi. I. ) , et le jus du citron des halliers (pi. y). Ses feuilles sont aromatiques, et ses graines en grappe donnent une sorte d'pice familire aux Gro!es, aux Ngres cuisiniers et aux naturels du pays , qui la mchent sans l'd mler aux alimens : on pourrait en faire un objet de cargaison. L'corce des gommiers sert h lixer la ( ^7 ) couleur que fournit le Gampche et lui donner un plus grand clat. Le lecteur me pardonnera la digression suivante sur la superstition des Ngres. Aprs TalTreux dbordement qui eut lieu en 1809 (voyez mes Voyages d'un natura- liste. Paris, 1809) , la nature encore en deuil^ Les arbres tendaient , sous un ciel attrist , De leurs rameaux ternis, la noire nudit. ( La Harpe.) je visitais des Campches que nos Ngres quarrissaient. Quelle fut ma sin^piisc en dcouvrant que des Ngres accroupis lui offraient des fruits et du laitage. Plus loin, d'autres, d'une caste diffrente, adoraient uno norme couleuvre endormie dans les branches d'un Campche trs-touffu. D'un tronc qui pouiuissait , le ciseau fit un Dieu. ( Racike , la Religion, ) J'tais arm de mon fusil , et sans craindre de trou- bler leurs mystres , je m'avanai pour ajouter leur idole ma collection de reptiles. En vain , par leurs cris et leurs contorsions , ils voulurent m'annoncer que j'avais tout craindre en commettant un tel sacrilgr. Mon coup partit, et j'tendis mes pieds l'animal sans vie. Alors , pour clairer leur ineptie et pour prou- ver l'un d'eux que mon fusil n'tait point ensorcel , je tuai aussitt de l'autre coup une tourterelle qui passait au-dessus de ma tele. Cet vnement gurit plusieurs d'entre eux de leur superstitieuse idoltrie. Caractres physiques. Cet arbre pineux , toujours vert, s'lve en peu de temps trente ou quarante pieds de hauteur, et il se reproduit d'une manire prodigieuse. Son tronc anguleux s'lve perpendiculai- rement , tend ses rameaux dans tous les sens, et a une coiHie brune , l'aubier d'un blanc jauntre , et le cur ( 28 ) d'un Lcnii vou^c vif, clanl rcemment coup. Les ra- meaux sout rcuil!(''s et onl uik; corce lisse et gristre; ils sont munis d'pines axillaircs , solilaircs , non cour- bes , et qui n'ont qtie qualrc ou six lignes de lon- gueur. 11 suinlc de l'arbre une gomme rougetre. Les Teuillcs sont petites, ailes, sans impaire, et composes de cpiatrc h buit folioles opposes , cordi- formes , gl bres , stries obliquement de cbaque ct, luisantes en-dessus, et longues d'environ six lignes. Ces feuilles sont alternes sur les jeunes rameaux, et fascicules sur les anciens. Les fleurs sont petites, jaunes, et disposes en grappes simples et axillaircs vers le sommet des branches. Le calice a cinq divisions ovales, pointues^ glabres et d'un pourpre violet. La corolle est compose de cinq ptales jaunes, ovales, oblongs , et un peu plus grands que le calice. Les tamines, au nombre de dix, sont peine plus longues que les ptales; leurs fdels , libres et velus, portent des anthres ovales. L^ovaire sup- rieur, obong, glabre, surmont d'un style de la lon- gueur des tamines , est termin par un stigmate un peu pais , tronqu et comme chancr. Le fruit est une gousse lancole, trs -plate, mince ^ membraneuse j pointue aux deux bouts , glabre, longue d'un pouce et demi, et contenant quelques se- mences aplaties margines. (Encycl. mth. ) Analyse chimique. Le bois de Campche , impri- mant la longue un sentiment lger d'aslriclion qui perce malgr sa saveur doucetre , tant soumis la dissolution de sull'ate de fer, dcouvre de l'acide gallique. La partie colorante du bois se transmet aux urines et aux excrmens des malades qui en font usage ; l'alcool et l'eau s'en emparent galement. Proprits mdicinales. Le bois de Campche , en raison des saveurs ci-dessus indiques , est recomman- (29) dable dans la dyssenterie et les diarrhes aprs la p- riode inflammatoire. Poupe-Desportes indique l'usage de l'corce et de l'aubier comme bois sudorifique. La dcoction du bois en lavement avec addition d'un peu de canelle est employe avec succs dans les cours de ventre o l'on ne peut administrer de forts as- tnngens. Les graines , distilles avec le fruit du ravend-sara , procurent une liqueur propre reclifier les fonctions digestives; ses fruits offrent un cataplasme excitant dans les douleurs pleurtiques et rhumatismales. La gomme friable du Campche remplace celle arabique. Mode d'administration. On prescrit la dcoction du bois de Campche la dose d'une once par livre d'eau; celle de l'extrait est d'un gros par jour dans quatre onces d'une infusion aromatique de feuilles d'o- ranger ou de cascarille. EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-TREIZIME. Le rameau du Campcke est reprsent de grandeur naturelle* X. Tronc coup transversalement. 2. Fleur. 3. Gousse. 4. Graine. ( 3o ) CALABA A FRUITS RONDS. ( Stomachique astringent. ) Synonymie. Vulg^. Bois Marie, baume vert. Baume de Calaba;Bois Dalmarie. Calopliyllum calaba. Lin.Polyan- clrie-moiioj2fynle. Tournof. cl. 21, sect. 7. Adanson, fam. des Cistes. Jussieu, famille des guttiers. Calopliyi- lum calaba. Jacq. Amer. 267, tab. i65. Inopliyleum flore quadrifido. Burni. Zeyl. i5o. Calopliyllum seu calaba folio citri splendente. Plum. Fooraba Mada- gascar. Palo Maria aux Philippines. Tacamacque, aux les de France et de Bourbon. Balsamum del maria en espagnol. Ponnaca pequens en portugais. Tsje'- cup'unna en malabarois (vivace). Caractres gnriques. Calice 4 pliylles , color , caduc; corolle de quatre ptales ovales, arrondis, concaves, ouverts. Les extrieurs plus petits; tamines nombreuses, anthres oblongues, droites; ovaire sup- rieur ; style simple stigmate pais et obtus. Une noix arrondie , charnue , renfermant un noyau globuleux au centre duquel est une amande de mme forme. Caractres particuliers. Feuilles ovales obtuses , simples, opposes et trs-finement nerves. Histoire naturelle. Ce bel arbre rsineux, qui se plat aux Antiles , dans les sables du bord de la mer , est d'un port majestueux et remarquable par llgance de son feuillage diversement nuanc. Ce bois tait , dit-on , la funbre retraite Des ministres affreux de Tempire des morts. La leur art voquait les Dieux des sombres bords. (DuLAED, la Fondation de Marseille , cb. II.) ^^/^^ 7'jieoi/ofe De^iVTi/'/i/i.J^inji l/tto/^e/ Se VAhA'^A A F fil 'IT 8 RO]VI>.^ (3i ) Cet arLre, venant aisment de boutures , on en fait les haies d'entourage. D'aprs la remarque de Poupe- Desportes , on en tire par incision un suc gommeux, d'abord jaune, verdtre , qui, se coagulant, devient d'un vert fonc. Cette rsine , jaune lors de sa tran- sudation , est liquide au-dessus du 20 de chaleur ; mais elle se concrte et devient friable au-dessous de ce degr. Elle est d'une odeur suave aromatique , qui a du rapport avec celle du citron, ce qui la fait pr- frer par les Espagnols au baume de Copahu, et mme celui du Prou. Ce suc est rsineux, transparent, d'une saveur balsamique lgrement amre; mis sous la dent il s'y ramollit et y adhre; jet sur les char- bons , il s'y liqufie^ et sa flamme donne une fume trs-odorante. Son bois est incorruptible et propre h mater les vaisseaux: il est gommeux aromatique, pe- sant et flexible; on exprime du fruit une hule abon- dante , bonne pour la peinture et' les vernis gras. Caracti^res physiques. LeCalaba , remarquable par son beau feuillage touffu , s'lve de vingt trentepieds de hauteur; son tronc pais est recouvert d'une corce noirtre et cailleuse. Il dcoule de la partie cellulaire verdtre un suc visqueux, coagulable, et friable dans ce dernier tat. L'aubier et le cur sont rouiretres; les jeunes rameaux sontttragonesetde couleur brune; ils portent des feuilles opposs , ovales , arrondies ou ovodes , vertes en-dessus , verdtres en-dessous , lui- santes , coriaces, portes sur des ptioles courts , re- marquables par leurs nervures latrales, qui sont d'une flnesse extrme ;, nombreuses et parallles. Ces feuilles, longues de quatre cinq pouces sur une largeur. ( 32) ^ do prs (le trois pouces , ont leur cte postrieure tres- saillante. Les lleurs sont Llanches^ odorantes, places sur les pelils lameaux, et vicnnenl en grappes courtes, opposes el axillaires. A ces fleurs succdent des fruits sphriqiios , charnus , d'un vert ple ; jauntres dans leur maturit, trs-rsineux ou olagineux, de la gros- seur d'une petite prune. Leur brou a peu d'paisseur; il recouvre un noyau ligneux, qui contient une amande un peu amre. Analyse chimique. L'corce et les fruits conlien~> nent un suc rsineux inflammable insoluble dans l'eau , mais qui se dissout dans le miel, les huiles disliiles et l'esprit -de-vin. Il communi({ue l'eau par l'bulilion une odeur agrable ; distill h sec, il se sublime comme le benjoin et le tolu ; il fournit , comme ce dernier , de l'acide benzoque,et une espce de tannin, tant trait par l'acide nitrique.. Proprits mdicinales. On l'administre comme expectorant dans les catharres pulmonaires , o il agit le plus souvent comme sudorifique. Poupe-Desportes en prconise l'emploi la fm des leucorrhes et des gonorrhes; alors il agit comme astringent dtersif; mais dans ce cas , on se sert particulirement de l'- corce qui contient beaucoup de tannin. Ce mme praticien vante aussi beaucoup l'corce moyenne du Calaba pour les lisannes pectorales, lorsqu'il s'agit de stimuler la membrane muqueuse; il la joint, dans ce cas, aux fleurs de francliipanier , d'immortel, de cor- rossolier , de pois congo; tandis que , dans les flux im- modrs , il l'associe aux crces d'oranger acre , de <33) savonnier, de gommier, de simarouba, deraisinier^ d'icaquier , et de monbin btard. Mode d'administration. L'corce aromatique s'em- ploie , suivant Fart, la dose d'une deux pinces par livre de dcoclion : sa teinture alcoolique se prpare en ajoutant l'alcool moiti de son poids de suc rsi- neux. On prend cette teinture dans un verre d'eau su- cre qu'elle rend laiteuse , sans altrer ses parlies cons- tituantes. Le sirop se fait en mettant dissoudre quatre onces de baume-marie dans dix onces d'alcool , et en mlant la dissolution dans dix livres de sirop chaud clarifi. On fait des conserves, des pillules et des pas- tilles avec ce baume rduit en poudre , en l'incorporant avec le sucre et un mucilage de gomme adragant; la dose de ce baume est de six grains jusqu' un scrupule. EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-QUATORZIME. Le rameau est reprsent moiti grandeur naturelle* 1. Fleur. 2. Fruit coup transversalement , ainsi que le noyau , l'amande seule entire. ( 34 ) l,*^****V%'/W^VVW^>^^ COULEQUIN BOIS TROMPETTE. ( Stomachique astringent. ) Synonymie. Bois trompelle _, bois canoD , vulg. Cecropia peltata Linn. Dicie Diandrie. - Jussieu. Famille des Orties. Ordre cl. iS. Tournefort. Fara. 47. les ch- taigniers. Adanson. - Cecropia foliis novemlobis , lobis obloijgis , oblusissimis , supr Lisi)ido glabris _, subts tomentoso-albis Wilden. Spec. Plant. 4> P* ^52. La- mark, dict. n 1. Ficus, vel saururus dactylodes major, folio subts argenteo. Plane, vol. 7 , p. 1 14* Uraku- seba. Bras. Laruraa oviedi. Sloan. Arababa ou cou- lequin des Carabes. Arcg. Brasil. G. 1. Pis. Brasil. * 97" I^^j" Histi 1570. Ambaba amplissimo folio digitalo, caudice et ramis excavatis. Barr. France Equi- loxiale, CaractiP.es gnriques. Calice monophylle; ta- mines dfinies, opposes aux divisions du calice; ovaire supre; un deux styles; une graine nue, recouverte d'une cocjue , ou renferme dans le calice qui devient une baie. Caractres particuliers. ( Mle. ) Spalhe caduc ; chatons imbriqus d'caills turbines , comme ttra- gones ; corolle nulle. {Femelle,) Comme dans le mle, ovaires imbriqus, un style, un stigmate lacr, baie monosperme. (Jolycl.) Histoire naturelle. Le Bois Trompette doit autant son nom la forme fislueuse des branches qu'au bruit qui s'en chappe lorsque l'air rarfi entre chaque ^Vifioi/ort' y^e^ft o/t^fi/-: J^mj' O'aAffe/ J'ca/. r01TX.E0I7N BOS-TI103PETTJ2 (35) nud se fait un passage ^ en cartant avec bruit les parois dessches par le soleil. Les anciens Carabes , d'ailleurs, aprs avoir trouv , j'ignore comment, le moyen de dtruire ces cloisons intermdiaires, se servaient des branches creuses du Bois Trompette pour appeler le peuple h la prire ou au combat. C'est en- core la partie poreuse de ce bois et de celui du coton- nier siffleux dont Paul, suivant Bernardin de Saint- Pierre, se servit pour allumer promptement un boucan, afin de soulager les fatigues de sa tendre Virginie, et lui aider supporter la fracheur de la nuit. Pour cela, l'aide d'une grosse pine, il praticpia un petit trou dans ce bois poreux , et y enfonant un morceau de bois dur et pointa qu'il fit tourner avec beaucoup de vitesse , celle agitation suffit pour allumer le bois de l'ambaba. C'est sa racine qu'on emploie plus particu- lirement h cet usage. On fait avec les troncs du Coulequin des gouttires et des conduits d'acqueducs; on relire des cendres un trs-bon alcali propre au blanchissage des toiles, et h la clarification du vesou (suc de canne). On rencontr cet arbre dans toutes les Antilles, mais particulirement au Brsil , o on en distingue deux varits , le franc et le btard. Caractres physiques. Cet arbre est d'une moyenne grandeur; ses racines sont trs-cartes; l'corce du tronc ressemble celle du figuier; son bois est poreux, . blanc, tendre, rude au toucher, trs-facile fendre ; le tronc, divis par des nuds placs de distance en dis- tance , est creux dans toute sa longueur, ce qui le rend cassant et propre h cder l'elFort d'un vent violent. (36) II porte quelques girandoles de feuilles au sommet de chaque branche , arques uniformment ; ses feuilles sont grandes, ombiliques, palmes, larges de plus d'un pied, ayant beaucoup de rapport avec celle du papayer. Chaque feuille, compose de sept, neuf, ou treize lobes carts entre eux, est verte en-dessus, d'un blanc argent en-dessous , avec des nervures do- res sur cette face. Elle est supporte par un long- ptiole verdtre. Les fleurs sont dioques , d'un vert glauque, p- tales , et disposes sur des chatons redresss qui se grouppent le plus communment trois par trois. Les chatons femelles cylindriques sortent d'une espce de sphate gris de lin , tomenleuse ; le bourgeon terminal est rose , nuanc de jaune. Chaque articulation de la tige offre des cussons rougelres qui marquent la place des anciennes feuilles qui se sont dtaches du tronc. Les chatons ont environ sept neuf pouces de largeur; il succde aux fleurs des amandes dont les jeunes Ngres sont trs-friands. Analyse chimique. Le suc laiteux , acre et trs-amer de toutes les parties de l'arbre , offre un principe cor- rosif et astringent. Proprits mdicinales. Les amandes que produisent les fruits du Coulequin sont , dfaut d'autres , em- ployes cemme musives; le suc qui dcoule du tronc par incision est recueilli par les Ngres pour panser leurs blessures; ils emploient la pellicule interne du tronc comme astringente, et ils lui attribuent la mer- veilleuse proprit de gurir en moins de neuf jours les chancres qui ne sont pas vnriens, en renouvelant son application matin et soir. Toutefois j'ai vn em-y ployer avec succs le suc acre et lactlforme du Coue- quin l'extrieur dans plusieurs affections cutanes , chroniques , et contre les cors et les verrues. Poupe- Desportes recommande l'corce du Bois trompette dans les tisanes apritives , et ses racines dans celles astrin- gentes qu'on prescrit la fin des gonorrhes. Les Hatliers ou gardiens d'animaux emploient les bourgeons et les feuilles du Coulequin contre la diarrhe des bestiaux. Mode d'administration. On associe aux corces et aux racines du Bois trompette plusieurs espces auxi- liaires , d'aprs l'indication remplir. La dose de l'corce est d'une once deux par pinte de vhicule ; celle des racines est peu prs la mme : on ajoute la colature un gros de nitrate de potasse, si l'on veut la rendre aprilive , et de l'oxide de fer si on l'emploie comme astringente. Nota.. Ponpe-Dcsportes dnomme ainsi le Boi trompette b- tard : arbor excelsa , caudice naudoso et vacuo , foliis ai-xtatis, subts aureis, floribus racemosis ex. viridi albis, fructu ex nigro "violaceo j bicocco et coronato. EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-QUINZIME. Le Coidequin, dont on a conserv une seule feuilUs est rduit au quart de sa rand&ur naturelU> ( 38 ) ^ ^V% V.^^ W% VVV^ .% ^'V^fc V^'V^ VW^ V>^ '/V%^^%/^' %^.v% .v^^ ^^^ V^^ X v%%% w BRUINSFELSE D'AMRIQUE. ( Stomachique astringent. ) STNOMMir.. Vulg. Bois pli btard. Bosc. Brunsfelsia americana. Lin. Pentandrie monogynie. Jussieu, fa- mille des Solanes. Brunsfelsia flore albo punctato. Fructu croceo molli. Plum. Gen.ia. Burm. amor. 65. (\ivace.) CARACTliRES GNRIQUES. Calice ilcoup , coroIle rgulire, cinq divisions , cinq lamines , un style , un stigmate , une Laie polysperme , feuilles alternes. ( Lamarck.) CARACTJiRES PARTicuLiES. CaliCe campaniforme, trs- pelit, cinq dnis; corolle h. tube Irs-long, limbe plane h cinq divisions, quatre lamines , dont deux plus courtes; un slyle, une Laie uniloculaire polys- perme pldcenla central. Histoire naturelle. On admire avec complaisance l'lgante composition d'une touffe de Brunsfelse , qui crot aux Antilles, et particulirement la Martinique , prs du rivage de la mer. Il y fleurit et y fructifie dans le mois de mai. Le Brvmsfelse vient en serre. Caractres physiques. Cet arbre mdiocre s'lve peu , mais son tronc acquiert la grosseur du corps humain; son bois est blanc, assez solide, contient un peu de moelle qui semble charnue , et est couvert , d'une corce Llanchtre , traverse par des rides rousstrcs plus ou moins profondes. f/iojor'f Jtcvtvuf/f/^ ^rriAV . Oa^r/t / Jc//^ BMlT^^^SrElHSE ( 39 ) Les rameaux rugueux sont garnis de feuilles alterns, ovales, obongues , obtuses, avec une pointe courte, trs-entires , rtrcies vers leur base , glabres , et portes chacune sur un ptiole court. Ces feuilles sont assez semblables celles du citronnier, plus fonces et plus troites dans la varit B , mais plus minces et plus grandes. Les fleurs sont grandes , fort belles , monoptales, inumdibuliformes, tube trs-troit et long de trois ou quatre pouces , disposes trois ou quatre ensemble au sommet des rameaux. Cette fleur , d'abord d'un blanc pur, prend bientt une nuance sufurine qui passe au jaune citron en peu de temps. Le tube est garni de taches violettes, plus intenses lorsque la teinte jaune est d- v//y-/f/i . a^f^fi-/ tlfr/^ . nAsNimi A CviAl^l^*:.s- (4t) RAISINIER A GRAPPES. {^Stoniachtqae astringent, ) Synonymie. Vulg. Raisinier du bord de la mer. Mangle rouge. Coccoloba uvifera. Lin. Oclandrie trigynie. -^ Jussieu. fam. des Polygonies ord. class. 18. sect. 7. Tournefort. fam. 59 , les Persicaires. Adanson. Coccoloba foliis cordatissub-rotundisj nitidis. Lin. spec. plant, vol. i. p. 523. Lam. illust. gen. tab. 3i6 , f. 2. Coccoloba foliis sub-rotundis, integris , nitidis, planis racemis, fruc- tuum cernuis. jacq. amer. 112, tab. 73. JMill.Dic!., n i, Coccoloba foliis crassis, orbiculatis,sinu aperto. Brwn. jam. 208. Polygonum foliis sub-rotundis, caule arboreo, fructibus baccatis. Lin. spec. plant. i,pag. 65. Uvifera foliis sub-rotundis, amplissimis^bort. clif. 487. Uvifera littorea, foliis amplioribus ferorbiculatis, crassis _, ameri- cana. Plut, almag. 3945*^^.286, fig. 7. Guajubera ra- cemosa, foliis cpriaceis sub-rotundis. Plum. lOjtab, i45. Populus americana rotundifolia. Baui. Pin. 43o. -Prunus Maritima racemosa , folio sub-rotundo , glabro ; fructu minore^ purpureo. Sioan. jam. 182^ liist. 2 ^ pag. 129 ; tab. 220 , fig. 3. Raj. Dend. 40. Casleb. carol. 2, pag. 96 ; tab. 96. En Carabe Ouliera. Gopey. Coccoloba veut dire semence lobe. (Laraarck.J Caractres GNRIQUES. Galice ordinairement color; 5 6 divisions profondes; cprolie 0; tamines dfinies, attaches la base du calice ; 1 ou 5 styles ; graines ToE IL 20^ Livraison. 3 ( \^ ) nues on rccouvoiios par le calice, semence v'cnvcrscc , loLi'e ( Lamarck. ) CaractIrjs PAnicuLiEiis. Calice persistant 4 ^ ^ divisions oblougucs , obtuses , concaves , ouvertes ; huit tamines , trois styles ; le calice devient un drupe renlermant une noix uniloculaire trigone (Lamarck.) Histoire naturelle. Ce grand arbre est remar- quable par la forme et la beaut de ses feuilles , dont le dessous, d'un vert d'aigue-marine, est travers par de grosses nervures pourpres , ce qui offre le plus ri- che coup-d'il, lorsque cette partie surtout est en oppo- sition avec la partie suprieure qui est d^in beau vert luisant. Il se plat aux Antilles sur les rives sabloneuses des bords de la mer, et se trouva rarement dans l'int- rieur des terres. Son bois , bon brler , est employ dans le chaironage et pour la construction. Son cur donne une teinture rouge et des planches marbres ; celte teinture rouge, obtenue par la dcoction du bois , est vive et susceptible d'tre fixe par le sulfate d'alu- mine. Ses fruits , quoique peu estims , se servent sur certaines tables, et flattent particulirement le got des enfans qui aiment leur saveur aigrelette. Les feuilles , servaient , dit-on , d'assiettes aux Carabes et aux Flibustiers. Caractres physiques. Ce Raisinier, dit Nicolson , qui l'a trs-bien dcrit , s'lve ordinairement vingt pieds ; sa racine est tortueuse ^ traante , cheve- (43) ue, un peu acre ; son tronc crochu, noueux, bran- chu ; son corcc grise , crevasse , divise en plusieurs nuds comme le roseau. Le bois rouge , dur , plein , massif; on trouve au cenlre une moelle rougetre de deux trois lignes de diamtre : de chaque nud sor- tent des feuilles alternes trs-paisses, lisses, coriaces, arrondies j longues de 7 8 pouces , larges de 9 10, d'un vert fonc en dessus ,ple en dessous , trs -enti- res, portes sur un ptiole gros, rougetre court, dont le prolongement forme une cte saillante qui s'tend jus- qu'au sommet de la feuille , et se divise en plusieurs nervures rougetres. Des aisselles de la feuille suprieure du rameau s'lve une grappe , droite pendant la flo- raison , se courbant et devenant pendante la maturit des fruits; cette grappe, longue de 7 8 pouces , est compose de Go 80 fleurs tamiues ; les fleurs sont petites, d'un blanc jauntre , d'une odeur suave ; les pdoncules partiels et le pdoncule commun sont d'un beau rouge. Les tamines, au nombre de huit, environ- nent un ovaire charg de trois styles, qui devient une baie de la grosseur d'un grain de raisin , laquelle, dans sa maturit, est molle, sphrique, de couleur pourpre, couverte de petites gouttes de rose succulente , d'un got aigrelet; le milieu est occup par un gros noyau dur, ligneux, cannel , ovale, qui renferme une amande amre. / Analyse ghimiquk. Les baies du Raisinier contien- ( 44 ) ^iciit un principe muqucux, et un acide qui rougit le j)apier bleu. La semence est acre et huileuse ; sa ra- vine est anire et astringente. PiiOPRiiTs MKDiciNALES. Lcs Laics du Raisinier sont estimes anti-dysentriques , et ses raisins sont d'usage dans les tisanes astringentes qu'on prescrit dans les diarrhes chroniques, rebelles, et entretenues par l'alonie des viscres ; la fui des gonorrlies et de certains autres flux qu'il est avantageux de supprimer au moyen des rgles de l'art. On assure que les graines sont purgatives ; je ne m'en suis pas assur; mais on les remplace facilement par des plantes dont les proprits sont prouves , et alors on en nglige l'usage. Mode d'administration. Le syrop, prpar avec les Laies du Raisinier , jouit d'une astriction assez forte , pour que deux ou trois onces communiquent deux livres d'eau une saveur aigrelette. Le rob des mmes baies se mle aux juleps astrin- gens. La dose de l'corce et des racines est de quatre |2;ros une once. Nota. I y a plusieurs autres espces de Raisiniers dont les pro- prits me sont inconnues; savoir: i le Raisinier de montagne, appel par Desportes : arhor sfl^'estris , lilacls facie ,folus ovatls Jloribus racemosis , fructu u\^ formi alhicanie. C'est le Raisinier 4corcc fine. Coccoloba cxcoriata de Lin.; 2Q le Raisiicr ( 45 ) larges feuilles , cocc. latifolia ; 3 le Raisinicr pubesccnt ; 4 lo Raisinier feuilles varies ; 5 le Raisiiiier jauntre , etc. EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-DIX-SEPTikME. Le rameau de Raisinier , en tat d'infloreseenc , est rduit au quart de sa grandeur naturelle. 1. Grappe de fruit approcliant plus ou moins de la maturit. 2. Fruit coup verticalement pour faire voir la place qu'occupe le noyau trigone et cannel; ce noyau dans certaines baies , offre une grosseur double de celle-ci. 5. Etamine. A. Ovaire surmont de trois stvles. 5. Fleur peu grossie. 6. Corolle ouverte pour montrer Tinsertion de liuit tamines. ( ; ) LAURIER ROUGE. [Stomachique astringent.) Syisonymie. Vulg. Laurier fruits de glands. Laurusborbo- lia. X^in.anandrie monogynie. Tournef. c. lio. Arbres inonopcLales , sect. i . Juss. fam. de Lauriers. Laurus foiiis nervosis utrinque viridibus, pauiculis cymosls.-Bor- boniafructu oblongo nigro, calice coccinco. lMuin.Gen.,4 et Liirm. amer. toni. 60. Voiritell-Gouri , par les Ca- rabes, en espagnol, Laurel, en portugais, Laureiro, en anglais , Laurel-Tree. Caractres gnriques. Galice nul. Corolle de 6 ptales , calicinaie. Baie monosperme , ganduics du nectaire deux soies. Caractres particuliers. Gorolle-Hyaptalc, trois tubercules autour de l'ovaire , termins chacun par deux soies ; neuf tamines ; anthres attaches sur le bord des liiels; deux i^audides la base de chaque filet du rang; intrieur; un style, un stigmate, un drupe, tige ligneuse ( Lamarck. ) Histoire naturelle. La couleur clatante des fruits de ce Laurier , IVlgancc de leur forme, et leur teinte d'opposilion avec lefe lillagc , tout fait distinguer dans les mashils le Laurier fruits de glands. Son bois est Irs-poreux ; nanmoins on le dbite en planches , et il sert faire des entourages. Les racines fournissent une teinture violette. Caractres PiisiQUES. Le Laurier rouge des An- y'/, -s. y /leot/ore ^c/vw/'/i'/'v /^/no' a/-:ei Jfft^- .AriMrj?-Bor3iiiO;%' (47) tilles forme , selon Plumier , un grand arbre qui (^gale- souvent en hauteur et en tendue nos noyers d'Europe. Son bois est blanchtre ^ tendre ; son ccorce est glabre , mdiocrement paisse , d'un brun gristre ou rousstre ; il s'en dtache des lambeaux en lames i minces. Les feuilles sont alternes, lancoles, ptioles, ner-- veuses , particulirement en dessous, veineuses entre les nervures, ver tes des deux ctsj moins lisses que celles du Laurier rouge de la Caroline , et plus grandes que celles du Laurier commun. Les bourgeons sont trs- petits , fort aigus et blanchtres. Les pdoncules sont axillaires , menus , ramifis su- prieurement en grappes lches sur les individus m- les , et en cime ou panicule corymbiforme sur les individus femelles. Les fleurs sont petites, blanchtres ^ odorantes , nombreuses , pourvues d'un calice G d- coupures obtuses, oblongues et gales; six tamines attaches au calice, et trois tamines plus intrieures , dont les fdamens sont munis de deux glandes leur base. Les fruits sont glandiformes; ce sont des drupes ova- les , oblongs , de la grandeur des glands du ch^e , d'abord verdtres,puis noirtres dans leur maturit, et envelopps chacun infrieurement par un calice tron- qu , charnu , rouge de sang , ayant la forme d'une cupule. (Encycl. mth.) Analyse cuniiQUE. Les glands du Laurier rouge son corce et son feuillage fournissent l'analyse une matire exlraclive , du tannin , et un principe colorant. ( 48 ) Proprits MiniciivALES. J'ai peu de renscignemenj h donner sur les proprits de cet arbre , qu'on em- ploie rarement en mdecine. Le riche climat des An- tilles ofire , chaque pas^ des espces dont les propri- ls sont suprieures ; cependant , en cas d'urgence , on emploie ses racines et son corce dans les tisanes et lotions astringentes. Mode d'administration. La dose des racines et de l 'corce est d'une once par livre de coature. Nota. On trouve aussi aux Antilles, i le Laurier rouge fouilles longues ; 2 le Laurier fruit rond , laurns glohosa / hovhonia ftuctu globoio , m'gro , calice viridl rubente, Plura. gen. 4 5 Mis. , vol. 6 , tab. 99 , dont les racines teignent en violet. EXPLICATION Dli LA TLANGHE SOIXANTE-DIX-HUITIME. L^hidivdiimle , en efflorescence , est rdiiU moiti grandeur natarelle. 1. Fleur me grossie ; les tamiiies disposes sur deux rani?s intraux, 2. Efamines du centre ayant la base du filet deux cailles. ' 3. Fleur femelle, 4. Grappe de fruits contenus dans des calices ou cupules. jfV.-o. 7'At\h/e*,".^ 7^t\iu\^ffr'/r7\ yWttt* (^ff^/'ff/ f X w^ . BOMEOX'E (49) SUMAC METOP. ( Stomachique astringent. ) Synonymie. Vnlg. Borbone fruit de corail (vivace). Rhus metopium. Lin. Pentandrie tryginie. Juss. fam. des tr- Lintaces. Rhus foliis pinnatis, quinatis^, integerrimis, subrotundis, glabris. Lin. amqen. Acad. , vol. 5^ pag. 295, Wild. spec. Plaut.vol. i, pag. 1480, n 12. Meto- pium foliis subrotundis pinnato-quinatis; racemis alari- bus. Brown. Jam. 177, lab. iS, fol. 3. Terebinthus maxiraa pinnis paucioribus , atquarotundibus fructu ra- cemoso Sparso, Sloau jam. 167 , liist. 2, p. 90 _, tab. 199 , fol. 3, Raj. Den. 5i. Borbonia fructu coralino, flore pentapetalo. Plum. amer, incon. 61. ( Encycl. mth. } GarA-CTres gnriques. Calice dcoup en plusieurs parties; corolle polyptae , rarement nulle, tamines dfinies; ovaire supre; un ou plusieurs styles, autant de stigma; une baie ou une capsule uniloculaire ; feuilles alternes ordinairement primes, tiges ligneuses. Caractres PARTicuLriiRS. Calice cinq divisions prolbndes ; corolle pentaptale; cinq lamines , trois styles , un drupe oblong , un noyau osseux ( Lain: ) ; feuilles primes , quines , trs-cutires , comme ron- des , glabres. (Vivace. JoiycL) Histoire naturelle. Cet arbrisseau aue Ton ren- contre frquemment sur les montagnes des Anlilles , ,et principalement la Jamaque , fixe les regards par l'clat de ses baies , et la forme lgante et ( 5o) peu commune de son feuillage, ses fleurs elson corce servent h lanncr les cuirs; mais il y a lanl d'autres espces indignes qui lui saut prfrables , qu'on n'emploie ce Sumac qu' dfaut d'autres , et dans les quartiers de la Colonie o les ressources ne sont pas abondant'es. CARACTiRES PHYSIQUES. Le Sumac Mtopi a des liges droites , rameuses ; les rameaux tals et relevs en girandole , garnis de feuilles ptiolcs , alternes , ailes , composes assez ordinairement de cinq folioles, trs-enliresleurs bords, un peu aigus h la pointe, ob- tuses leur insertion , glabres leurs deux faces , plus larges que longues , vertes en dessus, jauntres avec des reflets rougetres en dessous. Les fleurs sont situes latralement dans l'aisselle des feuilles vers l'extrmit des rameaux , disposes en grappes assez lches , les calices courts et glabres ; la corolle cinq ptales troits , forts , petits, jaunes > veins de rouge sanguin. A l'ovaire surmont de trois styles courts succ- dent des baies oblongues acumines d'un beau rouge carlate. Analyse chimique. L'corce elles feuilles du Sumac Mtopi contiennent du tannin , de l'acide gallique ; une gomme rsine j et un peu de fcule verte. Les fruits renferment un principe mucoso-sucr lgrement astringent. Ils sont fermentescibles. Proprits mdicinales. On prte complaisammenl au Sumac Mlopi des proprits que je n'ai pas t . mme d'observer ; les colous l'emploient dans les diar- ( 01 ) files rebelles et atonlcjues , et flans le pansomcnl des ulcres de ce genre. J'ai cependant reconnu les bons efl'els de la lotion des fleurs , feuilles , et corcc dans les allections cutanes, dans le flux hmorrodal excessif, et dans les mnorrhagies trop abondantes. La dcoc- tion des fruits s'ordonne en gargarismes et contre l'ul- cration des gencives chez les scorbutiques. Le suc concentr de Tcorce noircit les plaies , et ronge les chairs baveuses. Mode d'administration. La dose des feuilles et de l'corce est d'une once par livre d'eau pour les dcoc- tions. On dit que le rob de ses fruits s'administre h l'intrieur la dose d'une cuillere caf trois fois par jour. EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-DIX-NEUVlME. Le rameau du Sinnac Mtopi est rduit aux deux tiers de sa gra7idear naturelle, 1. Fleur grossie. 2. Appareil de reproduction. 3. Fruit coup transversalement pour faire observer le noyau contenu dans une pulpe. (52) OMPIALIEU NOISETIER. ( Stomachique astringent. ) Synonymie. Oraplialia triandra. Lin. Monocie triandrt^. Jnss. fam. des Euphorbes. Omphalea racemis compositis , termioalibus , foliis sparsis^ oblongis , glaberrlmi*, caule arboreo. Omphalea nucifera. Swarlz. prod. g5. Obs, botan. 35 1. Omphalea foliis oblongis. Lin. amn. Acad, 5, p. 4o8. Omphalendria foliis obovatis, glabris ad basini biglandulosis, fioribus triandi is, Brown. jara. tab. 2,2_, fol. 4. Aublet Guyan , p. 845. Nicoson , histoire de St. Dom. ^ p. 376 5 tom. 2. Arbor folio cordiformi ^ fer acanlos fioribus racemosis , viridibus , fructu tricocco^ iucis jnglandis forma. ( Poupe-Desportes. ) Caractres gnriques. Fleur mle , calice cinq parties, corolle nulle , tamines ayant leurs filets runis en colonne la base. Fleur femelle. Calice cinq parties , corolle nulle , un style trifide , capsule h. trois coques, trois loges , trois semences. Caractres particuliers. Fleurs T^lonoques dispo- ses en grappes , dont les mles occupent la partie su- prieure , et les femelles la partie inrrieure. Un ovaire presque rond , surmont d'un style court et charnu , termin par un stigmate divis en trois et perfor ; capsule trois coques , trois loges ; trois valves , une r/.8o. jAfo^trrf Jfe,t\i'>rttr^Zi.-/'i7t. &a^7^<'7tJ<^/^ O^lFILiLER NOISETIER, (53) semence dans chaque loge ; feuilles cordiformes , tiges ligneuses ; trois tamines dans les fleurs mles. Histoire naturelle. L'Omphalier Noisetier n'est point un arbre trs-rpandu; et, pour jouir de ses pro- prits , on le cultive sur les habitations. Dans l'tat de nature , il se plat sur les mornes et dans la plaine , pench sur les ruisseaux. Ses fruits tant rcents sont estims des gourmets et servis sur les meilleures ta- bles; on les compare aux avelines de France ; mais comme les noisettes d'Amrique rancissent en vieillis- sant , on les couvre de sucre pour en faire des dra- ges ; et leur huile , tire par expression , est douce et trs-utile contre la toux invtre. Le genre omphalier, dit M. LoiseleurDeslongchamps^ appartient une famille suspecte , et dont nous avons une espce trs-rpandue dans nos forts sous le nom de bois de soie : la glu , produite par incision faite au tronc dans tous les temps , est un suc blanc , laiteux , trs-liquide d'abord , s'paississant l'air extrieur , se colorant et jouissant d'une sorte de tnacit et d'las- ticit analogues aucaoutchou nouvellement obtenu. Le suc de citron la solidifie de suite. Les enfans s'en ser- vent comme nous faisons de la glu. Caractres physiques. Le pre JXicoison qui nous a fait connatre l' Omphalier , nous donne sur cet arbre des renseignemens exacts que je conserve ici par res- pect pour la mmoire de ce clbre voyageur. Sa (54) racine, dit-il , est fibreuse , pivotante, l'piderme qui la couvre est d'un brun sombre, le tronc a 4 ou 5 pieds de circonfrence ; il est droit, couvert d'un piderme mince, gristre, rempli de tubercules et de callosits. L'enveloppe cellulaire est verte , cassante , aqueuse , gluante , d'une odeur un peu forte , d'un got acre ; le liber jauntre , visqueux, de mme odeur et mme saveur que l'enveloppe cellulaire : le bois tendre , fen- dant, visqueux et blanc. Le centre des branches et du tronc est occup par une moelle tendre , gluante, blan- che , qui rougit l'air. Le corps de l'arbre pousse plu- sieurs branches son sommet , qui se subdivisent en plusieurs autres branches minces , tortueuses et cas- santes. Les feuilles croissent par bouquets , elles sont alter- nes en cur , lgrement sinues dans leur contour , sans dentelure, arrondies au sommet, glabres , de huit dix pouces de long sur sept de largeur ; d'un vert ple , garnies en dessous d'une cte trs-saillante , de g^rosses nervures et de fibres disposes en rseau , d'un vert fonc en dessus , paisses , gluantes , portes sur un ptiole court , arrondi , muni au sommet de deux glandes latrales , hmisphriques et luisantes. Ces feuilles naissent aprs les fleurs , lorsque les fruits com- mencent se former. Ces pdoncules sont axillaires , ils sont garnis de fleurs disposes en grappes de deux pieds de longueur. B'abord cette grappe est droite , peu peu elle s'in- (55) cline et devient enfin pendante. A la base de chaque ramification est une stipule mince , alonge , qui se re- plie en plusieurs sens sur les fleurs , et semble desti- ne h protger les boutons encore jeunes : la base est garnie de deux fortes glandes. Les fleurs sont verdatres , sans odeur , composes dans les mles d'un calice cinq folioles , dont deux plus grandes, rflchies, les autres ovales , concaves , colores et membraneuses leurs bords. Il n'y a point de corolle. Le rceptacle est garni d'un anneau charnu et d'un rouge de sang. Trois anthres trigones pour- pres, sessiles sur leurs filets runis en colonne et in- srs au centre du rceptacle. Dans esdites fleurs femelles , le calice comme dans les mles. Un ovaire oblQug trois ctes sans style j portant un stigma divis en trois et perfor au centre. Le fruit est une capsule ou baie charnue, pendante , arrondie, trois loges, renfermant des noyaux dont les amandes sont blanches , revtues d'une membrane trs- fme , jauntre , argentine , et comme soyeuse ; elles sont oblongues , trangles par un sillon circulaire ; leur intrieur prsente une cavit centrale. Analyse chimique. L'amande fournit une huile qui a tous les principes de celle du noisetier d'Europe. Proprits mdicinales. L'huile des amandes est pectorale ? et remplacerait , dans les loochs , celle d'- s (56) mande douce ; si Ton n'avait aux Colonies celle du Ssame-Ooli, et beaucoup d'autres infiniment plus esti- mes. Cette huile jouit des proprits cosmtiques , et est employe dans l'alopcie; on s'en sert galement dans l'entrite et les douleurs nphrtiques. Les fleurs sont astringentes et diurtiques , ainsi que les amandes. Mode d'administration. La dose de l'huile est de 4 gros une once. Celle des fleurs est galement de quatre gros une once pour une pinte d'eau. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-TINGTillME. Le rameau d'Omplialier est rduit au cinquime de sa grandeur naturelle. . Fleur mle garnie sa base d'une bracte contourne. 2. Fleur femelle prsentant, sur l'ovaire trigone, son style perfor au centre et garni de ses trois stigmas. 5. Capsule coupe transversalement, et dpouille d'une portion de sa partie corticale verte. ,4. Amande trangle vers son milieu, et prsentant une cavit centrale la base de laquelle est plac l'em- bryon. J'/.Sj. STAf^Kiim' 2fej'{V7irrZi J'ma^ ^irrf/ Scu^ C0R0SS01.IEM AFtITIT HERI ( 57 ) COROSSOLER A FRUIT HRISS. Kul^. Sappadille. [Stomachique astringent) Synonymie. -~ Anona muricata. Linn. , polyandrie poly- giiie. Jussieu ^ famille des Anones. Ortl. , class. 21 _, sect. 6, Tourncf. Famille /jG, les anones, Adanson. Guanabus fruclu Yiridi Intescente, molliter aculeato. Plim. 5 V. 6^ p. 112. Anona foliis ovato-Ianceolatis , glabris nitidis, planis, pomis muricalis, Linn. Anona maxima foliis lalis splendentibus , fructu raaxirao yiridi conode; tuberculis. S. spinulis innoccntibus aspero. , Soan. Jam.^liisf. 2, p. 166, t. 225. Anona rauricata pomis cordato oblongis j'nciirvis. Lam. Anona rauri- cata, Jacq. obs. 1 , p. 10, t. 5. Merian, Surin., t. i4 Anona indica fructu conode viridi , squarais vclnli aculeato. Pluk. Alm. , l. i55, f. 2. Alacalyoua^ en Carabe. ( vivace, ) CARACTiRES GNf:RQnES DES ANONES. Calice Irphyllc , corolle 6 ptales , les trois intrieurs plus petits ; la- mines trs-nombreuses ; filets courls; style o; un grand nombre de stigmas; baie trs-grande; polyspcrme , recouverte d'une corce cailleusc uniloculairc (La- marck). Caractres particuliers. Feuilles ovales, lanco les, glabres, luisantes, planes; fruits cordiformes muriqus; coroe de trois ptales ; Irois autres ptales pour le nectaire blancs' on verts en dehors , et rouges ou jaunes en dedans. ( vivace. ) Tome H. 21e LivraisoJi, 4 (58) Ijstoirk NATtinEiXE. CiC corossolicr acquiert aux Anlillcsla grandeur et la forme d'un poirier ordinaire , lorsqu'aucun arbre voisin ne contrarie sa vgtation , ( ar alors il ne forme plus qu'un arbrisseau : il produit des fruits trs-recherchs par les Croles , lorsqu'ils sont bien murs, mais dont la saveur doucetre et mu- cilagineuse ne convient pas d'abord aux nouveaux dbarqus. Lorsqu'on veut en faire usage , on rompt le fruit pour sucer la pulpe de chaque segment , o l'en- lever la cuiller, ayant soin de jeter la peau qui est amre , et porte avec elle une odeur de rsine. On permet l'usage de ces fruits aux convalescens. Suivant Nicolson , cet arbre tire son nom d'une le hollandaise nomme Curao , d'o il a t port dans nos colonies ; il se plat partout et s'accommode de tous les terrains. Les porcs sont friands de ces fruits. CARACTiREs PHYSIQUES. L'corcc du corossolier est lisse, d'un gris brun; le bois est mou , blanchtre; le bourgeon terminal qui renferme les jeunes feuilles est d'une couleur rouge orange ; les feuilles sont paisses , ovales , oblongues , pointues , entires , p- lioles , glabres , luisantes , attaches par bouquets , d'un vert fonc en dessus , d'un vert ple en dessous ; elles ont quatre cinq pouces de longueur. Les pdoncules sont uniflores , solitaires , pais ; ils deviennent ligneux et d'un brun bistre, et naissent la plupart sur les vieux rameaux, et mme sur le tronc; la fleur est grande , d'un blanc jauntre ; son calice est compos de trois folioles , petites et persistantes , et six ptales , dont les trois extrieurs sont trs-grands , en cur, acumins, pais, coriaces et ouverts, et les ( 59 ) trois intrieurs un peu moins grands et obtus : le centre est occup par plusieurs tamines anthres jaunes. Le fruit est une baie souvent trs-grosse, et pesant parfois jusqu' 8 livres , en cur oblong , un peu cour- be, corce d'un vert jauntre , partout hrisse de pointes molles ou non piquantes^ recourbes , d'abord vertes , et prenant la couleur de rouille mesure que le fruit avance vers sa maturit. La chair du corossol est blanche, fibreuse, succulente , odorante, compose d'ulricules oblongs , qui renferment ces graines aman- des , plates aonges , corce noire , luisante et dure. Ces fruits dlicats et trs-sains , ont une saveur douce , de crme sucre et parfume, au milieu de laquelle se dveloppe une lgre acidit. xVnalyse chimiqle. L'corce du corossol est trs- astringente, et fournit beaucoup de tannin : la pulpe contient un principe mucosc-sucr, plus un peu d'acide maiquc. PnopRiiTis MDICINALES. Lcs graiucs et la pulpe du corossol sont employes dans les tisanes astringentes qu'on prescrit dans les atonies des intestins : les fleurs , les bourgeons et les fruits se prescrivent dans les ca- . tarrhes , et les pneumonies. Je n'ai eu qu' me louer du syrop bechique compos comme "1 suit. X Corossol, n" i , fleurs d'amourette btarde ( so- lanura aculeatum) , de franchipanier, herbe char- pentier ; de chaque , une once ; sucre , quantit suffi- sante pour faire un sirop selon l'art. Mode d'administration. La dose du sirop est d'une cuillere par verre d'une infusion mucilagineuse ou ( 6o ) aromatiquo, suivant la pih^iode de la maladie. Les graines s'emploient h la dose de quatre gros par livre de liquide; les bourgeons celle d'une once. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-UNIiME. Le Corossoller hriss est rduit aux deux tiers de sa grandeur ; on a choisi , pour le peindrey un des plus petits sujets, 1. Graine entire. 3,; Coupe transversale de la graine, pour faire observer en entier l'amande contenue sous une corce dure, ,.,, \ ,0.' isa c : /Y. Sji . TAeo1 ) on rilcre les lavcnicns suivanl le besoin. Dans les fliiirilies il Tant user, pour boisson ordinaire, d'une tisane j'ailc avec ce fruit, coup par morceaux: on en met bouillir un gros dans cinq dcmi-scliers d*eau, que Ton fait diminuer environ d'un quart, ou jusqu' ce que la teinture soit couleur de rose ou d'un vin clairet; on peut dulcorcr cette boisson, si le malade a coutume de boire du vin : s'il est faible, ou si la diar- rhe est invtre , il peut en mettre un quart sur trois quarts de la tisane. Des auteurs polypliarmaques annoncent que la ra- cine du mamilier mise en poudre est errhine , et mme antl'pileptique. Pour cet eifet, ils l'ordonnent avec le baume de sucrier. Comment ajouter foi cette assu- rance contre une maladie qui jusqu'ici a fait le dses- poir du mdecin et l'cueil de la mdecine. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATEE-VINCT-DEUXliME. I _ Le Mamilier est reprent moiti de sa grandeur naturelle : on a galement choisi un petit sujet. I. Fruit coup verticalement, pour laisser voir les graines renfermes dans des rticules. On voit l'extrieur la teinte lie de vin qu'il prend quand il commence se corrompre , et qui gagne rapi- dement l'intrieur. /V.S3. /'/toTAftGE.) ' ( 70 ) En effet , il en est des jaunes , ou d'un blanc rou- gctre; d'autres sont rouges ou pourprs; d'autrescnfin violets ou presque noirtres , ce qui a fait croire h plusieurs auteurs qu'il y a voit diverses espces d'ica- quier, savoir : i icaquier fruits violets. Chrysobalanus fructu violaceo; 2 fruit Liane, chrys. fructu albo; 5 h fruit noir , chrys. fructu nigro. ( Poupe-Des- portes. ) La pulpe de l'icaquier est fongueuse , jauntre , ad- hrente aux cannelures rugueuses du noyau; elle est d'une saveur douce, agrable, mais un peu austre : on vend ces fruits dans les marchs; on les mange crus et en compotes; on les confit dans l'eau- de-vie; l'icaque ressemble nos prunes de Damas. Les ngres sont si friands de ces fruits , qu' l'approche de leur maturit , ils viennent bivouaquer au pied d'un ica- quier qu'ils ont dcouvert, dans la crainte que d'autres chasseurs ne s'emparent de ces fruits , dont ils font d'amples provisions. On cultive l'icaquier dans les jar- dins; les. fruits sont sains lorsqu'ils sont murs. Caractees physiques. Peu remarquable par sa taille , puisqu'il ne s'lve qu' huit ou dix pieds , l'ica- quier est trs-branchu. Ses rameaux sont cylindriques , rugueux; l'corce en est chtaine ou rousstrc, par- seme de points blanchtres. Les feuilles sont alternes, ovodes, obtuses, en- tires , glabres (Jes deux cts; coriaces, veineuses, et portes sur des ptioles courts; elles sont longues d'environ deux pouces sur prs d'un pouce et demi de largeur et deviennent brunes ou noirtres par la dessication. ( 70 _ Lrs fleurs naissantes qui ont d'abord l'aspect d'un boulon vert , sont petites , blanchtres , veloutes ou lgrement cotoneuses en dehors ; elles sont disposes sur des grappes rameuses axilaires et terminales , un peu plus courtes que les feuilles. Les pdoncules sont un peu anguleux, comprims, munis sous leurs divisions de petites cailles ovales , pointues , veloutes , ca- duques. Chaque fleur ofl're , i*" un calice monophylk, campanule , petit et partag en cinq dcoupures ou- vertes jusqu' moiti; 2 cinq ptales oblongs, ouverts, plus grands que le calice, alternes avec ses divisions , et qui y sont attachs par leurs onglets; odes tamine* nombreuses , dont les fdamens droits de la longueur des ptales, rapprochs, applatis, velus infrieure- ment, et attachs au calice, portent des anthres petites et didymes ; 4 ^^ ovaire suprieur, arrondi , velu , muni d'un style de la longueur des tamines , stigma obtus. Le fruit est un drupe ovale , presque arrondi , de la grosseur d'une prune de Damas, ayant un brou charnu , succulent , qui recouvre un noyau gros , oval , un peu pointu au sommet , obscurment pentagone , rid , marqu de cinq sillons longitudinaux, et comme cinq valves : ce noyau contient une amande ovale. ( Encycl. mth. ) Analyse chimique. Les icaques fournissent l'analyse une matire extractive , sucre; l'infusion des feuilles et des racines se colore en noir par la solution de sul- fate de fer. L'amande du fruit a les proprits de ses congnres. Proprits mdicinales. Sous un climat bridant , o tout rveille les sensations de la volupt, les luxurieux emploient le suc des feuilles et des racines de l'icaquier pour composer une huile astringente , qui a la proprit de resserrer les sphincters du conduit de la pudeur. Des crole? galantes en oigneut aussi leurs appas fltris ( 70 par les annes on par l'abus des jouissances immod- res, tandis que les hommes rcmdionl, par ce moyen, la flaccidil du scrotum. Les multresses qui prostituent leurs jeunes filles aux nouveaux dbarqus , pour mettre h l'ai)ri leur innocence et prvenir des reproches qu'on pourrait leur faire , ne les livrent jamais leur nouvel amant, sans pralablement leur avoir fait prendre des bains de sige dans une dcoction de feuilles d'icaquier, dont l'eiTet promet une conqute difficile au nouveau favori de l'amour. Quoi qu'il en soit ou puisse tre, je ne signale ici l'icaquier que comme dou de proprits as- tringentes incontestables dans le traitement des ulcres internes , des leucorrhes, blenorrhagies et autr(;s llux chroniques que les prparations de l'icaquier gurissent le plus souvent. On y a galement recours dans le ca- tarrhe atonique des intestins , et dans certaines hmor- rhagies passives ; mais avec toute la circonspection qu'exige l'usage des astringens. La semence huileuse du fruit sert dans les prparations des onguens. Mode d'administration. La dose des feuilles est de 3 5 gros pour une livre de dcoction ; celle des racines d'une once deux. On vante l'usage de la fomentation suivante, contre l'atrophie des membres. :2f corce de MangUer chandelle. t h corce d'Icaquier , % - Alun , M Eau ferre tb j {5_, rduite ibj*. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-QUATRIME. Le rameau d'Icaquier est rduit aux deux tiers de sa grandeur naturelle. G I. Fleur panouie. '2o Drupe ouvert transversalement pour laisser voir un noyau cannel longitudinalement et stri trans- versalement. /y..sv TAeof^orr /fej^cot C;rA^rMA OBMKAI MIAlT. (73) THOBROME ORMEAU. ( Stomachique astringent, ) Synonymie. Vulg. L'orme d'A.mrique , le bois d'orme. Niois; St.-Dom., p. 184. Guazuma ulmifolia. Lamarck. Theobroma Guazuma. Linn. Polyadelphie pentandrie. , - Jussieu_, fam. des malvaces. Guazuma, arbor ulmi- folia , fructu ex purpureo nigro. Plura. vol. vi, p. 74. Vel, gen. 56, t. 18, et Brum. amer. , t. 1.44, f. i. Cenchremidea Jamacensis morifolia , fructu ovali inte- gro verrucoso , etc. Pluk, alm. 92 , t. 77_, f. 2. Alni- fructu morifolia arbor , flore pentapetalo flavo. Sloan. Jam. liist. 2^ p. i5. Raj. Suppl. Dendr. p. II. Theo- broma Guazuma. Linn. ( Encycl. mth.) (vivace.) Caractres gnriques. Calice 5 Phylle; cinq ptales vots , 2 cornes ; nectaire 5 Phylle rgulier ; iamines adhrentes au nectaire , chacune trois anthres. CaractIres particuliers. Feuilles obliques, dentes en scie; capsule tuberculeuse, rude, ligneuse , quin- queloculaire , perce de pores. Histoire naturelle. Le Guazuma , espce de thc- brome ( sofj, Dieu, ei^poi/.o, nourriture ) , est bien loin dpossder les vertus sanitaires et analeptiques du Cacaoyer, auquel on pourrait plutt rapporter l'tymo- logie grecque que lui donne le professeur Lamarck. Les fruits et les feuilles du premier offrent , il est vrai , une trs-bonne nourriture pour les bestiaux, surtout dans la saison des secs o le fourrage est trs-rare ; mais elle est bien peu substantielle pour l'homme. Faisant Tome II. 22^ Livraison, 5 ( 7'i ) partie do la masse des Blancs condamns h mort Saint - Dominji;iie, par Toiissaint-L'ouvcrlurc , h l'arrive du gnral Lccicrc, je fus, ainsi que mes compagnons d'in- Ibrlnnc , rduit pendant deux jours , pour tout aliment , cette nourriture grossire , lorsque d'impitoyables satellites noirs chargs de nous escorter, conduisirent ()6oo blancs au bourg de la petite rivire , Quartier de Larlibonite , pour servir d'otage au ligre africain , et ensuite y tre massacrs. Que de veuves en un jour !!! Telle sur un ormeau se plaint la tourterelle , Quand Tadroit giboyeur a d'une main cruelle Fait mourir ses yeux l'objet de ses amours. ( La FoNTAI^E , Adonis. ) Je vois encore ces prisonniers impuissans, accabls de faim et de fatigue , se prcipiter en foule sur le bran^ chesdes Guazuma qui s'offraient leurs regards, mon- der avec prcipitation leur feuillage, se disputer, s'ar- racher des mains avec fureur ses baies peu succulentes, pour loigner quelques instans les horreurs de la faim et d'une mort qu'ils ne pouvaient viter^ tandis qu'au- tour d'eux leurs gardiens insensibles se gorgeaient de cabrits , de poules, de bananes et de tafia !!! Voyez ces tristes dtails dans mes Voyages d'un naturaliste , Paris, 1809, lom. III, pag. 290-294. Je pouvais m'crier alors ! (( Vnrables ormeaux qu'ont plants mes aeux , Pour la dernire fois recevez votre matre. ( Bertin. ) Plus heureuse que nous (me disais-je encore ) , Ij , sous l'antique ormeau , les palombes heureuses Roucouleront autour leurs plaintes langoureuses. ( Delawgeac , Bucol. JSglog. 1. ) ( 75 ) Au reste , cet arbre crot naturellement dans toutes les les Antilles , o il sert h former des alles gra- cieuses , au moyen de la pratique que Ton a de l'tter 10 pieds pour obtenir des pousses une cime touffue. On renouvelle cette opration tous les cinq ans dans la saison des pluies pour laguer son sommet des bran- ches multiplies qui entraneraient le renversement de l'arbre lors des ouragans. Le bois du Guazuma est souple et pliant, aussi est-il employ faire des douves et des tonneaux. On trouve quelquefois des bocages forms par la runion de ces arbres. Cette paisse foret Penche son noir ombrage , et sous sa vote obscure Ne laisse d'autre accs qu'une troite ouverture. ( Delille. ) Le Guazuma sert dpurer *Ie sucre. Caractres physiques. L'arbre appel Bois d'Orme aux Antilles , y crot en peu de temps la hauteur de 5o 4o pieds ; il ressemble beaucoup aux ormes d'Europe petites feuilles, et donne un bel ombrage ; mais sa cime est touffue et plus arrondie. Son corce est noirtre , crevasse et sillonne ; sa racine est fibreuse, traante et noirtre: la tige rameuse, corce gristre, offre de petits rameaux feuilles et chargs d'un duvet cotonneux fort court; les feuilles sont alternes , ptioles, ovales, acumines,et divises par une cte en deux portions ingales , dentes en scie , dentelures obtuses et ingales ; elles sont vertes , luisantes , lg- rement scabres; de grandeurs diffrentes, d'un vert gai en-dessus , ples et cotonneuses en-dessous dans leur jeunesse, presque trinerves leur base; leurs ptioles ( 76 ). fioiit Courts , cotonneux et un peu plus cf'pais prs de Id feuille. Les stipules sont petites , linaires , rappro- ches des rameaux; les poils sont fascicules en toiles. Les fleurs qui naissent par bouquets aux extrmits des branches sont petites , d'un blanc jauntre , dispo- ses en grappes corymbiformes axillaires. Les pdon- cules sont cotonneux ; chaque fleur offre un calice trois folioles concaves , cotonneuses en-dehors , ouver- tes ou rflchies ; cinq ptales plus grands que le calice, concaves leur base , ayant leur sommet une lan- guette bifide , redresse ou roule en-dehors. Dix fila- mens conns leur base en un petit tube qui environne le pistil, dont cinq striles, ressemblant des folioles oblongues, et cinq alternes avec les premiers ^ portant chacun leur sommet trois anthres. Un ovaire sup- rieur globuleux , hispide , charg d'un style simple de la longueur du tube stigmate barbu non divis. Le fruit est un drupe arrondi ou ovode, dur, ligneux, profondment gerc en-dehors , tuberculeux , et divis intrieurement en cinq loges polyspermes; les semences sont presque uniformes. * ( Encycl. mth. ) Analyse chimique. Les corces du tronc et des ra- cines contiennent beaucoup d'acide gallique ; elles ont une saveur acerbe et amre. Les drupes donnent un suc slyptique inodore et mucilagineux. . Proprits mdicinales. Les proprits muclagi- neuses et astringentes des fruits de l'ormeau des An- tilles , en font choisir la dcoction dans les affections * On a observ que ces graines , dont les chevaux sont friands y tant difficiles digrer , leur occasionnent des engorgemens des glandes dfu msentre. dartreuses et syphilitiques de l'organe cutan. A l'ex- trieur j'ajoutais, par pinte, six grains de muriate de mercure sur-oxid ; et , pour l'intrieur , je joignais l'corce et les drupes aux bois sudorifiques que je crois non moins eflicaces. Cependant un trs-ancien prati- cien de Saint-Domingue en recommande l'usage, et s'exprime ainsi dans la correspondance M. Dejean , docteur-rgent de la facult de mdecine de Paris : De ces bourgeons et de son fruit , dit le docteur Chevalier, on fait une boisson agrable et purgative : elle maintient ceux qui en boivent gras et frais comme s'ils venaient d'Europe. Toute sorte d'animaux s'en nourrissent ; sa cendre est bonne pour faire du savon. Cet arbre entre dans les tisanes pour gonor- rhes et galanteries. Mode d'administration. Prenez corce intrieure des branches de Guazuma quatre onces ; faites bouillir dans deux pintes d'eau jusqu' rduction de moiti ; passez, et ajoutez la colature deux onces de sirop de salsepareille. La dose est de quatre six onces qu'on renouvelle trois fois par jour. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT CINQUIME. UOrnicau est reprsent' moiti de sa grandeur naturelle, 1. Fleur ferme ; au sommet des ptales se distinguent les appendices. 2. Fleur ouverte. 3. Calice triphylle, contenant l'ovaire. /|. Nectaire portant dix filamens , dont cinq fertiles por- tent chacun trois anthres arrondis, 5. Fruit mr. f ( 78 ) BRESILLOT BATARD. ( Stomachique astringent, ) Synonymie. Vulg.Brsillet d'Amrique. Brasiliastrum ame- ricanum. Lam. 5. Pseudo-Brasiliura hirsutuni Plum. Mss. an Tariii Guianensis. Aublet. Guian. Supp. p. 37 , tab. 590. Tariri , arbor tnctoria , foliis alternis , obscure \iolaceis. Barr. fr, equin. 106. a. Br^illot velu. B.leBrsillot glabre. Pseudo-Brasilium glabrum. Plum. miss. ( Encycl. mth. ) Caractjres gnriques et particuliers. Fleurs ter- minales trs-pelites , d'un rouge obscur, d'un seul sexe sur chaque individu. Fleurs mles inconnues. Fleurs femelles ayant un calice cinq dcoupures pointues , velu en-dehors; cinq ptales troits, lancols, plus longs que le calice ; un ovaire suprieur ovale i glabre , dpourvu de style ; un stigmate sessile deux lobes planes , ouverts et pubescens. Fruit mou , pulpeux, olivaire ; un noyau uniloculaire. Histoire naturelle. Le Brsillot est un arbrisseau remarquable dans les forts des mornes , par les thyrses de fruits rouges qu'il porte au sommet de chaque ra- meau. On le trouve communment Saint-Domingue, la Jamaque , Cuba et dans la Guiane. Lorsqu'on entame son tronc , dit le pre Plumier , il en sort un suc qui noircit, et qui, par sa causticit, forme une tache presque ineffaable s'il tombe sur quelque partie du corps. Son bois teint cooiiiie le Brsillet , mais J"/. ^\ ^^f^firre J^e^tvier6Zi J^ruc arif^ Jhti^ . II1IESLL.ET BATABB ( 79 ) d'une couleur qui est plus brune que rouge* Aublet dit que les feuilles crases toutes vertes et presses dans un morceau de coton, lui communiquent une teinture verte qui, peu aprs, devient de couleur violette, (vivace.) Il porte fleurs et fruits en juin. On en fait des entou- rages. Cet arbrisseau , de la famille des Balsamiers , a beaucoup de rapports avec le Bruce et le Gomoclade. CaractI^res physiques. Le Brsillot s'lve la hau- teur de huit dix pieds , sur une tige droite de prs de deux pouces de diamtre , recouverte d'une corce finement gerce et d'un brun gristre. Cette lige se divise son sommet en plusieurs rameaux alternes , couronns chacun de grandes feuilles parses , et rap- proches en touffes ou en rosettes terminales. Son bois est d'un rouge brun , ou au moins prend cette couleur quelque temps aprs qu'il a t expos l'air. Les feuilles sont longues presque d'un pied et demi , ailes avec impaire , et composes de quinze dix-neuf folioles , ovales pointues , entires ou lgrement an- guleuses , lisses , vertes et luisantes en-dessus , velues souvent dans leur contour. Tantt opposes par paires , et tanlt disposes alternativement , et soutenues par un ptiole commun : ces folioles ont trois pouces de longueur ou environ , et sont portes chacune sur un ptiole propre fort court ; elles prennent une couleur pourpre , noirtre en se desschant. Les fleurs trs-petites, d'un rouge obscur, d'un seul sexe sur chaque individu , viennent en grappes ra- meuses et terminales. Celles mles sont peu connues ; les fleurs femelles prsentent , comme je J'ai expos dans les caraclcres gnriques, cinq ptales, un cajcc ( 8o ) h cinq divisions , un ovaire couronn d'un stigma scssile deux divisions velues. Les fruits oliviformes d'un rouge de corail, disposs en grappe terminale , renferment dans une pulpe aci- dul un noyau une seule semence. 1 Le Brsillot glabre diffre du premier en ce qu'il est plus petit j ne s'lve qu' la hauteur de cinq ou six pieds ; 2 en ce que son bois , d'un blanc ple , n'est point propre la teinture ; S'* en ce que ses feuilles sont tout--fait glabres , et n'ont que onze treize folioles , dont les suprieures sont lancoles. Les grappes des fleurs sont rameuses , terminales , et lon- gues de quatre cinq pouces. Les pdoncules communs et particuliers sont un peu pubescens. Analyse chimique. Je ne connais rien de particulier sur les vertus constituantes du Brsillot. PROPRifeis MDICINALES. Lcs praticieis du pays font entrer l'corce du Brsillot dans les tisanes astringen- tes. Mais j'avais choisir dans tant d'espces dont les vertus sont mieux constates que j'ai nglig l'emploi de celle-ci. Je laisse ce soin mes successeurs. Mode d'administration. La dose de l'corce du Brsillot est une once par deux livres d'eau. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-SIXIME. Le Brsillot est reprsent au demi-tiers de sa grandeur naturelle //. s 7 . :# T'Af ) AGOMAS. ( Stomachique astringent. ) Synonymie. Auzuba fructn glutinoso. Phim. vol. 5 , f . 124, ( Manuscrit. ) ( vivace. ) CARACTiRES GNRiQUES. Le genre est inconnu. IIiSTOiRi: NATURELLE. L'Acomas dont il est ici ques- tion, y^Mwu6a fnictu glutinoso, de Plumier, n'est pas le Camilier fruits olivaires, Canito folio subts aureo, fructu olii^, du. mme. (Voy. planche 71 du tome II de cet ouvrage.) Comme plusieurs auteurs se sont plus le dire , faute d'avoir vu par eux-mmes , ou examin sur le sec les deux espces t le caractre des baies Lieues du Camitier est 1 d'avoir dix loges , dont les semences avortent except une ; 2^ des noyaux com- prims et luisans , marqus d'une tache ou cicatrice latrale ; 5 d'avoir les rameaux couverts d'un duvet soyeux , couleur carmlite ; 4 fo(/o/v /)t'.ff^<>w/i/\ Pr/i,v tt/>r/t'/ Sc//^> r m (89 ) CUPANI D'xlMRIQUE. ( Stomaclilqu astringent. ) Synonymie. Vulg. Chtaignier. Nicolson, Saint-Domingue, jiag. 207. Bois de Jaraone. Cupania araericana. Lin. monocie monadelpliie. ^Jussieu, famille des Savonniers* Lamarck, famille des Balsamiers. Cupania castaneae folio, fructu senceo et racemoso. Plum. gett. 54 Burra. Amer. , tab. no. Cupania arborea foliis obiongis j^ crenato-serratis. Brwn. , fam. 178. Ord. class. 21, sect. 10. Tournefort. Les Titliymales, sect. i. Adans. (vivace. ) Caractres gnriques. Fleurs Hermaphrodites. Calice 5 phylle ; corolle de cinq ptales frangs lgrement. Cinq tamines , dont les filamens libres, plus longs que lesptaeSj portent des anthres obron- des et jauntres. Un ovaire suprieur charg d'un style Irifide h stigmates obtus. Tiges ligneuses; feuilles alternes profondment dentes; fruit consistant en une capsule tri valve veloute ^ contenant des semences spares par une cloison adhrente aux loges dont Touverture a lieu du sommet la base. Histoire naturelle. Les fleurs du Cupani , selon Plumier , qui l'a observ le premier , sont herma- phrodites , et non monoques comme le croyait Linn. Cet arbre ayant le mme aspect , les mmes proprits , et les mmes facults vgtatives que le chtaignier d'Europe ; on peut dire de lui ce que Rosset a dit du chtaignier. , Sur les coteaux pierreux , dans les terrains arides , L'utile chtaignier , loin des'plaines humides , Hrisse ses rameaux de ses fruits pineux. Tome IL 23^ Livraison* 6 , ( 9" ) En effet, cet arbre crot nnhirellement aux Anlillc sur les pelouses et dans les lieux secs; les amandes- de ses IVuils ont une saveur de chtaigne ou de ^-land doux. Son bois dure ires- long-temps , dit Nicolson," s'il est mis h couvert; on l'emploie dans les ouvrages de charpenterie. Caractres PiiYsiQUiis. C'est an arbre , continue Nicolson , dont la tige est droite , courte , grosse et trs-branchue ; son corce est unie, d'un vert rousstre; son bois flexible , blanchtre et poreux; sa feuille al- terne, grande, linguiforme , plus troite son inser- tion; ingalement et profondment dente sur les bords, arrondie au sommet; de neuf dix pouces de longueur, de quatre h cinq de largeur , luisante, lisse , et d'un vert fonc en-dessus; ple et veloute en -dessous; divise dans toute sa longueur par une cte saillante qui n'est que le prolongement du ptiole qui la sou- tient ; traverse par plusieurs nervures obliques qui aboutissent aux grandes pointes que forment les d- coupures. La fleur est petite ; la corolle compose de cinq ptales blancs, frangs leur lame , contenus dans un calice trs-petit de trois folioles; cinq tamines plus, longues que la corolle, anthres fauves, arrondies, fdets trs- dlis et libres; l'ovaire est surmont d'uii pistil conique trifide, stigmates obtus. Le fruit est dispos en grappes droites : il consiste en une capsule turbne, veloute, rousse; com- pose de trois valves s'ouvrant du haut en bas , et spares par des cloisons. Chaque loge contient une semence arrondie , lisse, luisante, semblable aux lar- (9") mes de Job ( Coix lacpjma ) , brunes ou noires , omb liques de blanc d'une manire trs -remarquable; attache, par sa base , une substanc charnue jau- ntre , dont elle se dtache facilement. Ces graines contiennent des amandes d'un got sucr. ANALYSE cniMQUE. J'ai cru devoir classer le Cupan parmi les espces astringentes , aprs en avoir retir , par la macration des feuilles et des fruits dans l'eau froide , une grande quantit de tannin. L'infusum aqueux devient noir par l'addition du sulfate de fer. Proprits mdicinales. On accorde bnvolement . je crois, quelques proprits lithonlriptiques l'extrait de Cupani ; on connat , maintenant , assez l'insufll- sance de l'action des vgtaux , sur les calculs do les composs sont dijQerens , pour pouser une sem ' blable erreur. Il n'en est pas de mme de son infusion administre dans le catarrhe vsical , et toutes les fois qu'il s'agit d'exciter la membrane muqueuse des voies urinaires , et des autres membranes frappes d'atonie. Les amandes que contiennent les capsules , sont estimes diurtiques astringentes ; mais je ne les ai jamais employes. Ces mmes graines torrfies et mises en poudre sont ordonnes en electuaire dans l'hmoptysie et la diarrhe. Mode d'administration. Lorsqu'on veut ordonner en substance la poudre des feuilles ou des fruits des- schs du Cupani , la dose en est depuis douze grains jusqu' deux scrupules, dans une infusion aromatique de Cascarille, de Gingembre ou autre. Si l'on veut employer sa dcoction , on fait bouillir lgrement ( 92 ) demi-once des feuilles dans une livre et demie d'eau * et on ajoute la colalure une once de sirop d'herbe charpentier (justicia pectoralis). La dose de l'lec- tuaire, fait avec les graines torrfies, est d'un gros. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-NEUVIME. Le Cupani est reprsent moiti de sa grandeur naturelle, . j. Fleur entire, prsentant cinq ptales, cinq ta- mines et un calice triphylle. 2. Organes sexuels contenus dans le calice. 3. Ovaire surmont de trois styles. g no /y. oo Jf'eot^ofe ejeourfy/i. /Vna' . (Atfie/ Jcu^ W .COMMUN ( 95 ) BONDUG COMMUN. ( Stomachique astringe7it, ) Synonymie. Vulg. Poisquniques; Pois Gunic, OEil de chat; Cniquier. GuilandinaBonduc. Lin. Decandrie monogy- nie. Jussieu ^ famille des lgumineuses. Guilandina aculeata^ pinnis ovatis, follolis aculeissolitariis. Lin. mill. Dict. n I. Guilandina caule, fructu que aculealis. Hort. cliff. i58. Bonduc vulgare majus polypliyllura. Plum. gen. 25. Acacia gloriosa , lentisci folio , spinosa , flore spicato luteo , siliqu magna rauricat. Pluk. alm. 4 ? tab. 2 , f . 2, Lobus ecldnatus , fructu flavo , foliis rotundioribus. Sloan. Jam. i44^hist. 2 , p. 4o- Frulex globulorum. Rumph. amb.5, p. 89^ tab. 48. (vivace.) Caract^res gnriques. Calice monophylle hyppo- cratriforme , cinq divisions , cinq ptales concaves et lancols , insrs au col du calice, comme gaux; lgume ou gousse rhombodale bivalve , une loge ; dix tamines distinctes , un style. Caractres particuliers. Tige aiguillonne , piu- nules ovales; folioles aiguillons solitaires, graines grises osseuses , sphriques , comme vernies , rayes concentrquement. Histoire naturelle. Cet arbrisseau crot naturel- lement dans les climats chauds des deux Indes , o on le rencontre frquemment auprs des plages maritimes, et dans les bois pais. Son feuillage oflVe diverses nuances de couleurs , et les jeunes bourgeons d'un rouge carmin contrastent lgamment avec le jaune ( 94 ) jonquille des fleurs , le vert tendre du feuillage , le Lrun des gousses pineuses ou le hleu turquin des graines sphriques , lorsque les gousses sont entr'ou- vertes. Dans leur tat de maturit, le moindre vent qui les agite les fait rsonner avec bruissement. Le Bonduc est si pineux que les propritaires en font des haies de clture impntrables aux animaux. Les enfans sont curieux de ses graines; les joailliers les recherchent pour en faire des breloques. Caractres physiques. Les liges du Bonduc sont verdtres, canneles, comme sarmenteuses et cassantes; celles terminales d'un rouge laque. Les tiges , les ra- meaux et les ptioles des feuilles sont munis d'aiguillons nombreux , forts petits et en crochets ; ses feuilles sont deux fois ailes, pinnules opposes et sans impaire; h. folioles ovales, glabres, un peu petioles. Les fleurs sont assez petites , jaunes ou rousstres; disposes en pis denses ou en nassue terminale; gar- nies de longues bractes linguiformes, un peu caduques; composes de cinq ptales presqu'gaux , contenant dix lamines , dont les filets trs-dlis soutiennent des anthres obscurment ttragones. Le fruit est une gousse ovale ou rhombodale , lgrement comprime, surtout prs des bords; ren- fle au milieu , d'un bleu rousstre , large de quinze i\ dix huit lignes, longues de trois quatre pouces; hrisse d'pines souples et nombreuses. Cette gousse, Irs-Iisse l'intrieur , est uniloculaire , et contient , sans cloison transversale , deux quatre semences ovodes , fort dures , lisses , d'un gris bleutre ou nu de vert , grosses comme des avelines ; chaque graine (95) contient une amande blanchtre , ride , huileuse , d'une odeur et d'un got de pois verts , mais amre ou peu agrable. Quand la Silique est bien dessche, et garnie de ses graines , celles-ci rsonnent quand on l'agite. Analyse chimique. Les ractifs m'ont fait connatre que cette plante avait un feuillage dou de qualits astringentes. Proprits mdicIx\ales. Quelques Ngres supersti- tieux portent mystrieusement , sous leur langa , deux graines de Bonduc , une certaine distance l'une de l'autre , avec la ferme conviction que cette amu- lette les prservera des hernies. Gomment ajouter foi des moyens indiqus par la plus profonde ignorance , et l'aveugle crdulit du vulgaire ! Encore, dit feu Chaumeton (avL Amulette du Dict. des Se. mdic. ) si ces sortes de talismans n'taient que superflus , ou se bornerait vouer au mpris ceux qui les ordonnent et ceux qui les portent; mais leur usage inconsidr peut avoir des suites funestes : le malade , pntre d'une confiance stupide pour son amulette , nglige un traitement mthodique , et reste dans une scu- rit trompeuse : les symptmes s'aggravent , et l'in- l'ortun reconnat son erreur , lorsque les vrais se- cours de l'art sont devenus impuissans ; quelquefois mme il expire sans que l'illusion soit dtruite. Quoi qu'il en soit , on peut accorder l'amande une facult vomitive; certains praticiens l'emploient comme hydragogue. On se sert communment des racines ci la fin des gonorrhes , et dans tous bs cas o les astringens sont indiqus. ( <) ) Mouii d'administration. L'amande rduite en pou- dre se donne, dit- on , la dose d'un scrupule; sa Icinlure par le tafia celle d'une once tous les malins jeun. Quant aux racines , on obtient relTct que l'on dsire avec deux onces par pinlc d'eau. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRliVINGT-DIXliME. Le rameau est rduit moiti de sa grandeur naturelle. 1. Etamine grossie pour faire observer la base barbue du filet. 2. Calice contenant un ptale, les dix tamines et le style. 3. Bracte aigu et glabre, dont chaque fleur est garni sa base. C[. Silique dont une portion a t dchire pour faire voir que les graines ne sont pas spares par des cloisons , mais seulement fixes un placenta mar- ginal. 5. Semence coupe verticalement pour faire voir la, situation de l'embryon. 6. Embryon spar. jT/tei/ao/'c ^K\e,-ofir///xJ't/t,r . O'uiri^/ iJi K^pu'f'^ %-* "**' (97) MOUREILLER EN PI. [Stomachique astri7igc?it.) Synonymie. Vulg. Bois dyssentrique; Merisier dor ; Bois tan. Malpighia spicata. cav. obs. bot. 8_, pag. 409 , n" 564 9 tab. 37. Malpighia foliis lanceolatis , desuper ferru- gineis spicis terminalibus ; petalis hastatis. Arbor pei- sicce facie , Baccis murea margravi mulis , fructu aiireo, styptico, dyssenterico : vulgo Bois Dyssentrique. Surian. herb. 149 , apud Vaill. cat. Mss. , pag. 1370. Baibaiba tertia arbor racemosa persicae facie, frUctu aureo , juni- perino , vulg Merisier dor. Surian. herb. no 4r-. Sp- cimen ; nnmeris vero 706, 758, 836. Florifer. Mal- pighia ( altissima ) , foliis lanceolatis, glabris , integer- rimis ; racemis terminalibus erectis. Jacq. obs. i, pag. 4^ ? vulg. Bois-Tan, CARACTkP.r.s GNRIQUES. Arbrcs ou arbrisseaux exotiques, en rapport avec les Banistres , dont plu- sieurs sont sarmenleux , et ayant des feuilles sim- ples et opposes , et des fleurs axiilaires ou terminales; un calice cinq folioles avec des glandes extrieures leur base ; cinq ptales arrondies , onglets linaires ; une baie globuleuse loge , renfermant trois semences osseuses. , Caractres particuliers. Fleurs disposes en pi dense terminal ; calice cinq folioles droites , per- sistantes; chaque foliole pourvue de deux glandes la base; corolle h cinq ptales orbiculaires hasts , onglets longs et linaires , lames plisses , cilies , concaves et ouvertes ; dix tamincs lllamens courts, ( 98 ) rangs autour de l'ovaire , et presque runis h eur base ; anlhres ovales eordiformes ; ovaire suprieur ovale; trois styles surmonts d'un stiguia globuleux; une baie globuleuse j trois semences ; les feuilles opposes , lancoles , velues en-dessous dans leur jeunesse. Histoire naturelle. Ayant perdu le dessin de ce Moureiller dans ma fuite de Saint-Domingue, je le dois aux bonts obligeantes de M. de Jussieu, qui, avec l'indulgence gracieuse dont il accueille tous ceux qui aiment l'tude, a bien voulu choisir dans son riche herbier, le plus bel chantillon qu'il possdait, pour me permettre de le confronter avec le croquis que j'avais heureusement dpos la nouvelle Angie- lerre , pour parer aux vnemens qui m'ont fait perdre et ma fortune et toutes mes collections d'histoire na- turelle , ainsi que toutes les planches que j'avais mises au net. Les jeunes Ngres disputent aux oiseaux les fruits de ce Moureiller, dont la saveur acide est peu agrable. Son bois est recherch pour tanner les cuirs. On rencontre ce bel arbre Saint-Domingue, Portorico, h la Guadeloupe , Cuba et dans les autres les An- tilles. Il est couvert de fleurs et de fruits en novembre ; il se plat dans les forts sombres qui avoisinent les rivires. Caractres physiques. Le Moureiller en pi s'- lve la hauteur de trente pieds et plus; il se divise en rameaux couverts , lorsqu'ils sont jeunes , d'un duvet rousstre ferrugineux qui disparat avec l'ge ^ Son corce est cendre , et son bois rougctre. (99) Les feuilles sont lgrement ptoles , coriaces , trs- entires, luisantes en-dessus, revtues en-dessous d'un duvet court , ferrugineux , qui n'existe que sur les jeunes feuilles. On remarque , entre le ptiole et la tige , une petite caille amplexicaule , qui tient lieu de stipules. Les fleurs sont disposes en pi dense , terminal ; toutes solitaires, dont les pdoncules particuliers ont leur base une petite bracte cailleuse. Le calice est charg de dix glandes ovales et trs-petites; la corolle est jaune , d'une odeur agrable ; chaque ptale est chancr la base de la lame , en deux petits lobes arrondis; les tamines paraissent runies leur base, et termines par des anthres oblongues et droites ; l'ovaire est ovale , aigu , sillonn , velu sa base ; il est surmont de trois styles droits ; les stigmates , d'abord recourbs , se retroussent ensuite. Le fruit est une baie jaune , acide , globuleuse , et trois renflemens. Il renferme un noyau osseux , trois loges et trois semences. ANALYSE CHIMIQUE. L'corcc de cet arbre contient beaucoup de tannin ,* et ses baies fournissent un peu d'acide gallique , plus , un principe mucoso-sucr. Proprits mdicinales. La saveur aisrrelette des baies du Moureiller en pi les fait recommander dans les angines, o l'on en prescrit avec avantage la dcoction en gargarisme et en lavemens. Son rob est trs -estim dans les dyssenteries dont on veut modrer le cours. On le dlaye dans la dcoction de son corce astringente, lorsque la maladie touche son terme. Ce mme rob ralTermt les gencives deve- ( 100 ) nues spongieuses et fongueuses par l'usage prolong du mercure. Les baies prises une certaine dose de- viennent laxatives. Mode d'adjiiisistration. Le rob des baies se donne h la dose de quatre gros une once ; l'ccorce rduite en poudre celle d'un gros, et par demi- once pour livre de dcoction. On retire aussi froid , de l'corce, par l'alcool , une teinture qui se prescrit par un gros dans un vhicule appropri. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-ONZIEME. Le rameau est rduit moiti de sa grandeur naturelle, I. Fleur grossie pour faire apercevoir les glandes cali- cinales_, dont deux sont places la base de cha- cune des divisions. a. Ovaire surmont des styles, au nombre de trois. 3. Grajjpe de fruits. 4. Coupe transversale du fruit. //. 02 3> BE GALLE *LAliGES FEULLl ffa^rze/ Jr/^/^ ' i^:s. ( loi ) GRAS DE GALLE A LARGES FEUILLES. ( Stomachique astringent, ) Synonymie. Vulg. Bois de lance. Gratgal. Encycl. mtli, Randia latifolia. Linn. Pentandrie monogynie. Jussieu , fam. des Rubiaces. Randia foliis spatulato- ovalibus , spinis foliis brevioribus in apicibus ramulorum. Lamarck. rBaccis sub-pedunculatis^ tomentosis et lates- centibus anonymos. Plum. Miss. vol. 5, tab. n5. Menalacrodryon. Pluk. alm. 124^, tab. 2o5,f. 2. Cacao affinis , frutex spinosus , lycii facie , jasmini flore albo. Sloan. jam. hist. 2, pag, 18, tab. 161 _, f. i. Raj. Dend. 83. An Randia mitis. Linn.? ( Encycl. mth. ) ( vivace.) Caractres gnriques. Arbrisseaux exotiques , pineux^ feuilles simples et opposes , pines op- poses ; fleurs monoptales , disposes par petits bouquets terminaux , auxquels succdent des baies uniloculaires et polyspermes. Caractres particuliers. Calice monophylle su- prieur , dont le bord est cinq dents; corolle mo- noptale hyppocratriforme, plus grande que le calice , et dont le limbe est cinq dcoupures pointues. Cinq tamines situes l'orifice de la fleur , et dont les fdamens extrmement courts portent des anthres oblongues , un ovaire infrieur, style de la longueur du tube de la fleur , bifide son sommet , stigmas ingaux; baie arrondie, ombilique ou couronne, corce dure ou coriace , uniloulaire , contenant plu- ( 102 ) seiirs semences comprimes , enveloppes dans une pulpe. Histoire naturelle. Ce Gratgal ciot dans les An- tilles , la Jamaque, et la Vera-Grux , o, selon Miller, Houston l'a trouv en quantit. La qualit do son bois lui a fait donner le nom do Bois de lance , parce qu'on fait avec , des hampes de lance , des fl- ches , des baguettes de fusil , des douves flexibles et des essentes. Ce bois est aussi employ faire des chaises , des chelles et autres meubles. A Saint-Domingue , le nom du canton du Bois de lance , au quartier de Limonade , vient de ce qu'on y trouve beaucoup de ces arbres , dont les tiges droites et flexibles , dit Moreau de Saint-Mrj, servent monter les fers des lances , arme commune autrefois aux Antilles , et presque la seule qu'eussent les Es- pagnols qui la maniaient arec une grande dextrit. CARACTiRES PHYSIQUES. Le Bois de lance est un arbrisseau toujours vert , comme les phylaria , mdio- crement pineux , et qui s'lve dix ou douze pieds de hauteur. Son tronc , selon Sloane , acquiert l'pais- seur du bras , et est recouvert d'une corce rou- geatre et rugueuse ; les rameaux sont opposs , glabres , feuilles dans leur partie suprieure ; les plus petits sont garnis d'pines opposes, droites, longues de trois ou quatre lignes , situes le plus souvent simplement aux sommits , et quelquefois aussi en quelques endroits de leur longueur. Les feuilles sont opposes , presque spatules, entires, retrcies en ptiole leur base; largies dans leur partie suprieure , lisses des deux cts , ( ,o3 ) iisaates , et beaucoup plus grandes que les pnes i elles ont deux trois pouces de longueur, sur une largeur de prs d'un pouce et demi ; les fleurs sont terminales, souvent axillaires et un peu pdoncules, blanches et odorantes. Il leur succde des baies ovales, couronnes par un petit calice lev d'une ligne ; blanches ou jauntres en dehors, et contenant, sous une peau coriace et cassante , une pulpe bleutre ou noirtre dans laquelle sont enveloppes plusieurs se- mences aplaties. ( Encycl. mth. ) On ne doit point m'accuser de plagiat , si souvent je copie presque littralenient les descriptions exactes de rEncyclopdie par ordre de matires. Je fais vo- lontiers , en ce cas , le sacrifice de mon travail par- ticulier pour rendre hommage aux savans Lamarck, Desrousseaux et Poiret , collaborateurs du Diction- naire de botanique- Les larcins sont permis dans ces sortes de recueils, lorsqu'on proclame le nom de l'auteur. Analyse chimique. Le fruit du Gratgal, Bois de lance, est acerbe; il est astringent, et possde les mmes proprits que les nfles. Lorsqu'il est mr , il a une saveur douce, vineuse et agrable; mais il renferme tant de graines qu'il n'estrechercli que par les oiseaux. L'corce contient de Tacide gallique , et la pulpe un principe mucoso-sucr. PROPRiTis MDICINALES. Ainsi que ses congnres , dous de vertus astringentes , un aveugle empirisme a accord au Bois de lance des proprits chimriques , pour dtruire les calculs vsicaux. Je ne m'arrterai point cette indication exagre ; il me suflira de ( 104 ) dire quc'souvcnt j'ai adrainislrc son rob dans les cours de vcnlre rebelles , et certaines dysscnterics qui pro- venaient du relchement de la muqueuse intestinale. Mode d'administration. Pour obtenir ce rob , on prend quatre livres de fruits , privs de leur corce et de leurs graines; on les fait bouillir jusqu' con- sistance d'lectuare; et on ajoute, en mlant pour trois livres et demie de cette pulpe , une livre et demie de sucre; on fait vaporer alors jusqu' consistance d'extrait mou. La dose est d'une cuillere bouche trois ou quatre fois le jour. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-DOUZlME. L& Gratgal Bois de lance est rduit au tiers de sa grandeur naturelle* I. Fleur entire de grandeur naturelle. 2.. Corolle spare du calice, et ouverte pour faire voir que les tamines sont sessiles et insres prs du limbe. 3. Fruit coup transversalement. 4. Fruit entier, ayant la base de son pdoncule deux pines. /y. o3. (?,)/> rr't'/ ( lonZja . AC^AC" r -1 A rf ' a tt^ A FEIJiLI.F.8 wvjuyrvY.^ \ ( o5 ) ACACIE A FEUILLES TROITES. ( Stomachique astringent. ) Synonyt.iie. Vul. Tendre caillou franc Tendre caou J^icols. Acaciebois dur. Tussac.- Encyc. metli.N'iS. Mimosa tenuifolia. Linn. Polygamie mon cie. Tournef. cl. 20. Arbre monop. Jussieu, famille des lgumineuses. Mimosa angustifolia , Acacia non spinosa. Lam. Mimosa Litlioxilon. Richard. Caractres gnriques. Calice moaophylle cinq dents ; corolle cinq ptales rguliers ; tamines in- dfinies; gousse plusieurs loges, monosperme , com- munment bivalve ; spare par des cloisons transver- sales ,* tamines distinctes. (Lam.). Caractres particuliers. Feuilles Lipinnes, les partielles dix paires de folioles ; pinnules multiju- gues ; fleurs unisexuelles en pis ; filets capillaires plus longs que la corolle; un style; un stigmai gousses aplaties , noirtres , partages par des cloisons trans- versales; semences ovales , brunes au centre et cernes de jaune. Histoire naturelle. L'auteur des trois rgnes de la nature , trouvant des admirateurs dans les deux hmis- phres j je dois dire avec Castel : o Sous TAcacia lger j'aurais plac Delille . Le Tendre caillou, que la tnuit de son feuillage l- gant, et ses fleurs blanches en pis font remarquer dans les forts des montagnes , se plat aux Antilles, dans les terrains sablonneux ou arides, que l'on nomme Frdoches Saint-Domingue. Son bois est bon pour la construction : on en fait des poteaux et des pieux de Tome H. 24' Lh' raison, 7 ( loG ) pilolis , (lestint^s h soutenir ccs difices , former des viviers et autres enceintes propres ^ renfermer du poisson , et qui durent prs d'un sicle, sans prouver les ravages du temps. Cet arbre, parvenu ii son accrois- sement, mousse les outils les mieux tremps, lorsqu'on cherche l'abattre. On l'appelle ainsi cause de son cxlrme duret, et on en distingue deux varits, le franc et le btard. CARACTiiRES PHYSIQUES. Le Tendre h caillou parvient h la hauteur de quarante pieds , sur un diamtre de quinze seize pouces; son corce est d'un brun clair et presque gristre; elle est crevasse et peujadhrente; Tau- bierest jauntre; le curdur, incorruptible, rougelre, lorsqu'il est rcemment coup, devient gris en se s- chant; il a peu de branches et de feuilles, et sa sve, sui- vant Nicolson^ se sche bientt aprs avoir t abattu. Les feuilles sont deux fois ailes , et composes de quatre cinq couples de longues pinnules , qui cha- cune soutiennent trente cinquante paires de folioles petites , oblongues , un peu troites, vertes , et presque luisantes en-dessus , et d'une couleur ple en-dessous. Ces folioles n'ont qu'une ligne et demie de longueur sur un tiers de ligne de largeur. Les fleurs en pis sont blanches; il leur succde des gousses longues de quatre six pouces, larges d'un pouce, noirtres et fissures, aplaties en dehors ; elles renferment environ douze semences , ovales , bor- des d'une teinte plus claire. Le Tendre caillou btard vient dans les montagne et sur les terrains gras , mais son bois ne dure point aussi long -temps en terre; son corce est brune et ra- boteuse , ses feuilles sont plus grandes que celles du ( 107 ) prcdent; ses siliqiies sont aussi plus longues; elles ont sept pouces de longueur sur une largeur de cinq lignes, trs-plates, brunes, point lisses, un peu sinucs en leur bord , et comme bordes dans leur con- tour. Les semences sont noires et trs -aplaties; on donne assez gnralement aux Antilles le nom de Ten- dre caillou, toutes les espces d'Acacie sans pines. Analyse chimique. Les proprits chimiques du Ten- dre caillou sont analogues celles des autres plantes astringentes; il contient, ainsi qu'elles, du tannin, et noircit la dissolution de sulfate de fer. PROPRiTis 3IDICINALES. Poupc Dcsportcs recom- mande Ics bourgcoiis du Tendre 5 caillou comme astrin- gens , ainsi que sa racine; il prescrit l'im et l'autre dans le vomissement, la diarrhe, la leucorrhe et les hmorragies; il ajoute Teau distille des Heurs aux collyres astringens. Mode d'administration. La dose des racines et des bourgeons est d'une once par livre d'eau , et celle des fleurs , d'une pince par livre d'infusion thiforme. explication de la planche QUATRE-VINGT-RElZliiiME. UAcacie feuilles troites est rdail moiti de grandeur naturelle, Fig. 1'* Silique 2/3 de grandeur naturelle. 2. fleuron grossi. 5. Anthre grossie. 4. llceptacle sur lequel repose le germe. 5. Graine grossie. 6. Graine dont on a enlev un Cotyldon pour faire voir rEiiibryon, ^. Graiiic coupe transver^aleuient, 7- ( io8 ) BELLOINIE A FEUILLES RUDES. ( Stomachique astringent. ) Synonymie. Bellonia aspera. Linii. Penlandrie monogynie Jussieu, fam. des rubiaces. Bellonia frutescens, folio me- lisse aspero. Plum. gen. 19. Burin, amn. tab. 47* Caractres GNRIQUES. Corolle en rosette; capsule une loge , infrieure , polysperme , aiguise en bas par les restes du calice. CARAGTiRES PARTICULIERS. Eianiiiies en faisceau , feuilles ovales, ptiolcs, dnies ingalement et his- pides ( Jolycl. ). Histoire naturelle. Ce joli arbrisseau crot aux Antilles, et c'est Saint-Domingue que le pre Plu- mier Fa observ le premier. Le nom qui lui a t im- pos rappelle aux amateurs des sciences celui de Bel- Ion, un des premiers naturalistes franais. Caractres PHYSIQUES. La Bellonie est un arbrisseau rameaux cylindriques^ noueux, ferrugineux et al- ternes , et qui parat avoir des rapports avec les plantes de la famille des pAubiaces. Les feuilles sont opposes , ovales, ingalement den- tes en leur bord, portes sur des ptioles fort couris , et rudes au loucher en leur surface infrieure. Les fleurs sont blanches , viennent en corymbe rami- H, au sommet des rameaux, et quelques-unes dans 7^/.^J. 2yieot/ore J^e^cffnrAi i J^/Tt.i' // J'c7f//i GOMAIiT B'AMKHrE. Vvv* VVVV V* \ VV% V*** V*^^ VV* V*. V* % v**^ -v^^ **-* V*V* V^^* 0 ) de la grosseur d'une noiscll;^, voidtres, un peu teints de pourpre dans leur mahiril , rsineux, odorans , corce charnue , pulpeuse , et qui recouvre un ou deux et quelquefois trois osselets ou noyaux trs- Lianes > un peu comprims, qui renferment chacun une amande. ( Enc. met. ) Analyse chimique. La gomme rsine du Gomart est en partie soluble dans l'eau , partie dans l'alcool. Elle contient beaucoup d'huile volatile de couleur ambre , d'une odeur plus suave que la trbenthine , et elle sert pour les vernis. PiioPRiTis MDICINALES. On prconisc avec raison l'usage de cette gomme rsine dans certains momens de la dyssenterie et de la nphrite calculeuse. Elle est expectorante; applique extrieurement , dit Nicolson, elle est nervale. Les feuilles du Gomart sont rputes vulnraires. On ajoute une pince de son corce aux infusions anlhemintiques et celles astringentes qu'on prescrit la fin des gonorrlies. Les bourgeons du Go- mart s'emploient dans les onguens ainsi que sa Gomme. Son corce entre dans les tisanes lnitives de Poupe- Desportes. Mode d'administration. Cette gomme rsine s'ad- ministre intrieurement comme la trbenthine , en bols , la dose d'un scrupule demi-gros. La dose d Fcorce est de deux pinces par livre d'eau. J]:XI'LICATI0N de la. PLANCHE QUATRE-VINGT-DIX-SEPTiIME. Xe rameau est reprsent au tiers de grandeur natu- relle , et le tronc au Tjngtieme 1, Fleur, a. Calice. 3. Fruits groups. 4- Trne de l'arbre > dont une partie de J'corce ;^e dtache. " * -a .j -i . yr. ^/. jAeoaore 7),\f)Vii/'fi7~^ ^ma- 6rairff/ Jc(t^ r I.KVAIA E M B K S -AN TLLE S . { >2. ) kVV>vw CLAVALIER DES ANTILLES- ( Stomachlq ue astringent. ) Synonymie. Vul. Bois pineux jaune. Zantlioxylum caii- beum. Lin. Dicie penlandrie, Zanlhoxilou, foliispinnatis- foliolis ovato oblongis, acuminatis, grosse crenatis, punc- tatis N. Zanllioxylum aculealum fraxini sinuosis etpnnc- talls toliis amerlcanum. Pluk. alra. 3y6. tab. 259. f. 4 ^t Auiallli. p. 214. Arbor spinosa fiaxini l'acie. Plum. M" voL5^t. ii4- Ayonalali arbor indica spinosa odore rulae, uhiis folio in auibitu crispato et ubiqu perforalo. Vaill. herb. et cat. 1. p. 5 10. Surian. N^ 107. Aya- rali quarta arbor Monbey affinitate foliis dentalis, f'ructu raceraoso fragranli. Herb. Surian. IN** 2. Juss. Zanllio- xylum berb. Surian. No 5oo. Bois pineux jaune. Nicol- son St.-Doiu. p. 175. Zanlhoxylon famille des tr- binllicS;,Lamarek j . Caract1;rks gnriques. Calice dcoup en plu- sieurs parlies ; coiollc polyptale rarement nulle. Eta- inines dfinies ; ovaire suprieur ; un ou plusieurs styles ; autant de slignia ; une baie ou une capsule nuilliioculaire ; feuilles alternes , ordinairement pin-^ nes j tiges ligneuses. CAR.vcTRjis PARTICULIERS. Plusicurs ovaircs ^ autant de capsules , Heurs dioques. Mles. Corolle cinq divisions profondes , droites, corolle nulle ; cinq ou six tamines plus longues que le calice , alternes avec ses divisions. ( 22 ) Femelles. Calice h cinq divisions , corolle nulle; cinq styles , cinq ovaires , cinq capsules monospermes, sphriquos , bivalves. (Lam.) Histoire naturi-lle. Zanlhoxylon a poir racine grecque 'Bo.vto jaune , et ^v\ov bois , parce que le Clavalier est employ comme bois de teinture. Nicolson en dislingujc deux varits , dont la plus grande est recherche pour la construction , tandis que l'corce de la seconde espce sert h teindre en jaune. Cet arbre se plat dans les forts sombres et un peu humides , o Ton remarque complaisamment le contraste parfait du feuillage vert , avec le beau noir luisant des graines et la couleur rouge des capsules. Caractres physiques. Ce Clavalier est un arbre tronc trs-pineux, de moyenne grandeur, dont le feuil- lage ressemble h celui du frne d'Europe , mais dontles folioles sont plus larges , ponctues et distingues par de grosses crnelures. Les pines du tronc sont courtes et aigus. Les feuilles alternes sont composes de onze treize folioles ovales oblongues , acumines , minces, parsemes de points Iransparens glabres, d'un vert-ten- dre et bordes de crnelures grossires , quoique peu profondes ; leur ptiole comnmn est pourvu d'pines aigus , petites et montantes. Ces feuilles viemient par paquets ou faisceaux sur les vieux troncs. Les fleurs , portes sur des pdoncules rameux et paniculs , sont petites et ont peu d'clat. On les ob- serve dans la saison des pluies avant le dveloppement des feuilles. Chaque (leur femelle produit cinq petites capsvdes pdiculcs , vertes d'abord , puis d'un rouge ( ,23 ) clatant lorsqu'elles sont mres, chagrines au-dehors, i)ivalves , et contenant chacune une petite semence noire , Iont;uement pdicele et trs-luisante. Ces cap- sules mrissent au couniiencement de la saison des secs (octobre) , et lorsqu'elles s'entrouvrent , leur se- juence semble sortir de sa prison fixe et suruiontant un placenta membraneux et latral. L corcc du Clovalier est d'un bistre noirtre l'cx tricur , et jaune la partie interne. Analyse cuimiqce. L'ccarce du Clavalier des An- tilles fournit un principe colorant , astringent , du tan^ nin , dn mucilage et un peu \ On prescrit les feuilles du Clavalier comme vulnraires , la dose d'une pince ( >*1 ) par livre d'enu, el h celle d'une once pour la teinture alcoolique faite h froid. L'corce est un succdan de celle du quinquina , et se formule de la mme manire. EXPLICATION 1)K LA PLANCHE QUARE-VINGT- DIX-IIUITIME. La rameau do Clavaller est reprsent au tior^. de sa grandeur naturelle. J't-ot/ttre yfeifiVnf/f/\ y'e/i.v arfW Sc^/^. MA3IOON ISOi^ T^ArAJOIL (.25) MAHOGON BOIS D'ACAJOU. [Stomacltujac astringent, ) Syno.vyivie Vulg. Bois d'Acajou planches ; Acajou a meu- bles. Swietenia mahogoni Linn. Decandrie monogynie^- Juss. famille des orangers. Lamark/am. des Azedaracks. Swietenia foliis abrupte pinnatis^ sub quadrijagis fo- liolis ovato lanceolatis^ obliquis. Arbor foliis pinnatis^ jiullo impari alam claudente, nervo ad latus unura excur- rente, fructu anguloso magno , semine alato instar pinus. Casteb. carol. 2. pag. 81. tab. 81. Cedrel a foliis pinnatis, floribus sparsis, ligno graviori. Brwn. jam. 1 58. Swie- lenia mahcgoni. Jacq, amer. 127. Cav. diss. 7. n 029. tab. 209. G.Trtra. de fructu. Vol. 2. p. 89. tab. 96. Cedrus maliogoni. mill. dict. N 2. Maurepasia, arbor cxcelsa lamaiindi foliis rigidis etlatis_, floribus ex \iridi albis, fructu turbinato, lignoso et btico. Poup. Des. C'est Lid" Ouhoiihcii iXts hommes carabes, et Liacacachi des femmes ^ . Caractres Gji.\/JIWOXI AI.E . ( ..If ) lUril, un suc jaune et pais, qui servirait h teindre les toiles , si on pouvait fixer cette couleur fugitive. La Liane h corde est ainsi appele , parce qu'on l'emploie pour amarrer les barrires de bambous ou de camp- ches, et dans la confection des instrumens de pche. On trouve cette Liane sur le bord des rivires, o elle s'en- lace autour des arbres qui se plaisent auprs de l'eau* L'corce de cette Liane teint en rouge* CAr.ACTiuES PHYSIQUES. La tige de celte Bgnone est sarmenteuse, rougelrc; elle grimpe et se rpand sur les arbres, et s'y attache au moyen des vrilles de ses ptioles. Ses feuilles sont opposes , et comme chaque ptiole soutient deux folioles ovales lancoles , et se termine ensuite en une vrille simple , les folioles sem- blent quatre ensemble chaque nud. Elles sont on- des sur les bords , d'un vert luisant, et persistantes. Les fleurs sont grandes , de couleur incarnate , axit- Jaires, et au nombre de deux sur chaque pdoncule. Les fruits sont des capsules aplaties fort longues , n peu larges et linaires. ( Enc. met. ) Analyse cniMioui-. Cette Bgnone est inodore , et offre un trs-faible degr d'amertume et de slyplicit Elle donne de l'acide gallique. Proprits mdicinales. Poupe-Desportes estimait cette Liane amre, dtersive,et lgrement astringente; c'est pourquoi il prescrivait l'infusion de ses fleurs dans les angines muqueuses. Chevalier s'en servait dans les affections du foie et de la rate , en lui associant de clous rouilles, suivant l'usage du pays^ pour rendre celle mixlure plus apritivc. Le mcdicaslre Minguei ( 5i^ ) l'ordonnait, avec le mystre du charlatanisme , conire les hmorragies du poumon , de l'utrus et des intes- tins. J'ai eu occasion de me louer de son emploi dans les gargarismes dtersifs qui conviennent la fui des an2:ines. MoDjE d'adsiinistration. Les feuilles de cette Liane se prescrivent en dcoction , et on en exprime le suc , dont on donne deux quatre onces plusieurs fois le jour. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENTIME. La Bignone est reprsente rduite moiti de grandeur naturelle^ 7'AiV,{o/'^ /)ej>\>ff/-^fA 7'f/i.f LAFFI^LlIlii SI.^'I'K ( '33 ) h^^**^%/*^^V%^/V^'V^'%'V^%^-*^ **%* ^^^^/VVV^'V* *V^^/V*V*-% LAPPULIER SINUE. { Stomachique astringent. ) Synonymie. Vulg. Grand cousin , herbe cousin ^ cousin mahot , pou de moine, tte ng^re. Triumfelta lap- pula. Linn. Dodcandrie raonogynie. Jussieu, fam. des Tiliacs. Or. Class. 6. Tourncf. Fam. 48. Les tilleuls. Sect. 1. Adanson. Triumfetla foliis subcordatis iy - tundatis , Pentagonis , sinuatis, sublaciniatis , floribus ecalycnlatis. Lam. Triumfettafruclu echinato, racemoso. Plum. Gen. 40 et Burra. Amer., t. 255. Agrimonia lap- pacea,inodora folio subrotundodentato. Sloan Jara. His.i. Pag. 211. Raj. Suppl. 2^17. Triumfetta floribus cah^ce destitutis. Jacq. Amer. 146. Excluso Pluknetii synonymo. Etejusd. Pict. P. j7i. Triumfetta. Surian. Herb. ]N 536 et 548. Materebe Indorum. Ittibouca , IhaLoura des C^arabes (vivace). Caractres gnriques. Fleurs polyptales , co- rolle de cinq ptales linaires, obtus, trs - minces , de la longueur du calice ; calice cinq divisions , obloug, caduc; seize tamines de la longueur des p- tales anthres ovales arrondies ; capsule globuleuse hrisse de toute part , quatre loges , contenant cha- cune une ou deux semences; un ovaire suprieur, arrondi, velu, surmont d'un style filiforme, stig- mate sipaple. Caractres particuliers. Feuilles en cur mar- gi nes , sinues, lacinies leurs bords. Fleurs axillaiies sans calicule. ToM II. 36* Lwraisoji, o ( -34 ) Histoire naurellk. Ce Lappulier crot Saint- Domingue et dans les Antilles , aux lieux incultes o les moutons vont pacager , et d'o ils reviennent ayant leur toison charge de ses fruits garnis de pointes ac- crochantes, comparables aux fruits de la Bardane. On se sert de ses tiges, dit Aublet, pour fabriquer des paniers. L'industrie en a retir par la macration , de la fdasse qui peut remplacer le chanvre d'Europe, et avec laquelle on fait de trs-bon fil : une forte d- coction de Lappulier donne un assez beau jaune , si Ton cherche fixer la partie colorante avec une solu- tion lgre de bismuth, comme Dambourney l'a observ pour l'aigremoine. Caractres physiques. Cet arbrisseau s'lve la hauteur de cinq six pieds ; il est droit , h rameaux ci - lindriques et velouts comme la guimauve d'Europe, dont il a le port. Les feuilles sont alternes, ptioles , larges au moins comme la paume de la main^ presqu'en cur , arron- dies , acumines , un peu pentagones , sinues latra- lement , souvent mme lacinies comme celles des mriers , ce qui est particulier cette espce ; ces feuilles sont veloutes principalement en-dessous , dou- ces au toucher comme celles de la guimauve , et fine- ment dentes sur les bords. Les fleurs sont trs-petites , oblongues , tubuleuses , incompettes , sans calice , ou plutt munies d'un ca- lice un peu velu en dehors, mais sans ptales; ces fleurs sont disposes par petites ombelles pedicelles , latrales et axillaires , formant aux sommits de la plante des grappes menues et fouilles : mais lorsque ( '3:> ) ces grappes sont Iructiiies elles sont dpourvues de feuilles , comme on le voit par la ligure ci-joiole. Les capsules sont petites , sphriques , hrisses de pointes accrochantes. Elles s'attachent aux habils des passans comme les fruits de i'Aigremoiue et de la Barda ne. Analyse cnniiQUE. Le Lappulier rcemment coup , exhale un arme faible qui se volatilise par la dessica- tion. Toute la plante contient une saveur amre et as- Iringente : le suc des feuilles du Lappulier rougit le papier bleu , et leur infusion noircit la solution de sulfate de fer. L'alcool et Teau s'emparent de ses prin- cipes constituans gommo-rsineux. Proprits mdicinales. La racine de Lappulier tant mucilagineuse comme celle de la guimauve d'Europe , on la recommande avec raison dans l'ul- cration des intestins: et des autres viscres. Poupe Desportes ordonnait la lin de la dyssenterie , un lait astringent compos d'un gros de l'corce moyenne de ce Lappulier, d'Erythal bois chandelle, et de Gingem- bre pour deux pintes de lait , jusqu' la diminution du quart; il faisait plonger dans la dcoction, trois reprises diffrentes un fer rouge , et on en donnait au malade une verre d'heure en heure. J'ai employ avec avantage en infusion et comme topique le Lappulier dans les h- patites ; dans les coulemens de mme nature, les h- moragies passives , les engorgemens des amygdales , et les ulcres de l'arrire- bouche en gargarisme dtersif. Quelques praticiens crasent les jeunes feuilles, ajou- tent du sel marin, et font un cataplasme anti- laiteux qu'on applique sur le sein. 9- ( 36 ) Les latliers en utilisent le suc pour dterger les ulcres sanieux des bestiaux. Mode d'administration. La dose des racines est d'une once ^ celle de l'corce d'un gros. Le suc se prescrit l'extrieur comme dtersif dose indter- mine; et h celle d'une once, deux l'intrieur. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT ET UNIME. Le rameau de Lappulier est rduit aux deux tiers de sa grandeur naturelle* 1. Fleur. 2. Ovaire surmont de son pistil. 3. Fruit grossi et coup transversalement. j7ieoi/ifrH' Z^c.i'iv/t/-/rZx. -/i. 0!i/'/rW ilru^ LAPPULIER IlETERO'liLLE ( '57 ) LAPPULIER HTROPHYLLE. [Stomachique astringent.) Synonymie. Vul. Petit cousin. Triumfetta heterophilla. Lin, Dodcandrie monogynie.-Jussieu, famille des Malvaces. Onobrvcllis fructu echinato minor. Triumfetta foliis ba- si indivisis : inferiobas inciso-trilobis , superloribus ob- longis rpandis floribus ecalrculatis. Lam. Lappula In- diana, althese folio, flore parvo ^ tubuloso, purpureo vi- ridi. Pluk. Amalht. io3. , t. li'iS, f. 5. Surian. Ilerb. N9o5et 924 (vivace). Caractres gnriques. Corolle de cinq ptales ; calice 5- phylle ; capsule hrisse , se terminant en quatre loges. Caractres particuliers. Feuilles ovales , les su- prieures sessiles , sans divisions , rarement lobes. Fleurs sans calicule. Histoire naturelle. En confrontant Tespce pr- cdente avec celle-ci , il est facile de voir qu'elle ap- partient au mme genre , et que le Lappidier htro- phylle ne diffre nue par ses feuilles, qui ne sont point lobes , et la lige plus lance. On les rencontre dans les mmes lieux , et surtout dans les champs ou car- reaux de cotoniers. Caractres physiques. Cette espce forme un ar- brisseau distingu du prcdent , principalement par ( >5S ) son feuillage. Ses rameaux sont menus, allongs, cinis , couverts d'un duvet cotonneux trs-court. Les feuilles sont ovales, anguleuses antrieurement , entires leur base, dentes ou plutt crneles sur sur les bords; d'un vert jauntre en dessus , glauques en dessous ; les suprieures beaucoup plus petites sont presque sessiles , les infrieures pliolcs. Les fleurs tubulcuses calycules comme celles de la prcdente , axillaircs ou terminales , ramasses trois cinq ensemble par petits bouquets presque sessiles. Le fruit hriss de pointes est sphrique. Analyse chimique. Ce Lappulier nous a produit les nimes rsultats que l'espce prcdente. Proprits MDiciWALiiS. Comme ce serait fatiguer le lecleur que de rpter ici, les proprits du Lap- pulier hlrophylle , communes aux deux espces dont je donne la description dans cet ouvrage , il me suffira d'observer que l'une sert dfaut de l'autre. Cepen- dant je dois ajouter que los ngres, aprs l'avoir cra- se , l'appliquent comme vulnraire sur leurs blessures. Elle arrte le sang; et c'est pour cela que certaines per- sonnes ^n font usage dans l'hmoptysie. Dans les c- phalagie son pose sur le front des compresses imbibes de parties gales de son suc et de vinaigre. Quelques Caperlata ( espces de ngres gurisseurs ) en font boire le suc ceux qui ont t mordus par des b- tes venimeuses ; mais il faut se jnfier de cette scu- rit qui peut devenir funeste , et employer de prf- rence les moyens avous par l'art. La teinture alcooli- que des feuilles de ce Lappulier dans laquelle on a fait ( '39 ) fondre un peu de Baume sucrier ( Hedwigia balsami- fera , vol. 3 , n. 209 ) ou de rsine de gayac , procure un gargarisme antiscorbutique, trs-utile pour dterger les ulcres des gencives. Mode d'administration. On l'emploie comme la pr- cdente espce , la dose d'une once pour les racines , d'un gros pour l'corce , et d'une once deux pour le suc. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-DEUX. i. Fleur incomplte ferme. 2. Ovaire surmont de son pistil et de ses tamines. 3. Fruit splicrique entier et garni de ses pointes rccour. bes. ( >'V' ) ^'^^<^%-%^V%%i^^'V^ ^^V^ fc^VV W^r- V'^ %i*VV ^i^.%-% ^-^.^s v%-^- TALAUMA DE JUSSIEU. ( Stomachique astringent ) Synonymie. Magnolia linguifolia. Linn. Polyandrie* Polygi- nie. Vulg. Bois Pin la Marlinique_,Bois Cacliiman la Gua- deloupe. Jussieu. fanit. des Magnoliers. Magnolia Plu- merii Swarlz. Magnolia foliis perennatibus ovato sub- otundis^ utrinque glabris. Swartz. Flor. ind. occ. 2. Pag. 997 et prod 87. Magrutlia. Plumier. Gen. pag. 58. 7. Tcon. Not. Burra. p. 161. Talauma. Juss. Gen. p. 281, famille des magnoliers ( vivace ). Caractres gnriques. Calice 5-phylle ; neuf douze ptales ; capsules deux valves imbriques; ra- meaux marqus circulairement de l'empreinte des ai>- ciennes stipules. Ptioles largis leur insertion , par lie interne applatie , calice entour d'une bracte membraneuse et fugace , fendue d'un seul ct. CARACiRES PARTICULIERS. Feuillcs coHaces lingui- forraes ; semences enchsses sur un axe intrieur cloiy- sonn en forme de morille. Histoire naturelle. Du sein des massifs embaums, on voit , dit Chateaubriand , les superbes magnolias le- ver avec fiert leurs cnes immobiles. Surmonts de ses roses blanches , cet arbre majestueux domine toute la fort, et n'a d'autre rival que le palmier , qui balance lgrement auprs de lui ses ventails de verdure. Quoi de plus beau que celte rose humecte des lar- JV. yo.) -Tne^iu^e J^ej-e^/io'fyTk jPma: (^ii/>r/>'/ JruA) - TALAl^Ll DE JFSSIEI^. ( >4" ) mes du matin ? La be..^ flenr blanche odorante du Ta- Janma entre dans la composition secrte des liqueurs de la Martinique. On la trouve Sainte - Lucie , la Guadeloupe, et aux autres les Antilles. Le Talauma se plat dans les endroits humides, et sur le bord des ruis- seaux. On le cultive en Europe, dans l'espoir de Tacclima- ter pour en faire l'ornement des jardins paysagistes. On en a obtenu des pieds de graines, maisilfautgarantir les jeunes sujets du froid. En t on les ombrage et on les arrose souvent, mais peu la fois. Ce plant doit tre plac demeure dans une terre frache, pare du midi ou du couchant par d'autres arbres. Quoique les graines des magnoliers, comme l'observe M. Desrousseaux , soient trs-amres , on dit que les perroquets de la Louisiane en sont trs-friands : cela est d'autant plus singulier , qu'on peut regarder comme une rgle gnrale que les amandes amres sont pernicieuses aux oiseaux. Caractres physiques. Le Talauma vient la hau- teur de quatre-vingts pieds, et se rapproche du magnolia grandiflora dont il diffre nanmoins par la forme de ses feuilles glabres , par le nombre de ses ptales , et par ses fruits. Ses rameaux sont bruns , cilindriques , couverts de cicatrices ; les feuilles alternes , petoles , fort grandes , ovales , arrondies , coriaces , glabres , leurs deux faces , veines , rticules, les pdoncules terminent chaque rameau ; ils sont pais, solitaires, cy- lindriques, entours d'un anneau blanc. Les fleurs grandes , blanches , odorantes , solitaires et terminales; le calice trois grandes folioles ovales, coriaces , concaves , veines , en forme de ptales glau- ques, en dehors caduques; dix douze ptales un peu ( 42 ) plus loDgs que les folioles du calice, allongs ^ rtr- cis leur base, pais, concaves, obtus; }es filamens nombreux, trs - courts ; les anthres linaires ; les ovaires nombreux, troits , runis sur un rceptacle en massue; les styles courts, recourbs leur sommet. Lqs stygmates allongs, blanchtres et pubescens. Ce bel arbre de l'Amrique , dit Jussieu ( gen. plant. 281 ) ressemble aux magnoliers dont il ne dif- fre que par le fruit en cne ou pomme de pin , grand, ovale j obtus son sommet, compos l'extrieur d'calles paisses , granules , subreuses persistantes, son intrieur, ou le placenta qui contient les grains, ressemble une morille , et est lui-mme d'une subs- tance dure , de couleur fauve marron , d'une odeur aromatique rsineuse , ligneuse , perce de plusieurs cavits en forme de loges , dans chacune desquelles se trouve une semence solitaire. Analyse chimique. Il dcoule des fruits du Talauma, un suc rsineux luisant , non friable, d'un brun noi- rtre comparable pour la teinte , ^ l'extraii aqueux d'opium. Ce suc est gluant , visqueux , d'une odeur balsamique subtile, et d'une saveur chaude, acre et un peu amre. Proprits mdicinales. Les feuilles et les ra- meaux du Talauma sont aromatiques comme le Ca~ iwinus , et employs dans les potions stomachiques qu'on veut rendre astringentes. Les bourgeons sont recommands contre le scorbut ; on les dit utiles contre l'iiydropisic; la goutte vague , la leucophleg- matie , les rhumatismes chroniques et la syphilis ; les semences et l'corce ont les mmes proprits. ( .43 ) On se sert de la dcoction de celte dernire h l'exl- rieur et en lotions contre les affections psoriques et autres maladies cutanes, et pour dterger les ul- cres atoniques. La rsine du Talauma enflamme ou dissoute dans l'ther et vapore lentement j produit un air factice , balsamique , utile dans les maladies de l'organe pulmonaire , telles que calharre chroui que, laryng, etc. On obtient le dgagement de ce gaz aromatique , an moyen d'un vase inspiratoire. Cette mme rsine est ordonne dans les affections catarrhales , la Blenorrhagie , et la leuchorre chro- niques; on en forme des pilulles anli-dyssentriques ; mais il ne faut l'appliquer que hors de la priode inflam- matoire , et lorsqu'il n'y a plus d'irritation. Mode d'administration. La dose des feuilles, bour- geons et corce du Talauma , est d'une once pour deux livres d'eau , de vin ou de petit lait. Celle de la racine , de dix grains un scrupule. On prpare une potion bien utile contre les catarrhes opinitres , d'aprs le mode suivant: Prenez , laudanum liquide , teinture de rsine de Talauma , de chaque six gouttes, sirop d'herbe charpentier ou d'Agave karatas , dcmi-once ; mlez pour une dose qui sera renouvele trois fois par jour. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-TROIS. Le rameau est rduit au quart de sa grandeur naturelle. ( 44 ) / ^VV* -%*r*'V*^vw ^*V %.%/** %'^'> >%>%*riel J'cu^t 8AF0T.LER VA a.^ ( i45 ) cinq divisions^ corolle, cainpaiiule , ventrue vers son milieu, le limbe a cinq dcoupures, alternant avec cinq cailles chancres Torifice de la corolle. Cinq ta- mines alternes avec les divisions de la corolle. Une pomme globuleuse et charnue dix loges , autant de semences renfles , moiti lisses , mioti rugueuses ; plusieurs avortent. Caractres particuliers, m. de Jussieu a distingu ce genre de celui du Sapotillier, en raison de ce qu'il existe une partie de moins dans les divisions du calice et de la corolle , et dans le nombre des tamines , et des loges du fruit. Aussi serait-il de la pentandrie mo- nogynie de Linn, au lieu de se trouver dans l'hexandrie,. comme l'indique ci - dessus le clbre Botaniste Sudois. Histoire naturelle. L'tymologie d'Achras est Avpctr, qui signifie poirier sauvage. Ce bel arbre crot la Jamaque , Cuba , et au Prou , o les Espagnols le nomment Lucuma. Le fruit astringent et compa- rable la ulle est si nutritif, que deux personnes exi- les sur le grand let ( le Saint - Domingue ) , pour avoir tram une conspiration , et condamnes y mourir de faim, y vcurent de ce seul fruit, et furent retrouves bien portantes. Cette anecdote est cite par Valmont Bomare. Le fruit du Leucoma est appel jaune d'uf , qui est la couleur de la pulpe. Cet arbre touffu et sombre se plait sur les mornes arross par les fontaines et les torrens o la vgtation est riche et vigoureuse. On sert les fruits mrs au dessert. Leur chair est douce , mais un peu fade ; les amandes agra- bles au got , mais un peu amres. f .46 ) CARACTtRES riiYSiQUis. Lc tronc de ce bel arbre se termine par une cme ample , tendue, ramifie ; les jeunes rameaux , pais , cilindriques , lomenteux t^ l'insertion des feuilles , chargs de cicatrices et d'asprits par la chute des feuilles. L'corce est brune , verdtre et sillonne ; il en dcoule en petite quantit une liqueur laiteuse. Les racines sont longues et profondes. Les feuilles sont alternes, ptoles, grandes, oblon- gues , lancoles , trs-entires , obtuses y quelquefois chancres leur sommet , d'autrefois aigus , les unes ftrcies insensiblement en ptiole h leur base, cuni- formes , longues de 8 lo pouces; larges de 5 4? coriaces glabres h leurs deuxfcvces, luisantes en-dessus, marques en-dessous de nervures simples latrales. CiCS feuilles sont souvent runies en touffe l'extrmit des rameaux , parses et plus ou moins distantes. Elles sont d'un vert obscur. Celles du tronc sont isoles , et plus longues que les premires. Les fleurs sont solitaires, parses, situes l'extr- mit des rameaux , pedoncules; le calice est divis en cinq folioles concaves , les deux extrieure^ plus gran- des. La corolle est monoptale, ovale, cinq dcou- pures obtuses, lancoles , presque droites ; garnie in- trieurement de cinq cailles subues , qui ressem- blent h des filamens striles; cinq tamines attaches la corolle , alternes avec les cailles. L'ovaire est oval obiong , surmont d'un style eilindrique plus long que la corolle , termin par un stigma obtus. Le fruit est une pomme trs - grosse, oblongue ou ovale, quelquefois un peu arrondie, dont la chair est ( >4- ) ferme et jauntre , divise inlrienreraent en dix loges , une semence dans chaque loge , de la grosseur et de la forme d'une chtaigne ; la plupart de ces semences avortent; il n'en mrit gures dans chaque fruit que deux ou quatre. ( Enc. mth. ). Analyse chimique. Le suc laiteux qui dcoule de l'arhre est caustique, et semblable celui de l'Eu- phorbe. Il coagule le lait , et dissout celui qui est caill; il est si violent qu'il enlve la peau , ou tout au moins il fait des taches infaables. On fait avec une encre sympatique dont les caractres ne paraissent qu'au feu. Le fruit mr contient du tannin , un acide et un principe mucoso-sucr. Il est d'une saveur austre et trs -astringente avant sa maturit , et donne en cet tat beaucoup d'acide gallique. Proprits mdicinales. On attribue au suc laiteux du Leucoma des proprits vomitives et anlhelmint- ques que je n'ai pas eu occasion d'prouver. On s'en sert h l'extrieur pour consommer les verrues. Le fruit , avant sa maturit , est dou de qualits astringentes qui le rendent propre tre employ dans le cas d'atonie intestinale , et l'on peut dompter, par ce moyen , des diarrhes rebelles et chroniques , observant toujours de ne pas se presser d'arrter ces vacuations lors- qu'elles sont critiques et qu'elles peuvent devenir salu- taires. Les fruits mrs, un peu styptiques , ressrent comme les nfles , et entrent dans les gargarismes qu'on ordonne dans les angines muqueuses. Les graines sont rputes diurtiques. Mode d'administration- La dose du suc laiteux est, dit-on j de 5 i5 grains; mais on doit le donner avec ( ' is ) Loaucoup de circonspeclion ; celle du fruit non mr la dose d'une deux onces par livre de dcoction; les bourgeons et Fcorce se prescrivent par quatre onces pour une pinte d'eau ; les graines au nombre de 5 6 pour une pinte d'mulsion. EXPLICATION I)E LA PLANCHE CENT-QUATRE. Rameau rduit au quart de grandeur naturelle. Pl.ioS. Tnei)(/ore //e.i'coii/'tics. jPi/iiV- Ottrie/ Jh . ii '49 ) MYRTHE A FEUILES RONDES. ( Stomachique astringent. ) Synonymie. Yulg. bois deFustt. Myrtns cotinifolia. Linn. Myrtus foliis subrotundo - ellipticis ^ coriaceis, pe- diinculiscorymbosis. Lam. Myrtus Antillariim,lato, ro- tundo folio , seu cotini folio. Plum. vol. 7, p. 83. Ca- ryophyllus , aromaticus Indice Occidentalis , foliis et fructu rotundis. Pluk. alm. 188, t. i55, fig. 5. Myrtus caryophyllatus. Jacq. obs.^ Bot,, part. 2, p- i ( vivace ). Caragtbes GNRIQUES. Calice nionophylle, 4-5-fide. Ptales dfinis , attachs au somiiciet du calice ; ta- miiies nombreuses; ovaire , infrieur; un style simple filiforme. Une baie de deux quatre loges , renfer- mant dans chaque loge une semence. Tiges ligneuses , fleurs opposes sur des pdoncules communs. Feuilles opposes. Caractres particuliers. Feuilles opposes, arron- dies ; une corolle cinq divisions ; les fleurs disposes en panicule terminale sur des pdoncules Iricho tomes. Un calice quadrifide ; une baie ttraloculairc , ltra- sperme. Myrtus vient de /^ypro- , qui signifie Parfanij parce que les arbrisseaux de ce genre sont presque tous odo- ri fera ns. Histoire naturelle. Le bois du myrte feuilles jaunes , revtu de son corce, donne une couleur jaune peu soKie, la vrit, mais qui le devient l'aide d'un mordant. On passe dans les cuves indigo les toffes qui en sont imprgnes , et l'on obtient , dit-on , un assez joli vert. Ce mme bois sert teindre en couleur de caf , les draps et les maroquins. Tome II. 27"^ Livraison, 10 ( ,5o ) Lorsque le bois de ccl arbrisseau est d'im beau jaune et bien vein, il est recherch par les bnistes et les hithicrs. Il est employ aussi par les corroyeurs. Le myrle l'euilles rondes est un arbrisseau lp;ant qui dcore parrailementles jardins paysagistes. On l'ex- pose sur les collines et sur un sol aride, il s'en exhale une odeur de citron qui d:;le sa prsence. Cet ar- brisseau aime le soleil. CARACTiRES TUYSiQUES. Ce joli myrte cst asscz touffu , d'un aspect clatant. Ses tiges sont droites, cylindriques, et s'lvent la hauteur de six h dix pieds ; l'corce est lisse , le bois jauntre , les rameaux tals et peu flexibles , glabres cylindriques ^ violets leur partie infrieure , d'un rouge carmin aux sommits. Cette couleur teint aussi les pdoncules floraux. Les feuilles sont simples , opposes , ptioles courts et rouges , trs - entires leurs bords ; coriaces , troites la base; arrondies, ou ovodes-cunformes au sommet; d'un beau vert luisant en dessus; d'un vert glauque en dessous , roules lgrement leur circonfrence , nervures saillantes ; les ptioles ar- rondis en dessous et formant une grosse nervure qui se termine au sommet de la feuille , sont creuss en gouttire en dessus. Les ieurs sont terminales ou axillaires, disposes en panicule lche ou en corymbe , sur des pdoncules trichotomes ^ couleur de rose. Les ptales :, au nombre de cinq , creuss en cuiller , sont blancs , insrs sur un caliee rose , h cinq divisions persistantes. Les tamines places au centre sont nombreuses, h. flamens capil- laires , de la longueur de la corolle ; insrs sur le calice* termins par des anthres arrondies; environ- ( .5. ) nant un style simple filiforme , termin par un stigmate obtus. Le fruit est une baie brune , couronne par le calice. Analyse ciiniiQUE, L'corce et les feuilles du myrte feuilles rondes fournissent beaucoup de tannin , une. fcule verte , de l'acide gallique , de la gomme et de la rsine. Proprits mdicinales. Toutes les parties du myrte feuilles rondes sont astringentes. Les Ngres , aprs les avoir rduites en poudre , s'en servent pour tanner les cuirs : plusieurs mlent les fruits leurs calalous , comme condiment. Ils jouissent parmi le peuple d'une vertu astringente , capable de modrer ou plutt d'ar- rter subitement les cours de ventre rbelles, les flux excessifs des hmorodes , en vertu de leurs proprits an lisptiques; tandis qu' l'extrieur on les emploie pour bassiner les plaies. Les fleurs sont estimes rsolutives. On croit aussi les graines doues de vertus litbontrip- tques ; mais cette prtendue proprit doit tre rel- gue au rang des fables , dont les progrs de la thrapeutique commencent h faire justice. Je ne puis cependant refuser cette plante une influence utile , quand on veut oprer la mdication tonique avec as- triction. Mode d'administration. Les feuilles sont employes la dose d'une poigne par pinte d'eau ; les fruits celle d'une demi - once ; les fleurs , par pince , pour une livre d'eau. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-CINQ, Le rameau est reprsente de 'grandeur naturelle. i. Bdie. ( i52 ) SCOPAIRE A TROIS FEUILLES. ( Stomachique astringent, ) Synonymie. Vulg. Herbe Balai sauvag-e, Escohilla^ au Prou. Scoparia foliis ternis, floribus pedunculatis. Linn. Tetrandrie monogynie. Jussieu. fam. des Scro- plnilaires. Scoparia dulcis. Palissot de Beauvois , t. 2, p. 86. Scoparia ternala, foliis lanceolatis , apice ser- ralis , ramis ternatis, nectario villoso. Forskh. flor egypt. arab. , p. 3i , n. 4 Capraria foliis ternis , corollis quadripartitis. Hort Cliff . 520. Samolodes. Boetli. Lngd. Bat. 2,pag. 2^5. Veronica fructicosa , erecta, dulcis, liexangulari caule. Sloam , Jam. 8l . Hist. 21, pag. igS, lab. 108 ^f. 2. Caractres GNRIQUES. Calice persistant , divis en quatre parties ; corolle monoptale en roue et quatre dcoupures; quatre tamines ; un style ; une capsule bivalve :, deux loges ; plusieurs semences fixes sur un placenta central. Caractres PARTICULIERS. Fleurs pdoncules, feuilles ternes , verticillces. Histoire naturelle. La Scopaire trois feuilles se rencontre communment aux Antilles dans les savanes sches et arides. Elle est lgrement tomenleuse et d'un vert blanchtre: on en fait des balais. Elle sert de refuge aux tourterelles et aux cocotzins , ( Colomba parvtda/ Linn.) qui y vont roncouler leurs amours. L'herbe balai crot galement dans les rues sables de Cayenne et de la Jamaque , etc. Cette plante a le port du Gra- leron d'Europe ( gallium aparinc. Linn. ) On la ren- /"/.JO^, y nt'iHutrc ekfcoiirfy'/^ J^t/-i,v (nrArrf/ JatAa . 8COPAHK A TliOS FEUILI.es e r ( '53 ) -contre encore en Egypte et au Prou ; sa culture est nglige , parce qu'elle ne flatte ni la vue ni l'odorat. Caractres physiques. Les tiges de la Scopaire s'lvent la hauteur de deux pieds : elles sont droites , partages ds la racine en rameaux flexibles ; six angles peu mar- qus ; verdtres , glabres , garnies de feuilles verticil- les, distantes, runies trois par trois chaque verticillc; lancoles , longues de sept lignes sur deux de largeur ; pxioncules ; glabres des deux cts; vertes; incises 'seulement vers le sommet; un peu aigus. Leur ptiole de moiti phis court que la feuille , et celle-ci moins longue que les entre-nuds. Les fleurs sont peu apparentes , places trois par trois chaque verticillc , et axillaires ; portes sur un pdoncule trs- dli , uniflore , moiti plus court que les feuilles. Le calice est glabre , verdtre , quatre dcoupures un peu aigus ; la corolle petite , monop- talc , en roue , de couleur ordinairement blanche , et quelquefois jaune , ponctue de rouge ; le tube est court, velu h son oriiice; le linibcdivisen quatre lobes ; ovales , obtus ; quatre tamines droites, plus courles que la corolle ; un ovaire globuleux; une capsule ovale, mdiocrement arrondie, petite, biloculaire, contenant une infinit de semences trs-menues. ANALYSE CHIMIQUE. Je nc puis parler ici de l'analyse de cette plante puisque je n'ai pas eu l'occasion de la traiter chimiquement. Proprits mdicinales. La dcoction de la racine s'ordonne comme astringente anti-syphillitique , la a des blnorragies , et contre les cardialgies qui 10. ( '54 ) proviennent d'un flux immodr des rgles oudesflueurs blanches. Poupe Desportes , dans sa pratique h Saint- Domingue, fesait souvent usage de l'herbe h Balai. On fait avec le suc une pommade contre les hmor- roides ; et , pour la chute du, rectum , on se sert de sa dcoction ferre. Mode d'administration. On donne le suc des feuilles et de la tige , depuis deux onces jusqu' quatre : on met infuser une petite poigne des racines dans cinq onces d'eau , et on aiguise la potion avec quatre six gouttes d'acide sulfurique dulcifi : de cette manire la potion devient utile dans l'hmoptisie et dans les autres hmorragies. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-SIX. L'herbe! Balai est reprsente de grandeur naturelle, 1. Corolle ouverte. 2. Calice contenant l'ovaire, 3. Ovaire mr. /. Capsule ouverte. TeotA>ri.- Jtt'.i-cour/>7\ T^c AMEl. A FEni..KS VKI.rES ( '55 ) HAMEL A FEUILLES VELUES. ( Stomachique astringent, ) Synonymie. Vulg. mort aux rls, Sanguine, Bois Corail. Herbe plomb de quelques-uns. Hamelia patens. Linn. Pentandrie Monogynie . Jussieu, famille des Ru- biaees. Hamelia foliis infern subtomentosis , flo- rbus racemoso paniculatis.N. Hamelia racemis paten- tibus. Jacq. Amer. 72, t. 5o. Pict. p. 59, t. 72. Peryclimenum aliud arborescens , ramulis inflexis, flore corallino. Plin. Cat. 17, et Burm. Amer. t. ai8 , f. 2. ( vivace) . Caractres gnriques. Calice monophylle; co- rolle monoptale cinq divisions; cinq tamines; uu style ; deux stigmates ; une baie couronne, polysperme ; feuilles opposes , ternes , garnies souvent de stipules intermdiaires. CARACTiRES PARTICULIERS. Calicc ciuq deuts ; co- rolle tubuleuse ; infundi buliforme ; tube pentagone ; limbe cinq divisions ; cinq tamines ; un style ; un sligma. Baie couronne polysperme, quinqueloculaire, Grappes ouvertes et recourbes. Histoire naturelle. La couleur rouge des fleurs et des fruits du Hamel feuilles velues, le fuit re- marquer au milieu des bocages qui ornent le penchant des montagnes et le bord des ravins. Ou mange ses fruits , remarquables par une saveur acide et lg- rement styptique ; et on obtient par leur fermen- tation , une liqueur vineuse assez agrable. Cet ar- brisseau se plaisant sur les mornes escarps , on voit ( i56 ) souvent dos chvres sauvages occupes h en brouter les soniniil(^s. Les feuilles et les liges sont employes par les tanneurs. Caractres physiques. C'est un arbrisseau de cinq h six pieds, droit, rameux , tiges cylindriques et glabres infrieurenient, et rameaux anguleux, velus, DU presque cotonneux vers leur sommet. Les feuilles sont tefnes ptiols , ovales , pointues x 'deux bouts, trs-entires, molles, verdLreset presque glabres en dessus , veloutes et cotonneuses en dessous., avec des nervutes blanchtres, et quel- quefois rougetres. Elles sont longues de trois quatre pouces , sur un pouce ou plus de largeur, et ont des ptioles velus et un peu longs. Les stipules sont pe- tites , pointues , inter-foliaccs. Les fleurs sont d'un rouge de corail , viennent sur des grappes divergentes et recourbes en queue de scorpion. Ces fleurs sont unilatrales sur les ramifi- cations de la panicul , et ont des pdoncules propres fort courls. Les pdoncules, les calices, et mme les Corolles l'extrieur sont velouts ou cotonneux. Les Baies, d'abord jaUnes , puis rouges , deviennent enfin noires en mrissant , et contiennent dans ce der- her tat un suc d'un noir pourpr. Analyse cmaiiQUE. Les fruits renferment un prin- cipe raucoso-sucr, colorant en noir, et donnant do l'acide gallique. Proprits mdicinales. On prpare avec le suc ex- prim des fruits du Hamel , qu'on laisse rapprocher, un rob et un syrop qui , duucs de vertus acides et (57) rafrachissantes^ sont employs avec beaucoup d'avan- tage, surtout dans les dyssenteries bilieuses , le scorbut et les affections muqueuses. Ce moyen est simple ; mais il est souvent prrrable h un traitement compliqu qui peut devenir meurtrier en des mains peu exerces, en s'opposant aux efforts critiques de la nature. Suivant Chevalier, Docteur-Rgent h St. -Domingue , on fait avec les feuilles du Hamel des bains estims pour gurir la salle. c Mode d'administration. Le suc exprim se prend en limonade , h la dose de quatre onces par pinte d'eau. Le rob celle d'une once ; les fruits desschs et pul- vriss se prescrivent , depuis un gros jusqu'5 une once. Les Noirs employent frquemment les fruits crass en pte et saupoudrs de sel ( Mur latc de Soude ) , comme cataplasme anti-lai-eux , qu'ils font appliquer sur le sein des femmes qui ne veulent point nourrir leurs enfans, ou qui sont dans l'intention de les sevrer. EXPLICATION Dt LA PLANCHE CliNT-SEPT. Le Hamel est rduit niolli de sa grandeur naturelle. 1. Corolle ouverte. 2. Calice et pistil. 5. Baie entire. 4. La mme, coupe transversalement. l ( '5S ) AMAINDIER DE MONTAGNE. {Stomachique astringent.) Synonymie. Arbor excelsa, lauri facie, cortice amaro, squa- moso et botlco , floribus albis circ ramuloriim sriera congestis , bacca ex purpuro-nigris. Poup. Desp. An armeniaca ingens latifolia de rheed? Histoire naturelle. L'on dislingue aux Iles , dit Nicolson , deux espces d'amandiers ; savoir : L'A- mandier grandes feuilles , dont il sera ici question , et l'Amandier feuilles de laurier, dont j'ai donn plus haut la dnomination d'aprs Poupe Desportes. On trouve les deux espces dans les Mornes , et ils jouissent des mmes proprits mdicinales aux yeux des praticiens des Colonies , qui les emploient indis- tinctement dans leurs prparations pharmaceutiques. Leur bois dur et lastique est recherch pour les ou- vrages de charonnage , surtout pour faire des roues et des brancards de voitures. Caractres physiques. L'Amandier de montagne larges feuilles , est un arbre trs-lev , dont la tige est droite , grosse , trs-branchue , l'piderme bru- ntre et couvert d'caills ; l'enveloppe cellulaire , blanche, d'un got acre, d'une odeur d'amande amre: son bois quoique lger et filandreux est dur; les feuilles de la petite espce tont tronques et ont beaucoup de rapport avec le laurier ; celles de la grande espce sont ovales acumincs , longues de six huit pouces yy. jo8. Srte/ tPot/jo. BE MOXTAUNK ( '59) suivant les terrains, sans dentelures, soutenues par un ptiole gros et court ; alternes , ornes de nervures trs - lgantes en dessus , et dessous traverses par une grosse nervure de couleur rouge. Les fleurs pe- tites sont blanches , croissant par bosquets le long des rameaux, trs-odoranles; le fruit de la petite espce est de la forme d'un gland ; il est d'abord couvert d'une pellicule verle ^ ensuite brune et enfin noirtre. Ceux de la grande espce sont fixs sur la tige par un p- doncule trs-court; ils sont lgrement ombiliqus , de la forme d'une prune oblongue , portant la base im calice. Ces fruits sont de mme couleur que dans l'espce ci-dessus ; l'amande qu'ils contiennent , par- faitement semblable celles d'Europe , est de couleur rose. Analyse chimique. L'odeur d'amandes amres qui s'exhale de toutes les parties de l'arbre , principale- ment le matin et le soir , prouvent que l'corce con- tient de l'acide prussique { hydro -cyanique). J'avais commence l'analyser, lorsque des troubles survenus dans notre quartier , h Saint-Dominique , me forcrent d'abandonner mon travail, Proprits MDICINALES. Poupe Desporles, heureux dans son exercice mdical , Saint-Domingue, fesaifc le plus grand cas de l'corce des amandiers. Il nous a transmis des receltes qui sont encore d'usage dans les hpitaux des Colonies. On prescrit avec succs cette corce astrinerente la fin des sronorrhes. Je n'ai eu qu' me louer , dans ces circonstances, d'avoir adopt le traitement de mon illustre prdcesseur. Mode d'administration, la tisanne astringente que prescrit Poupe Desportes contre La gononiie et les ( 6o ) fliieiirs blanches , est ainsi formule dans sapharniaco- ,j)e anricaine. Prenez , dit-il, des corces de gayac, d'amandier, d'icaquier , et des racines de verveine ]>uanlc , de chacune une pince; faites bouillir dans deux pintes d'eau, jusfpi'ii la diminution d'un quart : -ajoulez dans la colature un gros d'alun purifi, ou de l'esprit de vitriol jusqu' agrable acidit. EXPLICATION DE LA PLANCHE CEN-IiriT. Le rameau d'ama7fd(cr est rduit inoili de grandeur naturelle TA^'otUtre Jfej'cOKri?\ J^ina- 0air7c/ 1 Ihr/Zp . FrC'HSIK .A liAPPE S ( i6i ) FUCHSIE A GRAPPES. (Stomachique astringent), Sytonymie. Fuchsia racemosa. Fuchsia triphylla pediin- culis unifloris. Lin. Mill. Dict. Octandiie monogynie Jussieu, famille des Onagres. Epilobiennes de Ven- tenat. Fuchsia caule herbaceo , simplici , foliis ternis, lanceolatis sessilibus , floribus raceraosis. N. Fuchsia Iriphylla , flore roccineo. Plin. Gen. \^. Miss. 6 , t. \ij. Burm. Amer. tab. i55, f. I. ( vivace ). Caractres gnriques. Calice suprieur, mono- phyllc iufundibuliforme en massue, color , tubuleux infiieuremcnt , largi vers son sommet, quatre d- coupures ; quatre ptales droits , insrs l'orifice du calice , alternes , avec ses divisions. Huit lamines anthres divises par un sillon ; ovaire infrieur ; style filiforme aussi long que le calice h stigmnte ; pais, lgrement quadrilob ; baie ovode quatre loges. Caractres particuliers. Pdoncules unillores , feuilles simples, ternes. Histoire naturelle. Ce genre, selon M. Dclaunay, a t consacr par le P. Plumier , la mmoire d'un Botaniste allemand du sixime sicle, Lonard Fuchs, dont il lui a donn le nom. L'observateur amricain Tome H. 28^ Livraison. 11 ( >e2 ) a rcncoiilrc; celle espce Sl.-DominguCj dans les lieux iiicullcs , en allant du quarlier do la bande dii Sud, celui qu'on nomme le Grand-Cul-de-Sac. Je l'ai trouve plusieurs fois h St. - Jago de Cuba ; elle fleurit et fructifie au mois de septembre. Les naturels du pays teignent avec ses fleurs, leurs langas et leurs fdets. Lorsqu'on veut cultiver celte plante, il faut l'ar- roser frquemment. Elle se multiplie par drageons , boutures et semences. CARA.CTiRES PHYSIQUES. La racne de ce Fuchsia est ligneuse, rameuse et rousslre; elle pousse une tige herbace, droite, trs-simple , d'un vert rougetre, feuille, et qui s'lve au plus jusqu' la hauteur de deux pieds. Ses feuilles sont lancoles, entires, d'un vert ple , un peu fermes ou coriaces , sessiies , et disposes trois par trois comme par verticilles. Les pdoncules sont uniflores, pars, rassembls la partie suprieure de la tige, en grappe droite et ter- minale. Les fleurs sont grandes, fort belles , d'un rouge carlate clatant; elles ont un calice suprieur, infun- dibuliforme, renfl en massue , vers son sommet co- lor, et dont le limbe est partag en quatre dcoupures; ovales, pointues; les ptales, au nombre dequatre, sont galement ovales, pointus, alternes avec les divisions du calice , colors comme elles et de mme grandeur. Les tamines au nombre de huit, non saillantes hors de la fleur , sont jaunes ; l'ovaire infrieur est charg d'un style de la longueur du calice stigmate pais et obtus ( 163 ) Le fruit est une baie ovode , un peu plus grande qu'une olive , charnue , molle, d'un noir rougetre , un peu pubescente , d'un got Irs-agrable, quadri- loculaire , contenant des semences menues , brunes et ovales. Analyse chimique. L'infusion de l'corce et des fruits donne un prcipit , lequel tant vapor fournit des cristaux d'une saveur acide et slyptique qui rem- -place l'acide gallique. L^alcool en bulitiou dissout plusieurs parties de cet acide. Proprits mdicinales. Toutes les parties de la plante servent paissir et coaguler les liquides trop diviss. On s'en sert l'extrieur dans les aflections de la matrice. Plusieurs mdicastres des colonies "-u- rissent avec^ certaines fivres intermittentes. On la prconise aussi , comme un puissant remde dans les maladies asthniques des systmes lymphatique et cel- lulaire. Quelques-uns ont recours ses .prpara ti^jns , pour arrter les flux muqueux trop abondans. L'alcool ou t-einture de Fuchsie grappes, fournit t la mdecine des secours varis. Mode d'administration. La dose de l'corce est d'un gros ; celle des fleurs en poudre de trente-six grains ; la teinture alcoolique de 20 3o gouttes. explication de la planche cent-neuf. \ La plante est reprse^ite de grandeur naturelle. 1. Fruit entier rduit aux deux tiers. 3. Le mme , coup transversalement. ( '64 ) MOUREILLER DE MONTAGNE. ( Stomachique astringent ). Synonymie. Vulg. Bois Quinquina des Savanes. Malpighia crassifolia. Linn. Decandrie trigynie. Jussieu, famille des Malpigliies. Malpighia foliis ovatis ( obtusis ), in- tegerrimis , subtus toraentosis, racemis terminalibus. L. Spec. plant. vol 2, p. 271 , n 6. Aublet Guyane, 1. 1, p. 4^7? t- ^^' Malpighia latifolia, cortice cinereo. Barr. Franc. OEquinoct, 72. Malpighia arborea foliis subrotundis , alternis , inferne sublanuginosis , spicis crassis, composilis terminalibus. Brnw. Jam. 201, n 7. Cav. Diss. Bot. 8_, p. 412 , no 56y , f . 241 (vivace). Caractres gnriques. Calice cinq divisions pro- fondes , garni extrieurement, la base, de pores mel- lifres ; deux glandes la base de chacune ; corolle cinq ptales ouverts termins par un onglet; dix ta- mines; filets runis la base; trois styles ; baie \ini- loculaire. Caractres particuliers. Feuilles ovales , trs-en- tires , velues en dessous ; grappes terminales. Histoire naturelle. Cet arbrisseau indigne la Guyanne, se trouve aussi dans les mornes et les sa- vannes , St.-Domingue et autres les Antilles, o son bois est recherch pour le traitement de plusieurs maladies. Caractres physiques. Le Moureiller de montagne Jne^piUfre /^et^re^i^T^fy/K^ -Ptyj^' &ttSrtf/ Jci(j . 3IOITJ.EE l>E :^fO>:TAG? . ( i65 ) s'lve de six dix pieds de hauteur sur huit pouces environ de diamtre. Il se divise en branches revtues d'une corce rousstre , ride et gerce. Le bois est rougetre. Les feuilles sont opposes, ovales, obtuses, arrondies et larges leur sommet, paisses, trs-en- tires , couvertes de poils roides, aigus, couchs et chargs en dessus d'un duvet court et rousstre. Le ptiole est court , accompagn de deux longues stipules roussetres , velues et aigus ; il est convexe en dessous, applati en dessus^ et renfl sa base. Les fleurs naissent sur de longs pis l'extrmit des rameaux : elles sont solitaires, ou deux ou trois en- semble, chacune sur un pdoncule particulier qui porte sa naissance deux petites cailles velues. Le calice est velu, cinq demi-divisions, charg de dix glandes. La corolle est d'un jaune de soul're , ayant des ptales concaves et crnels. Les tamines sont courtes , ve- lues , runies la base , et termines par des anthres obiongues. Le fruit est une baie verdtre qui renferme trois noyaux anguleux, raboteux leur surface extrieure, et qui contiennent chacun une amande. (Enc. mth. ) Analyse chimique. Ce moureiler fournit beaucoup de tannin. Proprits mdicinales. Les Colons emploient l'- corce du Moureiler de montagne en infusion pour ar- rter le dvoiment, contre lequel il supple fort bien au Symaiouba. Dans la fivre jaune, oi prise beau- ( iGG ) coup cette corcc salutaire qu'on joiut celle du ci- tronnier des Ualliers. (V. Planche a" 7. 5* livraison). Mode D'Al)MI^ISTRATION. Dans l'atonie ou le relche- ment de la muqueuse intestinale , on prescrit la poudre suivante avec avantage. Prenez ; crce de IMoureiller de montagne, quatre gros; rhubarbe du pays, torr- fie, demi-gros; corce de citronnier, demi-gros : r- duisez en poudre subtile , et divisez-en cinq prises gales qu'on subdivise en trois parties , pour prendre le matin, midi, et le soir, dans de la conserve de Goyave. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-DIX. Le Rameau, est rduit aux deux tiers de grandeur naturelle, 1 . Morceau de rameau dont Pcorce , en partie enleve laisse voir la couleur rouge du bois. 2. tamines dont les filets velus sont runis leurs base. 5. Ovaire surmont de trois styles. 4. Fruit entier. 5. Un des 5 osselets qu'environne la pulpe J Ae^fvi}/'!' De^ctyiir^ti J^m. a/'/'ie/ Ocui. M i}VliVJAAM 'FI-OILiN T ( '6; ) i MOUREILLER PIQUAINT. ( Stomachique astringent, ) Synonymie. Vulg. Bois de capitaine. Couhaye. Cerisier de Courwitli.Lam. ill. gen, lab. 38i. f. i. (encycl. no 4.) Si- marouba faux. Malpighia urens. Linn. dcandrie try- ginie. Jussieu, famille des Malpigliies. Malpigla fo- liis ovato^oblongis , setis decumbenlibus , rigidis, pedon- culis unifloris aggregalis. Lin. sepc. Plaut. t. 2 , p. 069. Do /j, f. I. Aublet. Giiyan. t. i, p. 462. Cavan. dis- sert. Botan. 8_, p. 4^7) t* 235, f. I. Malpighia urens foliis cordato lanceolatis , setis decumbenlibus, rigidis, racemis lateralibus. Mill. dict. n^ 4 ^t icon, t. 181, f. i. Malpighia latifolia, folio subls spinoso, ad nodos florida.Plura. miss. 7, t. 126. Id. nov. gen. 4o Nos pilus americana , folio lato subtus spinoso, fructu rubro. Tournef. inst. r. h. 640. Arbor baccifera folio oblongo, subtilissimis spinis subtus oblito, fructu cerasino sulcato, polypyreno , ossiculis canaliculalis. Sloan. jam. 172. hist. 2, p. 106, t. 207, f. 5. Malpighia virainea, foliis oblongis, hispidis, racemis alaribus. Brwn. jam. 229 1. (vivace) . Caractres gnriques. Calice cinq divisions profondes, garni extrieurement la base, de pores mellii'res ; deux glandes la base de chacune , corolle cinq ptales ouverts , termins par un onglet; filets runis la base; trois styles; baie uniloculaire. Caractres particuliers. Feuilles oblongucs , ( ''^ ) ovales , Il soies roides par dessous ; pdoncules axil- aires uniflores , a";;2;rf!;s. "ro" HisTOiRK NATURELLE. C'est h tort que l'on a donn le nom de Brtn-(C Amour au Moureiller piquant. Les fruits de la premire espce sont blancs sphriques , et ont la transparence des groseilles , tandis que ceux du Bois-captlaine sont rouges et trois angles. Les fruits de ce Moureiller passaient pour vnneux. Cependant Jacquin rapporle qu'un jour, press par la soif avec deux de ses compagnons, il mangea une grande quan- tit de ces fruits sans en tre incommod, quoique les Naturels regardent ces fruits crus comme dangereux, et qu'ils n'en fassent usags que cuits ou confits dans du sucre. Celte plante se trouve dans toutes les Antilles. Caractres PHYSIQUES. Le Bois-capitaine est un ar- brisseau trs-bas, qui se divise en rameaux carts, garnis de feuilles presque sessiles , ovales, oblongues, de trois h quatre pouces de longueur sur un de lar- geur. Elles sont couvertes en dessous de pointes h- risses, couches, qui entrent dans la chair quand on les manie , et qu'on ne relire qu'avec peine. A la base des feuilles , il y a deux petites stypules , courtes et aigus. Les fleurs sont axillaires le long des rameaux , ru- nies au nombre de quatre, cinq, ou six sur des pdon- cules uniflores , gniculs dans leur milieu avec de trs-petites bractes. Le calice est jusque vers son milieu , divis en cinq , ayant deux glandes la base de chaque dcoupure. / ( '69 ) La corolle, d'un blanc ros, a le limbe des ptales frang; l'ovaire est aigu, presque divis en trois son sommet; il est surmont ds trois styles rapprochs, dont le stygmate est un peu pais. Le fruit est une baie globuleuse, trois ctes, de la grosseur et de la couleur d'une cerise, contenant trois noyaux ovales, aigus , convexes et anguleux d'un ct. Analyse chimique. L'corce et les racines du Bois capitaine communiquent l'eau , par infusion ou bullition ; une couleur rougetre , qui devient plus vive par l'addition des alcalis , et s'efface avec les acides. Cette dcoction contient beaucoup d'acide gallique, et peut fournir une teinture noire ou de l'encre, si on la combine avec le sulfate de fer. Son prcipit donne une poudre d'un rouge brun inso- luble dans l'alcool le mieux rectifi , qui ne peut y rencontrer la prsence de rsine. Proprits mdicinales. Les baies , ou fruits du Moureiller piquant, sontdoues de principes astringens tellement nergiques , que leur usage cause quelque- fois, avant leur parfaite maturit, des coliques et des flatuosits. La nature prvoyante semble proposer ces fruits mrs pour arrter les flux diarrhoques , que l'abus des fruits laxatifs, tels que pastques, melons, figues, raisins, rendent si frquens aux Colonies. Les, Croles fortifient leurs gensives et raffermissent leurs dents avec la teinture de ce Moureiller. Son usage le mieux constat a lieu dans les hmorragies , les m- ( 170 ) norragles et les leucorrhes. Il est aussi d'un puissant secours dans les hmaturies, en lui associant les mu- crlaginenx. Moue d'administration. La racine et l'corce s'em- ploient h la dose d'une demi-once pour deux livres d'eau , jusqu' rduction de moiti. On passe la d- coction, et l'on ajoute le jus d'un citron des Halliers , et suffisante quantit de syrop de batterie. L'extrait en poudre se fait dissoudre la dose d'un gros dans trois onces d'eau chaude dulcore, et qu'on acidul avec e suc d'un citron. La teinture se fait avec une demi- once d'extrait rduit en poudre , quatre onces de cres- son de Savanne commun, et huit onces d'eau distille. On fait macrer le tout pendant trois jours au bain- marie. La poudre de l'corce , la crme de tartre et le miel fournissent un opiat pour les dents. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-ONZE. Le rameau est rduit au tiers de sa grandeur na- turelle, 1. Fleur de grandeur naturelle. 2. Baie entire. 5. Coupe transversale de la mme. 4. Un des osselets dtach. 2 Aeoc^orr ''-,'; v.vv/V/ ^[l/i.i- (lairre/ SfliZ/t . PMELE GEANTE ( l?" ) PRLE GANTE. ( Stomachique astringent J. SyrOiTfMiE. Vulg. Queue de cLeval; equisetnm giganteum Linn. Fougres. Tournefort. clas. i5. Fleurs ta- mines. sect. 6. Juss. Famille des fougres. Equlse- tum caule striato arborescente; frondibus simplicibus , strictis, spiciferis. Linu. syst. plantarum, vol. 4? P* 574* no j. Equisetnm altissimura ramosum. Plum. sepc. II. Equisetum setis simplicissimis, spiciferis, patentibus, nodosis. Plum. Plant, amer. ii5, tab i25. fig, 2. Equi- setum Yulgare longius. (Poupe Desportes.) Caractres gnriques. Epi fructifications en cusson ; s'ouvrant par la base multivalve. Fleur en chaton au sommet des tiges. cailles laro-ies, arron- dies au sommet, attaches un axe commun; leur surface infrieure est garnie de cellules qui renferment de petits globules munis chacun de deux, trois ou quatre appendices stiformes , articuls, lastiques. (De Lam. ) Caractres particuliers. Tige strie , arbores - cente ; feuilles simples , roides , charges des pis (Jolycl). Histoire naturelle. Cette plante, qui crot dans les lieux marcageux et fangeux, est remarquable par sa forme particulire et Todeur agrable de vanille qu'elle exhale au moienl de la fcondation de ses ( 7^ ) ovaires. Chaque articulation est munie de filets plus ou moins longs, qui lui donnent en quelque sorte la iorme d'une queue de cheval ; la tle termine par un chaton, est renfle vers le milieu, et forme par un grand nombre d'cailles prismatiques, dont le dessous est charg d'lamiiies. Les gardiens des Betes Cornes ont fait la remarque, aux Antilles, comme en Europe, que la Prle donnait aux bestiaux des diarrhes trs- rebelles , tandis que les chevaux peuvent s'en nourrir sans inconvnient. J'ai peine croire aux influences funestes de la Prle sur les bles cornes , puisqu'au lieu d'tre purgative elle est trs-astringente. C'est plutt l'astriction de cette plante verte qui amaigrit les animaux qui la pturent. Certains Ngres mettent les sommits tendres de la Prle dans leurs Caalous. Pour moi, je trouve ce mlange dsagrable au got. Les cannelures de la tige sont tellement rudes qu'on s'en sert pour polir les ouvrages de menuiserie; on l'em- ploie de concert avec les feuilles de \\]jetra volubilis, liane rude, ou de St.~Jean, qui sert aussi orner les ca- binets de verdure. Caractres physiques. La Prle Gante est fort le- ve et trs- rameuse ; ses tiges sont grosses, stries, guicules , munies de rameaux trs-longs, simples, articuls, trs-ouverts et termins par la fructification. Les graines sont cylindriques , entires , denticules . leur orifice. La fructification des Prles , est-il dit dans l'En- cyclopdie Mthodique, est trs-singulire : chaque capsule renferme des filets lastiques qui adhrent ( '7'' ) des grains pulvnilens qu'on regarde comme ia pous- sire fcondante; ds que ces filets sont sortis des cap- sules , ils forment de petits paquets poudreux , lanu- gineux et verdtres. J'ai examin^ dit M. Duhamel, cette poussire avec de bons microscopes^ elle m'a paru forme de grains semlilables ceux du millet, couronne ou aigrette par quatre fillets lastiques. Cette observation prsente un spectacle assez agrable; car , comme ces grains sont placs ple-mle , aussitt que leurs aigrettes se trouvent en libert , elles cherchent par leurs ressorts se redresser, et cela s'excute par un mouvement tel qu'en feraient des vers vivans amoncels qui chercheraient se di- viser. Analyse chimique. La Prle offre l'analyse tous les principes des autres plantes astringentes. Sa d- coction noircit la dissolution de sulfate de fer. L'eau et l'alcool s'emparent aussi de ses proprits astrin- gentes. Proprits mdicinales. Toutes les parties de la Prle d'Amrique sont videmment astringentes. Les rameaux piles et appliqus sur les plaies, les conso- lident mme lorsque les nerfs sont blesss, dit un cer- tain auteur. L'infusion se prescrit avec avantage dans l'hmaturie, l'hmopthysie atonique, et dans tous les cas o il n'y a pas de plthore ni d'irritabilit , et o les astringens sont indiqus. Poupe Desportes recom- mande l'infusion de Prle la fin des blnorrhagies. Certains praticiens ordonnent un gros de poudre de sa racine dans les dyssenteries. Les mdicastres du pays ( 71 ] rinflif[uenl connue capable de consolider les hernies. (Quelle absurde assertion ! Mode D'ADMiNismATiOiN. Les racines et liges de la Prle^ rduites en poudre, se prescrivent^ dit-on , la dose d'un scrupule demi-gros en forme d'opiat. Pour les infusions , on observe les rgles ordinaires. ^ EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-DOUZE. La fiante est reprsente au huitime de sa grandeur naturelle. 1. Tronon de la lige principale. 2. Chiiton de l'extrmit des rameaux en inflores- cence. 3. Filets articuls ^ rouls autour de la capsule. 4. Capsules et ses filets drouls. /y. .-/j. TAtio,/ore Me-frotv/z/\ /'ma- (nl/'/'/e/ Jcif^ lUT.LLIE TUBJ::REUSE ( ':5 ) >^*'V%^^^^^'^^^^V^%>^ %V^^WV%%^% CLASSE DEUXIEME. PLANTES PURGATIVES Qui agissent directement sur (a injottllt ou contrac- tilil musculaire des voles dlgestives. SOMMAIRE. PLANTES PURGATIVES mTIQUES. Xj'estomac, laboratoire de rasslmialion , est dou de la facult d'expulser les substances contraires h son travail; mais, dans l'tat de repos, lorsqu'il s'agit de dbarrasser les premires voies , de matires dpraves qui y provoquent une turgescence, on doit avoir re- cours des moyen? excitans et capables de titiller la membrane muqueuse , devenue moins sensible dans l'tat de non vacuit de l'estomac , gorg de substances liquides ou alimentaires qui en affaiblissent la con- traction. Les mdicamens qui ont la proprit de con- tracter les diverses tuniques de l'estomac et les organes circonvoisins, s'appellent iE'm^t^tte^. Le vomissement, en imprimant une secousse gn- rale tous les systmes , a lieu par l'rlhisme con- vulsif du diaphragme et des muscles de l'abdomen; de l , mouvement pristaltique, pression du foie et de la ToMB II. afj^ Livraison i% ( 176) vsicule du fiel , dgorgement de bile dans les organes gastriques, pour tre rejetepar le vomissement ; bien- tt aprs , par un mouvement oppos et excentrique , les vomitifs agissent d'une manire particulire sur l'or- gane cutan , en relchant ses vaisseaux exhalans. Cette assertion est prouve par la transpiration qui a lieu du-^ rant l'elTet des vomitifs (i). Autant ces mdicamens hroques offrent de res- sources la mdecine , lorsqu'ils sont sagement admi- nistrs, autant ils deviennent meurtriers dans les mains inhabiles de ceux qui ne savent pas calculer leur ac- tion. On conoit que l'irritation vive et gnrale qu'ils produisent toute l'conomie, peut provoquer des h- morragies , des spasmes , des suffocations , des vertiges , des phlegmasies et autres accidens , qu'on peut viter en ayant gard, avant de les prescrire, l'ge du ma- lade, son temprament et sa susceptibilit nerveuse. En effet , la mme dose produit , chez les uns , des anxi- ts sans vomissemens,* chez d'autres, des vacuations alvines; chez ceux-ci, des effets marqus sur les or- ganes des reins et de la vessie ; chez ceux-l, une abon- dante scrtion des glandes salivaires ou de l'or^q-ane cutan. On voit par l combien il est urgent de con- sulter l'idiosyncrasie du malade , et de faire administrer les mtiques , lorsque l'estomac est en tat de vacuit , afin d'irriter plus directement, et d'une manire im- mdiate , la membrane muqueuse. (i) Consultez les belles expriences du D. Magendie, \ ( '77 ) La plnitude gastrique lant annonce par une c- phalalgie, par ramarescence de la bouche, ou Tex- crlion des salivaires , par l'lat sabural de la langue et du palais , par des rapports nidoreiix , des anorexies , des nauses , et mme quelquefois des vomissemens , les mtiques sont indiqus ; cependant, d'aprs l'tat des saburres de l'estomac , souvent la nature , cette incon- cevable mre , en a dcid le transport par les voies in- frieures; et ce serait contrarier ses vues que de re- courir un vomitif, qu'on doit^ au contraire, remplacer par un purgatif, si, au lieu des premiers symptmes, on observe tumfaction de l'abdomen , constipation , borborygmes, etc., ce qui indique le tube intestinal pour sige de l'embarras gastrique. L'emploi des mtiques est d'un avantage incontes- table , toutes les fois que la muqueuse de l'estomac est agace par la prsence des matires saburales , qui sont nanmoins plutt l'effet que la cause des fivres con- tinues et mningo-gaslriques.En dbarrassant les pre- mires voies des sucs dpravs , les vomitifs rtablis- sent l'action tonique de l'estomac inerte et languissant. C'est pour prvenir une dgnrescence complte et une altration vicieuse des saburres de l'estomac , qu'un vomitif, administr au dbut d'une maladie, prvient le dveloppement de la fivre adynamique , que les doux purgatifs peuvent quelquefois dterminer en lais- sant altrer toute la surface muqueuse du conduit in- testinal par le passage des djections alviues. ( -78) Dans les fivres iiilcriniltcnlcs, par exemple, l'em- Larras gaslri(|iio riant dclruit par Taclion dvs ihn- liques, les loiiif|ues agissent alors avec nergie et surel, et font cesser les paroxismes. Si l'on n'a pas recours aux voniilifs, les accs se prolonj^enl et pui- sent le malade qui n'a pas voulu aider les eiorls de la nature. Dans un climat froid ou tempr, on prescrit, sans inconvnient, un vomilif sans que le malade y soit pr- par; sous le ciel brlant de la zone torridc , au con- traire, il est plus prudent d*y disposer le malade avec des boissons dlayantes et aciduls. Les vomitifs sont le plus souvent indiqus dans les diarrhes , si communes aux colonies , parce qu'ils aug- mentent l'aclivil vitale de l'estomac , parce qu'ils d- tournent l'irritation fixe sur la muqueuse intestinale , et appaisent le mouvement pristallique. On a vu des mnorrhagies inquitantes, qu'un Iraitement rationel n'avait pu modrer, cder l'action d'un vomitif, qui dtournait alors le centre d'aclivil. Les vomitifs ont des succs marqus dans les affec- tions muqueuses des bronches pulmonaires, dans l'aslli- nie , les angines, l'hydrolorax, la paralysie et mme l'apoplexie , lorsque la pleur du visage , une faible cha- leur et un pouls peu apparent, en sont les principaux symptmes. Dans ce cas, le systme lymphalique , par- ticulirement affect dans cette maladie, reprend se* ( 79 ) fonctions que rtablissent les vacuations produites parles secousses ritres. Les vomitifs, d'aprs l'ob- servation du D. Portai , sont contraires dans l'asphyxie, en ce qu'ils portent le sang vers le cerveau. Ils con- viennent dans les cphalalgies chroniques, gastriques, et dans les plaies de la tte, en tablissant une rvul- sion salutaire. Les mtiques sont souvent efficaces , encore bien mme qu'ils ne fassent pas vomir. Suivant le cas, on les donne h petite dose po-ur titiller la membrane du canal intestinal , et y attirer les fluides qui auraient propension se porter vers la tte. On doit les interdire dans la grossesse, les maladies organiques du pylore, quelquefois les hernies ; dans le calcul, l'anvrisme^ l'hmoptysie, les phthysies , etc. Les mtiques minraux agissent avec plus de vio- lence que ceux tirs du rgne vglal ; mais ceux-ci , quoiqu'irrguliers dans leur marche, conviennent mieux aux femmes, vieillards, enfans, et aux tempramen dqus d'une susceptibilit nerveuse trcs-exalle. r I I I II ; I I aoiLi ( '8<. ) RUELLIE TUBREUSE, { Purgative Emtique. ) Stnonymif.. Vulg. Coccis ( grand), fleurs bleues et racines d'asphodle; Ipcacuapha btard; Crustolle ; herbe ca- rabe, ou chandelier. R. tuberosa. Linn. genre de la didynamie angiospermie. Ruellia foliis cuneato-ovatis ^ crevalis, pedunculis tripartilis caule sirnplici. Swartz. Observ. 245. AVilden. spec. plant., vol. 5, p. 568 , n. 19. Genlianella flore caeruleo , integro; "vasculo se- mlnali exhumidi contactu impatiente. Sloan , Jam. 52, Hist. 1, pag. i/i9, tab. gS, fig. 1. Rai suppl. 370. Ruellia polyrrhyza de Jussieu. Crustole de ;cpt;fTH route ^ olla marmite. Ruellia hurailis capsulis angulosis. Dill. / Eltham 528. - Ruellia flore caeruleo asphodeli radice. Poup. Desp. ICI. Plum. vol. 5, p. i35, gen. 12. Ruellia tuberosa-Richard. , ordre des Achantes. Jussieu. Caractres cNiRiQUES. Calice dcoup en cinq di- visions linaires; corolle campanule , le plus souvent anomale, divise son limbe en cinq lobes ingaux; deux ou quatre tamines didynames , rapproches deux par deux; un style; un ou deux stigmates ; capsule deuxloges , deux valves longitudinales , s'ouvrant avec iaslicil , l'aide de dnis lastiques ; cloison oppose r/.ji4- (/arie/ Scu^ (i8. ) aux valves ; feuilles opposes ; fleurs axlllaires et Fou- gitudinales. Caractres particuliers. Calice monoptale quin- qufide; corolle bleue , tubule , renfle vers le milieu de son tube ; quinqufide ; quatre tamines rapproches, dont deux plus longues; capsule deux valves , s'ou-* vrant avec lasticit. (Mrat.) Histoire naturelle. Le genre Ruellia appartenant aux dicotyldones , et ayant beaucoup de rapport avec les Bareleria , est commun aux Antilles , o j'en ai ob- serv , ainsi que Poupe Desportes, trois espces bien distinctes : on les y appelle ipecacuanha btard , d'a- prs leurs proprits. Ces trois espces , qui se plaisent dans les halliers et sur un terrain sec, sont : i" le ^van Coccis f Ruellia Tuberosa) , dont la racine blan- che , bulbeuse , est assez semblable celle de l'aspho- dle; ses fleurs sont d'un beau bleu d'outremer, et la varit fleurs blanches. La deuxime espce, leCoccis moyen , a le port de la mercuriale mle; sa racine est fibreuse , et ses fleurs violettes. La troisime espce est le petit Coccis (Ruellia Hisplda , Linn. ), qui a le port delaPiloselle; la plante est velue;sa racine est fibreuse; ses fleurs sont ou petites en pis, et violettes , ou quels- quefois de grande dimension , et solitaires. Ces plantes aiment l'ombrage des forts , et sont communes la Jamaque. Les autres racines tires des violettes , des Euphor- bies , apocynes et autres Achantes, sont la plupart vomitives. Le senre Ruellia porle le nom d'un anciei^^ botaniste franais. J ( S2 ) Caract1-i\e3 physi(>ues. Les racines de cette belfe Riiellic ollVenl une griiTe de tubercules na[>il\)rms et charnus, qui pnlrent profondment dans la terre. Il s'en dveloppe des liges herbaces, quadrangulaires , de la hauteur de huit dix pouces , et plus; veTues , dont les poils, blanchtres, sont roides vers Iur ex- irmit ; peu rameuses , garnies de feuilles opposes , ptioles, ovales, crneles leurs bords, rlrces en coin leur base , presque glaces ou lgrement ci- lies, particulirement sur le ptiole. Les fleurs sont portes sur de trs-longs pdoncules , qui se divisent , leur extrmit , en deux ou trois pdoncules partiels, longs d'un demi-pouce, uniflores ou biflores, munis leur base de deux bractes oppo- ses , lancoles et aiglies. La fleur de celte espce est monoplale , en enton- noir , gonfle vers le milieu du tube de la corolle , par- fois axillaire , le plus souventen bouquets au haut de la tige; elle est d'un bleu clatant. Le limbe en est vas , dcoup sur les bords , et rabattu en dehors ; le p- rianlhe monophylle est dcoup en cinq pariies poin- tues , en forme de lanires ; du fond du calice s'lve un pistil qui devient un fruit oblong, pointu , couvert d'une membrane qui s'ouvre par en haut en cinq par- lies , et rempli de petites semences sphriques , qui sont lances avec lasticit une grande distance pour peu qu'on touche la capsule. Les racines , semblables celles de l'asphodle , quoique plus petites, sont mtiques, et remplaccit fort bien l'ipcacuanha. Analyse chimique. Le^ parties de la racine sont si^ ( 'S3 ) lubies dans Tther et l'alcohol, doitt elles troublent la limpidit. Elles contiennent de Tacide gallique , une partie extraclive, et une autre gommo-rsineuse. Les solutions faites dans l'eau ne reiiennent point la partie rsineuse , qui est celle essenliellement vomitive , aussi prfre-t-on pour menstrues do ralchool de 20 h 22 degrs. PROPRiTis MDICINALES. Par son analogie avec ripcacuanha du Brsil, j'ai appropri la poudre des racines de la Ruellia tuberosa , la curation des fivres intermittentes , dans lesquelles elle agit en prolongeant l'excs leurs paroxismes. Dans ce cas, je la prescrivais en poudre. Lorsque j'avais Irriter quelqu'afTeclion des membranes muqueuses , telles que coqueluche , toux convulsive, prilonile puerprale^ je prfrais son usage sous forme de syrop. Dans la passion iliaque elle agissait comme antispasmodique; mais comme cette plante a des proprits hroques , on l'adminis- trera avec prudence. L'acide du citron et du tamaria lui servent de correctif, si son action est trop pro- nonce. Mode d'administration. La dose en poudre est do 12 24 grains pour trois verres d'infusion de feuilles d'oranger ou de iantana camara ( voyez 4' vol. de cet ouvrage, n 004 ). On prescrit par quatre gros ou une once . le syrop de la plante qui nous occupe; et dose fractionne dans les maladies o il est -propos de recourir aux incisifs : alors on dulcore un verro d'infusion aromatique , avec une cuillere caf du syrop de Puiellia. Si teinlyr'3 aicoholique se prescrit depuis une once la* ( ,ai ) jusqu' deux , cdulcorcc avec du syrop de fleurs- d'oiaiij^es. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-TI\EIZli, 1. Fruir ouvert. a. Graine sur le placenta. 3. Racines. p/.jjj. y /n'oi/orc D(\eeofi/-fr/'^ Pin.f . {fa6^w/ Jvit/p- li^ELJK lll-STOO- l. ( i85) RUELLIE TALE A FLEURS VIOLETTES. ( Purgative Emttque, ) Synonymie. Vulg. R. port de mercuriale mle ; IpcacuanLa btard. Coccis moyen. Ruellia patula. Linn. Jacq. Mise. vol. 2 , pag. 358.Juss. fam. des Achantes. Ruel- lia fruticosa , villosa, viscosa : foliis ovatis, obtusissimis, integerrimis ; floribus axillaribus aggregatis. Jacquin. Icon. Rar. i.tab. 119. Ruellia raercurialis maris facie, floribus violaceis , radie fibros. Poup. Desp. Ruellia foliis petiolatis, ovatis, obtusissimis, integerrimis, pubes- centibus ; 'floribus ternis, subsessilibus ; caule ereclo, divaricato Willed... Spect. Plant, vol. 5 , p. 364. N 5. Caractres gnriques. Calice multifide ; corolle monoptale dont le tube est renfl vers son milieu; deux ou quatre tamines ; un style ; un ou deux stig- mates ; capsule deux loges, deux valves longiludi- iiales, s'ouvrant avec lasticit ; cloison oppose aux deux valves. Caractres particuliers. Calice monoptale quin- quefide ; corolle violette monoptale tube renfl vers son milieu ;^quinquefide; quatre lamines rappro- ches dont deux plus longues; capsule ovale deux valves s'ouvrant avec lasticit. Histoire naturelle. La vgtation de cette Ruelle est trs-active; elle est trs-sensible au froid, et de- mande la ^serre chaude ou la bche. Elle se multiplie ( ^^C' ) Incileincnt , ainsi que les deux autres espces , de bou- tures faites au priulemps , et lorsfjue la fleur est pas- se , soit dans la tanne , soit sur couche chaude. ' Car.vctj'Res physiques. Cette jolie plante diire de la prcdente par la position de ses fleurs , qui sont sessiles et axillaires, et par leur couleur tendre. Ses tiges sont frutescentes , droites , divises en rameaux, Irs-tals, d'o lui vient l'pithte qui lui a t don- ne; ils sont quadrangulaires, velus, visqueux, munis de feuilles opposes , p,iolcs , ovales , trs-entires leurs bords , obtuses leur sommet, pubescentcs dessus et dessous , et visqueuses. Les fleurs sont groupes , souvent solitaires , et pla- ces dans l'aisselle des feuilles , lgrement pdoncu- les , presque toujours runies par bouquets de trois sur chaque pdoncule. Leur calice est dcoup en cinq lanires aigus , velues ou pubescentes. La corolle est grande , ample , d'une couleur violette peu fonce aux lobes festonns , tandis que le tube est d'une couleur vert-pomme. Les racines sont fibreuses , ligneuses , et d'un jaune de paiile. C'est la partie de la plante la plus usite en mdecine ; on les dpouille de la tunique corticale qui contient une rsine vomi -purgative. Analyse chimquk. Les racines de la Ruellie tale , offrent l'analyse les mmes rsultats que la prc- dente; et on les traite par les mmes ractifs. Proprits mdicinales. Digne congnre de la Ruellie racines tubreuses , le coccs moyen a les mmes proprits, et peut, mme dose, remplacer la premire espce. Il m'a russi dans les cachexies et ( '87 ) autres maladies chroniques, dans les ictres de ce genre, dans les engorgemens msenlriques, et cer- taines maladies rebelles : alors je prescrivais le via de celle Rucllie la dose d'une cuillere jeun tous les malins. Moue d'administration. La poudre impalpable des racines se donne comme vomilive, depuis huit jusqu' vinii:;t grains en trois doses. Le vin se fait avec une demi-once de la poudre par pinle de vin d'Espagne. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-QUATORZE, 1. Fruit. 2. Graines. 3. Racines. ( 'SS ) RUELLIE IIISPIDE, ( Purgative Emtique, ) Stnonymie. Yulg. Coccis petit. Velu port de piloselle. Ruellia hispida. Linn. Richard. Caract-res gnriques. Galice multifide; corolle nionoplale, dont le lube est renfl vers son milieu; deux ou quatre tamines; un style; un ou deux stif|;males ; capsules deux loges , deux valves longitudinales, s'ouvrant avec lasticit; cloison oppose aux deux valves. GaractI^res particuliers. Calice monoptale quin^ quefide ; corolle bleutre monoptale tube renfl vers son milieu; quinqueflde; quatre lamines rapproches dont deux plus longues; capsule ovale deux valves s'ottvrant avec lasticit. Histoire naturelle. Plus humble que les prc- dentes, cette Ruellie se cache sous les toufles d'herbes des Savanes, o son odeur suave la fait bientt d- couvrir. Elle a le port de la piloselle d'Europe. On la trouve en fleurs et en fruits aux mois de novembre et de dcembre, sur les rives herbues des ctes maritimes. CARACTiRES PHYSIQUES. Il cxste uuc vaHt fleurs jaunes. Les tiges de cette Ruellie hispide sont her- baces , quadrangulaires , dif'uses , les infrieures unies et couches , les suprieures droites et garnies defeuil--^ les velues et aigus. ( -Sg ) Les feuilles sont rassembles au sommet des tiges , opposes, sessiJes, disposes en croix , d'une forme ovale obongue , obtuses, rugueuses et hispides; lon- gues de douze vingt-quatre lignes , sur une largeur de six dix, couvertes d'un duvet lger qui blanchit au moindre tact , et par le souille du plus lger z- phyr^ ainsi que la Piloselle. Les flsors sont d'un bleu tendre , axillaires , soli- taires , et sessiles. Elles ont la forme affecte aux Ruel- iies, et indiques plus haut aux caractres gnriques. Le calice est monophylle , velu , oblong et troit , sur la coroHe , divis en cinq parties, lanires, ccur'es et troites vers la pointe, un peu plus larges ia base. La corolle monopiale rrgulire, le tube lgre- ment renfl vers le milieu de sa longueur, est plus ple que le limbe, mais ponctu de bleu sa partie infrieure qui est lgrement pubescente. Quatre tamines didynames , rassembles par paire , dont deux plus courtes , les fdamens minces, et pu- Lescens; les anthres droites, oblongues en fer de lance. Le pistil est port sur un disqise cylindrique et pu- bescent , le stigmate bifurqu. Le fruit est une capsule troite la partie infrieure , uniloculaire, s'ouvrant en deux. Analyse chimique. Elle offre les mmes rsultats que celle des deux espces prcdentes. Proprits MDICINALES. On reconnat les bons effets de cette plante, utile succdan de l'Ipcacuanha, dans les dyssenteries o on l'emploie d'abord comme vomitive. Mais lorsque la maladie a t rebelle , ou ( ^90 ) qu'aynnt parcouru ses stados avec trop de rapidit, il y a uiccralion de la membrane muqueuse des intestins, je prescrivais pour lisannc une infusion de fleurs de kelniie Gonibo , acidule avec une demi-once delnma- riu , et pour lavement un demi-gros de racines con- casses de Ruellie iiispide avec une tte de p;\voi , ou une poigne de feuilles de morellc laman. J'ai observ qu'en poudre elle agit mieux , comme altrante , aprs avoir mang, que lorsque l'estomac est dans un lat complet de vacuit. J'en ordonnais de trois quatre grains dans la premire cuillere de soupe dans les engorgcmens glanduleux et lymphatiques des enfans , dans la coqueluche , l'inapptence, la chlorose, mais comme vomitive dans la paralysie. . Mode d'admimstratiqn. Les prparations pharma* ceutiques de cette Ruellie ne diflerant point de celles des deux espces prcdentes , j'y renvoie le lecteur. EXPLICATION DE LA PLAKCIIE CEx>T-QUIKZJE^ 1 . Corolle. a. Fruit. 5. Fruit ouvert.^ /y, //// 0^imf jAeod) rf lfe.rcotirft/\ /'ina. (rtti/te/ Xc> ASri.EPAIlE liE ri;liAC'AO ( '9' ) ASCLPIAS DE CURAAO, ( Purgative mtlque. ) Syxonymie. Vulg. Herbe madame Bolvin. Faux ipca- cuanha. Asclepias cuiassavica. Linn. Peutandrie dlgy- nie. Jussieu , classe des apocynes. Asclepias foliU lan- ceolalis peliolatis glabris, iiiliJis, caule simpiici, in bellis ereclis, solilaiils laleralibus. Linn. mill. Dict. ,0. \r, Apocynum radice fibros , petalis coceineis , cornlculis croceis. Dill. EIili. 34 5 t. 00 , f. 55. Apocynum S. Araerlcanum , tibros radice, floribus auranllis chamae- nerii foliis lalioribus. Mm par.^ t. 36. Tournef. 92. Ca.ract^res gariques. Calice monophylle trs- pelit , cinq divisions ; corolle rnonopiale , courte, rgulire , cinq divisions , cinq cornels auricuis; cinq lamines; un style; deux capsules folliculeuses , allonges , polyspermes , s'ouvrant longitudinalement d'un seul ct. Caractres particuliers. Calice cinq dents; co- rolle cinq divisions profondes , ayant cinq corps charnus, souvent creuss en cornet; un cylindre tron- qu au centre de la fleur , entour de cinq cailles tri- angulaires , bords relevs et membraneux, creuss de deux petites loges; cinq petites anthres fendues infrieurement, situes entre les cailles prs de leur sommet; de chaque ct de l'anthre nat un filament. Deux ovaires ; deux capsules folliculeuses ; graines agrettes. ( 'O*^ ) hsiOiUK NATURELLE. Celle jolie plante, classe par M. (le Jussicii dans les Apocynos, dont elle a les pro- prirls voniillvcs, est reniarcjuable par ses nectaires colorias d'un jaune aurore , qui contrastent lgamment avec le ronge carmin des plales , et le vert tendre du calice. On l'appelle herbe h madame Boivin , nom d'une crole qui traitait les nouveaux dbarqus d'Eu- rope li Saint-Domingue. Elle tire aussi son nom d'Ascle- pias, mdecin grec, qui le premier a fait connatre les proprits de la plante. L'Asclepias de Curaao rclame la serre chaude o il fleurit pendant l'hiver; ou en plein air, du mois de juin au mois de septembre. Il mrit ses graines qu'on sme sur couche et qu'on re- pique dans des pots qu'il faut replacer sur couche , dit Mordant de Launai , jusqu'au moment de les retirer de la serre chaude : ils aiment une terre qui laisse passer l'eau. L'Asclepias craint l'humidit, surtout pendant l'hiver. CaractIiRes physiques. L'Asclepias de Curaao ofFre l'il un port svelle et lg^ant par les nuances des couleurs qui ornent sa tige. La racine en est filiforme fibres dlies, o;rise en dehors, d'un blanc jauntre en dedans , et ayant l'axe ligneux trs-pais , et l'corce trs- mince. La tige d'un vert tendre cylindrique , pu- bescente , courbe, et pleine d'un suc laiteux, porto des feuilles lancoles, alternes, molles, entires, opposes , plioles , glabres et lisses ou luisantes, . Les fleurs sont d'un rouge carlate , et les cinq cor- nets ovales et auriculs d'un jaune orang. Elles nais- sent au sommet des tiges , et sont disposes en om- belles droites , solitaires , latrales et terminales. Elles sont petites , et ont leur corolle rflchie. Les cinq ( '93 ) cailles ont les filels des tamines chargs chacun dans leur face interne d'une anthre qui leur est ap- plique dans toute sa loDgueur. Quant aux dix fdets qui partent des loges des anthres, et vont aboutir latralement aux corpuscules noirs qui sont appliqus contre le chapiteau du pistil au dessus de ses fentes latrales , ce sont les conducteurs de la vapeur f- condante des anthres dans les mmes corpuscules , ou rservoirs prolifres, d'o cette mme vapeur p- ntre dans les scissures du chapiteau qui fait les fonc- tions des stigmates, et se trouve bientt, par cette voie , transmise aux styles , et de ceux-ci aux ovaires. Les fruits sont chargs de quelques asprits qui les rendent comme pineux. Analyse chimique. Je ne pus m'en procurer en assez grande quantit pour soumettre la plante aux ractifs ; mais je lui ai reconnu la prsence d'un suc laiteux qui lui donne la proprit vomitive. Proprits mdicivales. La tige de la plante rem- place le Smilax China dans les maladies' syphillitiques, et les affections cutanes chroniques. Sa racine jouit d'une proprit mtique dent j'ai souvent prouv les heureux rsultats , surtout dans les diarrhes , si com- munes aux colonies , et quelquefois si rebelles. Les racines qui sont vomitives, ou purgatives, suivant la dose , offrent de grandes ressources dans l'asthme hu- mide , les affections muqueuses , etc. Les polypharraaques des Antilles indiquent la dcoc- tion de la plante , mle l'huile et h la cire , en forme de crat , comme trs-utile contre la podagre , et contre les douleurs arthrodyniques ; pour cet effet , ses feuilles ( '94 ) ont trempes dans l'huile, et appliques chaudement^ Sa racine cslimc Alcxilre par les insulaires de la ]\Iarlini(jiie , (ilVe une grande ressource conlrc la mor- sure du scrpenl appel colubra cnpclla. Dans ce cas ils la machcnl onlre les dnis, puis ap|)lif|ucnl le marc sur la plaie. Celle mme racine est eslime fbrifuge et rsolulive des tumeurs qu'ont les femmes aprs raccouchement. Mode d'adjiinistration. On administre cet Ascl- pias en poudre subtile , lorsqu'on veut faire vomir la dose de vingt h trente grains et en trois prises. La racine n'est -elle que grossirement pilvrise^ elle provoque seulement des vacuations alvines. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-SEIZE. 1 Racines. a Fleur grossie pour laisser voir les Nectaires. TAeof/nre J)ed-cour/t/\ Pur (mne/ ^fcu/t)- ErFlOIlBE A FEFIi.LKS lY OMPIX. ( '9-> ) ^%'V%.^VV%*.'V'V^%.X'V .^/V^^ fc.^^V^-* v-%'V%^-V%'V*.XV'V% W%^-V^ V'VXX.%%-W\.'V%V^^-WV*%^ EUPHORBE A FEUILLES D'ORPLN. {Purgatif Enillque. ) Synoktmie. npiorbia anacarapserodes. Euphorbia inermis frullcosa , foliis alternis. Obovalis obtusi subts acnte carinatis. Titliymalodes frulescens folio anacampserotis. Plum. , tom. IV, pi. I, n 5 , pag. 415. Pedilantus de Poiteau. Tournefort 654- Jussicu. Eapliorbiaces. Caractres gnriques. Dicotyldones sans ptales ; fleurs unisexuelles. Incomplettes monoques; ou dio- nues ; quelquefois herniaplirodiles; calice monophylle; iamines dfinies ou indfinies; deux styles (rarement plus ou moins ) ; capsules h plusieurs loges qui s'ou- vrent intrieurement en deux valves avec lasticit. , Caractres PARTICULIERS. Fleurs monoques; fleurs mles : calice plusieurs divisions en sabot color en jaune rebords carlalcs , large la base, et festonn en gouttire , l'extrmit qui entoure le faisceau d'- tamines. Fleurs femelles : Calice en sabot; une capsule lisse a trois coques , pdicelle , trs-sperme deux valves se dtachant du sabot. Slyle rouge agu. Histoire naturelle. Celte belle et singulire Eu- phorbie, est herbace, et renferme, ainsi qne ses con- gnres , un suc laiteux acre et caustique, qui, la moindre dchirure . dcoule de toutes les parties de la planle dont l'emploi ne peut tre confi qu' un m- decin prudent et exerc. Ce remde hroque, qui se- rait un poison dans les mains du vulgaire , ayant subi quelque prparation pharmarcutique devient applica- ble notre conomie, surtout dan, les affections chro- ToMi. U. r>u^ Li\>raisu7i. i5 ( >flfi ) nqiirs. Cps nir-iues rtMiIlIis cl lij;('s vi^.diici^o:^ , avnnt lotir dessicalion , font partir du domaine do la m(3(le- cirie innt dessches , et ne conservent alors que des proprits mliques et purgatives , surtout en les emj)loyant 5 des doses modres. On ne fait usage que de la partie corticale de l'corce, qui seule contient lo principe actif, ou mtine de Pelletier , et l'on rejette la partie ligneuse comme inutile , laquelle d'ailleurs ne peut se rduire en poudre qu'imparfaitement. Le suc laiteux des EuphorLies provoque presque toujours le vomissement. Selon Pline, la dcouverte des proprits de l'Eu- phorbe est due 5 Jiiba , roi de Mauritanie^ qui lui donna le nom de son mdecin. Celte espce d'Euphorbe est commune h Saint- Domingue , h la Jamaque , Cuba , et la Martinique, o on la rencontre dans les endroits pierreux et ma- ritimes. Caractres physiques. Sa tige , comme l'observe Plumier, est tortueuse, souvent trs-grosse, haute d'un pied , cylindrique , frutescente , et recouverte d'une corce unie , d'un vert obscur. Cette tige se di- vise en plusieurs rameaux de l'paisseur du petit doigt, ligneux , cylindriques , glabres , verts , feuilles, et qui s'lvent deux ou trois pied? de hauteur. Les feuilles sont alternes , situes sur deux rangs opposs , ovales arrondies , obtuses, paisses , larges de trois pouces, et plus ; vertes, carincs , et n)unies d'une cte tranchante sur le dos , et attaches par des ptioles courts. Il nat au sommet des rameaux, des fteurs nombreuses , dis- poses comme en ombelle d'un jaune verdtre, irr- gulires , ayant presque la forme de la chaussure de ( ' K ) l'homme , ) goullo sur la langue de celle rsine, y laisse pour lon"*- lemps une sensation brlante, qui se propage hienlot dans l'isllime du gosier , mais ([ue neutralise prompte- menl un gargarisme fortement acidul. On remplace dans beaucoup de cas l'ipcacuanlia du Brsil avec les racines de l'Euphorbe a feuilles d'orpin ; mais sans en altrer les principes par la macration dans le vinaigre ou l'alcool , car alors on ne peut plus compter sur un rsultat certain. D'aprs l'observation de Chomel , sur l'usage des drastiques violons, j'ai voulu faire macrer les racines de cet Euphorbe dans du vinaigre, avant de les employer, dans l'intention de neutraliser leurs vertus dltres; mais l'action de ce mdicament devint languissante , imparfaite et presque nulle. Mode d'administration. Les racines dessches et mises en poudre se donnent la dose de douze dix- huit grains', dans trois verres d'infusion de fleurs d'o- ranger, demi-heure de distance. Un gros de la lige verte produit le mme effet. Les graines se prescrivent comme vomitives au nombre de trois , et de deux comme simplement purgatives. La rsine concrte est prfre parles ngres la dose de quatre sept grains en substance ou en solution au moyen du jaune d'uf , dans une infusion de poincillade, qui d'ailleurs provo- que son action. En cas d'vacuations excessives, on doit recourir une boisson gommeuse acidule. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-DIX-Si: PT. 1 . Racine. 2. Dtails de la fructification , demi-grandeur. 3. Graine, /y. u^. (Hairte/ ^iru/fi. \. (^99) EUPHORBE A FEUILLES D]E MYRTHE. ( Purgatif Emtique. ) Synonymie. Vulg. Zerbe bordures. Eupliorba myrlifolia. Euphorbia inermis fruticosa , foliis aeternis ovato- aculls planis , sublucidis. Encycl. Tithymalodes fru- tescens , folio myrli amplissimo. Tourn. 654. Titliyma- lus cuiassavicus myrtifolins , flore cocciiieo niellifero. Kerin. Parad. 254' Euphorbia tilhymalcdes. Lin. Jacq. Amer, i^g, t. 92, et Pict, pag. 74, t. i38. Rd. XI. Ben-Pla- CaractI^rks gnriques. Fleurs unsexues , mo- noques , souvent solitaires ou disposes en ombelle ter- minale ; involucre monophylle huit ou dix divisions ; les extrieures de forme varie , sont arrondies , obtu- ses , ou en croissans; les intrieures alternes et dres- ses. Fleurs femelles pdicelles ; ovaire trigne sur- mont de trois styles^ quinze vingt lamines autour de la fleur femelle. CARAGT^Riis PARTICULIERS. Tige lactoscente , sous- ligneuse, trs-rameuse, tige redresse en zig-zag ; dichotme^ feuilles trs-entires, arrondies, margi- nes, blanches en dessous; fleurs solitaires. Histoire naturelle. Cette plante originaire de l'A- mrique mridionale est assez commune aux Antilles et 5 Curaao. Elle aime les lieux pierreux, mais en en rassemble l'espce pour en faire des bordures de jar- dins, o elle remplace lesbuis d'Europe. Elle oiVel'il des iormcs bizarres et des toits o le rou2;G vif cl le ( '200 ) jiiinc joiuiuillc des fleurs kc dctaclienl de la verduie goinbie du feuillnj^e. On la cultive en Europe dans les .verres, o elle lleuril rarement. Cette Euphorbe, ainsi que la prcdente, offre un violent vomi-purj^atif, d au suc laiteux, acre et trs- abondant qui coule, la moindre incision laite la tige, aux feuille ou aux ra- cines. L'action acre et vsicante de cet Euphorbe pa- rat rsider, comme parmi les congnres, dans un j)) incipe subtil combin avec la rsine que renferme le suc. Ce lait gommo-rsineuxest d'aulanl plus caustifjue qu'il contient plus de cette huile volatile; c'est elle qui agit sur les tissus animaux, qu elle ulcre aprs les avoir violemment enflamms; del sa vertu vomitive et pur- gative. Caractues iHYsiQUES. Cet Euphorbe se distingue ainsi que le prcdent , par la forme toute particulire de ses fleurs. Sa lige cylindrique est droite et frutes- cente, haute de deux pieds; elle se divise en plusieurs rameaux simples galement cylindriques , d'un vert fonc, feuilles et flchis en zig-zag. Les feuilles sont alternes, coriaces, opposes, ovales, pointues, en- tires, d'un vert fonc, ou quelquefois ondules et jau- r.alres sur leurs bords; planes, glabres et un peu lui- santes en dessus, lgrement pubescentes dessous dans leur jeunesse; et fixes sur la tige par des ptioles trs- courts ; elles sont larges d'un deux pouces, et quel- qicfois plus. Les fleurs sont terminales disposes en bouquets cm- brlliformes, portes sur des pdoncules simples, grles, un peu courts, munis chacun de deux bractes ovales , concaves, colores, caduques, et qui embrassent la hase du calice Ces fleurs sont d'un beau rouge bordes ( 201 ) de jaune jonquille; inodores, irrgullces , et resseni Lient un soulier pointu. Leur calice est vcnilru d'un ct prs de sa base, et resserr en pointe vers sa partie suprieure , et il n'a aucune de ses divisions rejcles err d^chors. Son bord est divis en quatre dcoiipures in^^ales , rapproches ou connivenles, et doiit une suprieure est un peu chancre. On observe (selon M. Jacquin) quatre glandes ar- rondies (mellileres) situes dans la partie ventrue de la ileur. Dans Ftat parfait de la floraison , le pdicule along de l'ovaire permet au pistil de sortir du calice, de manire que le long stlle dont l'ovaire est surmonl , semble pr.-enler un bec qui termine Torifice resserr de la fleur. Le stigmate est trois divisions lgrement bifides. (^Enc. met. ) / Analyse chimique. L'Euphorbe des bordures offre l'analyse cbinnque les mmes rsultats que l'espce prcdente. D'aprs la remarque de M. Bonaslre, la rt- sine des Euphorbes est d'une exlrcme crel. Elle est iiisouble dans les alcalis caustiques, ce qui indique qu'elle est d'tme nature assez dillrente des autres. La cire que ces plantes donnent l'analyse ne diffre pas de celle des abeilles,- Proprits mdicales. On lui attribue des vertus propres h combattre avec avantage les maladies qui rsultent d'un commerce impur ; mais je n'ai point prouv ces effets dans ma pratique ^ aussi no puis- je me prononcer cet gard. On ne pourrait user impunment de cet Euphorbe l'tal de fracheur < mais tant sec , les ngres se Tad- ( :20-;> ) wiinislrcnl sans le mointlre inconvnicnl. A rialri(r.:r, on utilise son suc pour ronger les callosits , les cors et ics verrues. Toutefois , pour employer sans danger les Euphorbes comme purgalils, on les laisse macrer 24 heures dans du vinaigre, ensuite on les fait scher pour les rduire en poudre trcs-line. BioDE d'admimistratiox. La poudre de cette espce, moins active que celle del prcdente se prend depuis i5 jusqu' 24 grains, mais de la mme manire. Elle agit le plus souvent comme purgative sans provoquer de vomissemens. Un habitant de la montagne du Gros- Morne Saint-Domiigue, faisait un secret de la soluti(n de celte rsine par l'alcool qu'il enjployait avec un cer - lain succs dans les affections dmateuses simples , cl autres cas o les purgatifs sont indiqus. 11 est h re-. ii:arquer que les racines annuelles sont moins actives que les vivaces, siulout aprs avoir labor tous leurs sucs pour entretenir la vgta lion de toute la plante. EXPLICATION Di: LA PLAKCIIK CLN-DIX-UUlT. 1. Racine. tt. Organe 5. Graiiie. tt. Organes scrvanl la frucliiu-atiori. '/'Acotio/'e j/CJ-roftr/f/\ . {^^/le/ x.fcif/^ 8f:N^ITiVK KWNEITSE "^ e ( :2{)5 ) SENSITIYE PINEUSE. ( Purgatif Emttque, ) Synonymie. Vulg. Herb'mam'zelle fleurs roses. Herbe vive. Herbe sensible. Sensiva pudica , Lin. Mimosa spinis horridiuscula et sensiliva major. Pliim. , vol. IV, pag. i4o. Acacia de Tournefort, cl. 20. Arbres mono- ptales^ sect, 2. Jussieu, famille des lgumineuses. Ouyltaraoua, Balanabou. Carab. Cabact^f.es gnriques. Calice double; l'extrieur ^ cinq dents, Tintrieur plus grand; monoptae , rc- ji;uier et tubuleux; tamines en nombre variable, mo- nadelphes, fleurs gnralement petites, disposes ea pis ou en ttes globuleuses , vgtaux herbacs ouli- gneux, ayant en gnral les feuilles dcomposes. ( Richard, niimoses ) . CARACTiiREs PARTICULIERS. Fleurs sans caicule, rem- plac par une simple bracte latrale. Etamines trs- nombreuses et moDadelphes. Les fleurs hermaphro- dites ont de plus un pistil, qui devient une gousse plus ou moins comprime, trangle de distance en dislance , el s'ouvrant en deux valves. Toutes les parties de la planle sont armes d'aiguillons. Les feuilles sont vertes dessus , et d'un louge pourpre dessous; tonrnrnt siirlourpuiciilc propre , et se U'ouvani: souvent j^laces :r-ui' Ai\^ p[au5 opposs. ( f^ ivdcc. J - ( . 2yj\ ) Histoire ivATuntLLii. LVxlruie iiritabiiit de celle piaille lui a Tait donner le nom de sensillvc. Une plante, proiligc ! rclat de ses charmes Unit de la pudeur les timides allarmes. Si d'un doigt indiscret vous osez la toucher , Tout s'agite ; la feuille est prompte se cacher , Et sa branche mobile , aux mmes lois (idelie, S'incline vers la tige , et se range auprs d'elle, ( C vsTEL , les Plantes , chant, ir. ) En effet, an moindre conlact,Ies feuilles de la sensitive se rapprochent, et ses rameaux arliculsflcliissent; mais Lientt ils se redressent , et les feuilles reprennent leur silualicn. L'espce que nous dcrivons est rampante, et offre l'il un riche tapis vert; mais la chvre lgre esi-elle poursuivie par son Llier , ou le voyageur vient- il fouler celle charmante verdure , leur passage se d- cle par des traces d'un rouge de sang, dues h la con- traction des folioles dont le dessous est de couleur cla- tante. On remarque avec lonnement ce phnomne. Sur le gazon , qui de leurs derniers pas A conserv les empreintes (idcles. ( Parky , les Roses-Croix , chap. xii. ) On sme en Europe la sensitive en avril sur couche et sous chssis , o on la retient jusqu' la maturit des graines, qui, selon Mordant de Launay, peuvent con- server pendant plus d'un sicle leur vertu germinative. Pour les obtenir, il faut encore tailler la sensitive, et souvent substituer la tanne au chssis. En Amrique ^ elle crot partout; mais particulirement dans les en- droits secs et arides, sous les sapins. Par un temps frais , les folioles restent cartes et dans une dircciioa ( .203 ) hoiizoulale, mais sous rinluence du soieii , ciics se liraient. Aprs le coucher du soleil, si la rose est abon- daile, les folioles se renversent et se rapprochent en sens contraire. Les branches fanes conservent encore cette irritabi- lit qui parat rsider, comme l'a observ M. de Jau- court , dans les articulations. Ce mme observateur a remarqu queje vent et une forte pluie font contracter la sensilive , en lui imprimant une forte agitation , tandis qu'une pluie fine n'y peut rien. L'obscurit , c'est--dire la privation de la lumire , les fait contracter subitement. ' Caractres physiques. Les tiges de cette jolie plante sont longues, couches, diffuses, armes d'aiguillons pars et crochus de couleur rose , et garnies de feuilles deux fois ailes , pinnules composes d'une vingtaine de folioles poses paralllement de chaque ct , vertes en dessus , pubescentes et d'un rouge vif en dessous. Les fleurs en houppe sphrique sont d'un rose vif. Les hermaphrodites produisent des gousses runies au nombre de huit douze ; releves en bosses, longues de quatre cinq lignes :, larges d'une ligne et demie, bor- des de petites pines , distingues par trois articula- tions arrondies et peu profondes j les semences sont noirtres. Analyse cnniiQUE. La sensitive pineuse fournit un principe extractif , ou espce de calhartine , plus une partie mucilagineuse. Lorsque les gousses sont encore vertes , elles donnent beaucoup de tannin d'une saveur astringente. L'corce des racines est amre, tonique et astringente , et contient aussi ce principe extracto- rsincux. ( Jnf) ) PnopRi^/rts MDicAMis. Les ngres (Mnpiocf)!- les fc.nillos coniiDC iinslicaloircs on on lomoiUaliori coiUrc le lifnibap;c, el dans la nplirile. lis en vantent les ])ropri('l5 anli-scrophiilcuscs. Quant moi , je ne puis qu'indiquer les vertus vomitives de cette plante dont j'ai rpl les expriences faites par les docteurs Che- valier et Poupe Desportes , tous deux anciens mde- cins Saint-Domingue, el'ai t tent de rpter ces ex- priences , connaissant la vertu purgative d'une partie des lgumineuses. La racine de la sensitive pineuse est regarde comme un puissant alexitre, probablement parce qu'elle agit comme vomitive. Les ngres en p- lent une longueur de quatre travers de doigt , qu'ils agitent dans du vin chaud. Ce remde produit son effet en excitant le vomissement, ou une transpiration excessive. Chevalier recommande l'infusion de la ra- cine dans les diarrhes , o elle peut en effet remplacer l'ipcacuanha. Mode d'administration. La racine se prescrit la dose d'un gros par livre d'eau, et les feuilles vertes c^ celle d'une once deux. EXPLICATION DE LA PLANCHE CKNT-DTX-NlirF. 1. Houppe dgarnie pour laisser observer le placenla, 2. Fleuron vu la loupe. o Graine de grosseur naturelle. /20 . Y'oi/o/'e ^e*Fcoierf%, ^rhtv (aorte/ kfcut.c r-aji ( 20-^ "^ PSYCOTRE MTIQUE. ( Purgatif Emtiquc. ) Synonymie. Vulg. Ipecacuanha stri. Ipc'cacuanlia noir du Prou. Psycholhia emetica , Lin. A Richard , Hist. ipec. , pag. 27 , tom. 2. Mulis. Psyeliotria her- baceca ipecacuanha nigra , procumbens, foliis lanceolalo- glabris , stipitis extra - foliaceis , subiilalis ; capilulis axillaribus , pedunculalis , panci floris , Lin., suppl. 144* Wild.^ spec. , plant. , vol. 1 , pag. 968 , n"^ 5o. Ipeca- cuanha , Pis. Brasil , pag. 101. Caractres gkriques. Plantes dicotyldones, ileurs compleiles, monoptales; de la famille des rii- biaces, ayant quelqu'analogie avec les cafeyers; feuil- les opposes ; fleurs disposes en grappes , ou panicu- les terminales , ou 'auxiliaires. Baie globuleuse cou- ronne , se sparant la maturit en deux nacules. Caractres particuliers. Calice suprieur persis- tant, quinqufide ; corolle tube allong et limbe court, cinq divisions , ovales, agiies; baie ovale ou arrondie , couronne par le calice , sillonne, deux loges et deux semences. Cinq tamines lilamens courts et capillaires insrs sur le tube , termins par des an- thres linaires rrifermes dans la corolle. Ovaire in- frieur surmont d'un slyle filiforme. Histoire naturelle. Le^genre psjciiotria se ren- contre sous beaucoup d'espces dans l'Amrique mri- dionale, qui est sa vritable pairie ; mais la plupart of- ircnt peu de ressources la thrapeutique , si ce n'est ( .,,? ) le P.^ycollire sli dont il ost qwcslion ici , el qu'on est parvenu il nahiralisor dans plusieurs colonies IVanaises, anglaises, esj)agnoles et portugaises. IM. le chevalier, Tussac a dcrit la Psycolhrie herbace , dans sa belh; flore. Celle planle aime les endroits dcouverts et ex- poss l'aclion du soleil. M. Richard , dans son histoire naturelle et mdicale des dilTrentes espces d'Ipca - cuanha, a jet beaucoup de clart dans leur nomencla- ture , et compltement clairci ce point obscur de l'his- toire de cette plante intressante. Nous renvoyons le lecteur h cet excellent trait. On doit Marcsrrave el Pison la dcouverte des proprits de l'ipcacuanha. Caractres physiques. Les racines sont peu rameu- ses , cylindriques, allonges pivotantes; de la grosseur d'une plume crire^ non rugneuses , offrant et l des tranglemcns ; l'pidcrme d'un brun lonc , prsente des stries longitudinales ; sa cassure est brune , noir- tre, sa saveur l'ade ; son odeur niille. Les tiges herba- ces et rampantes sont munies de feuilles opposes , rapproches, trs-ouvertes, lancoles, acumines , entires, lisses, longues de deux trois pouces, mu^ nies leur base de slipides courtes, horizonlalcs , roi- des , subules, trs-caduques. '' "Les fleurs sont blanchtres , petites, axiliaires, runies en ttes sessilcs , au non)])re de deux h cinq , sur des pdoncules solitaires de la ongueur.des feuilles, garnies d'une bracte h peine sensible. Le cahce est court , di- vis h son orifice en cinq petites dents un pou rHchies. La corolle est infiindibuliforme , le tube cylindriqie , un peu vas au sommet. L'orifice ferm par un dnvot; le limbe h cinq divisions iancj^oles, pubescentes en de- dans , un peu rflchies. Les anthres sont droites. ( -OD ) liin^aires,pn>e!^centesh ieur sommet ; \ii sli^malc pais , deux divisions; l'ovaire muni son sommet d'un bourrelet pais , cinq angles peu marqus. Le iVnil est une baie presque ovale, lisse, renfermant deux semences oblongues , rapproches , aigiies h leurs deux extrmits , convexes extrieurement. Analyse chimique. La dcoction de la partie corticale laisse en suspens une matire floconneuse , qui se colore h. l'air, et est soluble entirement dans l'alcohol , et l'ther; plus un acide vgtal susceptible de dcomposition parle calorique ; dift'crens sels h base calcaire; c'est -dire que l'analyse fournit de l'acide gallique, du mucilage , de l'cxtractif, et de la rsine. D*aprs_M. Masson, tous les menstrues aqueux s'empa- rent du mucilage , de l'acide gallique , et de l'cxtractif, mais retiennent peu de rsine ; c'est pourquoi le moil- eur dissolvant de toutes les parties de cette racine est l'alcohol 20 degrs. 1 ROPRi ris Ji^DiciNALES. La partie corticale et la par- lie ligneuse ayant peu prs les mmes principes , elles ont les mmes proprits , mais plus forte dose que V'i\^cacuan\i:i annul, f C ephlls I pcacAianha ,J\ch'dvd, CaUlcocca Ipcacuanlia , Brot. ) La poudre d'ipca- cuanlia donne - petite dose, agit comme tonique ou diaphrotique , tandis qu' une dose plus forte , elle ex- cite vivement la membrane mu([ueuse des vois diges- tlves, et en dterminant une irritation locale , provoque le vomissement. Aussi c'est le plus souvent comme vo- mitif que l'on emploie le Psycothre stri, soit qu'il agisse comme vacuant ou drivatif, comme dnns les affections gastriques, les Pneumonies, les Ophtalmies. ( u;;) ) On ne peul contester sa proprit oniqjic dans 1<* diarrhes chronicpics, c'esl--ciiro aprs la lerminaison fie I\''lal aii:;ii |)(Mi(l;ml Irqnel son usage pourrait aj:;j;raver les accidens ; dans le cailiaire pulmonaire chroiiifjiie , le croup cl !a co(jU(^luclie , on le ])rcscrit en paslillos ou en sirop. Oii en a vi' de hs-bons ellels dans les p/ rioniles bilieuses des Aunines en couches, lorsqu'il y a surchary;e des v \im\ n I i^:: f.m k t i o vm ( su ) V W%<\ WW VW v*%'V*'%*^^ VV^^^^^V^^^^^^^^^^^^^'VV^W^V^V* ** W> 1 lONlDIE METIQUE. ( Purgative Emtique ) -V Synonymie. Vulg. ipcacuanha de Cayenne ; Violetles gran- des fleurs; Viola ipcacuanha. Linn. Syngnsie-monoga- mie. Jussieu, famille des Cistes. Viola grandi -flora veronicce folio villoso. Barr. franc. Equinox , page ii3. Viola foliis ovalibus margine subtsque pilosis. Wild. spec. plant. \ol. I , pag. 1172, no 38. lonidium (ipcacuanha) foliis ovalibus^ serratis, glabris ; petalo inferiore piano. Venteii. Jard.de la Malmaison, page 27. Pombalia ipcacuanha. Vandell. fascic. , pag. 7^tab. 1, Ipcacuanha branca des Brsiliens. Caractres gnriques. Calice cinq folioles atla- ches au pdoncule par leur base. Corolle irrguliro h cinq divisions sans perons; cinq tamines; un style; un stigmate simple; fruit uniloculaire trois valves ; polysperme ; anthres spares, deux semences dans chaque valve; tiges ligneuses ou herbaces, feuilles al- ternes ou opposes. , ' Caractres propres a l'individu. Tige herbace , feuilles alternes, souvent par bouquets; calice villeux de cinq folioles simples; corolle cinq ptales simples et sans perons, presque labie; cinq tamines h an- thres non adhrentes; capsule une loge; trois valves oblongues , garnies de beaucoup de petites graines rondes. Histoire naturelle. Cette plante de peu d'clat ne se fait remarquer que par la singularit des formes de Tome IT. 5i Livraison. . 14 ( 9.\9. ) sa fleur incolore , et qui a peu d'ochMir : iikus oi la re- chorche pour son ulililc en mdecine. Selon Mordant de Launay Viola vient de Fis oUndi , facull de r - pandre de l'odeur, ou du mot Ion, par lequel les a Grecs dsip:naient cette plante. Ce dernier mot vient n lui-mme d'Io, Nymphe change , comme on le sait , en Gnisse ,et laquelle , suivant les potes, et comme de raison , il ne fallait pour pturer rien moins que de la violette. On trouve l'Ionidie mtiquc dans les bois, dans les buissons, dans les fosss, et dans tous les lieux ombrageux. Celte lonldie se multiplie par graines, ou par l'clat des pieds, ou par fdets enracins. Elle se plait dans une terre lgre , frache et l'abri d'un soleil trop vif. Elle est annuelle. Le genre lonidium , 5elon Richard , diffre des viola- ries par son calice velu et dont les divisions ne sont pas prolonges au-dessous de leur point d'attache; par sa corolle non tale, ni peronne; par ses anthres non rapproches en cne. CARACTiRES PHYSIQUES. Lcs raciues sont blanches , corce unie, cylindriques, peu chevelues. Elles pro- duisent des tiges droites , hautes de deux pieds , cy- lindriques, villeuses , rameuses, garnies de feuilles al- ternes runies parpaquets, plioles, elliptiques, vertes , glabres dessus ; lgrement villeusesen dessous ; finement dentes en scie , leurs bords ; soutenues par des ptioles trs-courts ; accompagnes \x leur base de deux stypules opposes , lancoles , villeuses , releves en carne sur leur dos , et termines par une arrte. Les fleurs sont solitaires , latrales , axillaires, pt^- doncules, inclines j le pdoncule simple, plus court ( s'3) que les feuilles ; muni , vers le milieu , de deux bractes trs-courtes, lancoles, pileuses leur sommet. Le calice est compos de cinq folioles, garnies de petites pointes leurs bords, point proloqges leur base. La corolle est blanche, forme de cinq ptales on- guiculs, dont deux plus longs, rflchis, chancrs h leur sommet; trois infrieurs; un trs-grand, largi, trs-obtus, pubescent en-dessous, relev en bosse sa base , mais sans peron : le fruit est une capsule trois valves. Analyse chimique. Les racines contiennent un principe salin, rsineux, uni beaucoup de mucilage. Les racines des violettes sont vivaces et toutes doues d'une saveur acre et nauseabonde , possdant par consquent une vertu mtique plus ou moins pro- nonce. Proprits MDICINALES. Touleslespartiesdela plante sont doues de vertus purgatives , et selon que le cas le requiert on fait usage des racines ou de la tige. Les ra- cines sont vomitives, etlatige, dose moyenne, n'estque purgative et propre dcider des vacuations alvines. On l'emploie dans les affections gastriques, dans les fivres bilieuses ;la racine se prescrit dans le Croup. Les feuilles entrent dans les clystres molliens et dans les dcoctions de mme nature. L'infusion des fleurs dul- core avec le sirop l' Herbe Charpentier ( Rivina hu- milis , vol. 4 > ) calme la toux , et dissipe l'enrouement. Ces mmes fleurs sont lgrement Anli-spasmodiques. La poudre des racines dose moyenne agit comme tonique , en fortifiant seulement les membranes muqueuses, tan- ( 2>'. ) dis qu'elle devient voiiiiU\c haute dose, parce quVIle irrilc vivement ces mmes membranes. Mode d'auministra.tion. La racine en poudre se donne de quinze h vingt-quatre grains pour un adulte. Les tiges s'emploient la dose d'un gros pour quatre verres de dcoction rduite trois que l'on prend h demi- heure de distance en dulcorant le sirop que l'on fait avec ses fleurs , par les mmes procds que celui de la violette d'Europe. EXPLICATION Dli LA PLANCHE CENT-VINGT-UNJS. 1. Fleur de grandeur naturelle. 2. Stipule grossie. 3. Ovaire environn des lamines. 4. Fruit ouvert. 5. Racine. ( ^'^ ) L lONIDIE A FEUILLES DE POLYGALA. ( Purgative Emttque. ) Synonymie. Ipcacliuana de Saint-Domingue. Poup. Desp. Viola polygala folia, Lin. Viola foliis oppositis lan- ceoatis , integerrimis; stipulis petiolo longioribus ; pe- dunculis cernuis , longissimis, Veut. Viola verticillata, Cavan. Viola parvi-flor veronic maris folio non-Vil- loso, floribus ex albo Tiolaceis. Radice alb seu cinere.. Poupe Desportes^ Caractres gnriques. Calce cinq folioles al- taches au pdoncule par leur base. Corolle irrgu- lire cinq ptales disposs en deux Lvres; celui du milieu, plus long, plus large, et dpourvu d'peron. Cinq tamines opposes aux folioles du calice. Un ovaire libre, surmont d'un seul style, termin par un stygniate simple. Capsule une loge trais valves; deux semences dans chaque valve* Caractres propres a l^individu. Tige herbace ; feuilles verticilles ; calice villeux de cinq folioles sim- ples; corolle cinq ptales simples et sans peron; presque labie; cinq tamines anthres non adh- rentes ; capsule arrondie une loge , trois valves : chaque loge contenant deux graines poses oblique- ment. Histoire naturelle. Cette lonidie est commaine Saint-Domingue, o je l'ai souvent employe. On a peinu dcouvrir cette humble plante au milieu des^ (2.6) l.illers qui la reccicnt. Simple comme la violcUc, dont elle porte le nom dans plusieurs colonies, elle exhale une odeur suave qui fait dsirer de la cueillir. Sans fasle , sans admirateur > Tu vis obscure , abandonne , Ta l'ail encor cherche la fleur Quand l'odorat l'a de\'ine. ( CONSTAM DUBOS. ) Caractres particuliers. Les racines de celle lo- nidie sonl dureSj cylindriques, ligneuses, d'un jaune terne; donnant naissance plusieurs liges sous-li- gneuses , divises , ds leur base colore de rose , en rameaux droits, roides, lancs, glabres , cylindriques, menus , longs d'un pied , et plus ramifis , pars ou opposs , garnis de feuilles presque scssiles , opposes , distantes, oblongues , lancoles, glabres leurs deux faces , entires et rudes leurs bords , vertes en des- sus, d'un jaune ple en dessous, garnies de stipules opposes lancoles, aigus, de moiti plus courtes que les feuilles qui sont rlrcies en pointe leur base, longues d'un pouce et plus , larges d'environ trois li- gnes; les suprieures plus troites et plus longues, quel- quefois alternes; les infrieures une fois plus courtes que les entre-nuds. Les pdoncules sont axillaires , droits, solitaires, aussi longs que les feuilles , suppor- tant h leur sommet une fleur petite, courbe, d'un blanc violatre calice rugueux, cinq ptales obtus; l'infrieur plus large et plus arrondi que les quatre autres ; laquelle succde une capsule courte , ovale , trois valves petites , concaves , contenant chacune deux semences blanchtres ou noires , globuleuses , et ressemblant au fruit de la violette d'Europe. Gel ovaire ( ^17 ) est globuleux, glabre, verdlre, trois angles arron- dis; le style filiforme; subsistant; le stygmate simple , rflchi, crochu. Les folioles calicinales lancoles, aigus , plus courtes que les capsules. Analyse cnisiiQUE. Les racines de cette lonide ont une cassure peu rsineuse , d'une odeur herbace, et nauseuse; sa saveur est amre et un peu acre; elle fournit l'analyse une partie amilace , un principe exlractif , et un peu de cire , ainsi que la prcdente ; car, je le repte , il y a beaucoup d'analogie entre cette plante :, celle qui la prcde , et la violette Itoubou , dont nous allons parler; ce qui prouve en faveur de la clas- sification naturelle. PROPRiTisMiDiciNALES.GetteracInene russit jamais mieux que lorsqu'elle fait vomir ; aussi dans les pays chauds est-elle prfrable au tartrate de potasse anti- moni. On doit en recommander l'usage dans l'asthme Humoral, dans la Paralysie invtre, dans la coquelu- che , dans les dvoiemeos opinitres, dans l'inapp lence, dans les ples couleurs; en un mot, toutes les fois qu'il s'agit d'exciter la membrane muqueuse ou do rectifier les disrestions ; elle convient aussi dans les atrophies msentriques des enfans. On lui associe, sui- vant les cas, les absorbans ^ les ferrugineux, le dias- cordium, ou l'opium. Ce mdicament, donn petite dose dans un vhicule tonique , gurit, la longue , les Nodus des goteux , et les paralysies des membres infrieurs qui se sont dclares la suite des convul' sions. Mode d'administration. C'est pour ces derniers cas qu'on doit recommander l'usage long-tems prolong (2l8) d'un vin dcMalaga ,dans lequel on a laiss infuser pen- dant neuf jours une oncede la poudre de cette racine: on en prend lous les malins une cuillere caf. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-VING-DEUX. 1. Fleur grossie^ 2. Division des ptales. 5. Ovaire dans le calice. 4 . portion du fruit ouvert. 5. Graines. /y. ^23. /^f'o//t*J"f' /^fiCroz/j'^t/i y^//t>r . ^Se*rj*rn Jer^^. V O L E r T . I T O VH o :^ ( '^19 ) v% vv w%* %%^ %/** v*^ VIOLETTE ITOUBOU. ( Purgative Emtique, ) Synonymie. Vulg, Violette en sbot : Ipcacuanha blanc. Viola clceolaria. Lin. Itoubou d'Aublet. Juss. Fam. des Cistes. Viola Ipcacuanha de Mrat. Viola Diandra, Lin. D'aprs Dcandole. lonidium de Poitea. Viola caule simplici^ hirsuto, lierbaceo; foliis lanceolatis, pi- losis; floribus solitariis. Lin. Swarlz , obs. botan. p. 3i8. lonidium ( Calceolaria) hirsutum, foliis lanceola- tis, petali infrioris latralibus involutis. Venten. Jard. Malm. p. 27. Tab. 27. Viola ( Itouboa ) , foliis et cau- libus tomentosis; flore amplo albo. Anblet Guyan. Vol. 2, p. 808. tab. 3 18. Itoubou par les Galibis^ et Ipe- caea par les Garipons. Caractres gnriques. Calice cinq folioles, sans protubrances sa base; une corolle irrgulire , cinq ptales , sans peron , presqu' deux lvres ; anthres spares ; capsule une loge , trois valves ; deux se- mences dans chaque valve. CaractIiRes particuliers. Tige simple, hrisse de poils jauntres; herbace; feuilles lancoles , velues ; ileurs solitaires. ( /^'^ce). Histoire naturelle. Cette plante d'un aspect coto- neux et d'une couleur glauque n'est recherche que par son utilit en mdecine. Elle crot la Guvane, Saint- Domingue et dans plusieurs Isles Antilles. II paratrait, d'aprs les observations de MM. Auguste Saint-IIllaire et Richard^ que les viola ipccacuaulia cl viola calcco' ( 220 ) lar'ui de Lnn ; el la viola Iloiibou d'Aublet ne for- ment qu'une seule elniiue espi^ce ,ou plutt un mme genre; car on ne peut confondre ces plantes qui n'ont point du tout le mme aspect. La violette Iloubou qui nous occupe en ce moment, crot dans le sable des riva- ges au Brsil, la Guyane et aux Antilles. On trouve souvent en Europe dans les Ipecacuanha du commerce des racines du Viola Itoubou , connue sous le nom d'I- pcacuanha blanc, qui parat l'il , dit Richnrd , d'un blanc sale , rameuse, cylindrique, de la grosseur d'une plume crire , un peu tortueuse , offrant quelquefois des tranglemens , ou des intersections peu marques. L'axe central est plus pais et plus jaune que la couche corticale; sa cassure est assez nete^ peu rsineuse; son odeur est herbace et nauseuse; sa saveur est comme amilace , d'abord peu sapide, mais bientt un peu amre , et d'une cret remarquable ; elle fleu- rit toute l'anne. Caractres physiques. Les racines de l'Itoubou sont d'un blanc gris ,un peu jaunes l'intrieur , irrgulire- ment crevasses ou tubercuiccs ; longues, branchues cylindriques et traantes; de la grosseur d'un tuyau de plume crire. Elles poussent plusieurs tiges rameu- ses, s'levant environ deux pieds de hauteur; gar- nies de feuilles alternes, ovales, aigus, denteles leurs bords , et entirement couvertes, de mme que les tiges , d'un poil fauve pais. Elles sont presque ses- siles , et ont leur naissance, de chaque ct, une sti- pule longue, dentele et aigu. Les fleurs naissent solitaires, l'aisselle des feuilles, le pdoncule a un demi-pouce de longueur , et porte deux petites cailles opposes dans la longueur. ( ^'^'1 ) Le calice esl d'une seule pice arrondie , divis trs profondment en cinq parties longues, troites, in- gales , charges en dehors de poils cendrs. La corolle est cinq ptales blancs dont quatre pe- tits et rouls en cornet , et un infrieur fort large , ren- vers. Son onglet est long et troit, ils sont tous atta- chs par leurs onglets au support de l'ovaire. Les tamines sont au nombre de cinq. Leur filet est court , l'anthre est longue , termine par une mem- brane sche, large et arrondie. Ces anthres sont deux bourses, spares par un sillon, et souvent en deux valves par leur face interne'. Ces tamines sont rap- proches et comme runies par leurs anthres qui sont appliques sur l'ovaire qu'elles cachent. Le pistil est un ovaire arrondi, aigu , trois ctes: celte capsule s'ouvre la base en trois valves dont le milieu est garni dans sa longueur d'un placenta qui porte un grand nombre de petites semences blanches , et ovodes. Aublet en a trouv la Guyane une varit fleurs bleues. Analyse chi3iqui. Les racines contiennent une ma- tire huileuse brune et nausabonde; un principe ex- Iractif dans lequel rside , ce qu'il parat, la pro- prit vomitive; une espce de cire , de l'amidon et des traces d'acide gallique. Proprits mdicinales. Cette espce a les propri- ts de ses congnres , c'est pourquoi on l'emploie avec avantage toutes les fois qu'il s'agit de dbarrasser les premires voies. Les gurisseurs du pays font un secret d'un lixir qu'ils composent avec un gros de la racine de cetle piaule, un gros d'oxide de fer par livre de tafia. ( '21'2 ) el qu'ils donnent par cuillere tous les malins h jeun , dans les hydropisies , dans les Ilpaliles chroniques, dans les splililes rebelles et invres. Sans partager le mme enthousiasme , j'ai appliqu avec avantage celte prparation , que je leur ai surprise , dans plusieurs cas que je viens d'indiquer. Mode d'administration. On donne la poudre de cette racine la dose de soixante soixante-douze grains, ainsi que l'a confirm le clbre Dcandole; la tein- ture, depuis deux jusqu' quatre gros. On donnait beaucoup d'Ipcacuanha dans les Dy- senteries, mais on prfre aujourd'hui recourir aux Emoliens, aux Anodins , et aux Anti-phlogistiques ; la nature de la maladie tant mieux connue. On prescrit avec avantage le syrop Anti-catharral suivant; la dose d'une cuillere caf dans une tas- se d'infusion molliente : Prenez syrop de Violette Itoubou , de Cascarille et d'Ether , de chaque gale pa^t^e. EXPLICATION DELA PLANCHE CENT CEJNT YINGT-TROKi I. Fleur grossie. 2^ Ovaire au milieu du calice. //.y^^ Jfor/oTV 7)fiJT4>urti/\ Jhnr . /iejuvi il'cit/v . AA -aS.AM%. ^ ( 225 ) SABLIER LASTIQUE. ( Purgatif Emllq^iw. ) Synonymie. Vulg. Arbre au diable. Pet du dable. Bais de sable IN'oyer d'Amrique. Hura crepitans. Lin. , clas. XXI. Monoecie monadelphie. Hura. Juss. , famille des Euphorbes. Sand-Box-tre des Anglais de la Jamaque. Hura foliis ovaro -cordatis , crenatis : petiolis superni glandulosis ( L. ) Hippomane arboreum ramulis ternatis , foliis cordalis crenatis. Brown Jam. 55i. CA.RACTir.ES GxiRiQUES. FIcuFs mono ou dioques , quelquefoishermaphrodiles; calice monophille; tami- ns dfinies ou indfinies; 2 styles (rarement plus ou moins ) ; capsule plusieurs loges qui s'ouvrent intc-. rieurement en deux valves avec lasticit. CARxiCTiRES PARTICULIERS. FlcuTS monoqucs; fleurs mles en chaton; calice trs-court, diphylle ; corolle nulle ; tamines nombreuses, filets runis en un cylin- dre dilat au sommet, en dessous duquel sont deux ou trois rangs de tubercules ; deux anthres sur chacune. Fleurs femelles solitaires : calice raonophylle , cylin- drique , sillonn , tronqu; corolle nulle ; un style, un stigmate infundibuliforme , douze divisions ; capsule ligneuse , orbiculaire , comprime aux deux bouts , douze sillons , douze loges en demi-cercle ^ qui s'ou- vrent avec lasticit. ' .1 Histoire naturelle. Au milieu des merveilles de la cration; l'homme, toujours infiniment au-dessous de son Auteur, devrait mettre toute sa gloire en procla- mer l'ineffable bont dans l'inconcevable multiplicit de ses ressources. Que de varits dans les modes de la reproduction des plantes I Les unes, comme les Apo- cius, ont des semences en forme de voians, de pana- ches, et plusieurs moyens de s'lever, qui les portent ( ^A ) dos dslance'^ prodigouses. Celles clos Grnmncs , qui vont aussi fort loin , ont dos l)allos et des panicules. D'autres, coniue celles, du Violier jaune , sonl tailles en cailles l^'es, el vont, au moindre vent,s'imi- j)lanler dans la plus petite fenle d'un njur. Les graines des plus grands arbres des ujonlagnes sont aussi vola- tiles , Irlles que celles des Erables, pourvues de deux ailerons membraneux semblables aux ales d'une mou- che. Celles de l'Orme d'Europe enchsses au milieu d'une foliole ovale; celles du Cyprs presqu'impercep- tibles; celles du Cdre sont termines par de larges et minces feuilles qui forment un cne par leur aggr- gation ; les graines sont au centre du cne, et, dans le temps de leur maturit, les feuilles o elles sont alla- ches se dtachent les unes des autres comme les car- tes d'un jeu , et chacune emporte au loin son pignon# Les semences qui n'ont ni panaches, ni ales, ni ressorts , et semblent condamnes par leur poids res- ter au pied du vgtal qui les a produites, ^sont pres- que toujours indigestibles , et transportes par les oi- seaux dians d'autres climats. C'est par ce moyen qu'un oiseau des Moluques , ou l'Aracari de Cayenne repeu- ple de muscadiers les les dsertes de l'Archipel , mU gr les efforts des Holhmdais , qui dtruisent ces arbres dans tous les lieux o ils ne servent pas a leur commerce. Enfin les semences des plantes des montagnes , trop lourdes pour voler, ont d'autres ressources , celles de Cosses , dont les ressorts les lancent, fort loin , et qu!-^ quefois avec l'explosion d'un coup de pistolet , ainsi que dans le Sablier qui fait le sujet de cet article. Comme il crot trs-rapidement, on le choisitaux Antilles pour orner les promenades des villes et des habitations. Il parat tranger l'Archipel. ( 225 ) Caractres physiql'es. Cet arLro , transpprto des Indes dans l'Amrique, o il se plat offrir sa curieuse vgtation , a le tronc et les branches revtus de pi- quans ,* son corce est gristre ; il s'lve la liauteur de nos amandiers d'Europe , et se divise sa cme en plusieurs branches couvertes de larges feuilles den- lelcspar lesLords. Les feuilles et les jeunes bourgeons sont lactescens. Sa fleur est monoplale et infudibuli- forme ; et les lymbes lgrement dcoupes en douze sagmens. Le mme pied porte les fleurs mles et fe- melles ; les premires sont sous la forme de chatons. Le fruit du sablier sphrode , comprim sur ses deux axes , est divis en douze parties ou ctes qui se sub- divisent encore par moiti lorsqu'il est parvenu sa maturit , et que dessch par le soleil , il se fend avec clat, et lance au loin ses semences. Chaque cte renferme une graine plate et ronde qui se joue dans sa cloison lors de sa maturit , et qu'on en extrait facilement par l'ombilic du fruit, si on le destine faire un sablier ou poudrire , d'o lui vient le nom de Sablier. Pour cela , il faut , avant la maturit du fruit , prvenir son expansion en le cernant d'une ficelle, et l'obligeant de mrir ainsi comprim. Sans cette prcaution, la chaleur du soleil le fait crever avec explosion, et disperser ses graines une grande dislance. Il est impossible alors de runir les squames qui le composent , car elles ont acquis , par l'explosion , un recoquillement qu'on ne peut rprimer. Analyse chimique. D'aprs un travail fait avec le ta- lent et l'exactitude que M. Bonastre apporte dans ses expriences, il rsulte que ce savant chimiste a trouv dans cent quatre-vingt parties d'Amandes de Ilura cr- pitans , les substances suivantes : Ilnilo grasse l^oremcnl acldiflcf , 9*2 Slurine, 8 Parcncliymc albuinincux , ^o Gomme, a Humidit, 4 Ksidu contenant sel base deChaux et de TotassV, 4 180 Les cloisons extrieures contiennent beaucoup de principe colorant soluble dans Tcau, et uni l'acido gallique, puisqu'il prcipite le sulfate de fer en noir ; incinres la quantit de deux onces et demie , elles donnrent trente-deux grains de cendres composes en sels solubles de sulfate de potassse et de chlorure de Potassium ; en sels insolubles de carbonate de chaux combin primitivement avec un acide vgtal et des traces de fer. Proprits mdicinales. La semence du Hura cr- ptta?is,quelesngresemploientinconsidrment comme les paysans d'Europe le font des graines de l'Euphorbe purge , est un mtique tellement drastique , qu'on ne peut en user sans la plus grande circonspection et la rserve la plus svre, car une superpurgalion mor- telle peut devenir l'effet de ce mdicament hroque, ad- ministr trs-haute dose. Les ngres appliquent les feuilles vertes du Sablier , infuses dans l'huile , sur les parties affectes de douleurs Chroniques. Mode d'administration. La dose est depuis une graine jusqu' trois pour obtenir le vomissemenl. Les mdecins prudens usent peu de ce mdicament , qui pourtant peut offrir quelques secours dans des cas particuliers. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-VINGT-QUATRE. - i.Etaminc. 2. Fruit entier du sablier. 3. Sagment de j!frandenr naturelle du fruit clat et recoffuill. 4. Graine. 5. Porlion d'une grosse branche. ( 2^: ) PLANTES PUR(VES Qui agissent directement sur la inyotilit ou eontrac^ tilit inusculaire du canal intestinal. SOMMAIRE. JLiES Plantes doues de vertns purgatives, propres exciter seulement la contraclilit du tube intestinal, provoquent j par les voies infrieures , des vacuations plus ou moins copieuses. La constipation prolonge peut jeter toute l'conomie dans de grands dsordres , en suspendant les oprations qui font suite l'assimila- tion des alimens dans l'estomac. Le tube intestinal est arros de milliers de vaisseaux absorbans et exha- lans, de cryptes sans nombre qui scrtent la mucosit destine lubrfier sa surface, ainsi que de mamelons nerveux qui donnent un aspect velout la tunique in- terne du conduit alimentaire^ fournit un chyle rpa- rateur et fortifiant. , ^ Le Duodnum est particulirement impressionable aux purgatifs, par sa courbure favorable au sjour des rodicamens , par l'extension facile de son tissu , et Tuiriux de deux liquides qui colorent les djections aWincs. Towa . 5i* Li<>'rafson. i5 ( 228 ) Les purj^alifs iigisscnl en sens Inverse tics inlqiirs. Les derniers inlerverlissent le iiiouvemeul prislallique, que les purgalifs au"H>enlent. Les purgalifs, en irritant par leur prsence la mem- Lrane muqueuse du conduit intestinal , augmentent la scrtion du mucus qui la lubrfie. Cette excitation pro- duit bientt un spasme, une constriction des orifices vasculaires qui tapissent les intestins; del suspension momentane des fonctions des absorbans. On divise les purgalifs d'aprs l'eflet plus ou moins actif qu'is exercent sur l'conomie. Les drastiques , par exemple, les plus violens de tous, occasionnent des co- liques violentes par l'excessive conlractiiit que leur crct imprime aux muscles inteslinaux; les catharti- ques provoquent des tensions douloureuses du ventre. Les laxatifs , au contraire , plus bnins dans leurs effets et moins perturbateurs, ne font que stimuler et dcider le Tiiouv^ement prislallique , sans faire prouver au- cune contraction douloureuse. On doit donc tre trs- circonspect dans la prescription des purgatifs, et consulter l'idiosyncrasie du malade, et le degr de sa sensibilit nerveuse. Les purgalifs qui agissent spcialement sur l'esto- mac et le duodnum, organe en rapport avec le foie , excilent des vacuations bilieuses. D'autres , n'im- priment aucune action aux intestins grles , mais exercent particulirement leurs vertus sur les gros in- testins. Les premiers ont une influence aclive sur le lait ( -2^9 ) des nourrices , qui communique leur enfant une fa- cult purgative. Il est reconnu que l'action des laxatifi est locale , et que celle des drastiques et des calharti- ques est la fois locale et gnrale. Il ne faut pas abuser de Tusage des purgatifs, et croire, comme les humoristes , qu*on ne saurait trop vacuer les matires qui obstruent le tube intestinal; une super- purgalion peut corroder la membrane muqueuse et en- traner les plus grands accidens* On reconnat le besoin des purgatifs h un point dou- loureux des hypocondres et une pesanteur de l'pl- gastre. Les sabures intestinales sont annonces par la ftidit de l'haleine, par la langueur des digestions, par des vacuations alvines irrgulires, par l'engorge- m.ent du foie, de la rate , etc., etc. On doit, au contraire, s'en abstenir, et mme viter leur exitation quand une maladie est dclare ; dans l'tat plthorique et l'irritabilit nerveuse; si l'estomac est libre; si les vacuations naturelles ont lieu; si la maladie tend se terminer par une autre scrtion; il faut aider la nature et non la contrarier dans ses vues. En gnral, l'invasion d'une maladie, les nauses qu'prouvent les malades, indiquent les mctiques ; tandis qu' la fin , les vacuations alvines critiques prescrivent les purgatifs. La nature approuve ce pr- cepte, puisqu'excitant d'abord le mouvement anli-pc'- ristalti^jue , il Ini succde h' niouvoment py'ri'.'la!lic.-uti. ( ii.lo ) Les purgatifs agissent comme drivatifs dans plusieurs maladies de l'organe crbral, certaines ophtalmies, dans les affections de l'ouie, dans l'apoplexie el l'pi- lepsie, par la sympathie des nerfs et du cerveau. Dei l'avanlage du dvoiement dans les ophtalmies et dans les catharres chroniques , accompagnes de dyspnes, et dans les affections cutanes. Mais en principe, on vacue d'aprs l'embarras saburral ou de l'estomac , ou des intestins; et d'aprs le climat, l'ge , le sexe , les habi- tudes, le genre de vie et la constitution rgnante. Si les purgatifs conviennent peu aux vieillards, l'A- trophie msentrique, les Scrophules et autres maladies produites par un engorgement lymphatique, parlent en faveur des purgatifs toniques souvent ritrs. Enfin , il est des cas o pour prvenir l'allralion de certains viscres trop susceptibles l'action irritante des purgatifs , on doit leur associer les opiacs pour ea modrer l'action. J'L ijio. J7iee(/ore Darpru/'lii^ J^m.r , {laZ/'ee/ i^cuZn. TA S S E 81' LVE vS T II K il ( ..-, ) CASSE DES AiNTILLES. ( Purgative Laxatlve. ) SvNOnjiE. Casse en btons. Canefcier. Cassia fslula , foliis quinque j^iigls , ovalis; acuniinatis^ glabris, petiolis, glandulatfs. Lin. class. lo dcandrie. monogyn. Cassia ^' sylvestrisinsularura AntiliaVum, D. Cassia fistulaAlexan- drina; Bauhin. Tournefort^ clas. 21 arbres rosacs. Jussieuy cl. 14. ord. i-i Lgumineuses. Carlharto- carpus , Poiteau. Cassia minima arborescens, siliquis longis et angustis, de Saint-Domingue. Cassia galegse foliis, siliquis longissimis et latis , pulp caseum redo- lenl ; en espagnole, Canafistola. En anglais, Cassia. En carabe^ Keleti. CARACTjiRES GNRIQUES. Galice profondment divls; corolle de trois cinq ptales presqu'gatrx et rguliers , dix tamines^ libres ou soudes, dont quelques-unes sont souvent avortes ou rudimentaires (Ricliard). CaractiRes PARTICULIERS. Arbre feuilles pinnes, i^ans impaire; ileurs en grappes ; fruit cylindrique, in- dhiscent, ayant ses loges remplies de pulpe. Histoire naturelle. Le canefcier, dont fes siiques valent celles d'gyple , d'Arabie, etc., est originaire tic l'Egyple et des indes Orientales , mais il a t trans- port en Amrique et aux Antilles, o sa culture ne laisse rien dsirer. La forme de ses fruits pendans loi donne un aspect si singulier, qu'un habitant des bords le la Garonne, en mettant le pied terre, et aperce- vant iiur le rivage un canficier , s'cria : Oli ' (/uclbaji ( '''^'^ ') pity! Qiidj %>icnt de UouiLlt,i3 sur les ariicsl Quoi- ([u'il en tjoil , les ^^g^es sont tellement Iriands des b- tons de Casse, qu'ils les laissent rarement arriver maluiit , et les volent pour les manger presque verts , ce qui leur occasionne des coliques et des diarrhe sanguinolentes. On donne^lans les pharmacies le nom de casse en b- tons, aux gousses entires. Fraj)pessur unedeslutures avec un maillet, elles se divisent en deux, et laissent dcouvert la pulpe , qu'on enlve l'aide d'une spatule de fer troite , c'est ce qu'on appelle la Casse en Noyau Cette mme pulpe , passe au travers d'un tamis do crin , prend le nom de Casse Monde , et se conserva quelques jours dans des vases de fayence placs dans un lieu frais. Les Juifs, dit Valuiont Bomare , avant leur exil de l'Amrique , avaient l'art de confuse cette casse encore verte, et de la rendre dlicieuse, au got mme des Eu- ropens. Soit que celle nalion ail emporl son secret, ou que le sol ait dpri, il est certain qu'on n'en pr- pare plus gures aujourd'hui. Caractres physiques. Le canficier, en Amrique, fleurit en avril et en mai, o il donne de belles grappes pendantes semblables celles du Robinier, ou faux Aca- cia; il est alors enUrement dpouill de ses l'eu illes. C'est un bel arbre , dont le port ressemble celui du Noyer d'Europe. Il s'lve la hauteur de quarante cin- quante pieds. L'corce est lisse et cendre; le bois est dur et rousslre. Les leuilles sont alternes, plioles, composes de cinq six paires de folioles ovales-poin* tues, en fer de flches, longues de trois cinq pouces sur ^eux de large , et marques de nervures fine?. ( ^"^^^ ) Les fleurs , d'un jaune brillant, sont disposes par grappes lgantes de huit dix pouces de longueur et pendantes. Chaque fleur, pourvue d'un pdoncule par- ticulier assez long , est compose d'un calice de cinq pices ovales , concaves , courtes , caduques ; d'une co rolle forme de cinq larges ptales obtus vdus ; dix tamines' de longueur ingale, dont les anthres sont bilobes; un ovaire suprieur, pdicule, surmont d'un style court , arqu , et termin par un stigmate simple. Le fruit est une gousse noirtre, pendante, cylin- drique, droite , plus grosse que le pouce , longue d'un pied et demi, divise h l'intrieur, par des cloisons minces, transversales et parallles, en beaucoup de loges , dont chacune , enduite d'une pulpe noire , con- tient une grane en cur , applatie , dure et rousslrc Les deux cosses , minces et ligneuses , sont runies par deux sutures , dont l'une est plate et lisse , tandis que l'autre est saillante et nerveuse. On y voit jusqu' douze et vingt gousses runies sur la mme branche par pdoncule flexible , ce qui a donn lieu au propos du Gascon, cit plus haut. Lorsque le vent agite ces gousses, elles font, en se choquant, un bruit ou cliquetis qui rompt le silence des forts solitaires qui les reclent.. Ces gousses tombent quand elles sont mres. Analyse chimique. D'aprs les expriences exactes et scrupuleuses du clbre Vauquelin , je me suis con- firm que la casse est compose d'une matire paren- chymateuse, de glatine, de gluten , d'une partie do gomme, d'extrait et de sucre. On sait aussi qu'elle produit un suc sucr fermen- loscible, rtque de huit onces de casse en btons, ort retire quatre onces de noyaux pulpeifx, qui , passs ait ( >4 ) tmDisdcciiUjUt'touriisst'nlpiusquedcu.^oiicebdL'jiujc. Une livre de pul])e donne qualre onces d'Exlruit plllu- Iairc,un penmon,qui purgesanschauflerla dose d'une once; mais qui conltcnl beaucoup de gaz, provenant de la disposition qu'a le suc h entrer en fermenlalion , ce qui n'arrive pas lorsque le fruit est rcemment cueilli. L'ex- Irait de Casse est prfraLle lant spar de sa fcule , et ne contenant que le suc sucr. La pulpo est un remde magistral qui ne peut se conserver plus d'un jour en t , et deux ou trois en hiver. Proprits mdicinales. L'eau de casse mtise offre un doux purgalif dans les fivres continues et les pripneumonies bilieuses. On obtient aussi de ses fleurs un sirop qui est un trs-bon laxatif. La proprit lgrement acide de la pulpe la fait pr- frer dans beaucoup de circonstances. Elles lie con- viiudroit cependant point , dit Comparetti , dans les affections hypocondriaques, o elle occasionne des fla- tuosils, des tranches, en irritant trop sensiblement la contractilil fibrilaire de l'estomac et des inlelins; mais cette observation n peut regarder que la Gasso dtriore du commerce, prpare dans des vaisseaux de cuivre, o elle acquiert des proprits dltres, vl non celle prise sur les lieux, ou de bonne qualit , ^^v%%v^>%'yW%%%^X'Vv^'V w-v<^%-v%-v-%-w%^-v\-v^^x-vw^ '%^v%v%v\^^% %V'V%x'V'% TAMARIiMER. ( Purgatif Laxatif. ) Synonymie. Vul. Tamarins. Tamarindusindlca. Lin. trian- drie monogyn. Tourn. appendix. Jussieu,Fam. des Lgumineuses. Tamarlndusfoliis pinnatis, raullijngis ;Flo- ribus racemosis.Linn. Taraarindus occidenlalis; Gst- ner. Siliqua arabica quae tamarindus. B. Espagnol, Tamarindo. Portugais, Tamarinheiro. -Anglais, Ta- marind - tree. Malabarois , Balam. PuUi. Rheed. Madcram-Pulli, Hort-Mal (Vivace.). Caractres c/nriques. Calice turbin sa base , divis suprieurement en quatre lobes un peu ingaux et caducs, corolle de trois ptales onduls; trois ta- niines monadelphes par leur base. Gousse paisse . alonge, pulpeuse intrieurement, et contenant plu- sieurs graines. Grands arbres feuilles parapinnes et fleurs en grappes (Richard.). Histoire naturelle. Rien d'aussi romantique qu'un cirque plant de Tamariniers tte ronde, et du plus beau vert quand ils vgtent sur un sol gras et fertile o leur feuillage touffu les fait bientt remarquer , Car souvent le phir agite leur verdure. Leur feuillage frmit , se soulve et murmure. (St.-Lambert.) Le ton du vert qui les dcore parle l'imagination de ceux qui aiment la solitude , et qui recherchent le P/. 2^^. J /leoao/'C jJej'Coiw/i/\ J [n,v arie/ Jcu/ii . ( a:,; ) cours des eaux el le Lruissement des fontaines. Il m'en souvient encore Pholo , ce jour-l, sous un berceau lointain-, Se confiait , paisible , la fracheur du bain : La , d'pais Tamarins , penchs sur l'onde pure. Protgeaient sa pudeur d'un rideau de verdure. (Deguerle. ) Les Tamarins indiquent aux amans 1 heure du rendez- vous de la soire ; Quand les Tamarins fermeront leurs feuilles, disait Paul Virginie. Passons l'ulilil de cet arbre prcieux. Son bois dur et compacte est propre btir; son feuillage est recherch des bestiaux qu'il en- graisse, el ses fruits sont utilement employs l'oflice et en mdecine. La manire de les prparer pour leur faire supporter sans inconvnient un voyage de long cours , est de dpouiller le lgume de son enveloppe co- riace et des parties fibreuses dont sa pulpe est entre- mle, et le mettre confire avec du sucre brut, stra- tum super sltatum. Il se conserve bien par ce procd qui rassure contre la crainte d'y trouver de l'actate de cuivre , enlev par l'acide de la pulpe aux vaisseaux dans lesquels on aurait eu la ngligence de laisser sjourne? ces fruits. Il y a des espces plus sucres que d'aurtes, et par consquent, plus promptement fermentescibles. Les Turcs et les Arabes font un grand usag'e des Tamarins frais, dans leurs voyages, pour appaiscr leur soif au milieu de leurs dserts brlans. Confits au sucre, ils sont , bord des vaissaux , aussi agrables que salutaires. En Afrique , les Ngres en mlent avec le Riz cl le Gou^ eou dont ils se nourissent. ( '''ii ) ('AF.ACTiiRiis l'UYsiQLiis. Lc lainarinicra le Ironc rccou* verl d'une corcc brune , il est trcs-brancliu vers sa partie suprieure. Ses feuilles sont allcrncs , lgamment pin- nes, sans impaires, composes de dix h quinze paires de foliolesopposes, presque scssiles, petites, elliptiques, )b{uses, trs-entires, glabres, inquilatrales leur base. De l'extrmit des rameaux, pendent des grappes com- poses de huit II dix fleurs assez grandes, d'un jaune fouett de vert et ray de rouge. Elles paraissent en mai et en juin, et se font voir souvent deux fois Tanne. Leur calice est turbin sa base, divis suprieurement en quatre lobes un peu ingaux et caducs. La corolle se compose de trois ptales redresss, onduls sur leurs bords, un peu plus longs que le calice. Les tamines sont au nombre de trois seulement, dclines vers la partie infrieure , soudes et monadalplies par la partie inf- rieure de leurs fdets , entre chacun desquels on aper- oit une petite dent aigiie. L'ovaire est allong , troit , falciforme , un peu velu , termin par un style re- courb. Le fruit , qui mrit en septembre et mars , est une gousse paisse , longue de quatre cinq pouces , un peu recourbe, d'une couleur brune rougetre, prsentant de dislance en disLance des espces d'tranglemens , remplie intrieurement d'une pulpe rougetre acidul, contenant des graines brunes et irrgulirement eu- bodes. Analysj chimique, m. Yauquelin (Ann.de Chimie, Unn. V, p. 92) a retir d'une livre sept gros trente-deux grains de la pulpe sucre du oommercc , c'esl--dire. ( ^^"^9 ) du Tamarin qu'on envoie confit dans le sucre : i" Tar- trate acide de potasse, quatre gros, dix-huit grains; gomme, six gros; sucre, deux onces; glatine, une once; acide citrique, une once quatre gros; acide tar- trique libre, deux gros; acide malique, quarante grains; matire fculente, cinq onces; eau , cinq onces six gros cinquante-deux grains. Total gal, i^j,r=i:5 vij. g'^. 52. Les Tamarins con tiennent une grande quantit de sel essentiel qui empche que la substance pulpeuse ne fer- mente comme celle de la casse; aussi la pulpe de ta- marins se conserve long-temps sans se gter. Elle se dessche seulement, et dans cet tat elle est remplie d'une grande quantit de petits cristaux de sel essen- tiel. La pulpe de tamarins est un minoratif; elle rafrachit et dsaltre. La dose est depuis deux gros jusqu' une once. On fait le sel essentiel de Tamarins, en raettan t bouil- lir la pulpe monde de ses graines dans quatre fois sou poids d'eau; on passe la dcoction avec expression, ou fait bouillir une seconde fois, et on passe. On mle les liqueurs, on les clarifie aublanc d'uf , on filtre, et on fait vaporer. On obtient par le refroidissement des cris- taux trs-acides. Les cristaux sont roux cause de la partie extractive colore On pourrait les purifier par l'intermde de l'eau, mais alors les cristaux seraient blancs. Proprits mdicinales. Les parties acides, ami- laces , gommeuses et sucres de la pulpe des Tamarins lui assignent un des premiers rangs parmi les mdica- raens acides rafrachissans et temprans. Une once de cette pulpe , bouillie pendant cinq minutes , dans une ( ^i^^ ) ])iiile d'eau, et cdulcorc C(>nv( nablcmenl , oiTre une 3)(>isson rafrachissante, que Ton prescrit dans les fivres ])ilieuses ou les aulrcs irritations [jjasiriques peu in- tenses : elle modre la chaleur de la fivre. On rend celle boisson laxalive, en doublant a dose et la faisant bouillir pendant une demie-heure dans un vase dejlerre vernisse. On emploie cette pulpe comme purgatif dans les fivres bilieuses et adynamiques, la fivre jaune et le typhus, les embarras gastriques et intestinaux, les hernies trangles; dans la dyssentrie'et la pritonite, la nphrite aigiie et la blnorrhagie; on en use modr- ment dans les maladies de poitrine ,. cet acide provoque la toux. On doit viter d'associer la pulpe de tamarins aux sels base de potasse , qu'elle dcompose pour en former des sels neutres, en sorte que son action devient nulle, ainsi que l'a reconnu M. Vauquelin. La tisane de tamarins remdie aux inconvnens produits par les pur- gatifs acres et trop violons. Il convient que l'acide ci- trique y soit peu sensible, et port Ftat savonneux par le mlange du sucre. On peut la rendre vineuse si l'estomac ne peut la supporter autrement. Elle convient aux nouveaux dbarqus comme moyen prophylaciique de la fivre jaune , en prenant des bains et des clysties en mme temps. Mode d'administration. On donne la pulpe la dose d'une ou deux onces, suivant l'efTet qu'on veut pro- duire ; on la mlange avec le sucre ou avec le miel pour en former un lectnaire. Poupe Desporles prescrit la formule suivante : Prenez pulpe de tamarins, trois onces; Bourgeons, une pince; sucre, quantit suffisante; eau , une livre et demie. On fait aussi un petit lait ta- ( 34i ) . marlnd avec une once de pulpe , et une pinte de pelt lait. Pour les voyages sur mer, on prend : Sucre de lait , deux gros; Sucre , une once ; Gomme Arabiqui , demi-gros; eau bouillante j une pinte et demie rduite d'un tiers. EXPLICATION DE LA. PLANCHE CENT-VINGT-SiXifeME. 1. Etamines et pistil en position. 2. Graine. ( 2-r) lUGIN ANNUEL. ( Purgatif Laxatif . ) Synonimie. Vulg. Catapuce. Ricinus vulgaris ; foliis pellatis subj)almatis serralis, Linn. Monoecie monadelphie, Juss., class. i5^ ord. i _, famille des Euphorbes. llicinus AfrU canus maximus, caule geniculato rulilaiite, Tourn.cl. i5, sect. i5 y gen. 6. En Espagnol et en Portugais, Ricino. En Anglais^ Co7W/?2072, Palma-Chrisli-Nambu-Guacu de Pisou. CaragtjiRes gnriques. Fleurs monoques disposes en grappes; les fleurs mles qui occupent la partie in- frieure , se composent d'un calice k cinq divisions trs- profondes , et d'un trs- grand nombre d'lamines dont les filets sont soudes par la base en plusieurs faisceaux distincts. Les fleurs femelles naissent au haut de la grappe ; leur calice est trois ou cinq divisions cadu- ques ; l'ovaire est h trois loges, monosperme, surmont d'un style trs-court et de trois stygmates bifides et li- naires. La capsule est tricoque ( Richard ) . En Europe, la plante est annuelle et herbace, tandis qu'elle est vivace et ligneuse en Amrique. Caractres PARTICULIER s. Feuilles en bouclier, comme palmes , dentes en scie. Histoire naturelle. J'ai dj donn l'histoire du Piicin Arborescent ( i*"^ volume, planche 69 , page 2 5o, classe des Vermifuges), Celui qui nous occupe en ce moment n'a plus le mme port , quoiqu'ayantles mioes caractres botaniques et les mmes proprits. On le P/. 7^/. Tnfre/ore J?&r/vuf/i/i. fmj- irafifte/ Jcu/v ^WVVA. f ^43 ) rrlrouve, :jii>! (|iic le premier, dans les uenx l.Jes et en Anirique, <3 il devient ligneux, et s'lve la hau- teur de trente quarante pieds. On retire des graines {les deux espces , Thuile fixe de -palma-christl , mais il est essentiel que cette prparation soit confie des personnes exactes et probes, qui soient incapables d'y joindre des graines de Crolon, dont la plus petite quan- tit peut produire des superpurgations. Il est du devoir iussi des prparateurs ds ne point laisser subsister la jlr.nlulc de la graine , qui offre un drastique trs-vio- lent. La nature, partout prvoyante , couvre avec pro- digalit, en Amrique , le sol de la plupart des cime- tires, de Ricins de la plus haute stature, de Bclles- tie-nuits, et d'autres plantes propres h fournir beau- coup d'oxgne et capables d'attnuer les exhalaisons uiphitiques des cadavres inhums. Aucune plante ^ j)eut-tre, n'absorbe avec autant de facilit l'humidit de l'air que le Ricin, dont les feuilles se fanent sous l'ar- deur du soleil pour reverdir pendant la nuit ; Apvs les feux du jour , ces plantes inclines, Languissent tristement sui' leurs tiges fanes. ( Castei,. ) CauactIues PHYSIQUES. La tige de ce Ricin est dresse, ameuse , haute de quatre six pieds , cylindrique , fis- luleuse, glabre, purpurescente et glace de blanc. Les leuilles sont alternes , portes sur des ptioles fort longs, cylindriques et creux. Elles sont peltes, palmes, sept ou neuf lobes ovales , lancols, aigus,* doublement serrs, glabres, verts des deux cts, et diviss par des nervures d'un rouge laque. Chaque feuille est accompagne sa liasse d'une stipule ca-" duque , opno ft la feuille, presqu'ampexicaule , ovale et rncnLi'anci:.^c. ( -'.-) ) Les iluurs soiil inoiiuqiius , rcutiies sur une nicine grappe, exlra-axiliaire, coiiune pyramidale , garnie au sommet do fleurs lemolles, et sa base de fleurs mles en houppe jaune. Les fleurs mles et femelles sont p6- doncules , et le pdoncule est articul vers le milieu de sa longueur. Les fleurs mles se composent d'un calice cinq di- visions concaves, ovales, aigiies et rflchies. Les ta- mines sont exlrmement nombreuses, polyadelphes; aucune trace d'organes femelles. Les fleurs femelles ont aussi un calice h cinq divi- sions troites et lancoles , caduques , quelquefois sou- des ensemble par leurs bords. L'ovaire est libre, glo- buleux , trois ctes charges de turbercules charnus , termins par une pointe excessivement fine et acre; il esta trois loges uniovules. Le style est excessivement court et porte trois stygmates allongs, linaires, trs- glandulrux; bifides dans leur moiti suprieure. Le fruit est une capsule glanduleuse trois ctes saillantes, arrondies, glauques et charges d'pines (iiichard). Analyse chimique. M. Boutrou Charlard (Journal de phirmacie, aot 1822) a donn un mmoire fort in- tressant sur la sparation de la starine dans l'huile de Ricin Europen, par un abaissement de temprature. Je renvoie le lecteur cette intressante dissertation. Nous croyons pouvoir citer en entier le procd que M. Faguer (Journal de pharmacie , octobre 1822) emploie pour extraire l'huile de Ricin, moyen qui me parat pr- frable. Les procds employs jusqu'ici sont 'bulition et Tf^xpression. Le premier , dispendieux par les con!)us- ( ^4^1 ) JJMc S iju'il iiccci^sle, doune peu d'iiuilc , e::corc es! - 'Ile cie , par rimpresslon de la chaleur destine en sparer le mucilage. Par le second, l'huile est plus douce, mais plus dilicile extraire, en raison de sa viscosit et de la grande quantit de mucilage qui Taccompagne. Le procd de M. Fraguer offre plus d'avantages. Il est fond sur la proprit qu'a l'Alcool de dissoudre l'huile de Ricin et d'en sparer le mucilage. 11 consiste h dlayer froid les Ricins privs de leur enveloppe et rduits en pte avec une certaine quantit d'Alcool 56^ ( quatre onces par livre de ricin). Ce mlange est mis la presse dans des coutils; le liquide sort avec une trs grande facilit; on le soumet h la distillation , et l'on retire toujours la moiti de l'alcool employ. Le rsidu de la distillation est lav plusieurs eaux; l'huile spare de l'eau est porte sur un feu doux pour en vaporer toute l'humidit; on la retire alors du feu et on la jte sur des filtres qui sont placs dans une tuve chauffe 5G^; elle filtre avec facilit , et on l'ob- tienl trs-belle et surtout trs douce. 'ff.i. Si l'on opre avec l'enveloppe de l'amande , Thuile est plus colore , quoique de la mme saveur. On obtient dix onces d'huile par livre de Ricins monds, et sept onces seulement avec les Ricins non monds. Par ce procd opratoire , on retire beaucoup plus d'huile que par l'ancien . Ainsi , comme l'observe judicieusement M. Faguer, il y a dans ce procd facilit d'excution , qualit et quantit de produit, ce qui doit faire pencher en sa fa- veur. ( v4() ) S:ivi;rj{ II. r/on:;:->lre,cenl {torlit^^ (.l'itinnii^lf'S (!(.' Ricii crrcccs lui ont donnes : hnie douce, lorsqu'elle est rccento, Go; slnrinc crislallisa])le, 6; acide, quantit inaprciable, oo ; Albumine solublc, lo; fibre abumi- nense non solublc, 18; humidit, 5 ; cendres conte- nant du sous-carbonate %S\'\\y^\\ \ CARACTkuEa PHYSIQUES. La Bauhliie que je dcris ici n'est point un arbrisseau , comme plusieurs auteurs se sont plu la qualifier, mais une plante tige sarmen- leuse. Ses feuilles sont ptioles, chancres en cur h la partie suprieure , et divises en deux lobes par le bas, plus larges que longues, trs glabres en-dessus, nerveuses , veineuses, et un peu pubescentes en-dessour. Les fleurs, d'une forme lgante, sont amples et blai:- ches. Elles viennent en grappes terminales et axillaires. Elles ont un calice trs-long , qui avant de s'ouvrir , ressemble un tube ventru sa base; cinq ptales oblongs et obtus; dix tamines plus courtes que les ptales et dont les filamens libres et nullement diadel- phiques, sont un peu rapprochs leur base autour du pistil. Il leur succde des gousses glabres, longues de deux trois pouces, dont la pointeest recourbe , droites et minces en leur bord infrieur; un peu courbes, paisses et double rebord sur leur dos. Elles contien- nent des graines noires, rondes, et quelquefois de la forme d'une larme. Analyse criniiQUE. Toute la plante fournt un extrait savoneux; toute la partie dissoute par l'alcool et pr- cipite par cet agent est lgrement rsineuse; tandis que la partie soluble , dans l'eau , offre des traces de sels, tels que le sulfate de potasse, le carbonate de chaux, la magnsie, etc. Proprits mdicinales. Les fleurs sont laxatives comme celles del Casse. La dcoction de la racine e>l carminative et vermifuge. Edulcore avec le sirop d'Herbe Charpentier, elle offre une tisane pectorale et expectorante. ( 25o ) MoDK d'admimstration. La dose dis flurA est d'urirt once par pinle d'eau bouillante, sans i/Mlnclioi). Cf.'IN* des racines esl d'une demi-once pour une livre el deniie d'eau , qu'on fail rduire une livre. Nota. Plantes laxativesrapport/es dans d'autim;* CLASSES. 1. Suc d'oranges amres; 2. Sjic de cironelle; 5". Rob de Malpighie ; 4'' Gombo; 5". Begone , eic. EXPLICATION 1)K LA PLANCHE CENT-VINGT HUIT. 1. Gousse ouverte, 2. Graine. 3. Vrille qui sert d'attache la plante. //./^v. 7 Vn'ot/ure /;i'iYi//r/i/\ J^iri.r aorie/ Jcii/i>, 1101 oc; illirtAIllIE u ( ^5i ) vvS v\^ w^ w w* w> V v^ v\^ v\^ v\^ \\^ vv^ \\> vvx w^ v\> vv vv^ vv^ v\% v\> \\> vv vvS v\> v\^ .\ v^ vv^w^w iw ROYOC, RHUBARBE BLANCHE. ( Purgatif catharliqiie. ) Synonymie. Vulg. Ilhubarbe des Carabes. Morinda Royoc. Lnn. Pentandrie Monogjnie. Jussieu , famille des Ru- biaces. Royoc bumifusum fructu cupressino. Plum. Vol. V, p. 17. Morinda procumbens , floribus tetrandris, qua- driparltis. Morinda sufFruticosa , foliis oblongis, angus- tis, utrinque acutis, radie croce. Brown. Jam. 1659. Morinda procumbens. Hort.Cliff. jS. Morinda americana humifusa laurifolia. Vaill. Act. 1722. Periclimenum ame- ricanum cujiis radie fit atramentuni. Pluken. Alra. 287 ^ t. 212 , f. 4 Aublet. Guiane , p. 200. Loureiro. Flor. Co- cbin., p. 174. En portugais, Moringo. En anglais, Royoc. (Vivace.) Caractres gnriques. Fleurs monoptales de la famille des Rubiaces , runies et trs-serres ^ le stig- mate divis en deux \ baies agrges , anguleuses, quatre loges j rceptacle presque rond. Caractres particuliers. Tige recourbe et intrieu- rement couche ^ baies dispermes -, corolle infundibuli- forme , renfermant cinq tamines attaches au haut du tube , par desflamens trs-courts, dont les anthres sont planes , lancoles et sagittes leur base -, ovaire inf- rieur-, baie presque ovale , anguleuse, tronque, compri- me , aplatie et ombilique i son sommet. Elle renferme deux semences aplaties d'un ct , et convexes de l'autre. Histoire naturelle. Le bois de cette Morinde , blanc vers l'aubier et jauntre vers le cur , donne une teinture Tome H. 33^ Livraison, j6 ( 25'>. ) moins salraiicc ([iic rcsjx'cc < oiniiic sous lu nom de Mo^^^ rinda cilrirolia , dont los racines fournissent le plus beau jaune , qui se eom])in(' paifaiteinent avec le bois de Sap- pan , et produit alors parla dcoction une trs-belle cou- leur rouge (|ui s'altre irs-difficilcmcnl. Les baies des deux espces oilVent une semence solitaire, osseuse-, on b?s donne aux enfans comme vermifuges -, les naturels en mangent aussi contre leur mal dcstomac , (juoiqu'elles aient une odeur nausabonde, et une saveur amre et caustique. Ils ne peuvent servir d'aliment, car ils mai- grissent la longue , cliauffent , irritent , et procurent des fivres. Les fruits de Tune et l'autre espce sont d'ail- leurs regards comme molliens , cmmnagogues et diu- rtiques. On se sert de la racine du Mornda Roy oc pour faire de l'encre. Cet arbrisseau , originaire de la Chine et de la Cochincliine , s'est parfaitement naturalis dans l'Amri- que mridionale , et surtout la Gviiane franaise , o Aublet l'a souvent rencontr- Caractres physiques. LeMorinde Royoc s'lve la hauteur de trois quatre pieds ^ il fournit des branches diffuses, garnies de beaucoup de feuilles ^ la tige est li- gneuse , souple , faible , presque sarmenteuse \ les feuilles sont ovales , trs-entires , glabres , d'un vert obscur , opposes , aigus leurs deux extrmits , portes sur des ptioles courts ^ les fleurs sont axillaires vers l'extrmit des rameaux, runies , en tte arrondie , et petite sur un pdoncule commun ^ la corolle est blanche ^ son tube est fin , troit , renfl vers l'ouverture ^ le limbe est divis en quatre scgmens ovales , aigus , rabattus en dehors. Les tamines sont au nombre de quatre y et le stigmate est divis en deux. Les petites driipes sont chacune deux ( 253 ) loges et monospermes , formant par leur runion sur un rceptacle commun , une petite baie arrondie , cliarnue , ayant l'odeur et la saveur de l'espce feuilles de Citron- nier. ( Morinda frutescens , citri foliis , floribus albis , fructu cupressino , Rhubarbari radice. ) Analyse chimique. Les racines, d'un beau jaune, ont une saveur lgrement amre et aromatique. Traites par l'eau, elles fournissent, par livre, dix onces d'extrait pil- lulaire consistant ; et par l'alcoliol ^S , elle produit par la macration , dix onces d'extrait sec. Le Royoc, ainsi cpie la Rhubarbe (Rlieum paliuatum, Linn. ), contient de l'oxalate de Cliaux , du Tannin, de l'Acide gallique , et un principe muqueux. Proprits mdicinales. x\insi que les amers, le Royoc fortifie les solides , ranime les digestions , dissipe les nau- ses , les aigreurs , supple au dfaut de bile , et rsiste la putridit. On s'en sert dans les faiblesses d'estomac , la cachexie , les paies couleurs , la goutte , les fivres inter- mittentes , et surtout dans l'atrophie msentrique. On l'emploie extrieurement pour arrter les progrs de la gangrne. Cinquante livres de Royoc fournissent vingt- cinq livres d'extrait stomachique qui purge doucement, et qu'on prescrit avec avantage dans les diarrhes et ma- ladies vermineuses , depuis douze grains , jusqu' demi- gros. Mode d'administration. La poudre de la racine de- vient purgative la dose d'un gros , tandis qu'il en faut deux lorsqu'on la prpare en dcoction ou en infusion. Les teintures aqueuses ou alcoholiques , se donnent au poids de demi-gros aux enfans, et de deux gros aux 16* ( "M ) adultes. Ou lait avfi- , un sirop qui s'aclniinistic la dose d'une once. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT VINGT-NEUF. i. Corolle dtache du calice et ouverte. 2. Portion du fruit. 3. Cne du fruit grossi. P/ .y.h / /i('o(/of<' Ot',iroii//<(\ /*i/i,r (/aine/ Jra/p Sl^lJIAlNKtLK. ^^ '>55 ) A.X*\\^VV^V'V^VVAX\'\V\\VVXVWVVV\VX>VV*VV^*VVVVV*\A^VV^VV^VV\V\^VV\V\>VV>V\^V\X\V\VV>V\\\y\V\^v\\ > LISERON MARITIME. ( Purgatif cathartique. ) SynonYxMIE. Vulg. Liseron marin purg-atif; Patate de mer , fausse Scammone. Soldanelle. Convolvulus maritimus. Linn. Penlandrie Monogynie. Jussieu, famille des Convol- yulaces. Tourn., el. i. Campanif. Convolvulus marinus lacteus seu Soldanella. Plum. 170. Convolvulus marinus catharticus, folio rotundo, flore purpureo. Plum. Amer. p. 89, t. io4. Convolvulus marinus, S. Soldanella bra- siliensis* Maregr. Bras. 5i. Pis. Bras. 258. Convolvu- lus foliis majoribus, ovato-subrotundis , leviter emaro-ina- lis. Lam. Schovanna-Adamboa. Rheed. Mal. ii , p. 117. En espagnol , Escamouea. En portugais, Escamouia. En anglais, Scamony. Les Carabes l'appellent Camoul- roulr. C'est le Salsa do Praya des Portugais, de Pison , liv. 4 > chap. 69. Caractres gnriques. Tiges volubiles, feuilles al- lernes dpourvues de stipules ; fleurs axillaires ou terni i- ualcs \ calice persistaut , cinq divisions profondes ^ co- rolle monoptale rgulire , dont le limbe donne attache cinq tamines ^ ovaire libre, deux ou quatre loges -contenant des ovules dresss : style pourvu d'un ou deux stigmates *, fruit capsulaire ^ graines deux cotyldons planes et plisss en diffrens sens. Caractres tartictimers. Tiges succulentes , tor- tueuses ^feuilles cordiformes , pourvues de deu\ glandes roses leur base. ( oM ) Histoire natuuiilk. Lt; suc paissi des racines de ce beau Liseron offre les mmes rsultats que la Scamnione. Cette substance devient gommo-rsineuse^ elle estanire, acre, nausabonde , et a une odeur vireuse. C'est un fort bon purgatif, mais qu'on doit employer avec modration, parce qu'il est trop violent. Cependant son effet est sr , toutes les fois qu'il est besoin de provoquer de fortes va- cuations. L'infusion aqueuse , (pe les ngres emploient, faute de savoir mieux, est amre et dsagrable boire. Ce charmant Convolvulus , ricbe de sa parure , ne se trouve que sur les bords de la mer , d'o lui vient le nom de Patate de mer^ ayant beaucoup de rapport avec la Pa- tate. Pour obtenir le suc des racines de ce Liseron , on pratique ses racines des incisions par lesquelles s'coule Un suc blanchtre , que Ton reoit , dit Richard , dans des coquilles o il se concrte. Caractres physiques. Les racines sarmenteuses de ce Liseron sont fort longues ; elles tracent et occupent une grande tendue dans les lieux sablonneux du bord de la mer, le long des ctes ou anses. Ces sarmens sont de la grosseur du pouce , d'une consistance presque ligneuse , laiteux , couverts en dehors d'une corce vert-noir et toute gerce. Ceux-ci en poussent d'autres plus menus que le petit doigt , et qui rampent fort loin sur le sable , jetant des racines leurs articulations. Ils portent dans leur lon- gueur quantit de fleurs attaches des pdicules assez longs et pais, marqus de deux petites glandes rouges vers la feuille. Ces feuilles sont presque rondes et comme plies en dedans , lisses et fort paisses , d'environ quatre pouces de grandeur , ayant par dessous une nervure en long et ( 257 ) plusieurs ctes parallles qui les traversent obliquement , et qui se courbent vers le bord. Elles sont d'un fort beau vert , tant dessus que dessous, et contiennent un suc lai- teux. Les mmes tiges poussent des pdicules fort longs, qui portent trois ou quatre fleurs , et quelquefois une seule , comme les Liserons. Elles sont pourpres tant dedans que dehors , et de trois pouces de diamtre ; cinq ou six filets blancs en dedans, dont le plus long soutient une boule blanclie divise en quatre parties, et les autres une pointe. Les semences veloutes de noir, et assez semblables des noisettes , sont au nombre de trois quatre dans les loges membraneuses de couleur tanne. Analyse chimique. La racine contient un principe r- sineux , et un principe gommeux ; plus une partie exirac- tive ^ plus une matire terreuse. PpiOPTiiTs MDicoALE^. On sc scrt de l'extrait de ce Liseron, pour aider l'action des autres purgatifs. C'est un excellent drivatif qu'on emploie avec beaucoup de suc- cs dans les affections cutanes. On corrige l'cret de cet extrait la vapeur du soufre , avec la crme de tartre , ou les coings ordinaires. A dfaut de ces fruits , on peut se servir de la pulpe de (joyave, ou l'incorporer avec quel- ques amandes, ou autres semences mulsives. D'aprs les observations des anciens praticiens , cette liane offre un violent hydragogue, qu'on emploie avec avantage dans l'ascite ^ ses feuilles , mises en macration avec du sel , du sucre et du vinaigre , offrent , disent-ils , un prcieux anti-scorbutique , qui prvient la pourriture des gen- cives. Les feuilles fraches sont mollientes et rsolutives, et ajoutes aux bains , elles fortifient le corps dans les ( -l'j^ ) a('('( lions scropliulciisc s ^ les (cuillcs a|>j)li(jii('cs sur tiTi ( xiiloirc , (Il r;tvoris(Mit la siippuralioii. Une (ac'iillc de j)liis, (juc. poiisdc (t'ilc liane, c'est d'rtie slerniilatoiie. (Quelques naturels remjdoient comme sudorilique el diu- rtiqne. Je m'en suis servi avec succs dans les engor- i^emcns lents de Fabilomen , dans Tascite , dans les fivres (juartes rebelles , dans plusieurs ailections cutanes ^ mai?^ on doit la doser d'aprs l'tat d'inertie du malade. Mode n'AuMiiNiSTnATioN. La dose de l'extrait en pou- dre, est depuis douze jusqu' trente-six grains dans un bouillon ou autre vliicule. Les feuilles se prescrivent en infusion , au nombre de quatre douze pour quatre onces d'eau. De quelque manire qu'on emploie ce Lise- ron , on vomit sans violence trois ou quatre fois ^ et les vacuations alvines ont lieu sans douleurs et sans super- purgations. La rsine, rduite en poudre fine, fait vo- mir ; mais en poudre grossire , elle est seulement laxa- tive. L'infusion aqueuse est moins sre que celle vineuse, qui peut s'emparer du principe rsineux , insoluble dans l'eau. On peut aussi faire dissoudre la rsine dans du jaune d'oeuf, et l'tendre dans une verre d'infusion de fleurs d'oranges. On prpare avec une teinture vermi- fuge qui maKjue rarement d'expulser le Taenia. Nota. Les fortf- vierges des Anlilles fournissent plu- sieurs autres espces de Liserons dous de vertus purga- tives , parmi lesquels on remarque, i" le Liseron des rives ^ Convolvulus littoralis , Linn.; Convolvulus albus , folio laciniato , maritimus. Plum. Lat., pi. i. Burm. Amer., p. 79. Tourn. 84- Cette plante laiteuse croit abondamment dans File Crabes, prs de Porto-Jlico. ti" Le Convolvulus marinus catliarticus foliis aceto- (^59) sse flore uiveo Pluni. imp. , p. 91. 3". Convolvulus repens. Ballel. niai., p. 107. Rheed. xi. EXPLICATIOIN DE LA PLANCHE CEINT TREKTE. 4. 1. Fleur dveloppe, 2. Graine vue de face. 3. Graine vue de ct. 'VV'VWVVWWWVWWVVVVVWVV\WVV^ VV\ VWWVWVWWt \'\'VVVWV. Lani. III , gen. tab. 20)7 , fig. 1. Ximenia mulliflora. Ja((|. Stirp. Amer. pap;^. io5, lab i77,fig.3i. Ximenia aculeala, flore albo villoso, fruelu luteo. Plum. Nov. plant. Amer.gen. pag. 6, tab. 21 ; et Burm. Amer. Icon. 261 , fig. i. Hey- massoli spinosa. Aubl. Guian. Vol. i , pag. 324, tab. 125. En anglais, Xymeny. En carabe, Ababouj. Caractres gjnuiques. Plante dicotyldonc fleurs tomplles, polyptales , lgulires, de la famille des Orangers, ayant des feuilles alternes , les rameaux avee ou sans pines \ les pdoncules axillaires une ou plu- seurs fleurs. Cahactres particuliers. Feuilles oblonguos ; pdon- cules multiflores -, calice quatre dcoupures , persistant^ quatre ptales rouls , pileux en dedans, et rflchis en dehors: huit anthres allonges ; un style^ une drupe mo- nosperme. Histoire naturelle. Cet Arbrisseau, peu lev, em- baume Pair o il vgte , lorsque de ses fleurs bien pa- nouies se dgage une odeur aromatique , comparable celle du Girofle. LaXimnie crot dans Plc de Cavenne, sur les bords sablonneux de la mer \ on la trouve aussi Cuba , Saint-Domingue , la Jamaque , et dans plu- sieurs autres les des Antilles. L'corce des fruits esi astringente \ la coque amre , et l'amande agrable au gotf, niaisil faut s'en mfier, parce qu'elle est purgative. Caractres physiques. La Ximnie s'lve au plus M. l32 . TAeor/orr /)e^ooi(//iVi Pif.r X3IXIE EFIXa^SF. , ( '^^1 ) cinq ou six pieds , sur environ six pouces de diamlie-, l'corce en est brune et ride-, son bois est blanchtre^ les branches tortueuses et lanieuses , tendues en tous sens \ les rameaux garnis de feuilles alternes, ovales , ou ovales-oblongues, mdiocrement ptioles, un peu molles, vertes leurs deux faces, lisses , entires leurs bords' obtuses leur sommet ; longues d'environ deux pouces, sur un pouce et plus de large ^ la base de la plupart des feuilles , une pjtitc pine courte , droite et aigu. Les fleurs sont situes , dans l'aisselle des feuilles , en petites grappes courtes, runies six huit sur un pdon- cule commun , au moins une fois plus court que les feuilles^ les pdicelles courts, ingaux, trs-glabics. Leur calice est court, d'une seule pice , quatre d- coupures glabres , aigus ^ la corolle est compose de quatre ptales oblougs , verdtres en dehors , chargs en dedans d'un duvet blanc et soyeux, attachs entre les divisions du calice par un onglet trs-court. Les tamines sont au nombre de huit , soutenues par des filamens trs- courts ; les anthres oblongues deux loges ^ un ovaire oblong , un peu arrondi , surmont d'un style court , termin par un stigmate aigu. Le fruit consiste en lin drupe jaune, revtu d'une corce charnue, qui renferme uneamandx3 conlenue dans une coque mince , de la forme et de la grosseur d'une olive. Les fleurs varient quelquefois dans le nombre de leurs parties (Encycl. ). Analyse chimique. La drupe contient un principe mucoso-sucr en trs-grande abondance ; et comme elle est susceptible d'une prompte fermentation , j'en ai re- tir de l'alcohol. On y dcouvre de plus de l'acide galli- que , que signale la saveur austre de la pulpe. ( :'.(i8 ) Les ainandes ronlernicnl uiu; giaiulc (jiiantitc d liuil<' grasse, plus un piincipe extiaclif, dans lequel rside leur vertu purpjative. Le suc des fruits frais a donn , par livre , deux onces d'extrait peu consistant. -3! ^r; Proptiitks mdicinales. On peut tirer parti de la pulpe de Xiiuiiie'comme mdicament, mais qu'on n- glige dans un p:iys o abondent la Casse et le Tamarin. On recommande cette pulpe dans la constipation liabi- tuellc, et dans les embarras gastriques, lorsqu'on craint l'action irritante des purgatifs drastiques. En y joignant du tartrite acidul de potasse , on obtient un purgatif antibilieux trs-utile dans les dysenteries. On emploie le sirop dans Fliydropisie , le rhumatisme et les maladies ebroniques. Lorsqu'on prescrit les fruits en substance, on en donne trente par livre de dcoction ^ mais bn a soin d'ter les amandes qui sont beaucoup plus purgtivesi Poupe-Desportes recommande le bol purgatif suivant: prenez Mercure doux , Diagrde , o gomme de Liaile purgative , Jalap en poudre , de chacun huit grains -, fates un bol avec suffisante quantit de sirop. On le rendra plus fort, continue ce bon praticien, en y ajoutant un demi-scrupule d'amande de Prunier pineux. Mode d'administration. La dose du sirop de Xim- nie est d'une once , ainsi que des autres sirops purgatifs^ celle des amandes , d'un scrupule. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT THENTE-DEUX. 1. Fleur entire. 2. Ptale dtache de la corolle. 3. Ovaire sur son calice. 4. Etamine. 5. Fruit coup , dont on voit le noyau et Tamande. /y./.yj. JVteot/oru JJe . (jft//ue/ ivfi CAS.HF. m.'^^i ( ^Gg ) CASSE LANCOLE. (Purgatif cathartiqiie.) Synonymie. Vulg-. Casse Sn , Sn oriental. Cassia Senna. Linn. Dcandrie Monogynie. Jussieii , clas. i4j ord. n , famille des Lgumineuses. Tournefort, clas. 21 , sect. 5, gen. 1. Arbres rosacs. Richard, famille des Cassies. -^ Senna alexandrina, sive foliis acutis. Bauhin. Cassia Senna; foliis sejugis subovalis , petiolis eglandulatis. Linn. En espagnol, Sen. En portugais, Senne. En anglais, Senna. Caractres gnriques. Calice profondment divis-, corolle de trois cinq ptales presque gaux et rguliers; dix tamines libres ou soudes , ingales , et dont quel- ques-unes sont souvent avortes et rudimentaires. (Ki- chard.) Feuilles sans impaire. Caractres particuliers. Plante ligneuse , feuilles pinnes -, fleurs en pis; fruit trs-comprim et recourb, ayant des cloisons transversales plus ou moins compltes, et contenant plusieurs semences attaches la suture su- prieure ; calice color , cinq divisions trs-profondes et caduques. Histoire naturelle. On trouve aux Antilles beau- coup d'espces de Sn , qui toutes sont plus ou moins purgatives. Cet Arbrisseau se plat dans les lieux secs et dserts. On le rencontre aussi par groupes dans les col- lines et les ravins , o il croit spontanment. On ngbVe Tome II. 34 Lwraison. ^m aux colonies celte braiulie de conuiierce ; et ce qu'il y a d'inconcevable, c'est (ju'oii fait venir de trs-grands Irais le Sn d'Alexandrie , que les espces des Antilles peuvent avantageusement remplacer. On pourrait rcol- ter les follicules en aot et septembre , et mme au mois de fvrier , car cet arbrisseau donne deux rcoltes par anne. Les Antilles fournissent . i*^ la Casse effile , Cas- sia vninea , Lin. 'a. La Casse bicapsulaire ou Ca- ntier btard^ Cassia bicapsularis ^ Linn. 3^. La Casse feuilles cliancrcs \ Cassia emaiginata , Linn. 4*^- La Casse feuilles obtuses de Cuba ^ Cassia ah- tusifolla , Linn. 5". La Casse gousses longues ^ Cassia lo?i^isHiqiia ^ Linn. G. La Casse ornitliopode. - ^"-'. La Casse gousses plates; Cassia planisiliqua ^ Lin. 8". La Casse atomifre , Cassia atoman'a , Linn. g^. La Casse de la Jamaque*, Cassia Pilosa, Linn. , etc. CARACTJiREs PHYSIQUES. Le Sn est un arbrisseau qui s'lve la hauteur de deux trois pieds , oifrant une lige mdiocrement rameuse, ligneuse, dont les rameaux sont plians et garnis de feuilles alternes. Les feuilles sont composes de cinq paires de folioles lancoles, pointues, gales, d'un vert clair, glabres, un peu p- tioles, et longues d'un pouce. Selon Forskbal, leur ptiole commun porte une glande sessile au-dessus de sa base. Les pdoncules sont longs, terminaux, et sou- tiennent des fleurs d'un jaune pale , disposes en grappes et longuement pdoncules ; les gousses sont compri- mes , courbes et velues dans leur jeunesse : les se- mences en coeur, petites et blanchtres. Analyse chimique. Suivant le professeur Richard , MM. Lassaigne et Feneulle ont donn la meilleure ana- -><^^f^ ( ^7' ) yse du Sn. Ils v ont trouv, i* de la chlorophylle ou matire verte colorante ; 2^ une huile grasse -, 3*^ une huile volatile peu abondante ^ 4^ ^^ l'albumine : 5^ un principe nouveau qu'ils ont nomm cathartine -, 6*^ un principe colorant jaune \ 'j^ du muqueux ^ 8*^ de l'acide malique-, 9^ du malate et du tartrate de chaux y 10^ de l'actate de potasse et quelques sels minraux. Les feuilles sches du Sn, traites par l'eau , et vapores aprs rbullition , ont donn par kilogramme une demi-livre d'extrait sec. La cathartine , qui parat tre le principe actif et pur- gatif du Sn , continue le docteur Richard , est sous forme d'un extrait d'un jaune rougetre, d'une odeur particulire et d'une saveur amre et nausabonde. L'eau et Falcohol la dissolvent facilement^ mais elle est inso- luble dans l'ther. Proprits mdicinales. Les feuilles et les fleurs du Sn sont employes en mdecine ^ nous devons aux Arabes la connaissance de ses proprits mdicamenteu- ses. Administr la dose de trois ou quatre gros , il pro- voque des djections alvines trs-copieuses , mais souvent prcdes ou accompagnes de coliques douloureuses, et de nauses , qu'on peut prvenir en lui associant des m- dicamens plus doux, tels que la manne, l'huile de ricin, la coriandre ou tout autre aromatique qui rend son in- fusion moins dsagrable. Ce purgatif ne convient point dans les diathses inflammatoires^ c'est pourquoi l'on doit s'en abstenir dans les affections de la poitrine, dans les hmorrhoides et les hmorrhagies. Il convient, dit le docteur Roques, dans les constipations opinitres, dans les fivres gastriques et vermineuscs, dans les obs- ( -^T- ) Icuiliojis li'iiU's des viscrt's abdominaux. Un Tadmi- nistre toutefois aprs avoir vacu les premires voies par un voijiitit , au dbut de la maladie. Son usage, ainsi que celui de tout autre purgatif, peut devenir funeste au moment d'un eibrt de la nature , d'une crise favo- rable qu'un purgatif peut empcher. Mode d'administration. L'infusion se prescrit la dose de deux quatre gros. Par la dcoction prolonge, ce mdicament perd toute sa proprit cathartique. La poudre tant fort lgre, et offrant par consquent un vo- lume considrable , on l'emploie rarement , ainsi que son extrait , qui a beaucoup moins de vertus que la sim- ple infusion qu'on peut aciduler avec le citron , pour la rendre moins nauseuse. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE-TROIS, 1. Gousse moiti ouverte. 2. Graine et son attache. 3. Foliole de grandeur naturelle, /V.y,U / n^ot/o/'i' Descortf/z/'x /^//t^ . ^^ai/'ie/ Jr/z/z* . <:^ASSK AFE"11J..KS ilE TllOF^^l^ ( ^7^ ^ CASSE A FEUILLES DE TROENE, ( Purgatif catharlique. ) Synonymie. Vulg. Sn Zonibi. Senna ligustrifolio. D. Cassia acutifolia , Lamarck. Cassia ligustrina,foliissep- temjugls lanceolatis; extimis minoribus ; glandula baseas petiolorum. Lin. Dcandrie Monogynie. Jussieu , fa- mille des Lgumineuses. Senna ligustrifolio. Plum. Spec. 18. Tournef. 619. Cassia bahamensis, pinnis folio- rura mucronatis angustis, calice floris non reflexo. Mart. Cent. t. 21. (Vivace.) Caractres gnriques. Calice cinq folioles, cadu- ques , concaves et colores 5 cinq ptales trs-ouverts , concaves , arrondis , ingaux ; les deux infrieurs un peu plus grands; dix tamines libres , ingales, trois petites souvent striles; quatre de grandeur moyenne, droites et fertiles ; trois infrieures trs-grandes , anthres oblongues et arques; un ovaire suprieur pdicell. Le style court; le stigmate simple; fruit ou gousse aplatie, pourvue de cloisons transverses plus ou moins compl- tes , et les semences attaches la suture suprieure. Caractres particuliers. Feuilles y-juges, lanco- les ; les dernires plus petites ; glandule la base des folioles. Les feuilles sont poilues sur les bords. Histoire naturelle. On cultive cette espce pour l'ornement des jardins, o elle produit un assez joli ef- fet dans les massifs, parce qu'elle donne piesque touie ( 7i ) ranne des fleurs et des liuits. Ce Sn se multiplie de ficincnces, de drageons et de boutures. II demande une terre ordinaire, et une exposition un soleil modr. On rencontre frcjuemment ce Sn aux Antilles , dans les iles de Baliama, et dans la Virginie , d'o on le trans- porte dans des confies , ainsi que celui du levant. 11 crot dans les savanes, meurt dans les scheresses, et rever- dit, dans les temps humides, en si grande quantit , que l'on a de la peine, dit Chevalier, passer o il y en a. Caractres physiques. Ce petit arbrisseau s'lve la hauteur de quatre six pieds ; et son tronc produit beaucoup de rameaux ^ les feuilles sont composes de sept neuf paires de folioles lancoles comme des feuilles de Trone, vertes, glabres, velues en leurs bords, et qui vont un peu en diminuant de grandeur vers le som- met de la feuille. Leur ptiole commun porte une glande sa base. Ce ptiole est lgrement velu, ainsi que le sommet des rameaux et de la tige. Les fleurs sont jaunes et disposes, dans les aisselles des feuilles suprieures, sur des grappes simples et pdoncules ^ elles ressem- blent un grelot avant d'tre panouies. Elles produi- sent des gousses oblongues , comprimes , un peu cour- bes en dessus , larges d'un pouce, et longues de deux pouces ou un peu davantage. Les semences ressemblent des ppins de raisins. Analyse chimique. Ce Sn dcouvre l'analyse , 1^ un corps purgatif semblable la cathartine; 2^ une matire colorante ^ 3*^ un peu d'albumine ; 4*^ ^^^^ huile grasse : 5^ une huile volatile ^ 6^ de l'acide malique ^ 7^ des malates de potasse et de chaux, etc. Quatre livres de feuilles sches, traites par l'eau ( K ) bouillante, Jounenl une livre dix onces d'extrait, dont il faut de quarante-huit cent grains pour purger. Proprits mdiciisales. Ce Sn purge, ainsi que les autres , en irritant la membrane muqueuse. Il n'est pas de drogue aussi rpugnante a prendre , de quelque ma- nire qu'on prpare ses feuilles , ses fruits, ou ses folli- cules. L'odeur nausabonde , la snveur nmre , la couleur brune de l'infusion trouble , tout dgote et prvient les malades contre cette potion. On peut cependant ob- tenir les proprits du Sn par un autre procd , et Ton a une teinture lgrement alcoliolique moins dsagra- ble. On la fait ainsi : prenez Sn, une once ^ Jalap , Coriandre, Tartrite, acidul de Potasse, demi -once : faites infuser pendant huit jours dans une livre et demie de TafFia. Passez et ajoutez quatre onces de sucre. Ce purgatif agiable se prescrit la dose d'une once jus- qu' trois, principalement dans les diarrhes gastriques j en lavement , dans les hydropisies produites par le rel- chement des solides^ et cubains, lorsqu'on veut fermer un exutoire dans les iicvres intermittentes. Pourtant, le mdecin prudent doit proscrire son usage immdiate- ment aprs l'usnge du quinquina dans les fivres inter- mittentes dont ce purgatif peut rappeler les accs. Il doit employer la mme rserve dans les constipations compliques d'irritation des intestins, dans les affections spasmodiques sches , et dans les fivres hectiques, signa- les par une prostration gnrale des forces ^ les tuber- cules , le cancer et les concrtions hpatiques. Mode d'administration. On emploie les feuilles de ce Sn la dose de deux trois gros pour six onces de co- lature , ou de jus de pruneaux , qui en diminue lextrme ( '^7^^ ) aniertuinc , et qu'on peut d'ailleurs aoiuatiser avee du zeste d'orange. On lui assoeie quelquefois la pulpe du Tamarin , ou quelque sel neutre. Les follicules tant moins actives que les feuilles , se prescrivent de prf- rence aux tenipramens faibles et trs-irritables. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE-QUATRE. Le rameau est dessin demi-grandeur naturelle. /y. /.?.; 27 et (^ore /Jcj'ri) (i/'t/i\ J^i, i.v ireiir/r/ Jcf//lf . .! '* C ^77 ) AA^VV\A/VVVV>/VVVV>\IV\VV\^/VVVVVV\'VVVVVVVVV\^VVVVV\VVVVV\\'VVVVVVVV^ CASSE FTIDE. (^Purgatif cathartique.) Synonymie. Vulg. Casse puante. Pois puant de INicolsou. Cassia occidentalis. Lin. Dcandrie Monog-jnic. Jussieu, famille des Lgumineuses. Senna occidentalis, odore opii viroso orobi pannonici foliis mucronatis, glabra. Com. hort. 1, p. 5i. T. II. Sloan , etc. Cassia ftida foliis oblongis glabris. Plura. Vol v, p. 20. Cassia americana itida , foliis oblongis glabris. Tour- nefort, 619. Paiomirioba 1 ; Pison, p. i85. Marcgr. P- 9- Cap.actres gnriques. Calice monophylle ^ corolle polyptale rgulire ^ dix tamiiies distinctes -, un style; un stigmate; une gousse ; feuilles alternes, ordinaire- ment pinnes. Caractres particuliers. Calice cinq divisions pro- fondes , concaves , colores ; corolle de cinq ptales con- caves, gaux; les infrieurs quelquefois carts et un peu plus grands ; dix tamines abaisses , dont trois du centre moins longues et plus petites; trois infrieures fort longues; gousse bivalve, polysperme, aplatie et cloisonne. Histoire naturelle. L'odeur nausabonde de cette Lgumineuse dcle sa prsence au milieu des halliers et des savanes arides, o elle crot sans culture, enlace avec les Convovulus. L'espce dont il s'agit, a beaucoup ( .78 ) de rapport avec VAnagyris fiida (Bois puaiii) des provinces mridionales de la France. Les proprits pur- gatives m'en ont t indiqnes par les ef'els ai}alogucs de cette Casse et du Sn, placs l'un prs de l'antre par leurs caractres botaniques, et parce qu'on rencontre les mmes proprits dans la plupart des Lgumineuses. Les feuilles du Cassier puant , l'exemple de celles des Mimosa , se repoienl vers le couclier du soleil, pour re- prendre leur panouissement tous les matins au lever de l'aurore, lorsqu'elles sont abreuves de ses pleurs. Cette plante aime un terrain sec. On la cultive aisment en Europe. Cassia , selon Mrat, vient de T hbreu iiTe/- sidli. Elle crot aux Antilles et dans d'autres contres de l'Amrique mridionale. Toutes ses parties ont une odeur vireuse, ce qui l'a fait nommer Herhe puante par les naturels du pays. Il y en a deux espces, l'une lisse, et l'antre velue, qui est plus rare. Caractres physiques. La racine jouit d'une amer- tume austre^ elle est traante, grosse, longue et noi- rtre. Elle donne naissance une tige de la hauteur de trois quatre pieds , d'un gris verdtre , noueuse , li- gneuse , se subdivisant en beaucoup de rameaux , garnis chacun de huit neuf feuilles ranges par paires ou conjugues, oblongues , pointues, vertes en dessus, glauques en dessous , dont les bords sont plus rudes au toucher*, d'un got et d'une odeur dsagrable. Les fleurs naissent l'extrmit des rameaux, et res- semblent beaucoup celles du Canficier. Elles sont composes de cinq ptales jaunes concaves. A ces fleurs succdent de petites siliques , longues de cinq six pou- ces, quelquefois un peu aplaties et courbes, plus com- ( ^79 ) munmeat droites , arrondies , prenant une teinte brune en mrissant. Elles contiennent des semences gristres, serres prs Tune de l'autre. Il existe une seconde espce qui a les mmes propri- ts, et qu'on appelle Pois puant feuilles de Sny Cassia ftida foliis Senn. Elle crot le long des rivages, t ne diirre de l'autre que par ses feuilles qui sont plus troites du ct de la queue , plus obtuses leurs extr- mits , et souvent par ses siliques pendantes et plus longues que celles de la prcdente. Les feuilles tant sclies, perdent leur odeur nau- sabonde. AALysE CHIMIQUE. Lcs fcuiUcs sches, traites par l'eau bouillante, ni ont produit huit onces d'extrait par livre. Cette espce fournit une fcule colorante bleue. Proprits mdicinales. Si l'on ajoutait foi toutes les proprits que lui attribuent les mdicastres du pays, les feuilles et les graines de ce Cassier seraient propres bri- ser les calculs des reins et de la vessie, prvenir ou gu- rir la strangurie. Les feuilles contuseset appliques chau- dement sur le ct , comme rsolutives , deviendraient un remde merveilleux dans les pleurodynies , les prip- neumonies , et autres inflammations viscrales \ la dcoc- tion de sa racine sciait mme un contre-poison efficace. Je laisse ces expriences a faire ceux qui me succde- ront dans les essais que j'ai tents en faveur de l'huma- nit ^ mais je n'ai jamais employ la Casse puante que comme purgative , et dans des cas d'hystrie , en raison de sa ftidit, et elle m'a toujours russi. On vante aussi la proprit antiherptique du vinaigre , dans lequel on a laiss des semences de la Casse puante pendant quinze ( 28o ) jours en macrt ion. Ce purj^alit pioduil eul peu d'elFel^ lorsqu'on l'emploie dans les paralysies ou dans les allec- tions rhumatismales clironiques. La dcoction des feuilles est employe par les Ngres contre les inflammations de Tanus et les ulcrations produites par la prsence des insectes que les Portugais appellent Bicho de eu. Cette dcoction est aussi prescrite avec succs dans les rysi- ples des jambes. L'espce feuilles plus rondes , macre dans l'eau jusqu' dcomposition , procure un onguent mondifica- lif , dont on se sert pour gurir les ulcres , charbons , et autres affections de ce genre. Mode d'administration. La dcoction des feuilles sches, dulcore avec deux onces de sirop, s'ordonne la dose de trois gros par pinte de vhicule qui de- vient verdtre , et occasione six huit vacuations al- vines. A la dose de cinq six gros , elles excitent le vo- missement. On lui associe le Tamarin , pour affaiblir , at- tnuer sa proprit mtique , et rendre la dcoction plus agrable. Les graines sont vomitives la dose d'un gros deux au plus. Il faut une once des mmes semences par livre de vinaigre , lorsqu'on le destine une action iatralcp- lique. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE-CINQ. , Naissance d'un rameau pourvu de sa glande utriculaire. //,/.;v/. L 7 /ir'ni/orp /)<\rtt>if/i/\ /^/Kf tra/>/'iet t'riiai. ililVOXK W A31KIII0I ( 28. ) BRYONE D'AMRIQUE. (Pujgatif cathartique.) Synonymie. Vulg. Couleuvre-Serpentine. Bryonia ameri- cana. Linn. Clas. ai. Monocie Sjngnsie. Jussieu , classe i5 , ordre 2 , famille des Cucurbitaces. Tourne- fort, Campaniformes. Brjonia fructu singulari rubro ma- jor. Plum. n6. Bryonia foliis amplis, cordatis,trilobatis, serratis. Burm. Amer. tab. 66, f. i. En anglais, Hop- Bryony. En espagnol, Nueza En malabarais, Muccac- Piri. Rbeed. V. viii. Caractres gnriques. Fleurs monoques ou dioques. Mle :calice cinq dents, soud dans ses deux tiers inf rieurs avec la corolle qui est campanule , et cinq lobes obtus*, les cinq tamines sont triadelplies-, les anthres sont en lignes flexueuses ^ les trois andiophores sont distincts leur base. Femelle : calice et corolle comme dans les fleurs m- les , l'exception de l'ovaire infre qui forme sous la fleur une saillie globuleuse -, style surmont de trois stigmates bifides et poilus ^ fruit charnu pisiforme , ren- fermant ordinairement de trois six graines. (Richard. ) Caractres particuliers. Fleurs cucurbitaces toutes unisexuelles j les deux sexes se trouvent communment sur le mme pied dans des fleurs diffrentes , et quelque:: fois sont spars sur diffrens pieds. Histoire naturelle. Le nom de Bryone , suivant ( >: ) Chaiimeton , vient du mot grecjBpuiv, vgter, pousser , crotre , parce que cette plante offre une prodigieuse v- gtation. On rappelle aussi Couleuwree -Serpentine j parce qu'elle est rampante comme ces reptiles , et qu'elle s'entortille de mme. Les Ngres recherchent sa racine pour se purger -, pour cet effet , ils la creusent et la rem- plissent de Taffiaqui, dans une nuit, s'empare de toute la partie rsineuse , qui est la seule purgative ^ mais ils ne sont jamais srs dans leur exprience , dont le rsul- tat est relatif la quantit et au degr de la liqueur al- coliolique qu'ils ont employe. La racine perd, en &e des- schant, beaucoup de son nergie. Caractres physiques. La racine de cette Bryoneest tantt uapiforme , tantt Lranchue et d'un got un peu amer. Elle pousse plusieurs tiges fort longues, anguleu- ses, articules, verdtres, grimpantes, et qui s'entortil- lent autour des arbres. 11 nait chaque articulation une feuille, une vrille et une fleur ^ les feuilles sont ptioies, amples , cordiformes , anguleuses , divises en trois lobes pointus , un peu rudes au toucher , bordes de dnis rares et spinulifornies , presque seniblables celles du Figuier commun. Les fleurs sont pdoncuies, et ont leur corolle par- tage en cinq lobes troits, obtus, verdtres en dehors, et blancs intrieurement. Les fruits sont des baies ovales, de la grosseur de l'olive , rouges dans leur maturit , et contenanlde trois six semences comprimes , situes dans une pulpe spon- gieuse. (EncycL) Atalyse chimique. La racine, comparable celle du Manioc , contient beaucoup d'amidon avec addition d'un ( ^83 ) principe acre et amer, qui lui donne une saveur stipti- que et une vertu purgative que peut peine efTacer la dessiccation. On peut enlever ses principes acres par des lavages frquenuneut rpts ^ alors il ne reste plus qu'une fcule amilace, trs-Llanclie , qui peut servir la nour- riture. PiiopraTs MDICINALES. Extrieurement , on emploie la racine frache coupe par rouelles comme rubfiante , tant applique sur la peau. Ou la prescrit intrieure- ment, aprs lui avoir fait subir des prparations, dans les hydropisies , dans quelques cas de manie , celle , par exemple, entretenue par une matire glaireuse vitre, qui enduit Testomac et les intestins, et toutes les fois qu'il est besoin de recourir des purgatifs acres , comme dans rastlime chronique. Des proslytes de panaces ne craignent pas de comparer les vertus de cette racine celles de Tlpcacuanha , qu'elle peut, disent-ils, rem- placer comme vomitive, purgative, bchique , incisive , apritive , diurtique, fondante, emmnagogue, etc.... J'ai eu occasion de la prescrire avec avantage dans les dissenteries, dans les affections vermineuses , dans les fivres bilieuses et continues^ dans les angines, coque- luches , et spcialement dans les pripneumonies bi- lieuses, les fivres puerprales, la rougeole, la variole , la gonorrhe et les flatuosits. Comme la racine rpe perd toute son cvel par la cuisson, on en fait des cataplasmes rsolutifs , utiles dans les douleurs arthritiques. Mode d'administration. La poudre del racine s'ad- ministre , comme vomitif, la dose d'un scrupule un gros. Quatre onces de vin blanc o l'on a mis infuser, ( 8/, ) pendant douze heures, deux onces de la lacinr, suHi- sent ponr pnrger les srositt's. KyPLICATION DK LA PLANCHE CENT THENTE-SIX. X^e dessin est excut demi-grandeur naturelle. /'A<'oi/o7^e 7)e,fi\>u/'h/\ /*//t (rfi/tne^ <'.!f/p. C> TAM CM.I T FTii C; ATIF. ( 285 ) i QUAMOCLIT PURGATIF. ( Purgatif drastique. ) Synonymie. Vulg. Liane purgative Bauduit; liane mde- cine; Rue purgative; Ipomaea triloba, Turbith., Lin. Pen- tandrie Monogynie. Jussieu , famille des Liserons. Tournefort, cl. 2 ; infundib., sect. 2. Ipomaea catbartica, D. Ipoma foliis glabris, cordato-trilobatis, acumina- lis; coroll tubo subeylindrico, inflato. (Lam.) Convol- vulus africanus, Niois. Hist. Nat.de St.-Dom., page 260. En Carabe, Arpea. , CARACTiiRES GNRIQUES. Plantes dicotyldones, fleurs compltes, monop tales , de la famille des Lise- rons*, tiges volubiles et laiteuses; feuilles simples, digi- tes ou ailes^ fleurs axillaires ou terminales. Calice cinq dcoupures ; corolle infundibuliforme ou campanu- le \ un stigmate capit et globuleux 5 une capsule plu- sieurs loges. Catiact:res particuliers. Feuilles trois lobes, cor- diformes -, pdoncules uniflores et quelquefois multiflo- res , grappes ; limbe pliss. Histoire naturelle. Cette belle Liane, que M. Po- teau a rapporte de Saint-Domingue , y crot aux lieux humides, dans les bois frais et ombrags, sur le bord de certaines rivires. Ses tiges nombreuses se marient aux branches des arbres voisins , y forment des guirlan- des , des torses , s'accrochent et se replient ensuite vers Tome IL 35 Livraison. ^3 ( 286 ) ja terre pour y prendre rneiuc et se nuilliplier. Elle porte le nom de Liane Bauduit , consacre la mmoire de M. Bauduit, riclie habitant de la partie du Cap, le Saint-Domingue , qui faisait consister son bonheur dans les soins gnreux qu'il donnait l'humanit souffrante. Ce fut lui qui dcouvrit dans cette Liane laiteuse un suc rsineux qui se coagule, et a la proprit de purger. Il lit avec un syrop purgatif trs-accrdit dans les colo- nies , et qui porte aussi son nom. Ce syrop est trs-ac- tif, et demande tre employ avec beaucoup de pru- dence et de circonspection , car il occasione des super- pur gtions. Caractres physiques. Les tiges de cette Liane sont grimpantes , glabres , herbaces , garnies de feuilles am- ples , alternes , distantes , longuement ptioes , larges, ovales , en cur , glabres , entires leurs bords , divi- ses en trois lobes ingaux ^ les deux latraux, ovales , plus courts , aigus *, le terminal , ovale , lancol , acu- min ^ les pdoncules axillaires_, ordinairement uniflores^ les fleurs grandes, d'un beau rouge vif-, le tube de la corolle pais , renfl , rtrci, et cylindrique sa base , long d'un pouce et plus , d'un vert ple ^ le limbe ample, cinq lobes , marqu en dessous d'une toile cinq rayons lancols ] les tamines plus courtes que la co- rolle , d'ingale grandeur ^ les anthres allonges -, le stigmate en tte. Il leur succde une capsule arrondie, deux loges et deux semences. Analyse chimique. Le suc concret obtenu par les in- cisions des tiges et des racines , contient un principe r- sineux , de la gomme , un principe extractif , et des d- bris de Vgtaux. Les racines sches , traites par l'ai- ( 287 ) ^ coiol h 19*^, et mises en macration, produisent par livre (le substance quatre onces d'extrait sec. Proprits mdicinales. On retire de ce Quamoclit un suc laiteux qui noircit en se coagulant 5 cette subs- tance gommo-rsineuse a la vertu de la Scammone. Elle purge violemment la dose de trente-six grains. Les liabitans des Mornes , qui en font un frquent usage , prennent une poigne de cette Liane, qu'ils coupent par petis morceaux, et mettent infuser pendant une nuit dans quatre onces de vin , et se purgent avec cette prparation mdicinale. On remdie aux superpurgations que cette potion liioque occasione souvent en prenant du vin sucr. Mode d'admiisistration. La dose de la racine en poudre est de vingt trente-six grains , suivant l'ge et le temprament. Celle de la teinture , d'une once deux. Ou prend une once de tige fraiclie , pour six onces d'eau, qu'on fait rduire quatre. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE-SEPT. La plante est dessine demi grandeur naturelle. 18' -. ( 288 ) LISERON A GROSSE RACENE. (^PurgaUf drastique.) Synontmie. Vulg'. Liane Minguet. Convolvulus ma- crorrhizos. Lin. Pentandrie Monogynie. Jussieu, famille des Liserons. Tournefort, cl. i. Campaniformcs, sect. 1. Convolvu^iUS coccineiis radie catLartic instar Mechoa- chan. Plum. Vol. ii, p. 58. Convolvulus foliis digitalis septenis integerrimis, Caule glabro , pedunculis mulliflo- ris. Convolvulus coceineus heptapLyllus, radie crns- sissima; Plum. Cat. ^ p. i > Miss. V. ii , t. 58. Convolvulus foliis digitatis septenis, lanceolatis. Burm. Amer., p. 79, t. 90 , fol. 1. Caractres gnlriques. .Famille trs-distincte des Borragine3 par sou fruit capsulaire , et la structure de son embryon 5 tige herbace volubile; feuilles alternes dpourvues de stipules-, calice persistant, cinq divi- sions profondes ; corolle campanule ^ deux stigmates ; capsule deux loges 5 loges dispermes. Caractres particuliers. Feuilles digites , au nom- bre de sept, lobes festonns^ tige glabre; pdoncules triflores; capsule globuleuse. Histoire naturelle. La Liane Minguet se trouve assez communment dans les forts des Mornes levs -, elle aies proprits de la Scammone. Au moyen de l- gres incisions, il transsude de toutes les parties de la lige et de la racine un suc laiteux qui se concrte l'air, p/.lj//. ^A^ifu^ore /^eseoiir-ti/K /\f O/fA/if'/ ^UuiAi. Ll^EiiO:^^ A UIUKSSE^ liAriNllS. ( ^-89 ) et oOVe un purgatif trs-actif. Lorsque la tige est sche , soit qu'elle ait pris plus de consistance au bout d'un certain temps, soit qu'elle ait cd la violence des ou- ragans , elle offre sa cassure une rsine trs- brillante. Les INgres, qui savent profiler des richesses que la na- ture leur offre chaque pas , coupent les liges vertes en biseau , de la longueur de deux trois pouces. Ils pla- cent ces morceaux dans une auge vernisse, destine recevoir le suc laiteux qui en sort, et se concrte en une rsine trs-blanche. D'autres se contentent de faire sur le pied des incisions , puis de ramasser avec une spa- tule la rsine lorsqu'elle est coagule. Le nom IMinguet est celui d'un ancien habitant , dont la mmoire est en- core aujourd'hui honore. Caractres physiques. Ce Liseron a des racines tu- breuses , napiformes , trs-grosses , douces au got , et remplies d'un suc laiteux. Il en pousse des tiges sarmen- leuses d'un vert fonc, peu prs de la grosseur du doigt , rameuses , volubiles , et assez longues pour grim- per sur les plus grands arbres. Les feuilles sont digites et portes sur des ptioles longs et purpurins : les digitations sont au nombre de sept, glabres, ovales, lancoles, pointues, un peu si- nues, longues d'environ trois pouces, d'un vert gai, et leur nervure moyenne est purpurine en dessous. Les pdoncules se voient aux sommits des rameaux. Ils sont axillaires , solitaires , courts , grles , chargs de cinq six fleurs. Les corolles sont carlates , de la grandeur de la paume de la main , campaniformes , en tube leur base, limbe vas et lgrement onde. Le stigmate est capit ( ^9^ ) et bilob. La capsule (jui forme le (rnil est ovode ei deux loges. -Analyse chimique. Les expriences faites sur le suc de ce Liseron, nous ont offert les mmes rsultats (jne sur r espce prcdente. Proprits mdicinales. Les naturels du pnys qui , dans leur mdecine domestique, utilisent la Liane Minguet, dterminent la dose convenable par la lon- gueur des Jeux bras du malade qu'ils veulent purger. On sent tout rinconvnient de cette doctrine fallacieuse et arbitraire. Aussi, ce remde est-il mal dos, et Tin- fusion d'une cret insupportable. Le sirop est gale- ment trs-acre. Mode d'administration. On emploie le Convolvnlns en infusion , en sirop, en extrait. L'infusion et le sirop tant d'une saveur dsagrable , on prescrit l'extrait de prfrence. Il se donne la dose d'un gros , et purge convenablement. C'est aussi un trs-bon vermifuge. C'est tort que l'on prescrit quelquefois la rsine seule aux enfans , en bol et la dose de dix douze grains. Cette rsine tant doue d'une vertu broque , s'attache aux parois des viscres , agace , irrite , et enflamme tellement alors la membrane muqueuse , qu'elle cause des super- purgations toujours accompagnes de tranclies et de convulsions. Le docteur Chevalier , pour obvier ces inconvniens, associe cette rsine des correctifs , et propose la for- mule suivante, qui m'a toujours russi. Prenez Anti- moine diaphor tique , Diagrde , AEthiops minral , de chaque , dix grains -, non-seulement cette poudre (291 ) ne donne ni superpurgations ni tranches , mais c'est un excellent fbrifuge. )) Ce Diagrcde , indiqu par Chevalier , n'est autre chose que la rsine de notre Liane Minguet. Au reste, la meilleure manire de l'em- ployer est de l'utiliser dans les lectuaires , o l'on fait entrer la Scammone, qu'elle remplace merveille. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE-HUIT. Racine. ( 29^. ) vvvvv^lvv\^lv^/vv\'vv^ wt l.A^ iw^ NYCTAGE DICHOTOME. {Purgatif drastique.) Synonymie. Vulg. Rhubarbe blanche, Scammone d'Amri- que. Herbe de quatre heures. Mchocan. Mirabilis Di- chotoma. Lin. Pentandrie Monogjnie. Mirabilis floribus sessilibus , axillaribus, solitariis, erectis ; Lam. III. 2167. Polygonum scandens, vulgo Mechoacana dictus. Poup. Desp. Admirabilis Jasmini Rosa ; Clus. Hist. 2 , p. 90. Jalapa oflBcinarura et mart. cent. 1, tab. \, Solanum mexicanum flore parvo. Bauh. Pin. 1G8 , prodr. 91. Tournef. Jalapa; clas. 2. Infundibul. sect. 3. Jiissieu , famille des Nictages. En malabarois, Audi-Mallcri. Caractres gtriques. Corolle infiiiidibulifcume , suprieure 5 calice infrieur*, nectaire globuleux renfer- mant l'ovaire; une semence involucre par le calice. (Vivace). CarActiires PARTICULIERS. Flcurs solitaires, axillaires, redresses , sessiles. Histoire tAturelle. Le nom vulgaire de Fleur de quatre heures , a t donn cette plante , parce que les fleurs de ce Nyctage s'panouissent bien plus tt que les autres , et ne commencent s'ouvrir qu'aprs le coucher du soleil , pour se refermer sous l'influence de ses pre- miers rayons du matin. L'amant passionn qui aime errer au milieu des nuits , sous les votes silencieuses des forts de ce nouveau monde , et v chercher le /"l.z^l. T/tfft^re 7)ej'Ct'iu-/if'C J^m.r (Mairie/ J'cu/o. :^\C TA GF. 1>TC MOO^fJE . ( 293 ) bonheur dans des chimres qui charment son imagina- tion , est entran malgr lui par les manations volup- tueuses de cette plante, dont les fleurs rpandent pen- dant la nuit une odeur trs-suave , et qui lui est parti- culire. Elle crot naturellement au Mexique et dans beaucoup d'iles Antilles , o on la rencontre au milieu des forets vierges. On la cultive dans les serres aprs l'avoir fait lever dans des pots sur couche en avril. Elle produit un joli effet dans les massifs des jardins paysa- gistes. Selon Mordant de Launai. le mot Nictago est com- pos de Nicros ^ gnitif de Nfx^ et de ylgein^ dlecter, attirer. On recherche les fleurs de cette NicLige odo- rante pour les crmonies religieuses. Caract;res physiques. Cette plante ressemble beau- coup la Belle-de-Nuit , que l'on cultive en Europe pour l'ornement des jardins-, elle en diffre nanmoins par des caractres particuliers : ses tiges sont noueuses , paisses , et poussent une grande quantit de rameaux dichotmes , tals et touffus. Ces tiges sont laiteuses. La racine , blanche comme celle de la Bryone d'Eu- rope, en diffre es entiellement en ce qu'elle est com- pacte , ille et l, et non fongueuse , ni amre , ni d'une odeur nausabonde. Cette racine est articule et trs-grosse, tant frache. Elle est brune extrieure- ment, blanche en dedans, laiteuse et rsineuse. Les feuilles sont alternes, vertes et cordiformes. Les fleurs monoptales sontcampanules, quelquefois rouges, fouettes de jaune \ quelquefois de couleui- de chair ple au-dehors , et purpurines intrieurement. Les fruits qui les remplacent sont noirs , triaugulaircs , et de la grosseur d'un noyau de bigareau. C '-94 ) Analyse chimique. La racine de Mcclioacan , suivant Bonastre, parat contenir sur cent parties , i*^ substance rsineuse solublc dans FEtlier 2. 2^. Extractif aqueux (gomm) 16. 3. Amidon 5o. Albumine 2. Fibre bgneuse 3o. Proprits mdicinales. Ce Mcboacan, donn froid et en poudre , purge les humeurs glaireuses , les visco- sits et srosits de la tte, de la poitrine et des articu- lations ^ c'est pourquoi on F ordonne en substance con- tre la goutte et autres douleurs arthritiques^ contre les affections scrophuleuses et syphilitiques , et contre l'a- nasarque. Mode d'administration. On coupe ces racines par tranches pour les pharmacies ^ mais elles ne se conser- vent que trs-difficilement , et sont bientt attaques par les vers et par la moisissure. On a reconnu aussi que la vertu drastiqie du Mchoacan s'vaporait par l'humidit-, c'est pourquoi on lui prfre le Jalap. La dose en pou- dre est depuis vingt-quatre grains jusqu' un gros. On en prpare avec une teinture hydragogue, dont la dose est d'une once. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE-NEUF. 1. Racine entire. 2. Tronon de racine du commerce. /V 7I0 T^ea(^ore ^ej-cou/'/i/x J^a: , (rdofie/ lieu/. ( 295 ) A.ww^'Wvw* wvw vv\\^Aivvvvvvvv> vv\Aivvvv> vvvvvvvvvvvvvv^'Vv^lVVVvv^'Vvvvvvvv*vv^^vvvvvvvvvv\^Al^ LISERON JALAP. (^Purgatif drastique. ) Synonymie. Convolvulus Jalappa. Lin. Pentandre Monogy- nie. Jussieu , famille des Liserons. Tournefort, cl. i. Campanif. sect. 3. Desfonlaines, An. Mus., p. 126. Vol. III, t. 4o et 4i. Ipomaea maclirorliiza, Micli. Flor. bor. Am. 1 , p. i4i. Brjoniamecliiocananigricans. Bauh. Pin. 298. Convolvulus americanus , Jalapium dictus. Raj. Hist. 724- Convolvulus foliis variis, pedunculis unifloris, radie tuberosa. Mill. En espagnol , Xalappa. En por- tugais, Jalappa. En anglais, Jalap. Cahactres gnriques. Calice cinq divisions *, co- rolle moiioplale , plisse, canipaniforme ou infundibn- liforme^ cinq tamines^ un style surmont de deux stig- mates -, le fruit consiste en une capsule suprieure , en- toure par le calice, deux loges , renfermant cliacuno deux semences. Caractres particuliers. Feuilles ditormes , cordi- formes , anguleuses, oblongues et lancoles^ tige vo- lubile ^ pdoncules uniflores. Son fruit est un Polakne bipartible , sillonn et raboteux ; ou graine nue g- mine. Histoire naturelle. Cette plante , dont la racine est si employe en pharmacie, est originaire du Mexique , mais s'est parfaitement naturalise aux Antilles et dans plusieurs autres parties de rAmcri([ue mridionale , et mme de rAmriquc scptenlrioiialc , ainsi que Ta fait connatre Michaux , sous le nom 'Ipoma macrorhiza. Le Jalap est trs- commun dans les forets de la Vera-Cruz, et lire son nom de Xalappa , ville de l'Amrique espa- gnole , d'o elle fut reue pour la premire fois en Eu- rope. Le Jalap du commerce est en morceaux entiers , ou par racines hmisphriques et en rouelles de plusieurs pouces de diamtre. Sa surface externe est brune*, son intrieur est moins fonc et marqu de zones *, la cassure en est brillante ^ l'odeur nausabonde , et la saveur acre et irritante. Caractires physiques. La racine du Jalap est ou fusi- forme ou arrondie. Elle est blanche , charuue , lactes- cente , donnant naissance plusieurs tiges herbaces , sarmenteuses , stries, de la grosseur d'une plume d'oie, verruqueuses , et s'levant la hauteur de vingt pieds , autour des arbres qui lui servent de soutien. Les feuilles sont alternes, ptioles, subcordiformes , aigus, entires, quelquefois divises en deux, trois ou cinq lobes , glabres en dessus , et velues infrieurement. Les fleurs sont pdoncules , solitaires et axillaires , violaces^ leur calice est persistant, cinq divisions profondes et un peu ingales. Leur corolle est subinfundibuliforme, rgulire*, le tube est cylindrique , le limbe est vas et subcampaniforme^ les cinq tamines sont rapproches , et ne dpassent pas le tube de la corolle. Le style est filiforme , d'une lon- gueur gale celle des tamines , termin par un stig- mate bilob. La capsule est ovode , arrondie , mince , de la grosseur d'une noisette, enveloppe par le calice -, or- ( ^97 ) dinairenieiit quatre loges, contenant cliacune une ou deux graines triangulaires , recouvertes de longs poils soyeux. (Pucliard. ) Atalyse chimique. D'aprs M. Flix Cadet Gassicourt, cinq cents parties de racines de Jalap ont produit : rsine, 5o ^ eau , 24 *, extrait gommeux , 220 ^ fcule , i2,5 ^ al- bumine , 12,5 ^ phosphate de chaux, 4, muriate de po" tasse, 8,1 ^ sous-carbonate de potasse, 2^ sous-carbo- nate de chaux, 2*, carbonate de fer, 0,1 -, silice, 2,^; perte ,17. Selon Bonastre , cent parties contiendraient: rsine, 10^ extractif brun insoluble en alcohol, 44^ amidon , 2,0 ^ fibre ligneuse, 29 j albumine, 2,5 *, matire colorante , sucre et acide acteux, 2; perte, 10. La ra- cine sche concasse, traite par l'alcohol 25 , a pro- duit, aprs sa macration et vaporation du vhicule, un extrait d'une once sans fcule , et d'une consistance pil- lulaire. Proprits mdicinales. Le Jalap est un purgatif dras- tique, qui manque rarement son effet. Il ne convient point aux tempraniens sanguins, nerveux et irritables, mais il offre les plus grands avantn.qjes aux personnes d'une constitution froide , remplies de srosits, et qui ont la fibre molle et relche. On le prescrit avec succs, comme hydragogue , dans les hydropisies produites par relchement. Il est aussi fort utile dans les maladies des enfans, dont la constitution molle, laiteuse ou chyleuse, mitig l'acrimonie du purgatif. Le docteur Rothen , dit Rocques, a prpar une teinture anthelmintique, Fac- tion de laquelle les tnias ne peuvent rsister. On la compose ainsi : prenez Jalap 4 onces^ semences de Car- thame 2 onces^Scammone 1/2 once^Gomme-Gutte 2 gros-, ( 298 ) concassez ces substances; faites dii^rer pcnd.uit cincj jours dans vingt-quatre onces d'alcoliol, et dcantez la liqueur. Versez encore liuit onces d'alcoliol sur le marc-, laissez digrer, dcantez, et mlez les digestions. La dose de ce mdicament hroque est d'un h deux gros jusqu'il quatre. Une autre prparation galement indi- que par le docteur Rocques , qui la science et l'iiuma- nit doivent les plus grands loges , est celui-ci : prenez Scammone , douze grains -, Jalap , six grains *, sulfate de Mercure , ou Turhitli minral , deux grains. Formez cinq pillules avec suffisante quantit d'esprit de vin. Oji prend trois pillules jeun , et les deux autres une heure aprs. Cette prparation lit rendre une femme dix-sept tnias. Mode d'administratiois. Quelques mdecins partisans de la mthode iatraleptique , prescrivent en frictions sur Fpigastre la dose d'un gros la pommade purgative que voici : prenez poudre de Jalap , quarante grains ; Scam- mone, vingt-quatre grains; mercure doux, douze grains-, suc gastrique de Chouette , quantit suffisante pour in- corporer les poudres indiques. Le Jalap en poudre se prescrit depuis quinze jusqu' quarante grains; mais il est prfrable d'employer la rsine , dont l'action est plus sre. Sa dose est de huit dix grains dissous peu peu avec un lait d'amandes, qu'on aromatise suivant le got des malades avec un gros d'eau de fleurs d'oranges , ou quelques gouttes d'huile essen- tielle de Cannelle , de Ravend-Sara, ou autre. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUARANTE. Racine telle qu'elle se vend dans le commerce. /^y TTif^x/nr/" De.fOiif'/7/\ r 'i'i.r (rarie/ J'en/fi M FJ WX 1 N- WA\ C AT 1 1 Airr I O TK ( ^99 ) MDICINIER CATHARTIQUE. ( Purgatif drastique. ) Synonymie. Vulg*. Grand Mdicinier; Pignon de Barbarie; Noix de mdecine; grand Haricot du Prou; JatropLa cur- cas foliis cordatis angulatis, Lin., Spec. Plant., 3. Moncie Monadelphie. Jussieu, famille des Euphorbes. Ricino- des Gossipii folio. Tournefort. Ricinus americanus ma- jor , semine nigro, Bauh. , Pin. 432. Plum. , Cat. 20, et Mss., vol. 4? tab. i35. Ricinus major, americanus, cur- cas dictus et faba purgatrix Indiae-Occiduae, J. B. Hist. 3, p. 643. Ricinus ficsfolio, flore pentapetalo viridi, fructu levi pendulo, Sloan, Jam., Cat. 4o. Croton seu Ricino- des f'rutescens, foliis cordiformibus laet virentibus, Poup.- Desp. Munduj-Guacu, Marcgr.,Bras. 97. Jatropba as- surgens, ficus folio, flore lierbaceo, Browne, Jam. Nuces Barbados, Anglais. ^ Caractres gnriques. Feuilles alternes , lobes ; fleurs disposes en cimes opposes aux ptioles , mono-r ques. Les mles, corolle infundibuliforme, et dix tami- nes monadelpliiques. Les femelles, corolle cinq pta- les, trois styles biides ; capsule trois loges monospermes, Caractiires particuliers. Feuillage vert jauntre \ limbe des feuilles anguleux , cinq pointes ^ le ptiole long ^ la tige marque de cicatrices , mais dpourvue de stipules \ les fleurs verdtres , disposes en corjmbes la- traux ou axillaires. Le fruit a trois loges. Histoire naturelle. Cet arbrisseau touffu, connu Tome II. 36^ Livraison. ig ( 3oo ) par ses proprits cathartiques, se plat clans les lieux un pen humides. On le rencontre aussi communment le long des ruisseaux et des rivires. On l'emploie , comme le Sureau en Europe, pour entourer les parcs, pour faire des haies de clture, et circonscrire les jardins et les habitations. Il se multiplie aisment de boutures. Les racines et certaines parties de la plante fournis- sent aux teinturiers une couleur violette que Poupe- Desportes regarde comme solide. Caractres physiques. C'est un arbrisseau touffu de la forme de nos Figuiers, rempli d'un suc blanc, acre, lai- teux, astringent, et d'une odeur vireuse et nausabonde. Son bois est mou, cassant, plein de moelle *, son tronc gri- stre ou roux dans sa jeunesse , cylindrique , uni , se ter- mine par des rameaux feuilles seulement a leur extr- mit ^ le reste de leur longueur est charg de cicatrices laisses par les anciennes feuilles aprs leur chute. Les feuilles sont parses , ptioles , cordiformes , pointues , anguleuses, nerves et veines, vert-jauntre eu dessus , glabres , luisantes , couleur de rouille en des- sous 5 longues d'environ cinq pouces , un peu moins lar- ges -, leurs angles sont pointus , ordinairement au nom- bre de cinq , entre lesquels on voit souvent des dents grossires \ les ptioles sont plus longs que le disque de la feuille. Les fleurs nombreuses, pdicelles, naissent sur les jeunes pousses en bouquets axillaires ou latraux, co- rymbiformes , plus courts que les ptioles. Les ramifica- tions de ces corymbes sont altei^ncs, lgrement velues , munies, chacune leur base, d'une petite bracte lan- cole , cailleuse. ( 3oi ) Les fleurs des deux sortes ont un calice cinq divi- sions profondes , d'un jaune verdtre 5 une corolle mo- noptale , semiquinqufide , campanule , ventrue la base , dcoupures ovales , obtuses , un peu rflchies , d'un blanc jauntre. Dans les mles , cinq glandes jau- nes , orbiculaires , comprimes , obtuses , sont places la base des dix filamens que terminent autant d'an- thres. Le fruit est ovale , de la forme et de la grosseur d'une noix, d'abord vert, puis jaune , et enfin noirtre. Sous une enveloppe paisse, coriace, ride, glabre, sont places trois coques blanchtres , bivalves et mono- spermes. Les semences sont ovales , oblongues , cohvexes en dehors , obscurment anguleuses du ct interne , pres- que cylindriques , entoures de deux tuniques propres , dont l'extrieure est fragile , crustace , noirtre et pa- nache de jaune. L'amande est blanche et si huileuse , que la simple pression des doigts en fait exsuder cette substance. Analyse chimique. Les amandes de ce Mdicinier, tant distilles avec de l'eau, donnent une huile volatile, pesante et vnneuse. Proprits mdicinales. Le Mdicinier offre des pro- prits mtiques et purgatives trop actives pour l'em- ployer sans beaucoup de circonspection. On est tonn qu'il n'arrive pas plus d'accidens de ses usages qui , dans les mains des Ngres , est journalier , surtout celui des feuilles qui , administres sous un nombre mystique toujours impair extrieurement, et, qui pis est, intrieu- rement, leur russit le plus souvent , tant leur constitu- 9' ( -i-'- ) lion est molle. 11 laut rejX'nclant lie irs-rseiv dans remploi de riuiile cxlraitc des graines de cet arbrisseau , surloul si la plantulc n'en a point c'? enleve , car elle est caustic(iie, et occasione des superpurgations dont ou arrte , 1 lie de Bourbon, les accidens, ditCommcrson, en plongeant le malade dans Tcau jusqu'au cou. Il r- sulte aussi de cet usage indiscret des gastrites si aigus , qu elles sont bientt suivies d'ulcration de la membrane muqueuse. On a pourtant remarqu que le Mdicinier qui fait vomir tant verd, perd ses proprits par la des- siccation. L'huile qu'on extrait des graines avec leur em- bryon est si caustique , que su^r l'habitation Bouyer Dessources , l'un de mes compagnons d'infortune , le matre d'iiotcl , sciemment ou innocemment , ayant as- saisonn une salade avec cette huile , tous les convives prsentrent la fois une figure convulsive , et prouv- rent de violentes coliques accompagnes de vomissemens excessifs. On voit d'aprs ce fait combien il est dangereux d'en faire usage l'intrieur, et que cette huile est beau- coup plus purgative que celle du Ricin. Nanmoins , Pison en recommande l'application dans les obstructions invtres des viscres. Les Ngres l'emploient en fric- tions et inlrieuremcjU dans le traitement des scrophu- les. Dans le cas d'hydropisie par atonie , on la pres- crit dans les clystres. On en frictionne les membres contracts , et dans les maladies froides des articulations en lui associant l'axonge musque du Crocodile museau effil. Les hattiers font ui secret de cette prparation qu ils vendent au poids de l'or comme nervale. On fait quelquefois prendre aux enfans, comme vermifuges, deux ou trois gouttes de cette huile dans du sirop de baterie. Les mdicastres du pays emploient , pour cataplasme ( 3o3 ) fondant et rsolutif dans les cas de gonorrhe tombe dans les bourses , l'axonge dans laquelle on a fait frire des racines effiles du grand Mdicinier , des feuilles de Tabac vert , et celles du Ricin. Les Ngrillons sont friands des graines , qui ont la sa- veur de la noisette et son innocuit , lorsqu'on en a en- lev l'embryon ou plantule. Mode d'administration. La dose des graines mres est de trois cinq pour une purgation vomi-catliar tique. On les dpouille de leur pellicule extrieure et int- rieure \ on les torrfie lgrement , et on les laisse macrer quelques heures dans du vin rouge aromatis. L'huile s'ordonne dans une mulsion la dose de huit dix gouttes. Le tafia arrte les effets drastiques des graines de cet arbrisseau. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUARANTE-UNE. ( La plante est rduite au tiers de sa grandeur naturelle. ) 1. Fiuit de grosseur naturelle. 2. Fruit coup transversalement. 3. Graine. ( .ioi ) \%*VVVVVVVV\VVVVVVV\VVVVVVVVVVV\'VV\'VV\VVVV\AA\/>VVV\VVV\VVIVVV\^'VVVVVV^VVVVV^VV'VVVVV>'VVVV^ MDICINIER MULTIFIDE. ( Pui'gailf drastique. ) Synonymie. Vulg. Mdicinier btard , petit Mdicinier, M- dicinier d'Espagne, Noisette purgative. Jatroplia multifida, foliis rnultipartitis levibus, stipulis setaceis mullifidis, Lin., Spec. Plant. , n** 4" Moncie Monadelpliie. Jussioa , famille des Euphorbes. Avellana purgalrix, Baub. Pin. 4^18. Ricinodes arbor americana, folio multifido, Plum,, Cat., p. 20. Tournefort, 656. Ricinodes americanus tenuiter diviso folio, Breyn. Cent. 116, tab. 53. Sloan., Jam., 4o. Jatropba assurgens, foliis digitatis, laciniis an- gustis, pinnatifidis, Brown. Jam., pag. 348. Croton seu Ricinodes villosus , folio splcndente , floribus atropurpu- reis. Poup.-Desp. C'est le Eraway des Carabes. Caractres gnriques. Feuilles alternes palmes^ fleurs disposes en cimes , monoques ^ les mles co- rolle infundibuliforme et dix tamines , monadel- pliiques ; les femelles , corolle cinq ptales, trois styles bifides; capsules trois loges monospermes. Caractres particuliers. Feuilles divises pro- fondment en lobes fusiformes trs -lisses, d'un vert sombre ; les ptioles et les tiges couverts de poils longs, multifdes , glanduleux , d'un rouge de sang -, les fleurs stelles , obtuses et rouges. Histoire naturelle. Cet arbrisseau , dont le feuillage est trs -lgant, est aussi remarquable par le rouge p/az. J^^Of/o^e^ J?r*prou/^^7\ /^tn^' (^/trt^i i.tcu/p > MF.BECrXIEE 3m.lTFl>E ( 3o5 ) clatant de ses fleurs. On Temploie aux Antilles, o il crot naturellement dans les massifs des jardins d'a- grment. Il aime un terrain moins humide que le prcdent. Caractres physiques. Arbrisseau dont la tige pleine d'un suc limpide visqueux , acre et amer , s'lve huit pieds environ \ elle est droite , peu compacte , et se termine par quelques rameaux. Les feuilles sont grandes , alternes , profondment divises, palmes ou digites, composes ordinairement de neuf lobes, disposes orbiculairement sur de longs ptioles ^ elles sont lisses , glabres , d'un vert fonc en dessus 5 glauques en dessous , finement dcoupes, et ont leurs principales nervures d'un rose tendre : les dcou- pures de leurs lobes sont linaires, trs-pointues, quel- ques-unes sont entires, les autres incises. Les p- tioles longs de six sept pouces , cylindriques , sont cou- verts de poils ou stipules multifdes divisions staces , glandulifres et d'un rouge de sang. Les fleurs viennent en cimes ombelliformes sur des pdoncules cylindriques , opposs aux feuilles et plus longs que les ptioles. Ces fleurs d'une couleur carlate vive , sont ouvertes en l'ose , les unes mles , les autres femelles. Elles ont un calice cinq petites divisions , une corolle d'abord campaniforme , ensuite trs-vase , offrant cinq ptales , ou seulement cinq divisions pro- fondes , ovales , obtuses , concaves , beaucoup plus grandes que le calice. Les mles sont pdicelles , nom- breuses , tamines courtes ^ les filamens sont purpu- rins, chargs d'anthres jauntres 5 les fleurs femelles en petit nombre sont sessiles dans les bifurcations des p- ( 3o6 ) doncules , elles uiit un ovaire trigoue arrondi , trois styles bifldes. Le fruit est lgrement pyriforme , de la grosseur d'une noix, compos de trois coques membraneuses, brunes , renfermes sous une corce peu paisse, coriace et safrane. Les semences sont blanches , obtusment triangulaires, arrondies , et d'une saveur agrable com- parable celle de Faveliue. Analyse chimique. L'huile qu'on extrait des graines de ceMdicinier contient, i un principe acre , purgatif, quarante-cinq parties ^ 2 une huile semblable celle d'o- lives, sans proprits cathartiques, cinquante-cinq par- ties. Le principe acre parait rsider dans une matire rsineuse, soluble dans l'alcohol et l'ther sulfurique. Ce principe acre a beaucoup de rapport avec celui de TElaterium , ce qui pourrait tolrer celui des Mdici- niers le nom de Jatrophin. Proprits mdicinales. Les graines de ce Mdici- nier sont un purgatif violent dont les naturels font en- encore usage , malgr les accidens rpts que fait na- tre son usage inconsidr. Une seule graine suffit pour purger ^ on enchaine son action irritante en l'envelop- pant de beurre , ou en la prenant en poudre dans du bouillon gras , ou bien encore entre deux soupes , et mme quelquefois dans un sirop mulsif : petite djose la teinture alcoliolique agit comme sudorifque. L'huile s'emploie en embrocation sur la rgion ombilicale dans les affections vermineuses. Les dames croles , toujours empresses de donner les premiers soins aux malades de leurs habitations, prparent, dit-on, avec l'huile de ce M- ( 3o7 ) diciiiier, ce qu'elles 3.\)i^e\lentV Orange royale: elles pro- cdent cette prparation en laissant macrer une orange dans l'huile des graines de ce Mdicinier pendant un mois. On la retire ensuite ; il suffirait alors de l'- chaufTer dans les mains ou d'en respirer l'odeur pour qu'elle communiqut , par les voies de l'absorption , sa vertu purgative. On emploie ce violent drastique dans la manie et au- tres affections qui rclament de violens purgatifs. Les Carabes l'estiment alexitre. L'eau-de-vie devient , je ne sais comment , le correc- tif des graines des Jatrophes , lorsqu'elles occasionent des superpurgations. Poupe-Desportes donne la composition suivante d'un apozme laxatif : Prenez feuilles de Mdicinier btard , de Chicore sauvage et d'Epinards marrons , de chaque une poigne^ gros sirop, deux onces ^ eau, une livre. Faites bouillir jusqu' rduction d'un tiers. On prend cet apozme en trois fois, demie-heure de distance. On le rend purgatif en y ajoutant de la Liane Bauduit ( V^. 35^ livraison). Suivant Rlieede , la dcoction des feuilles sert rsoudre ou dterger les pustules de la tte. Mode d'administration. La teinture de Jalropha se prescrit la dose d'une dix gouttes ^ celles des grai- nes au nombre de deux au plus , tandis que dix douze feuilles cuites lgrement et manges en salade ou dans un bouillon de poulet , purgent sans tranches et sans dgot. Les praticiens du pays les regardent comme un excellent chollagogue. L'huile prise la dose d'une quatre gouttes dans du sirop d'Althea ou dans du vin des Canaries , offre un bon purgatif. ( 3o8 ) rXPLICTIUN DK L\. PLANCHE CENT QUAU NTE-DELX . ( La plante est rduite la moiti de sa grandeur naturelle. ) 1. Fleur maie. a. Fleur femelle. 3. Fruit de grosseur naturelle coup transversalement. 4* Graine. ^ /'/ j'Aeot/o/'f> JJf w* VV" vv vv\\v% v\A vwvxA'Wx vv> vw vv\ vwvwvvvw\vwvv\i w\ v\.\ w w vv*v w vvw\ vvvvv\(wwv\^ HERNANDIER SONORE. ( Purgatif drastique. ) Synonymie. Vulg. Mirobolanier btard. Hernandia sonora foUis peltatis, Lin., Moncie Ttrandrie. Jussieu, fa- mille des Lauriers. Hernandia amplo Heder folio um- bilicato, Pluni., Gen. 6 et Mss. 5, t. 99. Jacq., Amer. , 245. Nux vesicaria oleosa , foliis umbilicatis, Pliim. Hernandia arborea, foliis cordato-peltatis , capsula tenui aperta, Browne, Jam. SjS. Umbilicato folio arbor phi- lippensis, Petiv. Gaz. 9, tab. 43, fig. 1 ? Caractres gnriques. Fleurs monoques , mii- sexuelles , disposes par petites ombelles ; trois ensem- ble , l'une d'elles tant femelle et sessile au centre de l'ombelle , les deux autres mles et pdicelles , une col- lerette de quatre folioles ovales , oblongues , obtuses , et ouvertes la base de cliaque ombelle. Fleur mle. Un seul calice divis presque jusqu' sa base en six parties ovodes , oblongues , concaves , ou- vertes , dont trois intrieures un peu plus troites *, six glandes cylindriques termines en tte obtuse *, trois ta- ' mines dont les filamens courts et attachs au rceptacle portent des anthres droites , grandes et oblongues. Fleur femelle. Deux calices \ l'extrieur monophylle , infrieur , persistant , urcol , entier en son bord *, l'in- trieur port sur l'ovaire divis en huit pices ovodes , ovales-oblongues , concaves et ouvertes , dont quatre plus intrieures sont troites ^ quatre glandes ovodes poses sur l'ovaire , alternes avec les divisions intrieures du second calice^ ovaire infrieur ovale-oblong , tron- qu^ un style pais, stigmate oblique, grand , pres- qu'inftindibuliforme . Une noix ovale marque de huit ctes longitudinales ^ ( 5-0 ) lenloniiaiiL un noyau globuleux uu peu aplati et mono- sperme. Cette noix a pour enveloppe un calice ample , vsiculeux , arrondi et ouvert son sommet. CATiACTiniEs rARTiciJLiERs. Feuillcs amplcs , lidri- i'ormes , larges , ombiliques ^ fleurs en grappes ; calice vsiculeux du fruit un peu dprim son sommet. Histoire naturelle. L'Hernandier sonore croit aux Indes orientales et occidentales ^ on le cultive en Eu- rope dans les serres chaudes o son feuillage seul le fait remarquer, car il n'y fleurit point. Son bois est poreux et facilement inflammable sous le feu du Silex. Les naturels du pays emploient l'amande des fruits de cet arbre , qu'ils appellent Mirobolans , pour faire une mulsion purgative. Les habitans de Cayenne s'en servent aussi pour le mme usage. Le drupe donne au liquoriste la portion charnue du fruit qui jouit d'une odeur suave , et forme la liqueur , ou mieux la base du Mirobolan. Caractres physiques. Arbre lev , cime ample , d'un bel aspect 5 les rameaux sont cylindriques , cendrs, glabres , pais , les plus jeunes tendres et verdtres. Les feuilles sont alternes , vertes , parses , plioles, ovales , pointues au sommet , arrondies la base , ombi- liques , entires , grandes , portes sur des ptioles qui s'insrent loin du bord , dans le disque infrieur de la feuille. Sur le disque suprieur , l'oppos de cette inser- tion , se remarque une large tache pourpre. Les fleurs, d'un jaune pale , naissent aux sommits , sur des grappes panicules et axillaires. Le calice des fruits est grand , coriace , vsiculeux , enfl , lisse , jaune, arrondi , et un peu aplati son som- met qui prsente une ouverture petite et ronde. Ce ca- lice semble une coque ou pricarpe enfl et perc . ren- fermant un fruit beaucoup plus petit que la capacit de cette enveloppe ^ la pulpe de ce fruit est jaune , et le noyau brun et cannel. Lorsqu'il fait du vent , l'air pntre par l'ouverture de cette coque calicinale , et produit un sililement sonore qu'on entend d'une distance considrable. AiN'ALYSE CHiMioTiE. La pulpe Contient un principe mucoso-sucr , et l'amande, de la rsine en quantit. PROPraTs MDICINALES. L'Hcrnandicr sonore dont les proprits sont analogues celles de la Digitale des Antilles ( Digitalis americana , purpurea , folio serrato de Dodart, Gratiole de la Jamaque ) , et qu'on nomme dans beaucoup de quartiers , ainsi que la premire , la Cataleptique , offre un drastique violent qu'on ne doit point employer l'intrieur sans tmrit. Bouillie avec le sain-doux , son fruit procure une pommade assez esti- me contre les affections scrophuleuses. La dcoction des feuilles s'emploie petite dose dans les lavemens irritans. On prescrit les amandes dans les diarrhes chroniques, et pour rtablir les fonctions digestives. Mode d'administration. On concasse les noyaux de l'Hernandier sonore, pour les faire bouillir lgrement la dose de deux quatre gros par six onces de liqueur. En substance, on les prescrit celle d'un gros. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUARANTE-TROIS. (Z,a Plante est rduite au tiers de sa grandeur naturelle,^ i . Fleur maie. 2. Fleur femelle. 3, Fruit ouvert pour laisser voirie noyau, 4- Noyau couDP par le milieu. ( 3l2 ) ,\\\\V\\<,\VVVV>V\WV>VVVVV\\V\\\'>'\\>\\%'\V<-VVVVVVVV'W>WWVVVVVVWVWVW\\\VW\V\V\'\\\V\\.V\'< ORLIE CATIIARTIQUE. ( Purgatif drastique. ) Synonymie. Allamanda calliartica , Lin. ; Allamaiida grandi- flora, Linn., Sjsl. PL, i, p. 592. Echinus scandens lac- tescens, flore maximo luteo. Barr. Franc. ^Equin., 48. Apocynum scandens amplissimo flore luteo , Plumier , Icon., 29. Orelia grandiflora, Aublet, Guyan., i,p. 271, tab, 106. Caractres gnriques. Calice cinq dcoupures profondes lancoles ; corolle infundibuli forme , un peu irrgulire , dont le tube trs-long est vas son ori- fice. Le limbe est ample , tendu , divis en cinq grands lobes obtus el ingaux. Cinq tamines , dont les filamens trs-courts portent cinq anthres sagittes , conniventes rorilice du tube. Ovaire ovale, environn sa base d'une membrane annulaire. Style filiforme , stigmate en tte , qu'une dpression mdiane et circulaire fait paratre double. Une capsule orbiculaire , comprime, coriace, couverte de longs aiguillons^ une loge, deux valves polyspermes^ semences orbiculaires , membra- neuses sur les bords, ranges sur un double rang , atta- ches sur le bord des valves et couches les unes sur les autres. Caractjlres particuliers. Corolle infundibujiforme; capsule grande , comprime , chine , une loge , deux valves^ semences membraneuses. Histoire naturelle. Ce genre de plantes, fleurs mo- /y. ///. '/iritr/ort" y)e,<-roii/-/i7'i /'//i,r fialme/ .l'iti/f>- OHiyjM rAiiiAiiTiorK. ( 3i3 ) noptales , de la famille des Apocins , ne contient qu'une espce connue , celle qui nous occupe en ce moment. On rencontre l'Orlie sur les bords de la mer et le long des belles rivires des Antilles dont les bords fertiles annoncent partout une si riche vgtation. Son port particulier , la beaut de ses fleurs qu'elle donne en septembre , leur parfum , l'asprit de ses fruits, l'y font toujours remarquer avec intrt. Caractres physiques. Arbrisseau lactescent dont les liges sont noueuses , sarmenteuses , lgrement flchies en zig-zag, d'un violet cendr, cylindriques et luisantes. Les feuilles sont d'un vert glauque disposes en ver-^ ticille autour des branches , au nombre de trois qua- tre chaque noeud. Elles sont lancoles, sessiles, poin- tues , glabres , rides en dessus -, leur face infrieure est garnie d'un duvet brun , avec quelques poils blanchtres sur la cte du milieu*, les nervures sont alternes, trans- versales , peu saillantes. Les fleurs naissent en bouquets dans l'aisselle des feuilles ^ la base de chaque pdoncule se remarque une bracte cailleuse trs-courte ^ les pdoncules sont ve- lus , droits , roides , dichotomes ^ les fleurs sont trs- belles , grandes , d'un jaune brillant. Avant leur pa- nouissement, l'extrmit des boutons est nuance de rose tendre. Le fruit trs-pineux est coriace , d'un brun cendr. Analyse chimique. Le suc lactescent de l'Orlie contient un principe rsineux et un principe gommeux , galement soluble dans l'eau ou l'alcohol. On peut le dlayer dans les huiles fixes et volatiles. Proprits mdci?'ales. On doit user du suc lacts- ( 3.4) cent de FOrlie avec beaucoup de rirconspcction , uiajs ou peut lui associer uu correctif, afin d'en mousser Faction irritante. C'est pourquoi on n'en fait usage que lorsqu'il s'agit de procurer une violente contrac- tion au conduit intestinal. Poupe-Desportes , et plu- sieurs praticiens des Antilles , l'ont employ comme hvdragogue et comme antlielmintique. Mais en gnral , les purgatifs drastiques nuisent dans les maladies des pays chauds , tandis que les minoratifs y sont toujours employs avec succs. Mode d'administration. On propose l'administration du suc d'Orlie la dose de huit douze grains qu'on incorpore avec un sirop aromatique. D'autres font dis- soudre cette rsine dans un jaune d'oeuf qu'ils dulco- rent avec du sirop de limon. Plantes purgatives rapportes dans d'autres CLASSES. Nota, Les Ngres se servent aussi des racines de l'A- cajou pomme pour se purger {Voy. classe des Epispasti- ques ) , de mme qu'ils emploient les fruits du Gayac et de VArgmone au mme usage ( Foy. classe des Diapho- reliques). explication de la planche cent QUARANTE-QUATRE. 1. Fruit pineux de l'Orlle. 2. Graine. ^ ( 3.5 ) \V VV\ VXf^VVVVXV VV V\' \V VV XAf^ V\VV\\\\VVV% VVX VV\V> VV" VV% VV' VX'^ XX'VVV VV\ SJO'VV^ VV> VV^'VVXXXVVX* PURGATIVES HPATIQUES ET SPLNIQUES. SOMMAIRE. Les plantes hpatiques et celles splniques taient estimes propres aux maladies du foie et de la rate , affections qui prennent leur source dans le bas-ventre. Leur fonction est d'assurer une prompte et parfaite s- crtion de la bile. Pour cet effet on les associe , suivant la nature des complications , avec les espces apritives, celles stomachiques amres , celles diaphortiques , et celles anti-scorbutiques. Pour mieux juger des effets que peuvent produire les plantes hpatiques et splniques , il est bon de se rap- peler que le sang , presqu' son dpart du cur, avant d'arriver au foie , a besoin de retarder sa circulation trop active , en sjournant dans le msentre , la rate , le pancras , viscres dans lesquels la bile prend consis- tance , s'labore , et devient en tat de parvenir, avec les qualits ncessaires , au foie o elle se perfectionne. La bile mle avec les srosits excite et colore les urines en passant par les artres mulgentes. C'est elle aussi qui donne la salive sa qualit savonneuse. Mle avec le sang dans l'aorte descendante , elle est dirige vers l'abdomen par une infinit d'artres ; puis reconduite par le tronc branchu de la veine porte d'o elle se dgorge au foie. Partie retourne par la veine cave Tome IL 87 Lwraison. 20 ( :uG 3 au cur-, partie, s()aio pnr les vaisseaux hpatiques et cysliques , se dgorge Je nouveau par uu caual parti- culier dans le duodnum. L , par son travail avec les autres aliniens , clic concourt l'laboration du cliyle. La partie fluide de la bile n'est point corruptible comme le chyle , et par sa mixtion avec le sang se renouvelle par rcrmenl. La partie excrmentielle teint les exermens et excite le mouvement pristaltique des intestins , qui en facilite la sortie. Les passions occasionent dans les viscres des en- gorgemens par un choc contre-sens. Il en rsulte des tumeurs skirreuses dans le msentre, la rate , le foie , le pancras et autres glandes de l'abdomen , ainsi que du vagin et de la matrice. C'est pourquoi aux hpati- ques on joint d'autres remdes, comme les apritifs , les sudorifiques , s'il y a complication-, l'obstruction tant divise , les reins lui servent de conduit , et la peau , par sa porosit, la dissipe sensiblement.On a pour exemple l'ictre qui rsiste aux purgatifs , et se gurit trs-bien par des hpatiques lgers mls avec des dlayans , re- lchans et apritifs combins. Il est remarquer que dans les Antilles la nature pr- voyante fait trouver sous les pas des voyageurs, dans les belles forts vierges qui ombragent les mornes , des milliers d'espces de fougres et d'autres plantes rputes hpatiques , que Plumier a dcrites avec la plus grande exactitude , et dont on trouve l'application journalire dans les maladies du foie, les ictres et les engorgemens des viscres abdominaux , toutes maladies propres ces contres. /y /^. ^ji****^i. 7 /trvf/ore 2}i*'ttr'/i7\ (i6ri/>/ Sctt/^i Or^UlOCM JT A FEriLLE.S > CK^ELLE. ( 3i7 ) is/%/\ xwy/s/s www vv^ w% v\< w i\vv\v\ vv> OSMONDF PllLLITIDE {^Purgatif hpatique.) Synonymie. Osmonda lancea, Lin., classe des Fougres. Tournef , Aptales sans fleurs. Jussieu , famille des Fou- gres. Osmonda lanceolata et leviter serrata, Plum. > v. i , p. 167. Anmia de Swartz. Caractres gnriques. La fructificatiou dispose sur un pi rameux, charg de capsules unilatrales, sessiles, globuleuses , bivalves , polyspermes , s'ouvrant horizon- talement. Caractres particuliers. Feuilles ailes avec im- paire , dentes en scie ; hampes gmines , insres sur la tige, portant la fructification. Histoire naturelle. Les forts des Antilles sont ta- pisses de fougres de toute espce parmi lesquelles on remarque l'Osmonde qui se plat particulirement dans les endroits frais , ou sur les rochers humides. En 1808, lors du sige de Santo-Domingo , dans l'extrme pnurie o se trouvait la garnison , les habitans , au rapport de M. Froideveau, alors commissaire des guerres , commu- niqurent aux soldats la connaissance d'une espce de fougre racines tuberculeuses qu'ils appelaient Goira* Ils prparaient ces tubercules en \es grageant sur une rpe au-dessus d'un baquet rempli d'eau. On laissait /y. j^\ 7 /x-ut/tari' JJf.rcoit//t/K /*uij- . Oairif/ ilrii/p , O S.M O N1>K (IIE.NKLE F. * ( 321 ) macrer pendant vingt-quatre heures-, en remuant plu- sieurs fois dans la journe le mlange , on voyait alors surnager une matire visqueuse jauntre , fculente , qu'on tendait sur des plaques de fer , et qu'on faisait cuire la manire du manioc. Cette prparation fut d'un grand secours au milieu de la disette affreuse qui rgnait alors dans la ville et les environs. Caractres physiques. La racine est un faisceau de petits flamens noirtres ; elle pousse de son collet sept ou huit tiges semi-cylindriques , glabres , canalicules , hautes de dix douze pouces et termines chacune par une feuille de mme longueur. Cette feuille d'un vert clair est aile avec impaire -, ses folioles au nombre de dix-sept dix-neuf sont longues d'environ six pouces, lancoles , pointues , minces , lgrement stries et bor- des de dents trs-fines. Les hampes sont noires, trs-grles, de la longueur des feuilles , gmines sur chaque tige et insres la base du ptiole commun entre les deux premires folioles. Elles portent leur sommet la fructification qui est dis- pose en une grappe rameuse et rousstre. Analyse chimique. L'Osmonde fournit ainsi que les Fougres un extrait aqueux , d'une saveur douce , un peu amre , et trs-astringente , qui noircit le sulfate de fer. L'extrait rsineux est d'une amertume insup- portable et d'une astriction svre. Proprits mdicinales. Poupe Desportes etd'autreS praticiens des colonies assignent lOsmonde une pro;r prit toute particulire dont l'effic cit se fait remar- quer dans les maladies chroniques , o elle agit comme ( ^'^ ) apcrjlive. Elle est aussi , selon eux , hpatique et propre combattre les ailections du foie. On vite d'en donner aux femmes enceintes , car l'abus de cette plante , disent les naturels, peut provoquer Favortement, ce que m'a assur une ngresse mnagre qui en avait fait usage pour se dbarrasser du fruit d'un commerce illicite qu'elle avait eu avec un ngre, et qui redoutait la fureur d'un blanc avec lequel elle vivait. La poudre de cette racine mle avec les prparations mercurielles devient le meilleur antliclmintique connu , et le plus propre dtruire l'es- pce de tnia dont cette combinaison est presque tou- jours l'antidote. Dans les cas de rachitisme constitu- tionnel ou dviation de la colonne vertbrale des enfans, l'extrait d'Osmonde peut tre ordonn ds le principe de la maladie avec beaucoup de succs. Mode d'administration. On administre la racine d'Os- monde en substance la dose de deux gros dans du vin^ ou de l'eau mielle -, l'extrait se prend celle de trois gros tous les matins -, on peut le mlanger avec du caf ou des eaux distilles aromatiques. Pour le prparer, on mle sur une quantit donne d'Osmonde, trois parties d'eau et une d'alcool faible , afin que les principes rsi- neux et mucilagineux soient enlevs en mme temps. Nota. On peut substituer l'Osmonde plusieurs Sco- lopendres dont les vertus sont analogues , et applicables dans les splnites si communes aux Antilles-, telles que Fespce appele Lingiia cervina rigida et glabra de Plu- mier -, Oncjaoux, Maray des Carabes: Lingiia cervina foliiis ensformibus serratis , Plumier , que Poupe Des- portes emploie alternativement comme hpatique et ( 3S.3 ) comme pectorale , et que Chevalier recommande dans rhydropisie. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUARANTE-SIX. (a Plante est reprsente au tiers de sa grandeur naturelie.y i. Fruit. 3. Fruit laissant chapper ses graines. ( ;i24 ) ^A^vvtv\Al\AAA/V^^/vv\\^'VVvv\'Vvvvvvvv\vvvvvv^lvvvvvwvvvvvvvvvvv>\^A\^v\A^^/vvvv^^lv^%'\^^^ POLYPODE PENDANT. {Purgatif hpatique.) Synonymie. Polypodium suspensum , Lin. Pol^podiiim frondibus pinnatis, glabris; lobis semi-ovatis acutis,Lin., Sjst. plant. , vol. 4 > pag. 4* i > n" 1 1 . Fougres. Tourn. , Aptales sans fleurs. Jussieu , famille des Fougres. Polypodium pendulum et glabrura , Plum. , v. 1 1 , p. 1 1 o. Tournefort, Inst. , R. Herb. 54i Polypodium asplenii folio , brevi pendulum. Ptri, fil. 24, t. 1, fig. i5. Caractres gnriques. La fructification dispose par points ou paquets arrondis , spars , pars sur le disque de la surface infrieure des feuilles. Caractres particuliers. Feuilles pinnes , glabres , divises en lobes presque ovales , connivens , aigus. Lar fructification infrieure sur deux lignes longitudinales. Histoire naturelle. Ce joli Polypode pendant , re- marquable par la varit de ses nuances et l'lgance de ses formes, se rencontre dans les lieux liumides , aiix environs des ruisseaux ombrags , ou des fontaines , au milieu de la riche vgtation qu'entretient leur fracheur. On le trouve encore sur le bord de la mer , fix des rochers submergs par les flots en courroux. Il prend ra- cines dans leurs crevasses , et y est balanc constamment par les vents de terre ou de mer. Ces touflfes se font par- ticulirement remarquer sur les flancs des rochers ca- /'Aeo(/ore lJ'T ( 320 ) vernenx d'un aspect romantique qui dispose une tendre mlancolie. La Na ait sous cette grotte obscure Qui prsente la fois un antre aux matelots , Une eau pure la soif, un asile au repos. DLILLE. Caractres physiques. Ses racines sont fiLbreuses , menues , fascicules , fixes ^ les feuilles sont pendantes , longues de douze quinze pouces , larges d'environ un pouce,, glabres , vertes en dessus, plus ples en dessous , presque pinnatifides ou divises en lobes demi-ovales , aigus, entiers leur bord, confluens leur base, marqus de nervures latrales , fines et parallles , alternes ou op- poses sur la principale cte des lobes. Le ptiole est lisse, d'un vert noirtre, long d'un pouce , ail sa partie suprieure. La fructification est compose de points pulvrulens , noirtres , de la grosseur d'une forte tte d'pingle , disposs sur deux rangs dans la longueur de chaque lobe. Analyse chimique. La soucbe scbe de ce Polypode, traite par l'eau , a fourni par livre de liquide quatre onces et demie d'extrait pillulaire consistant. Proprits mdicinales. J'ai c; u devoir classer ce Polypode parmi les plantes hpatiques ,^ car les habitans des Antilles et les praticiens de ces pays s'en servent avec succs dans les maladies du foie , dans les inflam- mations de ce viscre et celles de la rate. C'est, disent- ils, un dsobstruant trs-actif, bon ' employer pour liqufier cette lymphe paissie qui devient la cause de tant de maladies chroniques. ( :V2(i ) Quelques inJieaslres du pavs ea font cas dans la goiiorrlie comme dtersif, et s'en servent en injections. L'application de cette plante en pessaire ou en suppo- sitoire remdie aux inconvniens de la chute de matrice et de fondement. Les ngres mlent cet eiTet la poudre trs-fine de ce Polypode avec parties gales de suie, ga- lement tamise , le tout fondu dans quantit suffisame de rsine de Pin ^ je n'ai jamais fait usage d'un pareiP mlange. Ce Polypode agit comme rsolutif dans les tumeurs du scrotum. Son infusion, prise avec persvrance jeun, dtruit les engorgemens du foie , surtout si l'on fait , pendant son usage , un exercice convenable , et si l'on place extrieurement comme topique fondant un empltre de cigu ou de vigo. Mode d'administration. La dcoction est la forme sous laquelle on administre le Polypode, la dose de deux gros jusqu' huit des feuilles et des racines pour deux livres d'eau qu'on laisse bouillir jusqu' rduction d'un tiers. On la boit froide dans quelques cas , mais plus souvent chaude , surtout dans les cas d'hpatite ou d'affection syphilitique. La poudre se prescrit depuis un. gros jusqu' deux dans de la constMve ou dans du sirop. EXPLICATION DE LA PLANCHK CENT QUARANTE-SEPT. {Plante reprsente au tiers de sa grandeur naturelle.^ Foliole vue au microscope pour l'examen de la fructification. /y. ,^,r /7tcl\A/vvv^^^^\^^/vv\^v\vv\/vvvvv^^^/\K ( 3ii ) HPATIQUE CHNOPODE, [Purgatif hpatique.) Synonymie. Marchanlia clienopoda, Lin., famille des Algues. Jussieu, famille des Hpatiques. Lichen anapodocar- pos, Plum. , fil. 143, t. 142. Dill., Musc. 53i, t. 77 , f. i. Petiv. , fil. , t. 1 5 , f. 6. Caractres gnriques. Extensions membraneuses rampantes , prsentant pour fructiflcation deux sortes d'organes regards comme fleur mle et fleur femelle. Mle. Plateau orbiculaire pdicule, ou calotte convexe ou conique, galement pdicue, sous lequel sont situes de petites bourses qui renferment une poussire fine , attache des poils. Ces bourses , t:omparables des an- thres, s'ouvrent avec lasticit, et les poils ou filamens qu'elles contiennent , ont des mouvemens trs-remar- quables au temps de l'inflorescence. Femelle. Capsules ou petits bassins campanules , ses- siles, pars sur la surface de la plante , et dans lesquels on trouve des corpuscules pris jusqu' prsent pour des semences. Caractres particuliers. Calotte pdicue, unilat- rale, palme, quadrifde ; bassins sessiles dents leur bord : expansions sinueuses. Histoire naturelle. On rencontre cette plante singu- lire sur les bords de la mer, o elle se fixe sur les ro- chers. L'chantillon qui fournit le dessin de cet article , Tome II. 38^ Livraison. 21 ( 33,, ) me rappelli! lo l;tblc'aii le plus plUorescjue. J'horhorisais tliuis les (Mviroiis de la l)ai(; de la ville de Sniiit-lVIarc (ile Saiiit-Doniiigue ou d'Hali), lorsque je fus attir par le luirnuire d'une grande fontaine qui sortait avec abon- dance du flanc d'un rocher caverneux. Un lgant pal- mier l'ombrageait au-dessus ; et au-dessous , sur le rivage , s'levait un cirque de Rizopliores , dont plusieurs Noirs coupaient les branches charges d'huitres ex([uises, tandis que les mres et leurs enfans taient assis sur des nattes pour y manger le moussa et le calalou, deux mets croles, faits avec la farine de mas et des fruits de la Ketmie- Gombo. Un des enfans jouant avec des toul'es d'Hpa- tiques qu'il avait arraches du rocher, je queslionnai son pre , qui m'apDrit qu'il destinait ces plantes "son neveu , affect d'une maladie du foie. Cette rponse me convain- quit du tact qu'ont les insulaires dans l'application des plantes usuelles. Caractres physiques. Les feuilles de cette plante d'un vert fonc , sont des expansions membraneuses , ra- mifies, prolifres, sinues latralement, chagrines par de petits points sailans. Les pdicules naissent prs du sommet des ramifications , ils sont longs d'un pouce , et poi lent chacun un plateau unilatral palm , partag au bord en quatre dcoupures obtuses. Ce pdicule, au lieu de s'insrer au centre du plateau qu'il soutient, s'insre sur le ct et dans la partie de son bord qui n'est point divise. Analyse chimique. Les feuilles de l'Hpatique con- tiennent beaucoup de mucilage, de l'albumine et de la matire colorante , quelques traces de mannite et d'hy- driodate de potasse. ( 333 ) Proprits mdicinales. Le nom Hpatique qne porte cette plante , du mot hepar, foie , indique assez que les anciens lui attribuaient une grande vertu dans les mala- dies de ce viscre. On est un peu revenu , de nos jours , sur ses proprits exclusives ^ cependant , pour conserver l'Hpatique le rang qu elle doit occuper dans la matire mdicale, je rappellerai qu elle entre dans la composition du sirop de chicore, encore si usit de nos jours ^ qu la dose d'une poigne , elle fait partie des bouillons ap- ritifs et rafrachissans. Poupe Desportes la recomman- dait dans l'ictre, et il apprciait sa dcoction dans le petit lait, comme trs -utile dans les maladies de la peau et dans la cure des ulcres, la dose d'une pinte par jour. Cette prparation , qu'on doit renouveler tous les jours, purge doucement la bile hpatique , offre aussi des res- sources dans les hpatiques chroniques, dans les nphrites, ou engorgemens des reins, et dans les cystites, ou affec- tions chroniques de la vessie , en facilitant le cours des urines. Certaines dames , jalouses de conserver leur teint la fracheur et l'clat de la jeunesse , l'emploient comme cosmtique, en la mettant macrer dans de l'huile du ben olifre ^ on l'estime alors propre effacer les taches de ro^ sseur. Mode d'administration. La dose des feuilles , ou plutt de toutes les parties de la plante, est d'une poigne par livre d'eau , ou de deux par pinte de petit lait. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUARANTE-NEl'F . La plante est rduite au tiers de sa grandeur naturelle. ( 334 ) \vA ^x'\vv^^^^\A.^\^^v\^\^'^vv^'VV>vvv\^'\\^/^vvvvv^^'VV\^^/v\vv^'VVX'VV\'VVvvvvv'VX'V\^'VV\'\^vv^vv.^'Vv CUSCUTE D'AMRIQUE. {Purgatif hpatique.) Synonymie. Vulg corde h violon. Sjnnate. Herbe z'a~ mourette, herbe z'amiti. Cuscuta floribus pedunculatis, Lin., Ttrandrie Ttraginie , Jussieu , famille des Liserons, Jacq. , Amer. 24 et Pict. , p. 17. Cuscuta caule apbyllo volubili repente, Gron. , Virg. 18. Cuscuta inter majorem et minorem mdia , filamentis longis , et floribus lat super arbores et campos se extendens. Sloan. Jam., Hist. i,p. 201, t. 128, f. 4' Cachyry des Carabes. En anglais, Dodder. Cara^ctres gnriques. Calice monophylle cinq divisions. Corolle monoptale, ovale ou carapanule, limbe stell , cinq lobes ^ quatre cinq tamines de la longueur de la corolle dont les filaniens munis chacun d'une caille frange adne leur base et attache la corolle, soutiennent des anthres ovales petites, parta- ges par un sillon. Un ovaire suprieur globuleux sur- mont de deux styles stigmates simples \ capsule arron- die, ttragone , biloculaire, contenant quatre semences. Caractiires particuliers. Fleurs pdoncules quin- qufides , corolle tubuleuse . limbe court ouvert en toile. , Histoire naturelle. Le nom de corde violon , donn cette plante parasite , indique assez bien la forme /y. ^so . 7 Ai-t'iAi/v e.r,tiiJ/'/i/\ /'i/i.r , ^ra/'/'ttr/ ,Ci-n^ CUSCUTE 0'A3E10UE C 335 ) et la couleur de ses liges enlaantes absolument sem- blables une corde boyaux. Les bons cultivateurs lui font une guerre continuelle , et l'arrachent sans pi li des citronniers ou orangers qu'elle treint si troitement, et dont elle pompe tellement les sucs au moyen de suoirs dont sa tige est pourvue dans toute sa longueur , qu'on voit , sans cette prcaution , le feuillage jaunir sur son tronc dessch. Cette plante, fameuse parmi les amans superstitieux, leur sert d'prouvette pour s'assurer de la constance de Tobjet aim , et de la dure de son amour. Pour cet elFet celui des amans qui est moins confiant que l'autre , et plus dispos par consquent l'influence malheureuse de la jalousie , aprs avoir gar l'objet de ses feux loin du bruit des villes et du regard des indiscrets *, aprs avoir pntr dans l'asile sacr du mystre, sous ces belles forts silencieuses, sous les votes sombres , o le parfum, les formes gracieuses, des fleurs de toutes couleurs , et le murmure des ruisseaux, par- lent si loquemment l'ame attendrie : il arrache une poigne de Cuscute , et la jette au hasard sur un arbre ou sur un buisson. Si plus tard la vgtation s'en dve- loppe , il est au comble de ses vux , et rvant au bon- heur, il doit tre le plus heureux des hommes. Caractres physiques. Plante parasite , sans feuilles, s'entortillant sur les rameaux d'autres vgtaux , et en tirant nourriture par des suoirs nombreux, arrondis, dis- poss sur une ligne la partie interne du filament. Ceux- ci sont trs-longs, rameux, lisses, tendres et verdlres. Les fleurs sont petites, jauntres, ramasses, portes sur des pdoncules communs fort courts. Elles ont un calice cinq divisions, une corolle cylindrique tube de la Ion- ( 3:^6 ) gnciu du Piilice, limbe slell et cinq poiiiles. Cinq u- mines naissant de la partie suprieure du tube , et tin(| cailles franges places leur base. Analyse chimique. La Cuscute contient jnesquenioili de son poids de mucilage , et une trs-petite quantit de rsine , plus une substance amre et astringente. Proprits mdicinales. La Cuscute, d'un sentiment unanime parmi les praticiens des Antilles , jouit de pro- prits apritives , hpatiques et laxatives. On Feslime excellent liydragogue, mais j*ai peine croire ses vertus purgatives ^ cependant elle est tellement usite dans le pays , que j'ai cru devoir la placer ici. Mode d'administration. La Cuscute se donne en in- fusion ou dcoction , suivant le cas , de la dose d'une , deux ou trois pinces pour huit onces de liquide. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT CINQUANTE. 1. Graine. 2. Fleur. 3. Etamine. 4- Rameau treint par la Cuscute. Les suoirs y ont laiss une impression. 'I'heoi/ii:-e J)(o'couffi'\ /^''u' {7nArt'e/ Jhul> QJS- iA A ( 3^7 ) DORADILLE EN SCIE. [Purgatif hpatique.) Synonymie. Asplenium serratum, Lin., Gryptogamie. Jus., famille des Fougres. Tourn., Aptales sans fleurs. Lingua cervina , longo lato serratoque folio. Pluni. , Amer. 27, t. 39. Fil. , l. 124. Tournef., 545. PhjUitis major margine crenato. Petiv., fil. 106, t. 6 et 7. GARACTiiRKs GNRIQUES. FiTictificatioii disposc en lignes parses et tiansverses la partie infrieure des feuilles. Capsules trs-nombreuses pdicules, ne parais- sant sous forme pulvrulente qu'aprs avoir dchir le derme de la feuille, sous lequel elles sont contenues. Caractres particuliers. Feuilles simples, longues, dentes eu scie , presque sessiles. Histoire naturelle. Rien ne donne autant de grces aux paysages des colonies que la vgtation lgante des fougres qui ornent les forets vierges de cette partie de l'Amrique , o tout est nouveau pour l'il avide de l'Europen. Quelle tonnante varit de formes , de nuances et d'espces ! que de tableaux ravissans ! que de ressources pour le naufrag au milieu de cette belle nature prodigue de ses dons , o se dcouvrent des fruits de toute espce ! Le chant des oiseaux , le riche clat de leur plumage , les parfums divers des lianes, tout rcre l'imagination en extase. Le peintre y saisit avec transport, ( -M^H ) SOUS IcsvoU'S silencieuses de ces liaules i'ulaies , le lit (Tune rivire dessche en l , el prsenlant un sable parsem de petits cailloux , sur lequel coulent encore (juelques lilels d'une eau fraclie et limpide , et dont les bords, devenus arides et plants de roseaux et de pon- tederia , attendent avec besoin le retour de l saison des pluies pour rafrachir leurs racines embrases. Les Doradilles sont des plantes cryptogames de la famille des fougres , qu'on utilise en Europe dans les jardins anglais, prs des cascades; ces plantes ont beau- coup d'analogie avec les lonchites et les polypodes. Leur fructification est dispose par paquets oblongs , formant sur le dos des feuilles de petites lignes irrgulires. Cette classe est trs-nombreuse et jouit des mmes proprits mdicales. On trouve les Doradilles dans les fentes de rochers ombrags et un peu humides , ainsi que dans les vieux murs. CARAcriiREs PHYSIQUES. Racinc compose de fibres nombreuses , chevelues , noirtres . d'o s'lvent sept huit feuilles simples , lancoles , pointues, rtrcies vers leur base , denteles en leurs bords , longues de deux trois pieds sur quatre ou cinq pouces de largeur. Ptiole court, arrondi, se prolongeant en cte dorsale velue, rgnant dans toute la longueur de la feuille. Lignes de fructifications nombreuses parallles , et accompagnant les nervures latrales dont elles occupent moiti de l'tendue. Analyse chimique. Cette Doradille, l'analyse, fournit du mucilage et du tannin (/^. Journal de botanique de Porthmann , t. 2 , p. 4^^ l'analyse de la Darea triloba ( 339 ) f]iii a les mmes principes coiisliliiaiis que la Doradille (jui nous occupe. ) Proprits MDICINALES. Je ne partage point Tanathme que lancent , contre le traitement des maladies par les vgtaux , cerlains mdecins, qui croient pouvoir exercer leurs foiclions Faide d'une douzaine de plantes, ce ijui restreindrait beaucoup trop les immenses ressources et les intentions de la nature. Je leur citerai toujours les peuples non civiliss , dont les maladies cdent h une simple infusion approprie, mais que leur iaci. sait ap- pliquer avec sret. On ne peut rvoquer en doute cette vrit incontestable que tous les voyageurs peuvent attes- ter. Quant moi , si une pratique de trente annes peut inspirer quelque confiance, j'affirmerai avoir constam- ment prouv plus de succs par les traitemens simples qu'indique la nature, que par ceux o une trop svre rudition met contribution tour tour les produits inertes et vnneux de la cliimie , ceux des plantes h- roques dont radministration mal combine peut coter la vie du malade ; enfin, les eaux de sources trangres , auxquelles les pauvres ne peuvent puiser , comme si la nature tait assez martre pour ne point attacher chaque sol tout ce qui peut convenir aux besoins de ses enfans! Il ne faut point de systme exclusif, il faut savoir profiter de l'exprience d'anciens mdecins qui gurissaient comme nous, et souvent ne laissaient pas, comme nous, dgnrer les maladies. Quel triomphe en faveur de l'humanit avons-nous annoncer dans la thrapeutique moderne ? Pouvons-nous nous prvaloir d'une supriorit incontes- table ? N'invoquons-nous pas toujours l'autorit d'Hip- pocrale et d'autres praliciens qui nous servent de guides , ( :5.{o ) Il ne martlioiis-iious pas toujours sous le ilamboau de leur exprience? On abandonne niainlenant la nature impuissante des nialao'ies cjue Ton j^urissail autrefois. iNe pourrait-on pas utiliser davantage la nouvelle doc- trine , qui , prfrable l'ancienne , souvent errone , se rapproclie davantage de l'tat de nature? Mais revenons notre sujet : laDoradille ainsi que ses congnres vient avec profusion aux colonies , et semble fournie par la nature aux habitans prdisposs , sous l'influence de ce climat, aux affections du foie et de la rate , lesquels se trouvent trs-bien de leur usage et de leur avantage dont il serait difficile de les dissuader. J'ai vu des engorge- mens abdominaux, prodigieux en grosseur, cder trs- promptement l'usage des prparations internes et ex- ternes des mdicamens pris dans la classe de ces fougres o se remarquent les scolopendres , les osmondes , les polypodes , les lonchitis et les capillaires. Mode d'administration. La poudre se prescrit en lecluaire depuis un gros jusqu' deux dans les engor- gemens du foie, dans les vapeurs hystriques et les spas- mes nerveux , dans les diarrhes rebelles. L'infusion est ordinairement recommande la dose de trois verres par jour. On ajoute sa proprit en ferrant l'eau. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT CINQUANTE -UNE, {La plante est reprsente au quart de sa grandeur naturelle J) 1. Portion de feuille vue au microscope. 2. Fruit. 3. Fruit laissant chapper ses semences. J Afvt/ore JJe,teonr/iA J'ai je ( 34. ) i\ \^ V O V\^ VV\ VV VV'VVVV\'' A/V' VVVVV \'V V\ < V\ \ X ' VV VV* V^-VVVVVV^AX 'VXX'VVVVVV^ V VV\ V VVVVV VVVVXX'V l V' EUPATOIRE A FEUILLES DE SOPHIE. {Purgatif hpatique.^ Synonymie. Eupatorium Sophi folium , Lin. , Syngnsie Polygamie g-ale, ordre des Corymbifres. Eupatorium ameiicaiiuiii Sophiae folio, flore purpureo. Plum., Spec. g. Burm., Amer., t. 182 , f. 2. Tournef, , 456. Vaill. , Act. 1719, p- 3o2 , n 2. Cauactres gnriques. Calice commun oblong ou cylindrique , imbriqu d'caills linaires lancoles . droites et ingales. Fleurons tout hermaphrodites sou- vent en petit nombre, tubuleux, quinqufides , styles fort saillans et bifides. Rceptacle nu entour par le calice commun. Plusieurs petites semences oblongues , charges d'une aigrette sessile , longue et plumeuse. Caractres particuliers. Calice imbriqu contenant environ dix fleurons. Feuilles opposes bipinnatifides ^ dcoupures courtes et obtuses. Histoire naturelle. Cette charmante plante , l'Eu- patoire feuilles de Sophie , crot communoient le long des ruisseaux, dans les bois et dans les savanes. Elle doit son nom , suivant le mordant de Launay, un roi de Pont (le Mithridate surnomm Eupator^ qui veut dire hon pre ). Sa culture en Europe exige le bord des ruisseaux dans les jardins -paysages o elle couvre le sol , sur la fin de Ft , de touffes considrables et de corymbes larges et terminaux de fleurs purpurines. Elle C M'- ) aime un icriaiii ini j)cu liiiniidc ('l le soleil. Un le propage en aiUonine par i 7 72, 20 73, 25. 74, . 3o. 75, 34 76, 38 77, 4. 78, 46 79, 49 80, 52 81, 57 82, 61 83, 65 84, . 69 85, 73 86, 78 87, 81 88, 86 89, 89 90, 93 9, 97 92, 101 ( 345 ) VINGT-QAtRlEME LIVRAISON. Acacie feuilles troites, lellonie feuilles rudes. Vesseloup couronne. C^nomoir carlate. VINGT-CINQUIME LIVRAISON. Gomart d'Amrique. Clavalier des Antilles. Mahogon , bois d'acajou. Bignone quinoxiale. VINGT-SIXIME LIVRAISON. Lappulier sinu. Lappulier htrophylle Talauma de Jussieu. Sapotillier marmelade. VINGT-SEPTIME LIVRAISON. Myrthe feuilles rondes. Scopaire trois feuilles. Hamel feuilles velues. Amandier de montagne. \I>"GT-HUIT1ME LIVRAISON. Fuchsie grappes. jMoureiller de montagne. Moureiller piquant. Prle gante. VINGT-NEUVIME LIVRAISON. Sommaire des plantes purgatives mtiques. Ruellie tubreuse. Ruellie fleurs violettes. Ruellie hispide. Asclpiade de Curaao. TRENTIME LIVRAISON. Euphorbe feuilles d'Orpin. Euphorbe feuilles de Myrthe. Sensitive pineuse. Psycotre mtique. TRENTE-UNIME LIVRAISON. Tonidie mtique. lonidie feuilles de Polygala. Violette itoubou. Sablier lastique. 1. 93, pag. io5. 94, 108. 9^S III. 96 ii3. 97, 117. 98, 121- 99 125. 100, i3o. lOl , i33. 102, iSy. io3, i4o. 104, 144. io5, 49- 106, l52. 107, i55. 108, i58. 109, 161 . 110, 164. m, 167. I la, 171.. 175. 1 13, 180. 114, i85. 1 15, 188. 116, 191. 7> 196. 118, 99- "9' 203. 120, 207. lSi, 3lf^ 122, 2l5. 123, 219. 124, 223. ( M^ ) TEENTK-DEOXIEME MVRAISO. Soninuiirc tics plantes purgatives proprement dites. dasse sylvestre. Tamarinier. Ricin annuel, lauhinie acumine. TRENTE-TnoiSiME LM HAISON. Rooc rhubarbe. Liseron maritime. Alos vulgaire. Ximnie pineuse. TRENTE-QUATRIME LIVRAISON. Casse sn. Casse feuilles de Trone. Casse ftide. Br} oue d'Amrique. TRENTE-CINQUIME LIVRAISON. Quamoclit purgatif. Liseron gi'osses racines. N3'ctage dichotome. Liseron jalap. TRENTE-SIXIME LIVRAISON. Mdecinier cathartique. Mdecinier multifide. Hernandier sonore. Orlie cathartique. TRENTE-SEPTIME LIVRAISON. Sommaire des purgatives hpatiques et splniques. Liseron rampant. Osmonde phillytide. Polypode pendant. Ketmie feuilles de TiUeul. TRENTE-HUITIME LIVRAISON. Hpatique chnopode. Cuscute d'Amrique. Doradille en scie. Eupatoire feuilles de Sophie. FIN DE LA TABLE DU TOME SECOND. Pag. 227. PI irif), 23 1. ia6, 2.36. r^7, 242. 1^8, 248. ^'-"9^ 25 1. i3o, 25.^). i3i, 2G0. l32, 266. i33, o.Ckj. i34, 273. i35, 277. i36, 28.. i37, 285. i38, 288. i39. 292. i4o, 295. 14., ^99- 142, 304. 143, 309. 144, 3l2. 3i5. 145, 317. i46, 320' 147 324. 148, 327. 49^ 33i. i5o, .335, i5i , 338. l52, 342. New York Botanical Garden Library QK225.D36t.2 gen Descourtilz Michel/Flore pittoresque et 3 5 85 00135 6144